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Les frères du couvent Dominicain de Strasbourg sont heureux de vous accueillir sur leur site ! Vous y trouverez diverses informations sur la communauté, les activités à venir, ou encore les horaires habituels du couvent. Bonne navigation et à bientôt au couvent !

Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le mardi 12/12/17

Homélie du 2ème Dimanche de l'Avent (B) prononcée par le frère Jacques-François Vergonjeanne, O.P. le 10 déc. 2017
(Is 40,1-5.9-11 ; 2 P 3,8-14 ; Mc 1,1-8 )

Veilleurs guettant l'arrivée de l'aurore

Chaque année, le temps liturgique de l'Avent nous fait revivre la longue attente du peuple messianique, nous remémore notre filiation avec nos frères aînés dans la foi : le peuple de la longue patience. Cinq siècles avant l'ère chrétienne Isaïe prophétisait: « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droits ses sentiers!.. il vient avec puissance » (Is 40,1 …).
« Préparez les chemins du Seigneur »
Dans le désert, lorsque furent accomplis les siècles de la longue attente d'Israël, Jean le Baptiste proclame :« Voici venir celui qui est plus fort que moi .. ». Dans la nuit de Bethléem, le Seigneur de l'univers était déjà venu à nous en personne, si discret, que seuls, quelques pauvres l'avaient reconnu. Depuis, il ne cesse de venir à notre rencontre. L'avertissement du prophète est toujours actuel: « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droit ses sentiers ». En ce temps de l'Avent 2018, il y a urgence à persévérer dans ce baptême de conversion que Jean demandait à ses disciples. Se convertir, c'est changer de mentalité. Sous la conduite de l'Esprit Saint, regarder la vie et les autres d'un regard neuf. Secouer les vielles habitudes qui feraient de nous des chrétiens installés, désencombrer le chemin qui conduit le Seigneur jusqu'à notre porte.
Trois paraboles, de l'attente et de la vigilance, pourraient nous guider sur ce chemin de conversion.
Fidélité à la vie.
La parabole du serviteur fidèle, tout d'abord, à qui le maître confie la responsabilité de sa maison.
Chaque jour il est à son poste pour « donner à chacun la nourriture au temps voulu. » (Mt 24,45).
A tous ceux dont il a la charge il accorde l'attention qu'ils méritent et qui leur est due.
Tendresse du père de famille pour son épouse, pour ses enfants. Encouragement et attention à chacun de ses élèves, pour l'enseignant. Pour un patron, justice et bienveillance envers ses salariés, etc … Le serviteur fidèle est conscient de ses responsabilités. Tout en assumant ses faiblesses, ses lassitudes, ses découragements, il qu'il aura des comptes à rendre à la mesure des talents qui lui sont confiés. Et il n'oublie pas que sa condition est celle de serviteur, serviteur d'un Maître qui s'est fait lui-même serviteur des hommes, dont la responsabilité ne se limite pas à ses proches.
« C'est à moi que vous l'avez fait ».
Nous abordons maintenant la deuxième parabole, celle du Jugement dernier (Mt 25,31-46).
Lorsque le Seigneur Jésus, placera à sa droite les brebis fidèles de son troupeau, il leur dira :« Venez les bénis de mon Père ....Ce que vous avez fait à l'un de ces petits c'est à moi que vous l'avez fait ».
Ces petits, ce sont nos frères et nos sœurs qui ne mangent pas à leur faim, qui grelottent parce qu'ils sont mal habillés, qui sont à la recherche d'une terre d'accueil, d'une maison, d'amis. Recueillir des migrants n'est certes pas à la portée de tous. Mais, rendre visite à des personnes âgées, abandonnées à leur solitude, c'est possible pour un plus grand nombre! Sachons-le, la liste de ces « petits » n'en sfinira pas de s'allonger. Jamais nous pourrons nous donner bonne conscience et dire : j'en ai fait assez, j'arrête. Le père Carré, ce dominicain qui a prêché huit fois le carême à ND de Paris, écrivait dans son journal : « Si je dois arriver devant Dieu les mains vides, du moins ai-je l'espoir que quelques-uns plaideront pour moi devant le Juge des vivants et des morts ». Il pensait sans doute à ces vieillards qu'il allait visiter, à ces personnes à qui il a permis d'échapper à la police de Vichy et à la Gestapo. Il est mort en 2004 à 96 ans.
« Voici l'époux, allez à sa rencontre ».
Voici la troisième et dernière parabole, celle des dix jeunes filles invitées à des noces (Mt 25,1-13).
Transposons cette parabole au masculin. Lorsqu'est arrivée le grand âge, le P. Carré écrivait alors : « Même si, grâce au Christ, disparaît peu à peu la peur de la mort, l'attente demeure et l'attente dépouille. Tout en croyant de tout mon cœur à l'inimaginable accueil du Père des miséricordes, et donc en tressaillant de joie, je me heurte au fait de la mort. L'acceptation de ce heurt est devenue ma manière de vivre la pauvreté ».
Veilleurs dans la nuit.
Demeurer dans l'attente, telle est la mission des disciples de Jésus. Comme les prophètes de l'A.T., veilleurs dans la nuit, ils sonnent l'alerte quand des hommes et des femmes s'endorment sur leurs richesses. Ils réclament justice pour « les petits » poussés à la marge par une société aveuglée par la recherche sans frein de compétitivité. Comme des veilleurs dans la nuit, guettant l'arrivée de l'aube, ils raniment la flamme de l'espérance chez ceux qui désespèrent. Il y a 2500 ans, Isaïe proclamait de la part du Seigneur : « Consolez, consolez mon peuple ... »

Fr Jacques-François Vergonjeanne.
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Homélie du  2ème Dimanche de lAvent (B) prononcée par le frère Jacques-François Vergonjeanne, O.P. le 10 déc. 2017
(Is 40,1-5.9-11 ;  2 P 3,8-14 ;  Mc 1,1-8 )

Veilleurs guettant larrivée de laurore

Chaque année, le temps liturgique de lAvent nous fait revivre la longue attente du peuple messianique, nous remémore notre filiation avec nos frères aînés dans la foi : le peuple de la longue patience. Cinq siècles avant lère chrétienne Isaïe prophétisait: « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droits ses sentiers!.. il vient avec puissance » (Is 40,1 …).
« Préparez les chemins du Seigneur » 
Dans le désert, lorsque furent accomplis les siècles de la longue attente dIsraël, Jean le Baptiste proclame :« Voici venir celui qui est plus fort que moi .. ». Dans la nuit de Bethléem, le Seigneur de lunivers était déjà venu à nous en personne, si discret, que seuls, quelques pauvres lavaient reconnu. Depuis, il ne cesse de venir à notre rencontre. Lavertissement du prophète est toujours actuel: « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droit ses sentiers ». En ce temps de lAvent 2018, il y a urgence à persévérer dans  ce baptême de conversion que Jean demandait à ses disciples. Se convertir, cest changer de mentalité. Sous la conduite de lEsprit Saint, regarder la vie et les autres dun regard neuf. Secouer les vielles habitudes qui feraient de nous des chrétiens installés, désencombrer le chemin qui conduit le Seigneur jusquà notre porte. 
Trois paraboles, de lattente et de la vigilance, pourraient nous guider sur ce chemin de conversion.
Fidélité à la vie.
La parabole du serviteur fidèle, tout dabord, à qui le maître confie la responsabilité de sa maison.
Chaque jour il est à son poste pour « donner à chacun la nourriture au temps voulu. » (Mt 24,45). 
A tous ceux dont il a la charge il accorde lattention quils méritent et qui leur est due.
Tendresse du père de famille pour son épouse, pour ses enfants. Encouragement et attention à chacun de ses élèves, pour lenseignant. Pour un patron, justice et bienveillance envers ses salariés, etc … Le serviteur fidèle est conscient de ses responsabilités. Tout en assumant ses faiblesses, ses lassitudes, ses découragements, il quil aura des comptes à rendre à la mesure des talents qui lui sont confiés. Et il noublie pas que sa condition est celle de serviteur, serviteur dun Maître qui sest fait lui-même serviteur des hommes, dont la  responsabilité  ne se limite pas à ses proches.
« Cest à moi que vous lavez fait ».
Nous abordons maintenant la deuxième parabole, celle du Jugement dernier (Mt 25,31-46).
Lorsque le Seigneur Jésus, placera à sa droite les brebis fidèles de son troupeau, il leur dira :« Venez les bénis de mon Père ....Ce que vous avez fait à lun de ces petits cest à moi que vous lavez fait ».
Ces petits, ce sont nos frères et nos sœurs qui ne mangent pas à leur faim, qui grelottent parce quils sont mal habillés, qui sont à la recherche dune terre daccueil, dune maison, damis. Recueillir des migrants nest certes pas à la portée de tous. Mais, rendre visite à des personnes âgées, abandonnées à leur solitude, cest possible pour un plus grand nombre! Sachons-le, la liste de ces « petits »  nen sfinira pas de sallonger. Jamais nous pourrons nous donner bonne conscience et dire : jen ai fait assez, jarrête. Le père Carré, ce dominicain qui a prêché huit fois le carême à ND de Paris, écrivait dans son journal : « Si je dois arriver devant Dieu les mains vides, du moins ai-je lespoir que quelques-uns plaideront pour moi devant le Juge des vivants et des morts ». Il pensait sans doute à ces vieillards quil allait visiter, à ces personnes  à qui il a permis déchapper à la police de Vichy et à la Gestapo. Il est mort en 2004 à 96 ans.
« Voici lépoux, allez à sa rencontre ».
Voici la troisième et dernière parabole, celle des dix jeunes filles invitées à des noces (Mt 25,1-13).
Transposons cette parabole au masculin. Lorsquest arrivée le grand âge, le P. Carré  écrivait alors : « Même si, grâce au Christ, disparaît peu à peu la peur de la mort, lattente demeure et lattente dépouille. Tout en croyant de tout mon cœur à linimaginable accueil du Père des miséricordes, et donc en tressaillant de joie, je me heurte au fait de la mort. Lacceptation de ce heurt est devenue ma manière de vivre la pauvreté ».
Veilleurs dans la nuit.
Demeurer dans lattente, telle est la mission des disciples de Jésus. Comme les prophètes de lA.T., veilleurs dans la nuit, ils sonnent lalerte quand des hommes et des femmes sendorment sur leurs richesses. Ils réclament justice pour « les petits » poussés à la marge par une société aveuglée par la recherche sans frein de compétitivité. Comme des veilleurs dans la nuit, guettant larrivée de laube, ils raniment la flamme de lespérance chez ceux qui désespèrent. Il y a 2500 ans, Isaïe proclamait de la part du Seigneur : « Consolez, consolez mon peuple ...  »

Fr Jacques-François Vergonjeanne.

Le mercredi 29/11/17

Homélie du dimanche 26 novembre 2017, solennité du Christ Roi de l’Univers, prononcée par le frère Cyrille-Marie Richard, o.p. au couvent de Strasbourg

(Éz 34,12-12.15- 17 ; Ps 22 ; Mt 25,31-46)

Le Seigneur est donc un roi. Que faire avec cela ? Il est difficile de donner une appréciation précise de cette désignation : en effet, nous n’avons plus dans notre pays d’exemple de roi sous les yeux. Chez nos voisins, alors ? Il y a la reine d’Angleterre. J’ai du mal à ne pas la trouver sympathique ; mais je ne pense pas que cette référence nous éclaire en quoi que ce soit pour comprendre ce que signifie la royauté du Christ.
Peu importe : les lectures nous éclairent sur la signification de cette royauté. Deux caractéristiques, fondées sur la tradition la plus ancienne d’Israël, sont mises en lumière. Dans le 1ère lecture et dans le psaume, le roi est présenté comme un berger. Je ne m’étendrai pas là-dessus : c’est une image qui ne nous pose pas trop de problème. La deuxième caractéristique est évoquée dans l’évangile : le roi est un juge. Et cette image nous plaît moins que celle du berger. Nous ne l’acceptons pas spontanément. Quand on demande à des chrétiens pourquoi la foi les rend heureux, pourquoi ils aiment le Seigneur, ils ne répondent jamais : « parce qu’il me jugera au dernier jour ».

Pourtant, le fait que le Seigneur soit un juge mérite bien d’être qualifiée de Bonne Nouvelle.
Notre réticence envers un juge peut venir tout simplement de la peur du juge. Est-il impartial ? Est-il intègre ? Est-il juste ? Saint Matthieu reprend inlassablement, au cours de son évangile, ce motif : me mettre à la suite du Christ, c’est lui donner le droit de me juger. Albert Camus le disait : « Au bout de toute liberté, il y a une sentence. »
Le juge n’est pas ici une réalité abstraite : le juge évoqué dans l’évangile, c’est quelqu’un qui nous aime et que nous aimons (et aussi quelqu’un qui a vécu nos épreuves, jusqu’à la condamnation par les hommes).
Or, aimer quelqu’un, c’est admettre que mes actes ne me concernent plus seul. C’est en quelque sorte lui donner des droits sur moi, lui donner le droit de me juger, attendant toujours de celui qu’on aime une parole, non pas de flatterie mais de vérité, non pas de futilité, mais de poids, non pas de mépris mais de soutien ; une parole qui ne dit pas « fais ce que tu veux, ça ne me concerne pas », mais une parole de jugement.
On le sait quand on a un ami – pas un ami comme on en a 250 sur facebook, un ami comme on en a 2 ou 3 – on le sait quand on est marié, on le sait quand on a choisi de vivre en frères dans un couvent. On le sait aussi quand on aime le Seigneur : ma vie n’est plus seulement à moi, elle lui appartient aussi. Et puisque j’ai choisi avec lui une communauté de destin, j’attends sa parole, sûre, vraie, bonne : il peut me juger.
Il y a une autre raison pour laquelle l’existence d’un jugement par le Seigneur est une bonne nouvelle. Que le Seigneur nous juge, cela signifie que la relation qu’il a avec nous n’est pas guidée par l’arbitraire. Dieu ne tire pas aux dés notre destinée.
Notre vie – et plus précisément : nos actes, puisque c’est de cela qu’il s’agit – ont du poids, ont du prix devant Dieu. Dieu dans sa toute-puissance, Dieu dans son éternité, Dieu jusque dans son ciel s’intéresse à nous actes. Mieux : il est concerné par nos actes : ce que nous faisons – ou ne faisons pas – à l’un de ces petits qui sont à lui, c’est à lui que nous le faisons – ou ne le faisons pas. Autrement dit, nos actes ont un retentissement jusque dans un monde qui nous paraît pourtant bien loin, bien séparé du nôtre : le monde de Dieu. Il y a un lien très étroit, une proximité étonnante, entre le monde de Dieu et le nôtre : nos actes ont des conséquences dans le monde de l’éternité, le monde de Dieu.

Dans les années 1930, Guy de Larigaudie, un des grands noms du scoutisme, écrivait à ses routiers :
« Un acte, une fois posé, ne se reprend pas. Ses orbes et ses ressacs se prolongent en des lointains inaccessibles. Nous créons du définitif et c’est ce prolongement dans l’éternité de nos moindres actions qui fait notre grandeur d’homme. »
Oui, la grandeur de l’homme, c’est qu’il sait qu’il restera toujours une trace de ses actes, si ce n’est dans la mémoire des hommes, du moins dans le cœur de Dieu.
Quand je dis cela, je ne méconnais pas la force toute-puissante du pardon de Dieu, toujours possible, à tout moment proposé à celui qui a péché. Je sais que nos actes mauvais ne nous enferment pas comme dans une forteresse, car il n’est pas de forteresse dans laquelle la grâce de Dieu ne puisse entrer. Et la conversion est toujours possible : les ouvriers de la 11ème heure auront la même récompense que ceux de la 1ère heure. C’est entendu.

Mais ce dont il s’agit, ce n’est pas seulement de se tourner vers Dieu pour obtenir sa récompense. C’est de vivre – et d’agir – selon la condition de baptisés, comme des hommes qui vivent avec le Seigneur et participent à son éternité. Nos actes, si petits soient-ils, construisent l’histoire du monde.
Même l’espérance et la foi, nous dit saint Paul, seront un jour sans objet. Ce qui demeurera à jamais, c’est la charité : autrement dit l’amour que nous déployons.
Nous ne révolutionnerons pas le monde d’un seul coup de baguette magique, mais dans tout acte de charité, même tout petit, même inaperçu aux yeux du monde, il y a quelque chose de l’éternité d’amour de Dieu qui entre dans le monde.
Je pense à ce moment clé, ces quelques secondes, sans doute pas plus, de silence entre la parole de l’ange et la réponse de la sainte Vierge : « Oui ! » Mais elle est un personnage un peu hors norme peut-être ?
Alors pensons à ce moment qui aurait pu passer pour banal, quand un soldat nommé Martin, à Amiens, a coupé son manteau en deux pour vêtir un pauvre. Dix-sept siècles plus tard, la mémoire en est restée. Certes, quand nous ferons le même geste, ou tout autre geste que l’Esprit saint nous inspirera, nous ne deviendrons peut-être pas aussi célèbres que saint Martin. Qu’importe ! Ce jour-là, nous aurons mis en communication notre pauvre monde et le Royaume éternel du Christ.

frère Cyrille-Marie Richard o.p.
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Homélie du dimanche 26 novembre 2017, solennité du Christ Roi de l’Univers, prononcée par le frère Cyrille-Marie Richard, o.p. au couvent de Strasbourg 

(Éz 34,12-12.15- 17 ; Ps 22 ; Mt 25,31-46)

Le Seigneur est donc un roi. Que faire avec cela ? Il est difficile de donner une appréciation précise de cette désignation : en effet, nous n’avons plus dans notre pays d’exemple de roi sous les yeux. Chez nos voisins, alors ? Il y a la reine d’Angleterre. J’ai du mal à ne pas la trouver sympathique ; mais je ne pense pas que cette référence nous éclaire en quoi que ce soit pour comprendre ce que signifie la royauté du Christ.
Peu importe : les lectures nous éclairent sur la signification de cette royauté. Deux caractéristiques, fondées sur la tradition la plus ancienne d’Israël, sont mises en lumière. Dans le 1ère lecture et dans le psaume, le roi est présenté comme un berger. Je ne m’étendrai pas là-dessus : c’est une image qui ne nous pose pas trop de problème. La deuxième caractéristique est évoquée dans l’évangile : le roi est un juge. Et cette image nous plaît moins que celle du berger. Nous ne l’acceptons pas spontanément. Quand on demande à des chrétiens pourquoi la foi les rend heureux, pourquoi ils aiment le Seigneur, ils ne répondent jamais : « parce qu’il me jugera au dernier jour ».

Pourtant, le fait que le Seigneur soit un juge mérite bien d’être qualifiée de Bonne Nouvelle.
Notre réticence envers un juge peut venir tout simplement de la peur du juge. Est-il impartial ? Est-il intègre ? Est-il juste ? Saint Matthieu reprend inlassablement, au cours de son évangile, ce motif : me mettre à la suite du Christ, c’est lui donner le droit de me juger. Albert Camus le disait : « Au bout de toute liberté, il y a une sentence. »
Le juge n’est pas ici une réalité abstraite : le juge évoqué dans l’évangile, c’est quelqu’un qui nous aime et que nous aimons (et aussi quelqu’un qui a vécu nos épreuves, jusqu’à la condamnation par les hommes).
Or, aimer quelqu’un, c’est admettre que mes actes ne me concernent plus seul. C’est en quelque sorte lui donner des droits sur moi, lui donner le droit de me juger, attendant toujours de celui qu’on aime une parole, non pas de flatterie mais de vérité, non pas de futilité, mais de poids, non pas de mépris mais de soutien ; une parole qui ne dit pas « fais ce que tu veux, ça ne me concerne pas », mais une parole de jugement.
On le sait quand on a un ami – pas un ami comme on en a 250 sur facebook, un ami comme on en a 2 ou 3 – on le sait quand on est marié, on le sait quand on a choisi de vivre en frères dans un couvent. On le sait aussi quand on aime le Seigneur : ma vie n’est plus seulement à moi, elle lui appartient aussi. Et puisque j’ai choisi avec lui une communauté de destin, j’attends sa parole, sûre, vraie, bonne : il peut me juger.
Il y a une autre raison pour laquelle l’existence d’un jugement par le Seigneur est une bonne nouvelle. Que le Seigneur nous juge, cela signifie que la relation qu’il a avec nous n’est pas guidée par l’arbitraire. Dieu ne tire pas aux dés notre destinée.
Notre vie – et plus précisément : nos actes, puisque c’est de cela qu’il s’agit – ont du poids, ont du prix devant Dieu. Dieu dans sa toute-puissance, Dieu dans son éternité, Dieu jusque dans son ciel s’intéresse à nous actes. Mieux : il est concerné par nos actes : ce que nous faisons – ou ne faisons pas – à l’un de ces petits qui sont à lui, c’est à lui que nous le faisons – ou ne le faisons pas. Autrement dit, nos actes ont un retentissement jusque dans un monde qui nous paraît pourtant bien loin, bien séparé du nôtre : le monde de Dieu. Il y a un lien très étroit, une proximité étonnante, entre le monde de Dieu et le nôtre : nos actes ont des conséquences dans le monde de l’éternité, le monde de Dieu.

Dans les années 1930, Guy de Larigaudie, un des grands noms du scoutisme, écrivait à ses routiers :
« Un acte, une fois posé, ne se reprend pas. Ses orbes et ses ressacs se prolongent en des lointains inaccessibles. Nous créons du définitif et c’est ce prolongement dans l’éternité de nos moindres actions qui fait notre grandeur d’homme. »
Oui, la grandeur de l’homme, c’est qu’il sait qu’il restera toujours une trace de ses actes, si ce n’est dans la mémoire des hommes, du moins dans le cœur de Dieu.
Quand je dis cela, je ne méconnais pas la force toute-puissante du pardon de Dieu, toujours possible, à tout moment proposé à celui qui a péché. Je sais que nos actes mauvais ne nous enferment pas comme dans une forteresse, car il n’est pas de forteresse dans laquelle la grâce de Dieu ne puisse entrer. Et la conversion est toujours possible : les ouvriers de la 11ème heure auront la même récompense que ceux de la 1ère heure. C’est entendu.

Mais ce dont il s’agit, ce n’est pas seulement de se tourner vers Dieu pour obtenir sa récompense. C’est de vivre – et d’agir – selon la condition de baptisés, comme des hommes qui vivent avec le Seigneur et participent à son éternité. Nos actes, si petits soient-ils, construisent l’histoire du monde.
Même l’espérance et la foi, nous dit saint Paul, seront un jour sans objet. Ce qui demeurera à jamais, c’est la charité : autrement dit l’amour que nous déployons.
Nous ne révolutionnerons pas le monde d’un seul coup de baguette magique, mais dans tout acte de charité, même tout petit, même inaperçu aux yeux du monde, il y a quelque chose de l’éternité d’amour de Dieu qui entre dans le monde.
Je pense à ce moment clé, ces quelques secondes, sans doute pas plus, de silence entre la parole de l’ange et la réponse de la sainte Vierge : « Oui ! » Mais elle est un personnage un peu hors norme peut-être ?
Alors pensons à ce moment qui aurait pu passer pour banal, quand un soldat nommé Martin, à Amiens, a coupé son manteau en deux pour vêtir un pauvre. Dix-sept siècles plus tard, la mémoire en est restée. Certes, quand nous ferons le même geste, ou tout autre geste que l’Esprit saint nous inspirera, nous ne deviendrons peut-être pas aussi célèbres que saint Martin. Qu’importe ! Ce jour-là, nous aurons mis en communication notre pauvre monde et le Royaume éternel du Christ.

frère Cyrille-Marie Richard o.p.

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Le mardi 07/11/17

Nous avons le regret de vous annoncer que la conférence d'Alexandra Laignel-Lavatisne, intitulée "Pour quoi sommes-nous encore prêts à mourir ?", prévue le mercredi 8 novembre à 20h30 au centre E. Mounier, est annulée. Nous nous excusons pour ce désagrément. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Jean Rene Matala, Rodrigue Weng et 2 autres personnes aiment cela

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Le mardi 07/11/17

Aujourd'hui, le fr. Pierre Raffin, évêque émérite de Metz, célébrait le 60e anniversaire de sa profession dans l'Ordre des Prêcheurs. Voici l'homélie qu'il a prononcé au cours de la messe au couvent de Strasbourg :

L’année de ma profession, en 1957, j’ai fêté deux fois la Toussaint de l’Ordre : le 12 novembre, au couvent de Lille et le surlendemain, 14 novembre, au couvent du Saulchoir. Ce couvent se trouvait alors dans le diocèse de Versailles, qui célèbre le 12 novembre la dédicace de l’Eglise cathédrale, fête prioritaire qui avait déplacé de façon permanente la Toussaint de l’Ordre au 14 novembre. En revanche, les années suivantes, chaque 12 novembre, j’avais la chance de reprendre, avec la messe de la dédicace, la belle antienne d’offertoire qui avait soutenu la démarche spirituelle de ma profession et que je redis chaque matin : Domine Deus, in simplicitate cordis mei, laetus obtuli universa. Deus Israel, custodi hanc voluntatem. Ce texte emprunté à 1 Ch 29, 17-18 peut être traduit ainsi : Seigneur Dieu, dans la simplicité de mon cœur, joyeux, je t’ai tout donné. Dieu d’Israël, garde mon engagement.

Obtuli universa. La profession religieuse c’est se donner totalement à Dieu. Il n’y a d’ailleurs qu’à lui qu’on puisse vraiment tout donner. Et si, au regard du droit, la première profession n’est que temporaire, elle suppose néanmoins que le sujet qui l’émet envisage, le jour venu, la profession solennelle, sauf accident de parcours. En effet peut-on se donner totalement à Dieu pour un temps limité ? C’est un peu comme des fiancés qui se marieraient pour un temps limité. Les vœux temporaires ont été institués au XIXème siècle par le pape Pie IX : sans doute influencé par la révolution, qui avait aboli les vœux de religion parce qu’elle les considérait contraires à la liberté humaine, il a voulu montrer que l’Eglise n’engageait pas les gens à la légère et leur donnait le temps de la réflexion. De nos jours, certains, dont je suis, remettent en cause les vœux temporaires pour les raisons que je viens de dire. En tout cas, le 12 novembre 1957, mon engagement fut de ma part total et joyeux et je puis dire aujourd’hui qu’avec la grâce de Dieu je ne l’ai jamais remis en cause.

Les épreuves que j’ai connues ne me sont pas venues de ma relation à Dieu, mais de ma relation à l’Ordre, car c’est dans une communauté que nous nous donnons à Dieu et que nous vivons notre don à Dieu. Au moment de la grande tourmente provinciale que nous avons vécue dans les années 1968, j’ai plus d’une fois éprouvé le sentiment que l’Ordre me quittait.
Mon attachement à l’institution fondée par saint Dominique demeurait intact, mais en se détériorant chaque jour un peu plus, j’avais le sentiment qu’elle me quittait, comme les compagnons, avec qui j’avais jusqu’alors cheminé et qui, eux, étaient purement et simplement
en train de la quitter… Fort heureusement, c’est du passé. La Province s’est reconstruite, une nouvelle génération de frères est venue qui porte les charges de nos communautés et c’est donc avec une grande sérénité que je célèbre aujourd’hui mon jubilé, sans oublier qu’en ces années difficiles des frères éminents de la Province ont renoncé à célébrer leur jubilé parce qu’ils avaient perdu confiance dans l’institution dominicaine.

Cela dit, tout en rendant grâce au Dieu fidèle d’avoir gardé mon engagement, selon les mots de l’offertoire de la dédicace ( Deus Israel, custodi hanc voluntatem ), je prends ma part, moi pauvre pécheur, des infidélités, des errements et des omissions de tous.

Nous sommes légitimement attachés à la sobriété de notre rite de profession, qui a pris sa forme définitive dans la liturgie dominicaine de 1254-1256 et dont saint Thomas d’Aquin a reconnu le caractère consécratoire. Notre formule de profession est plus ancienne encore, puisqu’elle remonte aux origines de l’Ordre. Dans le même élan où nous promettons obéissance à Dieu, nous promettons obéissance au Maître de l’Ordre, successeur de saint Dominique, selon la Règle de saint Augustin et les Constitutions. Cette formule englobe la totalité de la sequela Christi, qui est plus large que les trois vœux : la vie commune, la prière, la vie régulière, l’écoute de la Parole, la prédication… Au temps de saint Dominique, toutes ces valeurs étaient considérés comme des éléments de la sequela Christi, faisant partie de la vie du collège des apôtres réunis autour de Jésus.

Ces Constitutions, depuis trente ans que je suis devenu évêque, je ne peux plus les vivre dans leur totalité, puisque les dispositions du Droit canonique concernant les religieux appelés à l’épiscopat modifient le régime des vœux d’obéissance et de pauvreté. Augustin, devenu évêque d’Hippone, avait résolu la question en faisant de sa maison épiscopale un monastère et de ses collaborateurs des moines apostoliques. Chose impensable de nos jours ! La Règle et les Constitutions n’en structurent pas moins ma vie d’évêque. Déchargé aujourd’hui du gouvernement d’un diocèse, je suis plus libre pour vivre avec vous, mes frères, la dulcedo frarternitatis, et je vous en suis infiniment reconnaissant.

Que Dieu achève en moi ce qu’il a commencé !

+ fr Pierre Raffin, O.P., évêque émérite de Metz
Strasbourg, Couvent saint Pierre, martyr
... Lire la suiteVoir moins de texte

Aujourdhui, le fr. Pierre Raffin, évêque émérite de Metz, célébrait le 60e anniversaire de sa profession dans lOrdre des Prêcheurs. Voici lhomélie quil a prononcé au cours de la messe au couvent de Strasbourg :

   L’année de ma profession, en 1957, j’ai fêté deux fois la Toussaint de l’Ordre : le 12 novembre, au couvent de Lille et le surlendemain, 14 novembre, au couvent du Saulchoir. Ce couvent se trouvait alors dans le diocèse de Versailles, qui célèbre le 12 novembre la dédicace de l’Eglise cathédrale, fête prioritaire qui avait déplacé de façon permanente la Toussaint de l’Ordre au 14 novembre. En revanche, les années suivantes, chaque 12 novembre, j’avais la chance de reprendre, avec la messe de la dédicace, la belle antienne d’offertoire qui avait soutenu la démarche spirituelle de ma profession et que je redis chaque matin : Domine Deus, in simplicitate cordis mei, laetus obtuli universa. Deus Israel, custodi hanc voluntatem.  Ce texte emprunté à 1 Ch 29, 17-18 peut être traduit ainsi : Seigneur Dieu, dans la simplicité de mon cœur, joyeux, je t’ai tout donné. Dieu d’Israël, garde mon engagement.

   Obtuli universa. La profession religieuse c’est se donner totalement à Dieu. Il n’y a d’ailleurs qu’à lui qu’on puisse vraiment tout donner. Et si, au regard du droit, la première profession n’est que temporaire, elle suppose néanmoins que le sujet qui l’émet envisage, le jour venu, la profession solennelle, sauf accident de parcours. En effet peut-on se donner totalement à Dieu pour un temps limité ? C’est un peu comme des fiancés qui se marieraient pour un temps limité. Les vœux temporaires ont été institués au XIXème siècle par le pape Pie IX : sans doute influencé par la révolution, qui avait aboli les vœux de religion parce qu’elle les considérait contraires à la liberté humaine, il  a voulu montrer que l’Eglise n’engageait pas les gens à la légère et leur donnait le temps de la réflexion. De nos jours, certains, dont je suis, remettent en cause les vœux temporaires pour les raisons que je viens de dire. En tout cas, le 12 novembre 1957, mon engagement fut de ma part total et joyeux et je puis dire aujourd’hui qu’avec la grâce de Dieu je ne l’ai jamais remis en cause.

   Les épreuves que j’ai connues ne me sont pas venues de ma relation à Dieu, mais de ma relation à l’Ordre, car c’est dans une communauté que nous nous donnons à Dieu et que nous vivons notre don à Dieu. Au moment de la grande tourmente provinciale que nous avons vécue dans les années 1968, j’ai plus d’une fois éprouvé le sentiment que l’Ordre me quittait.
Mon attachement à l’institution fondée par saint Dominique demeurait intact, mais en se détériorant chaque jour un peu plus, j’avais le sentiment qu’elle me quittait, comme les compagnons, avec qui j’avais jusqu’alors cheminé et qui, eux, étaient purement et simplement
en  train de la quitter… Fort heureusement, c’est du passé. La Province s’est reconstruite, une nouvelle génération de frères est venue qui porte les charges de nos communautés et c’est donc avec une grande sérénité que je célèbre aujourd’hui mon jubilé, sans oublier qu’en ces années difficiles des frères éminents de la Province ont renoncé à célébrer leur jubilé parce qu’ils avaient perdu confiance dans l’institution dominicaine.    

   Cela dit, tout en rendant grâce au Dieu fidèle d’avoir gardé mon engagement, selon les mots de l’offertoire de la dédicace ( Deus Israel, custodi hanc voluntatem ), je prends ma part, moi pauvre pécheur, des infidélités, des errements et des omissions de tous.

   Nous sommes légitimement attachés à la sobriété de notre rite de profession, qui a pris sa forme définitive dans la liturgie dominicaine de 1254-1256 et dont saint Thomas d’Aquin a reconnu le caractère consécratoire. Notre formule de profession est plus ancienne encore, puisqu’elle remonte aux origines de l’Ordre. Dans le même élan où nous promettons obéissance à Dieu, nous promettons obéissance au Maître de l’Ordre, successeur de saint Dominique, selon la Règle de saint Augustin et les Constitutions. Cette formule englobe la totalité de la sequela Christi, qui est plus large que les trois vœux : la vie commune, la prière, la vie régulière, l’écoute de la Parole, la prédication… Au temps de saint Dominique, toutes ces valeurs étaient considérés comme des éléments de la sequela Christi, faisant partie de la vie du collège des apôtres réunis autour de Jésus.

   Ces Constitutions, depuis trente ans que je suis devenu évêque, je ne peux plus les vivre dans leur totalité, puisque les dispositions du Droit canonique concernant les religieux appelés à l’épiscopat modifient le régime des vœux d’obéissance et de pauvreté. Augustin, devenu évêque d’Hippone, avait résolu la question en faisant de sa maison épiscopale un monastère et de ses collaborateurs des moines apostoliques. Chose impensable de nos jours ! La Règle et les Constitutions n’en structurent pas moins ma vie d’évêque. Déchargé aujourd’hui du gouvernement d’un diocèse, je suis plus libre pour vivre avec vous, mes frères, la dulcedo frarternitatis, et je vous en suis infiniment reconnaissant.

   Que Dieu achève en moi ce qu’il a commencé !

+ fr Pierre Raffin, O.P., évêque émérite de Metz
   Strasbourg, Couvent saint Pierre, martyr

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Jehan Claude HutchenLe Père RAFFIN est dans ma prière et mon estime, je lui ai envoyé un mail le 11 Octobre ! il m'est revenu l'adresse n'est plus juste: Pouvez vous me donner son adresse en mp ? Merci. UDP.

1 mois il y a
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Hugues RovarinoEn revanche la photo est juste

1 mois il y a
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Nicolas ThienpontMerci pour ce très beau texte ! Que la dulcedo fraternitatis vous entoure !

1 mois il y a
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Nicolas ThienpontIn simplicitate cordis mei laetus ...

1 mois il y a
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André FlorentinJe ne l'ai pas connu, mais en lisant ce texte on voit son amour à Dieu.

1 mois il y a
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Hugues RovarinoC'est beau, humble, lucide et nourrissant ! Merci

1 mois il y a
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Le mercredi 01/11/17

Homélie du fr. Bernard Senelle pour la fête de la Toussaint (1er novembre 2017 - Ap 7,2-14; 1Jn 3,1-3; Mt 5,1-12) :

« Ces gens, d’où viennent-ils ? » Ces mots traversent les siècles et la vie de tous ceux qui continuent de s’émerveiller devant le miracle de la sainteté ou tout simplement de la bonté humaine. C’est comme cri que nous avons envie de pousser chaque fois que nous rencontrons une bonne personne, un homme, une femme, un enfant de qui émane de la bonté et de la sérénité. Si Halloween est la fête de la peur, la Toussaint est la fête de la joie et de la communion. C’est un cadeau, le bonheur d’une rencontre apaisante et qui aide à avancer confiant par ce qu’on est en présence d’une bonne personne qui diffuse le bien et au-delà de l’humanité sanctifie la Création car rien de ce monde ne peut nous être indifférent. « D’où vient-elle ? Quel est son secret ? »
Les saints que nous célébrons en ce jour ont vécu ainsi ici-bas et nous ont précédés ailleurs. Leur vie témoigne de l’actualité de l’Evangile et de la présence agissante de l’Esprit Saint dans le monde voulu par Dieu. Ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement par leurs doutes, leurs questionnements, leur humanité. Ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain et ils sont aujourd’hui proches de Dieu. L’Apocalypse nous présente cet ailleurs comme le lieu d’une grande liturgie du ciel et aujourd’hui nous célébrons l’espérance d’être un jour associés à cette foule aux multiples visages.
La Toussaint rassemble en une même fête les personnes qui ressemblent à Dieu et possèdent la vie nouvelle, la vie du ciel et le ciel nous y sommes déjà. « Nous sommes appelés enfants de Dieu et nous le sommes. » L’aube se fait proche chez tous les saints du ciel mais aussi sur notre route. C’est modeste, mais exigeant. Ce n’est pas un hasard, si le jour de la Toussaint, nous lisons et écoutons l’Evangile des Béatitudes. Si nous sommes attentifs au dix commandements, si comme le jeune riche nous pouvons peut-être dire « Tout cela je l’ai observé », les Béatitudes ne sont pas l’objet d’une lutte pour les observer à tout prix. Elles ne sont pas des commandements mais simplement des symptômes d’une vie nouvelle, des indices d’une sainteté possible. Finalement, c’est encore plus exigeant. A notre insu, quand nous fabriquons de la douceur, de la bonté, de la miséricorde avec le pauvre matériau de la vie quotidienne, nous ressemblons déjà à quelque chose du ciel. Chaque jour, un nouveau bourgeon de sainteté peut éclore et c’est un don : « Au plus profond de notre cœur, se trouve une échelle, et en haut de cette échelle, il y a une porte : une porte qui, derrière elle, s’ouvre sur le ciel. » disait un père du désert. Plus tard Angélus Silesius dira que le ciel est en nous.
Les saints ont le ciel en eux : ils nous ressemblent et nous rappellent un parent, un ami, une sainte femme, quelqu'un que nous aimons ou que nous avons aimé, estimé profondément, un homme paisible et doux, une femme attentive et pleine de bonté « Heureux les pauvres. » Ces pauvres sont les clients de Dieu et de ses prophètes, ils ont besoin de lui, s'ouvrent à lui dans la confiance et ont beaucoup à attendre du Règne du Messie. « Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu’un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur. » (Sop.2, 3)
Chaque année, nous avons le bonheur de fêter la sainteté et de célébrer nos défunts. Nous n’avons qu’une vie pour devenir des saints pour l’éternité et ceux qui nous ont précédés sont là pour nous le rappeler : le temps est compté pour entrer en sainteté et trouver le chemin de notre âme, de cette âme où il faut bien reconnaître qu’on n’entre pas comme dans un moulin. C’est la foi qui nous en donne la clé et permet la rencontre avec le Saint. Il est en nous, c’est Lui le ciel et nous mettons du temps à le reconnaître, à reconnaître les Béatitudes intérieures. «Tard je t’ai aimée, beauté si antique et si nouvelle », disait déjà saint Augustin.
Que cette fête de la Toussaint nous fasse poser un pas de plus sur le sentier parfois étroit de la sainteté. Nous y rencontrerons des hommes et de femmes qui ont cru en l’autre, nous nous trouverons en présence de Celui qui est le fondement de notre vie et de notre dignité, Jésus le Christ. Ce sera notre joie dans surtout dans les petites choses, quand nous sommes capables de faire des merveilles dans le quotidien de nos existences. Jésus a institué l’eucharistie sous les modestes espèces du pain et du vin sans doute parce que la sainteté se révèle sous les humbles apparences de la vie quotidienne. Ne nous décourageons pas devant l’apparente banalité, entrons dans la joie de Dieu.
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Homélie du fr. Bernard Senelle pour la fête de la Toussaint (1er novembre 2017 - Ap 7,2-14; 1Jn 3,1-3; Mt 5,1-12) :

« Ces gens, d’où viennent-ils ? » Ces mots traversent les siècles et la vie de tous ceux qui continuent de s’émerveiller devant le miracle de la sainteté ou tout simplement de la bonté humaine. C’est comme cri que nous avons envie de pousser chaque fois que nous rencontrons une bonne personne, un homme, une femme, un enfant de qui émane de la bonté et de la sérénité. Si Halloween est la fête de la peur, la Toussaint est la fête de la joie et de la communion. C’est un cadeau, le bonheur d’une rencontre apaisante et qui aide à avancer confiant par ce qu’on est en présence d’une bonne personne qui diffuse le bien et  au-delà de l’humanité sanctifie la Création car rien de ce monde ne peut nous être indifférent. « D’où vient-elle ? Quel est son secret ? » 
Les saints que nous célébrons en ce jour ont vécu ainsi ici-bas et nous ont précédés ailleurs. Leur vie témoigne de l’actualité de l’Evangile et de la présence agissante de l’Esprit Saint dans le monde voulu par Dieu. Ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement par leurs doutes, leurs questionnements, leur humanité. Ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain et ils sont aujourd’hui proches de Dieu. L’Apocalypse nous présente cet ailleurs comme le lieu d’une grande liturgie du ciel et aujourd’hui nous célébrons l’espérance d’être un jour associés à cette foule aux multiples visages. 
La Toussaint rassemble en une même fête les personnes qui ressemblent à Dieu et possèdent la vie nouvelle, la vie du ciel et le ciel nous y sommes déjà. « Nous sommes appelés enfants de Dieu et nous le sommes. » L’aube se fait proche chez tous les saints du ciel mais aussi sur notre route. C’est modeste, mais exigeant. Ce n’est pas un hasard, si le jour de la Toussaint, nous lisons et écoutons l’Evangile des Béatitudes. Si nous sommes attentifs au dix commandements, si comme le jeune riche nous pouvons peut-être dire « Tout cela je l’ai observé », les Béatitudes ne sont pas l’objet d’une lutte pour les observer à tout prix. Elles ne sont pas des commandements mais simplement des symptômes d’une vie nouvelle, des indices d’une sainteté possible. Finalement, c’est encore plus exigeant. A notre insu, quand nous fabriquons de la douceur, de la bonté, de la miséricorde avec le pauvre matériau de la vie quotidienne, nous ressemblons déjà à quelque chose du ciel. Chaque jour, un nouveau bourgeon de sainteté peut éclore et c’est un don : « Au plus profond de notre cœur, se trouve une échelle, et en haut de cette échelle, il y a une porte : une porte qui, derrière elle, s’ouvre sur le ciel. » disait un père du désert. Plus tard Angélus Silesius dira que le ciel est en nous.
Les saints ont le ciel en eux : ils nous ressemblent et nous rappellent un parent, un ami, une sainte femme, quelquun que nous aimons ou que nous avons aimé, estimé profondément, un homme paisible et doux, une femme attentive et pleine de bonté « Heureux les pauvres. » Ces pauvres sont les clients de Dieu et de ses prophètes, ils ont besoin de lui, souvrent à lui dans la confiance et ont beaucoup à attendre du Règne du Messie. « Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu’un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur. » (Sop.2, 3)
Chaque année, nous avons le bonheur de fêter la sainteté et de célébrer nos défunts. Nous n’avons qu’une vie pour devenir des saints pour l’éternité et ceux qui nous ont précédés sont là pour nous le rappeler : le temps est compté pour entrer en sainteté et trouver le chemin de notre âme, de cette âme où il faut bien reconnaître qu’on n’entre pas comme dans un moulin. C’est la foi qui nous en donne la clé et permet la rencontre avec le Saint. Il est en nous, c’est Lui le ciel et nous mettons du temps à le reconnaître, à reconnaître les Béatitudes intérieures. «Tard je t’ai aimée, beauté si antique et si nouvelle », disait déjà saint Augustin. 
Que cette fête de la Toussaint nous fasse poser un pas de plus sur le sentier parfois étroit de la sainteté.  Nous y rencontrerons des hommes et de femmes  qui ont cru en l’autre, nous nous trouverons en présence de Celui qui est le fondement de notre vie et de notre dignité, Jésus le Christ. Ce sera notre joie dans surtout dans les petites choses, quand nous sommes capables de faire des merveilles dans le quotidien de nos existences. Jésus a institué  l’eucharistie sous les modestes espèces du pain et du vin sans doute parce que la sainteté se révèle sous les humbles apparences de la vie quotidienne. Ne nous décourageons pas devant l’apparente banalité, entrons dans la joie de Dieu.

Le lundi 30/10/17

Mercredi 1er Novembre : Solennité de la Toussaint.
Voici les horaires de la communauté:
Mardi 31 oct 19h : vêpres solennelles
Mercredi 1 novembre :
9h : Laudes
12h30 : office du milieu du jour
19h : messe

Jeudi 2 novembre : commémoration des fidèles défunts
7h30 : laudes
12h10 : messe
19h : vêpres
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Mercredi 1er Novembre : Solennité de la Toussaint. 
Voici les horaires de la communauté:
Mardi 31 oct 19h : vêpres solennelles
Mercredi 1 novembre :
9h : Laudes
12h30 : office du milieu du jour
19h : messe

Jeudi 2 novembre : commémoration des fidèles défunts
7h30 : laudes
12h10 : messe
19h : vêpres

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Le dimanche 15/10/17

Homélie du fr. Paul-Dominique Marcovits sur les invités aux noces (28e dimanche du Temps Ordinaire - Is 25,6-10 ; Ph 4,12-20 ; Mt 22,1-14)

Le roi a préparé un magnifique banquet pour les noces de son fils, apparemment son unique. Tout est fait en grand, à l’orientale ! On a prévenu les invités et quand tout est prêt, on envoie les serviteurs les prier de venir. Une parabole ne dit pas tout, elle met en relief un aspect de l’enseignement de Jésus, le maître. Regardons.
Que Jésus met-il en avant ici ? L’obstination du roi. Le roi veut célébrer les noces de son fils, cette fête aura lieu. C’est décidé, c’est préparé, c’est prêt, ces noces auront lieu. Rien ne va l’arrêter. Des invités, les invités naturels du roi, probablement des amis ou de nobles personnes… refusent de venir et se conduisent comme des malpropres. Qu’importe ! Il fera remplir la salle de noces par les miséreux, les bons, les méchants, des invités un peu bizarres, mais la salle de noces sera remplie. Le roi est obstiné.
Ce roi, bien sûr, c’est Dieu. Dieu ne change pas ses plans, ses décisions, sa volonté, au gré des humeurs des hommes, de leur fragile fidélité. Dieu a un plan : sauver l’humanité. Quoi qu’il arrive, il y parviendra. Les noces de son fils, de son Fils unique, Jésus, seront célébrées. Nous connaissons la suite, la croix. Mais ici ce qui est mis en relief, c’est la fidélité de Dieu en son dessein.
Oui, Dieu veut notre salut, il y parviendra. Dire cela est de notre part un acte de foi. Un acte de foi proclamé souvent dans la nuit, dans l’incompréhension d’un monde qui semble avoir perdu son bon sens. C’est aussi un acte de foi proclamé en regardant notre vie personnelle, notre propre histoire : tout est loin d’être beau et nous souffrons durement de notre bassesse. Ce cri monte alors : « Seigneur, je connais mon péché, ma faute est devant moi ! Saurai-je enfin me tourner vers toi et ne plus refuser ton invitation à te suivre ? » Ce cri est vrai. Mais le fond de notre pensée, nous la connaissons : demain risque d’être comme hier, je serai encore le même pécheur. Terrible constatation. C’est alors que vient la bonne nouvelle de cette parabole. Le roi est obstiné, il célèbrera les noces. Dieu ne change pas de but : il veut le salut de tous, il veut le mien, il y parviendra. Alors, au cri de détresse du pécheur qui constate son impuissance, peut succéder le cri de la foi que fait monter en lui cette parabole. « Seigneur, si tu n’arrives pas à t’en sortir avec moi aujourd’hui, demain, tout à l’heure peut-être, tu t’y prendras autrement avec moi, tu sauras enfin me rejoindre dans mes profondeurs et me délivrer, me mettre au large, enfin. Oui, si je m’éloigne de toi, tu sauras me rattraper par un autre chemin. » Profession de foi des pauvres que nous sommes. Cette pauvreté reconnue est notre dignité ! Peut-être pouvons-nous nous glorifier de nos faiblesses à l’encontre des invités royaux fermés sur eux-mêmes que le roi déclare indignes.
Voilà la bonne nouvelle de cette parabole : Dieu est fidèle, solide : il ne succombe pas à la moindre de nos humeurs. Son amour est de toujours à toujours. Il trouvera bien une place pour nous avec tous ces gens que les serviteurs ont cherchés le long des chemins.
Pourtant une condition semble devoir être remplie pour entrer dans la salle des noces : avoir l’habit nuptial. Qu’est-ce que cet habit ? Saint Grégoire dit que c’est la charité, ce que justement n’ont pas les premiers invités à la noce car ils se moquent totalement de l’invitation ! Ce qui les intéresse, ce sont leurs propres affaires. Même des histoires de mariage, d’amour ne les intéressent pas. Oui, pour entrer au ciel, il faut quand même un peu d’amour au cœur sinon on ne trouvera pas de place en ce royaume de l’amour. On est vite mis dehors. Il faut cette robe de la charité, la robe nuptiale de l’amour.
La robe de l’amour. Permettez-moi une histoire. Une dame avait perdu son mari et j’ai célébré l’enterrement. Par la suite, cette femme a fait un magnifique chemin spirituel. Elle s’en réjouissait. Mais une ombre importante demeurait. Elle me demanda : « Mon père, regardez tout le chemin que j’ai fait, toutes ces découvertes du Seigneur ! Mon mari, lui, n’a pas fait ce chemin-là ! Que lui est-il alors arrivé ? » Son mari n’était pas un homme épouvantable. Pourtant, je lui ai répondu ceci… avec un sourire : « Que lui est-il arrivé ? C’est simple. Quand il est arrivé au ciel, il s’est approché de la porte et il a vu : il n’avait pas la robe nuptiale qu’il fallait. Et Dieu lui a dit : « Tu ne peux pas entrer. » Votre mari allait tomber dans la désolation lorsque Dieu lui demanda : « Qu’as-tu dans le sac que tu tiens à la main ? » Votre mari a répondu : « Je ne sais pas, ce sac, je l’ai, je ne sais pourquoi ? » « Ouvre, dit Dieu ». Dans le sac, il y avait la robe du paradis ! Et Dieu de commenter : « Tu vois, ta femme, sur terre, a fait un beau chemin spirituel ; elle a gagné deux robes, une pour elle et une pour toi ! Vite, entre en paradis ! »
La leçon est simple. Si nous n’arrivons pas nous-mêmes à gagner notre ciel, comme on dit, d’autres peuvent le gagner pour nous comme nous pouvons ouvrir les portes du paradis à d’autres grâce à nos prières, grâce à l’offrande de notre vie, grâce à l’amour qui est dans notre cœur. Jésus sur la croix n’a-t-il pas offert sa vie pour le salut de tous ? Nous le faisons, nous aussi, à sa suite. Voilà la grande charité.
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Homélie du fr. Paul-Dominique Marcovits sur les invités aux noces (28e dimanche du Temps Ordinaire - Is 25,6-10 ; Ph 4,12-20 ; Mt 22,1-14)

Le roi a préparé un magnifique banquet pour les noces de son fils, apparemment son unique. Tout est fait en grand, à l’orientale ! On a prévenu les invités et quand tout est prêt, on envoie les serviteurs les prier de venir. Une parabole ne dit pas tout, elle met en relief un aspect de l’enseignement de Jésus, le maître. Regardons. 
Que Jésus met-il en avant ici ? L’obstination du roi. Le roi veut célébrer les noces de son fils, cette fête aura lieu. C’est décidé, c’est préparé, c’est prêt, ces noces auront lieu. Rien ne va l’arrêter. Des invités, les invités naturels du roi, probablement des amis ou de nobles personnes… refusent de venir et se conduisent comme des malpropres. Qu’importe ! Il fera remplir la salle de noces par les miséreux, les bons, les méchants, des invités un peu bizarres, mais la salle de noces sera remplie. Le roi est obstiné. 
Ce roi, bien sûr, c’est Dieu. Dieu ne change pas ses plans, ses décisions, sa volonté, au gré des humeurs des hommes, de leur fragile fidélité. Dieu a un plan : sauver l’humanité. Quoi qu’il arrive, il y parviendra. Les noces de son fils, de son Fils unique, Jésus, seront célébrées. Nous connaissons la suite, la croix. Mais ici ce qui est mis en relief, c’est la fidélité de Dieu en son dessein.
Oui, Dieu veut notre salut, il y parviendra. Dire cela est de notre part un acte de foi. Un acte de foi proclamé souvent dans la nuit, dans l’incompréhension d’un monde qui semble avoir perdu son bon sens. C’est aussi un acte de foi proclamé en regardant notre vie personnelle, notre propre histoire : tout est loin d’être beau et nous souffrons durement de notre bassesse. Ce cri monte alors : « Seigneur, je connais mon péché, ma faute est devant moi ! Saurai-je enfin me tourner vers toi et ne plus refuser ton invitation à te suivre ? » Ce cri est vrai. Mais le fond de notre pensée, nous la connaissons : demain risque d’être comme hier, je serai encore le même pécheur. Terrible constatation. C’est alors que vient la bonne nouvelle de cette parabole. Le roi est obstiné, il célèbrera les noces. Dieu ne change pas de but : il veut le salut de tous, il veut le mien, il y parviendra. Alors, au cri de détresse du pécheur qui constate son impuissance, peut succéder le cri de la foi que fait monter en lui cette parabole. « Seigneur, si tu n’arrives pas à t’en sortir avec moi aujourd’hui, demain, tout à l’heure peut-être, tu t’y prendras autrement avec moi, tu sauras enfin me rejoindre dans mes profondeurs et me délivrer, me mettre au large, enfin. Oui, si je m’éloigne de toi, tu sauras me rattraper par un autre chemin. » Profession de foi des pauvres que nous sommes. Cette pauvreté reconnue est notre dignité ! Peut-être pouvons-nous nous glorifier de nos faiblesses à l’encontre des invités royaux fermés sur eux-mêmes que le roi déclare indignes.
Voilà la bonne nouvelle de cette parabole : Dieu est fidèle, solide : il ne succombe pas à la moindre de nos humeurs. Son amour est de toujours à toujours. Il trouvera bien une place pour nous avec tous ces gens que les serviteurs ont cherchés le long des chemins. 
Pourtant une condition semble devoir être remplie pour entrer dans la salle des noces : avoir l’habit nuptial. Qu’est-ce que cet habit ? Saint Grégoire dit que c’est la charité, ce que justement n’ont pas les premiers invités à la noce car ils se moquent totalement de l’invitation ! Ce qui les intéresse, ce sont leurs propres affaires. Même des histoires de mariage, d’amour ne les intéressent pas. Oui, pour entrer au ciel, il faut quand même un peu d’amour au cœur sinon on ne trouvera pas de place en ce royaume de l’amour. On est vite mis dehors. Il faut cette robe de la charité, la robe nuptiale de l’amour.
La robe de l’amour. Permettez-moi une histoire. Une dame avait perdu son mari et j’ai célébré l’enterrement. Par la suite, cette femme a fait un magnifique chemin spirituel. Elle s’en réjouissait. Mais une ombre importante demeurait. Elle me demanda : « Mon père, regardez tout le chemin que j’ai fait, toutes ces découvertes du Seigneur ! Mon mari, lui, n’a pas fait ce chemin-là ! Que lui est-il alors arrivé ? » Son mari n’était pas un homme épouvantable. Pourtant, je lui ai répondu ceci… avec un sourire : « Que lui est-il arrivé ? C’est simple. Quand il est arrivé au ciel, il s’est approché de la porte et il a vu : il n’avait pas la robe nuptiale qu’il fallait. Et Dieu lui a dit : « Tu ne peux pas entrer. » Votre mari allait tomber dans la désolation lorsque Dieu lui demanda : « Qu’as-tu dans le sac que tu tiens à la main ? » Votre mari a répondu : « Je ne sais pas, ce sac, je l’ai, je ne sais pourquoi ? » « Ouvre, dit Dieu ». Dans le sac, il y avait la robe du paradis ! Et Dieu de commenter : « Tu vois, ta femme, sur terre, a fait un beau chemin spirituel ; elle a gagné deux robes, une pour elle et une pour toi ! Vite, entre en paradis ! »
La leçon est simple. Si nous n’arrivons pas nous-mêmes à gagner notre ciel, comme on dit, d’autres peuvent le gagner pour nous comme nous pouvons ouvrir les portes du paradis à d’autres grâce à nos prières, grâce à l’offrande de notre vie, grâce à l’amour qui est dans notre cœur. Jésus sur la croix n’a-t-il pas offert sa vie pour le salut de tous ? Nous le faisons, nous aussi, à sa suite. Voilà la grande charité.

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Le vendredi 06/10/17

Dominicains Strasbourg a partagé la publication de Lourdes.

Quelques photos du pèlerinage du Rosaire !
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Retour en images sur le Pèlerinage du Rosaire - Lourdes #OPLourdes. Magnifique rassemblement sous le soleil automnal de Lourdes. 🙏 Recueillement garanti ! Tout notre reportage 📸 sur https:/...

Quelques photos du pèlerinage du Rosaire !

Tuula Hokkinen, Pierre Martyr et 10 autres personnes aiment cela

Corinne PorésMerci !

2 mois il y a   ·  1
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Le mardi 26/09/17

Homélie du fr. Jacques-François Vergonjeanne du 23 septembre 2017 pour le 60e anniversaire de son ordination presbytérale (Rm 12,5-16 ; Lc 5,1-11) :

« SELON LA GRÂCE QUE DIEU NOUS A ACCORDÉE ... »

« Alors ils ramenèrent les barques au rivage … » .
Je suis l'aîné de quatre frères : Jacques, Pierre, Jean et André. Nos parents avaient-ils conscience que ces prénoms qu'ils nous ont donnés, sont les noms des quatre premiers disciples que Jésus appelle à le suivre « au bord du lac de Génézareth » ?
Nos parents pouvaient souhaiter que l'un d'entre nous fasse carrière dans l'entreprise paternelle, une petite entreprise de maçonnerie. Imaginaient-ils, par contre, que, Jacques et Jean, répondraient à l'appel du Christ à le suivre. Qu'ils quitteraient, non pas « leur barque de marins pêcheur », comme les deux fils de Zébédée, mais la truelle du maçon, à laquelle ils semblaient tout d'abord destinés ? Ce rapprochement entre le texte de l'évangile et mes liens familiaux s'impose à moi depuis longtemps.
Fidélité aux liens familiaux .
En cette célébration du 60ème anniversaire de mon ordination presbytérale, je ne voudrais pas dissocier ma vocation de prêtre réalisée dans la famille de saint Dominique, de l'itinéraire personnel de mes trois frères. De celle de mon frère Jean qui a répondu à sa vocation dans le clergé diocésain. Ni de l' itinéraires de Pierre, qui présent dans cette assemblée, ni de celui d'André empêché de venir aujourd'hui
pour rester auprès de sa femme handicapée. Tous deux se sont mariés et sont entrés dans l'entreprise paternelle.
Tous les quatre nous étions engagés dans la même unité des Scouts de France.Par la suite, malgré les épreuves de la vie de famille, nous sommes restés en relations fraternelles, « selon la grâce que Dieu nous a accordée », tel que nous le dit saint Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome : « Frères, nous qui sommes plusieurs,
nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et selon la grâce que Dieu nous a accordée, nous avons reçu des dons qui sont différents. » (12,5-16)
Mon itinéraire dominicain.
Dans les années où je cherchais sur quel chemin m'engager pour répondre à l'appel du Christ, entendu en septembre 1940, au retour de 'l'exode', les prêtres que je voyais vivre, restaient pour moi des modèles peu attractifs : habillés en noir, menant une vie à part de la vie des hommes et des femmes. Mais c'était avant le concile Vatican II.
Le scoutisme m'a fait rencontrer un autre type de prêtre, partageant la vie des jeunes dans les camps scouts où la célébration de la messe prenait une dimension fraternelle et signifiante. Le modèle de prêtre que je cherchais je l'ai enfin trouvé chez des dominicains du couvent St-Jacques. Ce fut le coup de cœur !
Devenu prêtre j'ai cherché à partager « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent »
(Concile Vatican II, L’Église dans le monde, n°1) dans l'exercice des ministères successifs dont j'ai eu la charge : aumônier de lycéens et d'étudiants à Lille, prêtre au travail dans le sillage des prêtres ouvriers à Roubaix, formateur de séminaristes puis aumônier des gens du voyage à Strasbourg et, pour finir, à l'âge de la vieillesse, dont un des privilèges est d'oser être soi-même (Bernard Pivot).
J'ai vu tout récemment un film de 2005 De battre, mon cœur s'est arrêté. Ce titre m'intriguait. Comment parler de son cœur quand il a cessé de battre ? Après l'avoir vu j'ai compris que ce titre était à prendre au sens figuré. Le cœur peut s'arrêter de battre pour un personne, pour une cause, pour son pays, etc... Au sens figuré, en ce qui me concerne, je peux dire, au contraire : De battre pour toi, mon cœur ne s'est jamais arrêté. Je vous laisse imaginer pour qui et pour quoi, depuis mon entrée au noviciat en septembre 1951, mon cœur ne s'est pas arrêté de battre.
fr. Jacques-François.
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Homélie du fr. Jacques-François Vergonjeanne du 23 septembre 2017 pour le 60e anniversaire de son ordination presbytérale (Rm 12,5-16 ;  Lc 5,1-11) :

« SELON LA GRÂCE QUE DIEU NOUS A  ACCORDÉE ... »

« Alors ils ramenèrent les barques au rivage  … » .
Je suis laîné de quatre frères : Jacques, Pierre, Jean et André. Nos parents avaient-ils conscience que ces prénoms quils nous ont donnés, sont les noms des quatre premiers disciples que Jésus appelle à le suivre « au bord du lac de Génézareth » ? 
Nos parents pouvaient souhaiter que lun dentre nous fasse carrière dans lentreprise paternelle, une petite entreprise  de maçonnerie. Imaginaient-ils, par contre, que, Jacques et Jean,  répondraient à lappel du Christ à le suivre. Quils quitteraient, non pas « leur barque de marins pêcheur », comme les deux fils de Zébédée, mais la truelle du maçon, à laquelle ils semblaient tout dabord destinés ? Ce rapprochement entre le texte de lévangile et mes liens familiaux simpose à moi depuis longtemps. 
Fidélité aux liens familiaux .
En cette célébration du 60ème anniversaire de mon ordination presbytérale, je ne voudrais pas dissocier ma vocation de prêtre réalisée dans la famille de saint Dominique, de litinéraire personnel de mes trois frères. De celle de mon frère Jean qui a répondu à sa vocation dans le clergé diocésain. Ni de l itinéraires de Pierre, qui présent dans cette assemblée, ni de celui dAndré empêché de venir aujourdhui 
pour rester auprès de sa femme handicapée. Tous deux se sont mariés et sont entrés dans lentreprise paternelle.
Tous les quatre nous étions engagés dans la même unité des Scouts de France.Par la suite, malgré les épreuves de la vie de famille, nous sommes restés en relations fraternelles, « selon la grâce que Dieu nous a accordée », tel que nous le dit saint Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome : « Frères, nous qui sommes plusieurs, 
nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et selon la grâce que Dieu nous a accordée, nous avons reçu des dons qui sont différents. » (12,5-16)
Mon itinéraire dominicain.
Dans les années où je cherchais sur quel chemin mengager pour répondre à lappel du Christ, entendu en septembre 1940, au retour de lexode, les prêtres que je voyais vivre, restaient pour moi des modèles peu attractifs : habillés en noir, menant une vie à part de la vie des hommes et des femmes. Mais cétait avant le concile Vatican II.
Le scoutisme ma fait rencontrer un autre type de prêtre, partageant la vie des jeunes dans les camps scouts où la célébration de la messe prenait une dimension fraternelle et signifiante. Le modèle de prêtre que je cherchais je lai enfin trouvé chez des dominicains du couvent St-Jacques. Ce fut le coup de cœur !
Devenu prêtre  jai cherché à partager «  les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent »
(Concile Vatican II,  L’Église dans le monde, n°1) dans lexercice des ministères successifs dont jai eu la charge : aumônier de lycéens et détudiants à Lille, prêtre au travail dans le sillage des prêtres ouvriers à Roubaix, formateur de séminaristes puis aumônier des gens du voyage à Strasbourg et, pour finir, à lâge de la vieillesse, dont un des privilèges est doser être soi-même (Bernard Pivot).
Jai vu tout récemment un film de 2005 De battre, mon cœur sest arrêté. Ce titre mintriguait. Comment parler de son cœur quand il a cessé de battre ? Après lavoir vu jai compris que ce titre était à prendre au sens figuré. Le cœur peut sarrêter de battre pour un personne, pour une cause, pour son pays, etc... Au sens figuré, en ce qui me concerne, je peux dire, au contraire : De battre pour toi, mon cœur ne sest jamais arrêté. Je vous laisse imaginer pour qui et pour quoi, depuis mon entrée au noviciat en septembre 1951, mon cœur ne sest pas arrêté de battre.
fr. Jacques-François.

Le samedi 23/09/17

"De battre mon coeur ne s'est jamais arrêté" (fr. Jacques-François) ... Lire la suiteVoir moins de texte

De battre mon coeur ne sest jamais arrêté (fr. Jacques-François)

Louis Théodore Ambomo, Rodrigue Weng et 23 autres personnes aiment cela

George HaeringerNous partageons ta joie de fêter un bel anniversaire Celui de ton engagement à la suite de Jesus Christ

3 mois il y a   ·  2
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