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Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le samedi 30/06/18

Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le 29 juin 2018 en la fête des Saints Pierre et Paul :

Pierre et Paul, les deux colonnes de l’Église ! On pourrait parler aussi du roc sur lequel l’Église est bâtie. Mais les fondements de l’Église ne sont pas du ‘pur et dur’. La foi des apôtres est mêlée de miséricorde.
Pierre. Devant la première pêche miraculeuse s’écrie : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » Plus tard, il interviendra pour que Jésus n’avance point vers sa mort ! Plus tard encore, il reniera le Seigneur. Mais son attachement à Jésus est entier. Il est le premier homme à nommer le mystère de Jésus : « Tu es le Fils du Dieu vivant. » Le Père le lui a révélé. Aussi est-il le chef des apôtres, le premier à confesser la foi.
Paul. Lui aussi est totalement attaché à Dieu. Son zèle est immense. Mais mal éclairé. Jésus l’illumine sur le chemin de Damas. De persécuteur, il devient l’apôtre des nations. Son zèle immense il le met au service de Jésus.
Déjà, une première leçon pour nous. Notre attachement au Seigneur n’est pas, ne sera jamais d’une intégrité absolue ; la perfection pure et dure est illusoire. Notre attachement vient de la miséricorde du Seigneur à notre égard et, grâce au pardon reçu, cet attachement sera source de lumière et de rayonnement auprès des autres. Comme pour Pierre et pour Paul, notre vie est faite de passages successifs, d’incompréhensions, de résistances, d’aveuglements à la lumière de Dieu.
Il faut encore dire ceci, l’essentiel. Deux paroles pourraient caractériser Pierre et Paul. Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Paul : « Ma vie, c’est le Christ. » Ce ne sont point des paroles qui expriment seulement leur mission apostolique mais qui la fondent. Pierre et Paul sont tous les deux les apôtres qui, à leur manière, ont établi l’Église sur toute la terre. Tous les deux sont morts martyrs à Rome, au centre du monde connu. Mais ce qui est le plus marquant, c’est que le Christ est au centre de leur vie, de leur apostolat, de leur amour.
La seconde leçon est claire pour nous. Nous vivons pour le Christ. Le Seigneur est au centre de toute vie chrétienne, de toute vie religieuse : on entre dans un ordre pour lui, on y reste pour lui. Le Seigneur est au centre de tout amour. Le sacrement de mariage comme ensuite le veuvage, manifeste bien qui est la source de l’amour : c’est Jésus. Comment tenir, sinon ?
Il faut tirer les conséquences de ces deux lumières : nous sommes fondés sur la miséricorde et cette miséricorde reçue nous permet de suivre le Christ en toute liberté. Parce que Pierre et Paul sont attachés au Christ, ils peuvent parler, prêcher, évangéliser le monde. Plus notre amour pour le Seigneur grandit, plus nous avons la terre en partage, nous devenons proches des autres, quels qu’ils soient. Plus nous sommes habités par le Seigneur, plus son amour rayonne… quelles que soient nos pauvretés !
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Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le 29 juin 2018 en la fête des Saints Pierre et Paul :

Pierre et Paul, les deux colonnes de l’Église ! On pourrait parler aussi du roc sur lequel l’Église est bâtie. Mais les fondements de l’Église ne sont pas du ‘pur et dur’. La foi des apôtres est mêlée de miséricorde. 
Pierre. Devant la première pêche miraculeuse s’écrie : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » Plus tard, il interviendra pour que Jésus n’avance point vers sa mort ! Plus tard encore, il reniera le Seigneur. Mais son attachement à Jésus est entier. Il est le premier homme à nommer le mystère de Jésus : « Tu es le Fils du Dieu vivant. » Le Père le lui a révélé. Aussi est-il le chef des apôtres, le premier à confesser la foi.
Paul. Lui aussi est totalement attaché à Dieu. Son zèle est immense. Mais mal éclairé. Jésus l’illumine sur le chemin de Damas. De persécuteur, il devient l’apôtre des nations. Son zèle immense il le met au service de Jésus. 
Déjà, une première leçon pour nous. Notre attachement au Seigneur n’est pas, ne sera jamais d’une intégrité absolue ; la perfection pure et dure est illusoire. Notre attachement vient de la miséricorde du Seigneur à notre égard et, grâce au pardon reçu, cet attachement sera source de lumière et de rayonnement auprès des autres. Comme pour Pierre et pour Paul, notre vie est faite de passages successifs, d’incompréhensions, de résistances, d’aveuglements à la lumière de Dieu.
Il faut encore dire ceci, l’essentiel. Deux paroles pourraient caractériser Pierre et Paul. Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Paul : « Ma vie, c’est le Christ. » Ce ne sont point des paroles qui expriment seulement leur mission apostolique mais qui la fondent. Pierre et Paul sont tous les deux les apôtres qui, à leur manière, ont établi l’Église sur toute la terre. Tous les deux sont morts martyrs à Rome, au centre du monde connu. Mais ce qui est le plus marquant, c’est que le Christ est au centre de leur vie, de leur apostolat, de leur amour. 
La seconde leçon est claire pour nous. Nous vivons pour le Christ. Le Seigneur est au centre de toute vie chrétienne, de toute vie religieuse : on entre dans un ordre pour lui, on y reste pour lui. Le Seigneur est au centre de tout amour. Le sacrement de mariage comme ensuite le veuvage, manifeste bien qui est la source de l’amour : c’est Jésus. Comment tenir, sinon ? 
Il faut tirer les conséquences de ces deux lumières : nous sommes fondés sur la miséricorde et cette miséricorde reçue nous permet de suivre le Christ en toute liberté. Parce que Pierre et Paul sont attachés au Christ, ils peuvent parler, prêcher, évangéliser le monde. Plus notre amour pour le Seigneur grandit, plus nous avons la terre en partage, nous devenons proches des autres, quels qu’ils soient. Plus nous sommes habités par le Seigneur, plus son amour rayonne… quelles que soient nos pauvretés !

Je crois que ce qui m'attache bcp à ces 2 personnages devenus par la suite les piliers de l'Église, c'est leurs erreurs, leur difficultés, le reniement de Pierre, Jésus le repoussant quand il veut l'empêcher d'aller à la mort , les débuts de Saül si difficiles etc , ils sont humains vraiment humains et pas des stéréotypes de la perfection ! et c'est très encourageant pour les simples humains que nous sommes tous ! !

1 mois il y a
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Joie de vous lire .. Merci pour cette belle homélie.. joli week-end ensoleillé

1 mois il y a
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la foi n'est pas une grace de Dieu. Paul ne croit pas en jésus par une grace qualconque mais parce qu'il l'a rendu aveugle et l'a rendu la vue. La foi est fait d'actes .concrets

1 mois il y a
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Le mardi 26/06/18

Homélie prononcée par le frère Cyrille-Marie Richard, O.P. le dimanche 24 juin 2018 en la solennité de la naissance de Saint Jean-Baptiste (Lc 1,5-17):

Dans le film de Milos Forman, Amadeus, il y a un gentil, Mozart, et un méchant, Salieri. Pourquoi Salieri n’est-il pas le héros du film ? Parce ce n’est pas lui le génie musical de son époque. Pourtant, Salieri a travaillé toute sa vie pour être un grand compositeur. Il a passé des heures à faire des exercices d’harmonie, de contrepoint, de fugue. Il connait les règnes de composition, l’histoire de la musique.
En fait, je crois que le film ne nous présente pas Salieri comme un méchant. Au contraire : le film est à la gloire de Salieri ! Ce n’est pas pour le comparer à Mozart, bien sûr (Mozart est hors norme). La gloire de Salieri, ce n’est pas d’être un grand compositeur – même s’il est tout de même un grand compositeur. La gloire de Salieri, lui qui n’est pas le génie, c’est d’avoir reconnu celui qui est le génie : Mozart.
Cela peut nous paraître banal, mais c’est au contraire extraordinaire. Dans le film de Forman, qui a reconnu le génie de Mozart ?
La femme de Mozart ? Non, elle est trop préoccupée par les rentrées d’argent, la vie terrestre ; elle est incapable d’élever son âme vers la beauté de la musique de son mari.
Le père de Mozart ? C’est un homme affolé par le côté non-conformiste de son fils. Il n’a qu’une pensée : son fils a perdu la tête.
Le directeur de l’opéra ? Il est effaré qu’un compositeur puisse proposer un opéra en allemand alors que la tradition veut que ce soit en italien ; il est le gardien de la vieille doctrine, de l’application de préceptes dont on a perdu le sens : il est le pharisien de la musique.
L’empereur ? Il apprécie la musique de Mozart (même s’il y a trop de notes, dit-il). Mais, en dirigeant politique sans courage, dès qu’il y a un peu de tension dans la salle de musique du palais impérial, il préfère se débarrasser du fâcheux Mozart : il vaut mieux qu’un seul homme parte pour tout l’orchestre.
Un seul – et c’est là sa gloire – reconnaît celui qui est le génie : Salieri, le plus grand, après Mozart, des enfants de la musique viennoise. Salieri, c’est Jean-Baptiste (en un peu plus désagréable peut-être ? Encore que les diatribes du prophète du Jourdain n’étaient pas toutes plaisantes à entendre…) Il est celui qui arrive à désigner celui qui est plus grand que lui.
C’est en cela que Jean-Baptiste est pour nous un modèle – et certainement un appui.
Pour nous, reconnaître, confesser, la sainteté du Baptiste, c’est vouloir nous aussi apprendre à reconnaître le Christ.
Sans doute est-ce déjà notre cas, si nous sommes venus ce soir à la messe. Mais le chemin n’est jamais fini qui nous fait progresser dans la connaissance intime de l’Agneau.
Comme Jean-Baptiste, reconnaître qui est vraiment Jésus, c’est apprendre à accueillir le Christ dans tout ce qu’il est, c’est décider d’accepter les paroles du Christ dans toute leur radicalité. C’est refuser de reconnaître un messie qui serait aseptisé, conforme à nos attentes, pas trop dérangeant.
C’est aussi être convaincu, comme le Baptiste, que la connaissance du Christ bouscule notre foi et notre agir. Connaitre Jésus, ce n’est pas seulement de la mystique, c’est aussi de la morale. Reconnaître le Christ ; c’est reconnaître qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas. Pour l’avoir dit au roi, Jean-Baptiste en mourra.
Reconnaître Jésus, c’est aussi le reconnaître sous des aspects déroutants. L’exploit de Jean-Baptiste, c’est de découvrir le Messie dans ce Jésus qui vient mendier son baptême, au milieu de la foule de pécheurs. Pour nous il nous reste encore du chemin pour apprendre, avec Jean, à reconnaître l’Agneau humble et pauvre, à la voir dans le visage du vieillard en fin de vie sur son lit d’hôpital, n’attendant plus que la mort, faute de condition d’une fin de vie décente et humaine. Ou pour reconnaître le Christ dans l’homme qui se noie en Méditerranée. Mille autres exemples de rencontres déroutantes avec le Christ sont possibles.
C’est par le travail que Salieri est parvenu à reconnaître la valeur de la musique de Mozart. Que le travail en nous de la grâce nous inspire aussi de pouvoir reconnaître le Christ et de le désigner à nos frères, quand nous le rencontrons en proclamant : « voici l’Agneau de Dieu ».

frère Cyrille-Marie
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Homélie prononcée par le frère Cyrille-Marie Richard, O.P. le dimanche 24 juin 2018 en la solennité de la naissance de Saint Jean-Baptiste (Lc 1,5-17): 

Dans le film de Milos Forman, Amadeus, il y a un gentil, Mozart, et un méchant, Salieri. Pourquoi Salieri n’est-il pas le héros du film ? Parce ce n’est pas lui le génie musical de son époque. Pourtant, Salieri a travaillé toute sa vie pour être un grand compositeur. Il a passé des heures à faire des exercices d’harmonie, de contrepoint, de fugue. Il connait les règnes de composition, l’histoire de la musique.
En fait, je crois que le film ne nous présente pas Salieri comme un méchant. Au contraire : le film est à la gloire de Salieri ! Ce n’est pas pour le comparer à Mozart, bien sûr (Mozart est hors norme). La gloire de Salieri, ce n’est pas d’être un grand compositeur – même s’il est tout de même un grand compositeur. La gloire de Salieri, lui qui n’est pas le génie, c’est d’avoir reconnu celui qui est le génie : Mozart.
Cela peut nous paraître banal, mais c’est au contraire extraordinaire. Dans le film de Forman, qui a reconnu le génie de Mozart ?
La femme de Mozart ? Non, elle est trop préoccupée par les rentrées d’argent, la vie terrestre ; elle est incapable d’élever son âme vers la beauté de la musique de son mari.
Le père de Mozart ? C’est un homme affolé par le côté non-conformiste de son fils. Il n’a qu’une pensée : son fils a perdu la tête.
Le directeur de l’opéra ? Il est effaré qu’un compositeur puisse proposer un opéra en allemand alors que la tradition veut que ce soit en italien ; il est le gardien de la vieille doctrine, de l’application de préceptes dont on a perdu le sens : il est le pharisien de la musique.
L’empereur ? Il apprécie la musique de Mozart (même s’il y a trop de notes, dit-il). Mais, en dirigeant politique sans courage, dès qu’il y a un peu de tension dans la salle de musique du palais impérial, il préfère se débarrasser du fâcheux Mozart : il vaut mieux qu’un seul homme parte pour tout l’orchestre.
Un seul – et c’est là sa gloire – reconnaît celui qui est le génie : Salieri, le plus grand, après Mozart, des enfants de la musique viennoise. Salieri, c’est Jean-Baptiste (en un peu plus désagréable peut-être ? Encore que les diatribes du prophète du Jourdain n’étaient pas toutes plaisantes à entendre…) Il est celui qui arrive à désigner celui qui est plus grand que lui.
C’est en cela que Jean-Baptiste est pour nous un modèle – et certainement un appui.
Pour nous, reconnaître, confesser, la sainteté du Baptiste, c’est vouloir nous aussi apprendre à reconnaître le Christ.
Sans doute est-ce déjà notre cas, si nous sommes venus ce soir à la messe. Mais le chemin n’est jamais fini qui nous fait progresser dans la connaissance intime de l’Agneau.
Comme Jean-Baptiste, reconnaître qui est vraiment Jésus, c’est apprendre à accueillir le Christ dans tout ce qu’il est, c’est décider d’accepter les paroles du Christ dans toute leur radicalité. C’est refuser de reconnaître un messie qui serait aseptisé, conforme à nos attentes, pas trop dérangeant.
C’est aussi être convaincu, comme le Baptiste, que la connaissance du Christ bouscule notre foi et notre agir. Connaitre Jésus, ce n’est pas seulement de la mystique, c’est aussi de la morale. Reconnaître le Christ ; c’est reconnaître qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas. Pour l’avoir dit au roi, Jean-Baptiste en mourra.
Reconnaître Jésus, c’est aussi le reconnaître sous des aspects déroutants. L’exploit de Jean-Baptiste, c’est de découvrir le Messie dans ce Jésus qui vient mendier son baptême, au milieu de la foule de pécheurs. Pour nous il nous reste encore du chemin pour apprendre, avec Jean, à reconnaître l’Agneau humble et pauvre, à la voir dans le visage du vieillard en fin de vie sur son lit d’hôpital, n’attendant plus que la mort, faute de condition d’une fin de vie décente et humaine. Ou pour reconnaître le Christ dans l’homme qui se noie en Méditerranée. Mille autres exemples de rencontres déroutantes avec le Christ sont possibles.
C’est par le travail que Salieri est parvenu à reconnaître la valeur de la musique de Mozart. Que le travail en nous de la grâce nous inspire aussi de pouvoir reconnaître le Christ et de le désigner à nos frères, quand nous le rencontrons en proclamant : « voici l’Agneau de Dieu ».

frère Cyrille-Marie

Étonnante comparaison , mais excellent développement ! !

2 mois il y a
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« Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps... » le Christ l’a dit, il est donc là, parmi nous... si nous ne le voyons pas aujourd’hui, inutile de nous poser la question d’Hervé...

2 mois il y a
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Très belle et originale homelie !!

2 mois il y a
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Le dimanche 17/06/18

Homélie prononcée par le frère Jean-Baptiste Régis, O.P. le dimanche 17 juin 2018 (11e Dimanche TO - B : Ez 17,22-24 ; 2Co 5,6-10 ; Mc 4,26-34) :

D’aucuns parmi les frères aiment se promener en cette saison au jardin botanique tout à côté du couvent pour y flâner et admirer les fleurs aux multiples couleurs. Imaginant qu’ils y sont aussi pour méditer, on pourrait leur attribuer ces magnifiques lignes de Victor Hugo dans les Misérables au sujet de Mgr Bienvenu Myriel, cet évêque bon et juste à qui l’on doit la conversion de Jean Valjean :

« Que fallait-il de plus à ce vieillard qui partageait le loisir de sa vie, où il y avait si peu de loisir, entre le jardinage le jour et la contemplation la nuit ? Cet étroit enclos, ayant les cieux pour plafond, n'était-ce pas assez pour pouvoir adorer Dieu tour à tour dans ses œuvres les plus sublimes ? N'est-ce pas là tout, en effet, et que désirer au-delà ? Un petit jardin pour se promener, et l'immensité pour rêver. A ses pieds ce qu'on peut cultiver et cueillir ; sur sa tête ce qu'on peut étudier et méditer ; quelques fleurs sur la terre et toutes les étoiles dans le ciel ».

Contempler ce que l’on peut cultiver et cueillir pour méditer sur Dieu. À l’aide des paraboles qu’il adresse à ses disciples, Jésus nous entraîne dans ce mouvement de la terre vers le ciel. Cet épi de blé qui pousse et mûrit tout seul, sans que le semeur ne sache comment, n’y voyez-vous pas une image de la bienveillance de Dieu ? Cette petite graine de moutarde qui devient un bel arbre, ne comprenez-vous pas que dans l’infiniment petit réside la promesse de la splendeur à venir ?

Je crois que l’évangile de ce jour nous invite à l’émerveillement. Non pas un émerveillement béat, mais un émerveillement qui conduit à l’humilité. Il s’agit de reconnaître que la bonté de Dieu veille et domine le monde. Impossible de penser que le monde est entre nos mains et que sa marche est en notre pouvoir, comme nous y sommes si souvent tentés. Au contraire, cet émerveillement suscite la conviction que seule la parole de Dieu peut féconder notre vie et la faire porter du fruit. C’est pour moi le premier aspect de la foi. La foi est un acte de confiance et d’abandon dans la bonté de Dieu.

Je suis toujours frappé par le témoignage de tant de personnes qui n’ont que leur foi comme raison de vivre face à l’épreuve de la solitude, de la maladie ou de la guerre.
Certains, pour discréditer la foi, n’y voient que de la superstition. Quand on n’a plus rien, il ne reste que Dieu pour se sauver, ironisent-ils. Mais je crois que c’est tout le contraire. La petite graine de foi qu’on aura su préserver et chérir dans l’épreuve, même si elle est toute petite, c’est elle qui deviendra le plus grand arbre qui dépassera tous les autres. Car c’est Dieu lui-même qui veille sur elle et la fait grandir. Dieu mystérieusement agit pour le bien de tous les hommes. Chaque jour, nous avons à nous convertir, c’est-à-dire à remettre notre vie entre les mains de Dieu avec confiance et persévérance.

Il y a un deuxième aspect de la foi. Croire, c’est faire confiance mais c’est aussi connaître. Notre connaissance est imparfaite. Nous ne sommes pas dans la claire vision, comme dit saint Paul. Nous cheminons dans la foi. Mais ne pas être dans la claire vision ne veut pas dire qu’on est dans l’obscurité ! En expérimentant l’amour de Dieu, dans notre acte de confiance et d’abandon, nous entrons en relation avec lui et nous apprenons à le connaître. Si l’amour en restait à un simple acte de confiance, il ne produirait pas beaucoup de fruit. Mais en aimant, nous entrons dans la vérité de l’autre personne. Et cette connaissance produit en nous un acte de confiance et un amour plus forts.

Voilà pourquoi, dans un mouvement circulaire, la foi qui partait de la confiance dans la bonté de Dieu, grandit et se fortifie par la connaissance que Dieu nous donne dans la foi. Et la confiance en devient d’autant plus grande. Ainsi, d’elle-même, la semence de foi germe et grandit pour remplir toute notre personne, notre cœur comme notre intelligence.

Au bout du compte, seule la foi peut nous combler. Elle nous comble par la confiance qu’elle suscite envers Dieu, de qui vient toute vie et toute joie. Elle nous comble aussi par la connaissance que Dieu nous transmet dans la foi. Elle nous comble parce qu’elle nous fait porter du fruit. Quand viendra la moisson, tout notre être sera prêt pour aimer et connaître Dieu en plénitude.
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Homélie prononcée par le frère Jean-Baptiste Régis, O.P. le dimanche 17 juin 2018 (11e Dimanche TO - B : Ez 17,22-24 ; 2Co 5,6-10 ; Mc 4,26-34) :

D’aucuns parmi les frères aiment se promener en cette saison au jardin botanique tout à côté du couvent pour y flâner et admirer les fleurs aux multiples couleurs. Imaginant qu’ils y sont aussi pour méditer, on pourrait leur attribuer ces magnifiques lignes de Victor Hugo dans les Misérables au sujet de Mgr Bienvenu Myriel, cet évêque bon et juste à qui l’on doit la conversion de Jean Valjean : 

« Que fallait-il de plus à ce vieillard qui partageait le loisir de sa vie, où il y avait si peu de loisir, entre le jardinage le jour et la contemplation la nuit ? Cet étroit enclos, ayant les cieux pour plafond, nétait-ce pas assez pour pouvoir adorer Dieu tour à tour dans ses œuvres les plus sublimes ? Nest-ce pas là tout, en effet, et que désirer au-delà ? Un petit jardin pour se promener, et limmensité pour rêver. A ses pieds ce quon peut cultiver et cueillir ; sur sa tête ce quon peut étudier et méditer ; quelques fleurs sur la terre et toutes les étoiles dans le ciel ». 

Contempler ce que l’on peut cultiver et cueillir pour méditer sur Dieu. À l’aide des paraboles qu’il adresse à ses disciples, Jésus nous entraîne dans ce mouvement de la terre vers le ciel. Cet épi de blé qui pousse et mûrit tout seul, sans que le semeur ne sache comment, n’y voyez-vous pas une image de la bienveillance de Dieu ? Cette petite graine de moutarde qui devient un bel arbre, ne comprenez-vous pas que dans l’infiniment petit réside la promesse de la splendeur à venir ? 

Je crois que l’évangile de ce jour nous invite à l’émerveillement. Non pas un émerveillement béat, mais un émerveillement qui conduit à l’humilité. Il s’agit de reconnaître que la bonté de Dieu veille et domine le monde. Impossible de penser que le monde est entre nos mains et que sa marche est en notre pouvoir, comme nous y sommes si souvent tentés. Au contraire, cet émerveillement suscite la conviction que seule la parole de Dieu peut féconder notre vie et la faire porter du fruit. C’est pour moi le premier aspect de la foi. La foi est un acte de confiance et d’abandon dans la bonté de Dieu. 

Je suis toujours frappé par le témoignage de tant de personnes qui n’ont que leur foi comme raison de vivre face à l’épreuve de la solitude, de la maladie ou de la guerre. 
Certains, pour discréditer la foi, n’y voient que de la superstition. Quand on n’a plus rien, il ne reste que Dieu pour se sauver, ironisent-ils. Mais je crois que c’est tout le contraire. La petite graine de foi qu’on aura su préserver et chérir dans l’épreuve, même si elle est toute petite, c’est elle qui deviendra le plus grand arbre qui dépassera tous les autres. Car c’est Dieu lui-même qui veille sur elle et la fait grandir. Dieu mystérieusement agit pour le bien de tous les hommes. Chaque jour, nous avons à nous convertir, c’est-à-dire à remettre notre vie entre les mains de Dieu avec confiance et persévérance. 

Il y a un deuxième aspect de la foi. Croire, c’est faire confiance mais c’est aussi connaître. Notre connaissance est imparfaite. Nous ne sommes pas dans la claire vision, comme dit saint Paul. Nous cheminons dans la foi. Mais ne pas être dans la claire vision ne veut pas dire qu’on est dans l’obscurité ! En expérimentant l’amour de Dieu, dans notre acte de confiance et d’abandon, nous entrons en relation avec lui et nous apprenons à le connaître. Si l’amour en restait à un simple acte de confiance, il ne produirait pas beaucoup de fruit. Mais en aimant, nous entrons dans la vérité de l’autre personne. Et cette connaissance produit en nous un acte de confiance et un amour plus forts. 

Voilà pourquoi, dans un mouvement circulaire, la foi qui partait de la confiance dans la bonté de Dieu, grandit et se fortifie par la connaissance que Dieu nous donne dans la foi. Et la confiance en devient d’autant plus grande. Ainsi, d’elle-même, la semence de foi germe et grandit pour remplir toute notre personne, notre cœur comme notre intelligence. 

Au bout du compte, seule la foi peut nous combler. Elle nous comble par la confiance qu’elle suscite envers Dieu, de qui vient toute vie et toute joie. Elle nous comble aussi par la connaissance que Dieu nous transmet dans la foi. Elle nous comble parce qu’elle nous fait porter du fruit. Quand viendra la moisson, tout notre être sera prêt pour aimer et connaître Dieu en plénitude.

c'est clair que dans la vie parfois il arrive des trucs insensés: victoire du racing face au psg. Je répète ce qu ej'ai déjà dit: l'art, le beau est primordiale

2 mois il y a
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Le lundi 04/06/18

Homélie prononcée par Mgr Pierre Raffin, O.P., évêque émérite de Metz, en la fête de Saint Pierre de Vérone le 4 juin 2018, fête patronale du couvent de Strasbourg :

Le couvent de Strasbourg fut refondé en 1931 par un énergique lorrain, originaire d’Hayange, le frère Pierre-Marie Schaff, sous le patronage de saint Pierre de Vérone. Ce patronage peut s’expliquer pour deux raisons. C’était le saint patron dans l’Ordre de notre frère. Par ailleurs la Province de France, qui se reconstituait après les expulsions de 1903 et l’épreuve de la guerre 1914-1918 sans avoir encore pour autant d’existence légale, était soucieuse d’honorer les grands saints de l’Ordre en les donnant pour patrons à ses différents couvents. Néanmoins, le choix d’un inquisiteur était osé. A cette époque l’inquisition était depuis le XIXème siècle le grand reproche adressé à l’Ordre et sa fondation était unanimement attribuée à saint Dominique. Bonaparte, à Paris, avait refusé que notre ancienne église conventuelle du Faubourg-Saint-Germain lui fût dédiée et elle fut placée sous le patronage de saint Thomas d’Aquin. Malgré les efforts de Lacordaire pour rétablir la vérité historique, les historiens du XIXème et du début du XXème continuaient unanimement d’attribuer à saint Dominique l’origine de l’Inquisition.

S’agissant de saint Pierre de Vérone, inquisiteur il le fut réellement, mais pas fondateur. Il sera canonisé le 9 mars 1253, à peine onze mois après son martyre, le premier saint de l’Ordre a être canonisé après le fondateur ! De quoi faire frémir les historiens des XIXème et début XXème siècles !

Si la canonisation précipitée de Pierre de Vérone fut peut-être un geste politique, notre protomartyr n’en fut pas moins un saint très estimable qui justifie le culte que l’Ordre lui voua immédiatement et dont sainte Catherine de Sienne est le témoin, dans son Dialogue écrit un siècle plus tard.

Pierre était né à Vérone de parents manichéens à la fin du XIIème siècle. Il se convertit très jeune à la foi catholique. Étudiant en droit à Bologne, il fut attiré à l’Ordre par la prédication de saint Dominique et reçut sans doute l’habit de ses mains , en 1220 ou 1221. Voué à la prédication auprès des Cathares du Nord de l’Italie, il pratiqua à leur égard la méthode évangélique du dialogue inaugurée par saint Dominique. Grâce à un labeur apostolique inlassable, il obtint de nombreuses conversions et regroupa les convertis dans des Associations de foi et des Confraternités de louange de la bienheureuse Vierge Marie : ces confréries avaient pour but de poursuivre leur instruction et de les enraciner dans la véritable dévotion mariale, facilement discréditée par les hérétiques.

En 1251, le pape Innocent IV qui, lors de son passage à Milan, y avait constaté la division des fidèles et le progrès de l’hérésie, confia à Pierre l’office d’inquisiteur pour la Lombardie. Cette nomination suscita l’hostilité et même un complot contre lui. Le 6 avril 1252, alors que se rendant de Côme à Milan, le frère Pierre traversait le bois de Barlassina, il fut assailli par un sicaire qui lui fendit le crâne et blessa à mort son socius, le frère Dominique. Par la suite, ce sicaire, nommé Carin, entre dans l’Ordre comme convers et y termina ses jours dans la pénitence.

Voici en quels termes, Catherine de Sienne, dans son Dialogue, comprend la vie de Pierre de Vérone : Regarde Pierre, vierge et martyr, qui, de son sang, illumina les ténèbres de nombreuses hérésies qu’il avait tant en haine qu’il se disposa à y laisser sa vie. Et tant qu’il vécut, il ne fit autre chose que prier, prêcher, discuter avec les hérétiques, confesser, annonçant la vérité et répandant la foi sans aucune crainte. Et non seulement il la confessa durant sa vie, mais jusqu’à l’ultime moment de sa vie. A l’extrémité de la mort, n’ayant plus ni la voix, ni l’encre, ayant reçu le coup fatal, il trempa son doigt dans son sang : il n’a pas de papier, ce glorieux martyr, et alors il se courbe et il écrit par terre confessant sa foi : CREDO. Son coeur était brûlant dans la fournaise de sa charité, et il ne ralentit pas son pas, tournant la tête, sachant qu’il allait mourir – parce que avant qu’il meure, je lui ai révélé sa mort – mais comme un vrai chevalier, sans crainte servile, il s’élève au-dessus du champ de bataille. Et ainsi, je pourrais t’en citer beaucoup qui, bien que n’ayant pas le martyre réellement, l’avaient mentalement, comme l’eut saint Dominique ( Le Dialogue, Paris, Le Cerf, 1992, pp. 340-341 ).

Voici en quels termes, Catherine de Sienne, dans son Dialogue, comprend la vie de Pierre de Vérone : Regarde Pierre, vierge et martyr, qui, de son sang, illumina les ténèbres de nombreuses hérésies qu’il avait tant en haine qu’il se disposa à y laisser sa vie. Et tant qu’il vécut, il ne fit autre chose que prier, prêcher, discuter avec les hérétiques, confesser, annonçant la vérité et répandant la foi sans aucune crainte. Et non seulement il la confessa durant sa vie, mais jusqu’à l’ultime moment de sa vie. A l’extrémité de la mort, n’ayant plus ni la voix, ni l’encre, ayant reçu le coup fatal, il trempa son doigt dans son sang : il n’a pas de papier, ce glorieux martyr, et alors il se courbe et il écrit par terre confessant sa foi : CREDO. Son cœur était brûlant dans la fournaise de sa charité, et il ne ralentit pas son pas, tournant la tête, sachant qu’il allait mourir – parce que avant qu’il meure, je lui ai révélé sa mort – mais comme un vrai chevalier, sans crainte servile, il s’élève au-dessus du champ de bataille. Et ainsi, je pourrais t’en citer beaucoup qui, bien que n’ayant pas le martyre réellement, l’avaient mentalement, comme l’eut saint Dominique ( Le Dialogue, Paris, Le Cerf, 1992, pp. 340-341 ).
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Homélie prononcée par Mgr Pierre Raffin, O.P., évêque émérite de Metz, en la fête de Saint Pierre de Vérone le 4 juin 2018, fête patronale du couvent de Strasbourg :

Le couvent de Strasbourg fut refondé en 1931 par un énergique lorrain, originaire d’Hayange, le frère Pierre-Marie Schaff, sous le patronage de saint Pierre de Vérone. Ce patronage peut s’expliquer pour deux raisons. C’était le saint patron dans l’Ordre de notre frère. Par ailleurs la Province de France, qui se reconstituait après les expulsions de 1903 et l’épreuve de la guerre 1914-1918 sans avoir encore pour autant d’existence légale, était soucieuse d’honorer les grands saints de l’Ordre en les donnant pour patrons à ses différents couvents. Néanmoins, le choix d’un inquisiteur était osé. A cette époque l’inquisition était depuis le XIXème siècle le grand reproche adressé à l’Ordre et sa fondation était unanimement attribuée à saint Dominique. Bonaparte, à Paris, avait refusé que notre ancienne église conventuelle du Faubourg-Saint-Germain lui fût dédiée et elle fut placée sous le patronage de saint Thomas d’Aquin. Malgré les efforts de Lacordaire pour rétablir la vérité historique, les historiens du XIXème et du début du XXème continuaient unanimement d’attribuer à saint Dominique l’origine de l’Inquisition.

 S’agissant de saint Pierre de Vérone, inquisiteur il le fut réellement, mais pas fondateur. Il sera canonisé le 9 mars 1253, à peine onze mois après son martyre, le premier saint de l’Ordre a être canonisé après le fondateur ! De quoi faire frémir les historiens des XIXème et début XXème siècles ! 

 Si la canonisation précipitée de Pierre de Vérone fut peut-être un geste politique, notre protomartyr n’en fut pas moins un saint très estimable qui justifie le culte que l’Ordre lui voua immédiatement et dont sainte Catherine de Sienne est le témoin, dans son Dialogue écrit un siècle plus tard.

 Pierre était né à Vérone de parents manichéens à la fin du XIIème siècle. Il se convertit très jeune à la foi catholique. Étudiant en droit à Bologne, il fut attiré à l’Ordre par la prédication de saint Dominique et reçut sans doute l’habit de ses mains , en 1220 ou 1221. Voué à la prédication auprès des Cathares du Nord de l’Italie, il pratiqua à leur égard la méthode évangélique du dialogue inaugurée par saint Dominique. Grâce à un labeur apostolique inlassable, il obtint de nombreuses conversions et regroupa les convertis dans des Associations de foi et des Confraternités de louange de la bienheureuse Vierge Marie : ces confréries  avaient pour but de poursuivre leur instruction et de les enraciner dans la véritable dévotion mariale, facilement discréditée par les hérétiques.

 En 1251,  le pape Innocent IV qui, lors de son passage à Milan, y avait constaté la division des fidèles et le progrès de l’hérésie, confia à Pierre l’office d’inquisiteur pour la Lombardie. Cette nomination suscita l’hostilité et même un complot contre lui. Le 6 avril 1252, alors que se rendant de Côme à Milan, le frère Pierre traversait le bois de Barlassina, il fut assailli par un sicaire qui lui fendit le crâne et blessa à mort son socius, le frère Dominique. Par la suite, ce sicaire, nommé Carin, entre dans l’Ordre comme convers et y termina ses jours dans la pénitence. 

 Voici en quels termes, Catherine de Sienne, dans son Dialogue, comprend la vie de Pierre de Vérone : Regarde Pierre, vierge et martyr, qui, de son sang, illumina les ténèbres de nombreuses hérésies qu’il avait tant en haine qu’il se disposa à y laisser sa vie. Et tant qu’il vécut, il ne fit autre chose que prier, prêcher, discuter avec les hérétiques, confesser, annonçant la vérité et répandant la foi sans aucune crainte. Et non seulement il la confessa durant sa vie, mais jusqu’à l’ultime moment de sa vie. A l’extrémité de la mort, n’ayant plus ni la voix, ni l’encre, ayant reçu le coup fatal, il trempa son doigt dans son sang : il n’a pas de papier, ce glorieux martyr, et alors il se courbe et il écrit par terre confessant sa foi : CREDO. Son coeur était brûlant dans la fournaise de sa charité, et il ne ralentit pas son pas, tournant la tête, sachant qu’il allait mourir – parce que avant qu’il meure, je lui ai révélé sa mort – mais comme un vrai chevalier, sans crainte servile, il s’élève au-dessus du champ de bataille. Et ainsi, je pourrais t’en citer beaucoup qui, bien que n’ayant pas le martyre réellement, l’avaient mentalement, comme l’eut saint Dominique ( Le Dialogue, Paris, Le Cerf, 1992, pp. 340-341 ).

 Voici en quels termes, Catherine de Sienne, dans son Dialogue, comprend la vie de Pierre de Vérone : Regarde Pierre, vierge et martyr, qui, de son sang, illumina les ténèbres de nombreuses hérésies qu’il avait tant en haine qu’il se disposa à y laisser sa vie. Et tant qu’il vécut, il ne fit autre chose que prier, prêcher, discuter avec les hérétiques, confesser, annonçant la vérité et répandant la foi sans aucune crainte. Et non seulement il la confessa durant sa vie, mais jusqu’à l’ultime moment de sa vie. A l’extrémité de la mort, n’ayant plus ni la voix, ni l’encre, ayant reçu le coup fatal, il trempa son doigt dans son sang : il n’a pas de papier, ce glorieux martyr, et alors il se courbe et il écrit par terre confessant sa foi : CREDO. Son cœur était brûlant dans la fournaise de sa charité, et il ne ralentit pas son pas, tournant la tête, sachant qu’il allait mourir – parce que avant qu’il meure, je lui ai révélé sa mort – mais comme un vrai chevalier, sans crainte servile, il s’élève au-dessus du champ de bataille. Et ainsi, je pourrais t’en citer beaucoup qui, bien que n’ayant pas le martyre réellement, l’avaient mentalement, comme l’eut saint Dominique ( Le Dialogue, Paris, Le Cerf, 1992, pp. 340-341 ).

Le lundi 04/06/18

Homélie prononcée par le frère Nicolas Tixier, O.P. le dimanche 3 juin 2018, en la solennité du saint Sacrement (fête-Dieu) :

Le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-Monde racontait une visite surprenante qu’il avait reçue alors qu’il œuvrait dans un bidonville de la région parisienne, à Noisy-le-Grand dans les années 50. Il s’agit de la visite du nonce apostolique Mgr Paolo Marella. Je laisse le Père Wresinski raconter cette histoire :

« Un jour Mgr Marella était venu me voir dans un bidonville de la région parisienne. Il était dans une immense limousine, extraordinaire, et je trouvais extraordinairement merveilleux qu’il soit dans cette limousine. Je trouvais que c’était vraiment sa place d’être dans cette limousine. Parce que moi, ce qui m’intéressait ce n’était pas la limousine de cet évêque, c’était son cœur. Et celui qui est devenu plus tard le cardinal Marella est venu dans ce bidonville avec sa limousine et il a traversé le bidonville, et les gens l’ont regardé, puis il est arrivé à notre petite chapelle et il s’est mis à regarder le bidonville du haut de notre petite chapelle, puis les gens sont venus les uns après les autres et il a regardé les gens comme le Christ regardait la foule. Et il a eu pitié de cette foule, il s’est mis à genoux et il a pleuré. »

Le prince de l’Église à genoux qui pleure devant la foule des pauvres, quelle image forte ! L’image de la présence d’un nonce en chair et en os ému par la présence des pauvres. N’évoque-t-elle pas à sa manière le Seigneur des Seigneurs attablé avec ses disciples, présence réelle au milieu d’eux avant de livrer son corps et de verser son sang pour eux ? C’est de cette présence que je veux parler ce soir.

Les paroles de Jésus devaient sembler bien mystérieuses pour les oreilles de ses apôtres réunis ce soir de la Pâque. Il avait bien annoncé, c’est vrai, que le temps du don était venu. Qu’il lui faudrait souffrir beaucoup, être mis à mort même. Mais il annonce maintenant ce que sa présence dans la chair, quotidienne, familière, veut dire depuis le commencement. Elle signifie le don, le don de Dieu. Sa présence absolue.

Bien sûr Dieu était déjà présent depuis longtemps auprès de son peuple. Les textes de ce soir nous l’ont bien rappelé. Mais cette présence de Dieu au milieu du peuple demandait une réponse du peuple appelé à se rendre lui aussi présent à lui.

La présence de l’homme est, elle, bien fragile. Parfois il ne se rend simplement pas compte que Dieu est là. Parfois, comme Moïse il le conçoit et plein de crainte retire ses sandales pour ne pas souiller la terre divine. Parfois il sait et se détourne. Il devient l’absent, par lassitude, par manque de foi, par désir de voir ailleurs aussi, comme l’enfant prodigue de la parabole.

Mais Dieu, lui, est présent. Et son alliance se renouvelle. Sans cesse re-proposée à l’homme si prompt à s’en détourner. La présence demeure, par sa seule grâce. Le pain et le vin consacrés sont le signe de la permanence de la présence de Dieu. Sa présence réelle, comme signe du don perpétuel, par ce pain rompu une fois pour toutes, par le sang de l’alliance définitivement versé. Dieu est donné.

Mais l’alliance n’engage-t-elle pas les deux parties qui la concluent ? Comment comprendre alors notre place, notre présence, à cette présence du Christ vivant au milieu de nous ? Cette fête du Saint-Sacrement est-elle seulement la fête du Corps du Christ posé sur l’autel, déposé dans le tabernacle ? La présence réelle n’a-t-elle de sens que dans la lumière rouge qui rappelle utilement que « Dieu est présent ».

Notre petite maison à Tallinn, en Estonie, présente une particularité. Elle est située dans la vieille ville, au pied des remparts superbes qui ceinturent la cité. La rue, pavée, est très étroite, et juste en face de la maison, la porte en face même, une lumière rouge brille dans la nuit. En effet, notre voisin d’en-face n’est autre qu’une maison close. Phénomène frappant, la lumière rouge fait face à la chapelle située au rez-de-chaussée. Ainsi la lumière rouge du tabernacle répond-elle à celle de la maison des plaisirs, juste en face. Durant un temps de prière nocturne, je restais fasciné par le jeu de ces deux lumières rouges, celle du tabernacle, et celle venue de la fenêtre sur la rue. En apparence, quelle différence… et pourtant !

Quelle beauté de se dire que la présence du Christ est pour la multitude de ses enfants. Fussent-ils animés de mille passions, et de comportements désordonnés. Le Christ est là, bien présent. La lumière rouge de sa présence dans le monde semble nous indiquer elle-même la direction de la mission. La présence réelle du Christ n’est pas le trésor dont il te faudrait conserver jalousement le souvenir, elle est à vivre. Puisse donc la liturgie de ce soir continuer au dehors de notre petite église.

Saint Jean Chrysostome le disait magnifiquement en son temps, et je me borne à le laisser conclure, réconciliant les contemplatifs et les missionnaires que nous avons tous à être, nourris du corps du Christ, envoyés au corps du Christ, célébrant dans un même mouvement ce Saint-Sacrement :

Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, est le même qui a dit : Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri.
Qui pratique l’aumône exerce la fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le Corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint Sacrifice… Et toi, tu honores l’autel qui reçoit le Corps du Christ. Cet autel-là, partout il t’est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure tu peux y célébrer ta liturgie.

Fr. Nicolas Tixier, op
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Homélie prononcée par le frère Nicolas Tixier, O.P. le dimanche 3 juin 2018, en la solennité du saint Sacrement (fête-Dieu) :

Le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD Quart-Monde racontait une visite surprenante qu’il avait reçue alors qu’il œuvrait dans un bidonville de la région parisienne, à Noisy-le-Grand dans les années 50. Il s’agit de la visite du nonce apostolique Mgr Paolo Marella. Je laisse le Père Wresinski raconter cette histoire :

« Un jour Mgr Marella était venu me voir dans un bidonville de la région parisienne. Il était dans une immense limousine, extraordinaire, et je trouvais extraordinairement merveilleux qu’il soit dans cette limousine. Je trouvais que c’était vraiment sa place d’être dans cette limousine. Parce que moi, ce qui m’intéressait ce n’était pas la limousine de cet évêque, c’était son cœur. Et celui qui est devenu plus tard le cardinal Marella est venu dans ce bidonville avec sa limousine et il a traversé le bidonville, et les gens l’ont regardé, puis il est arrivé à notre petite chapelle et il s’est mis à regarder le bidonville du haut de notre petite chapelle, puis les gens sont venus les uns après les autres et il a regardé les gens comme le Christ regardait la foule. Et il a eu pitié de cette foule, il s’est mis à genoux et il a pleuré. »

Le prince de l’Église à genoux qui pleure devant la foule des pauvres, quelle image forte ! L’image de la présence d’un nonce en chair et en os ému par la présence des pauvres. N’évoque-t-elle pas à sa manière le Seigneur des Seigneurs attablé avec ses disciples, présence réelle au milieu d’eux avant de livrer son corps et de verser son sang pour eux ? C’est de cette présence que je veux parler ce soir.

Les paroles de Jésus devaient sembler bien mystérieuses pour les oreilles de ses apôtres réunis ce soir de la Pâque. Il avait bien annoncé, c’est vrai, que le temps du don était venu. Qu’il lui faudrait souffrir beaucoup, être mis à mort même. Mais il annonce maintenant ce que sa présence dans la chair, quotidienne, familière, veut dire depuis le commencement. Elle signifie le don, le don de Dieu. Sa présence absolue. 

Bien sûr Dieu était déjà présent depuis longtemps auprès de son peuple. Les textes de ce soir nous l’ont bien rappelé. Mais cette présence de Dieu au milieu du peuple demandait une réponse du peuple appelé à se rendre lui aussi présent à lui. 

La présence de l’homme est, elle, bien fragile. Parfois il ne se rend simplement pas compte que Dieu est là. Parfois, comme Moïse il le conçoit et plein de crainte retire ses sandales pour ne pas souiller la terre divine. Parfois il sait et se détourne. Il devient l’absent, par lassitude, par manque de foi, par désir de voir ailleurs aussi, comme l’enfant prodigue de la parabole. 

Mais Dieu, lui, est présent. Et son alliance se renouvelle. Sans cesse re-proposée à l’homme si prompt à s’en détourner. La présence demeure, par sa seule grâce. Le pain et le vin consacrés sont le signe de la permanence de la présence de Dieu. Sa présence réelle, comme signe du don perpétuel, par ce pain rompu une fois pour toutes, par le sang de l’alliance définitivement versé. Dieu est donné.

Mais l’alliance n’engage-t-elle pas les deux parties qui la concluent ? Comment comprendre alors notre place, notre présence, à cette présence du Christ vivant au milieu de nous ? Cette fête du Saint-Sacrement est-elle seulement la fête du Corps du Christ posé sur l’autel, déposé dans le tabernacle ? La présence réelle n’a-t-elle de sens que dans la lumière rouge qui rappelle utilement que « Dieu est présent ».

Notre petite maison à Tallinn, en Estonie, présente une particularité. Elle est située dans la vieille ville, au pied des remparts superbes qui ceinturent la cité. La rue, pavée, est très étroite, et juste en face de la maison, la porte en face même, une lumière rouge brille dans la nuit. En effet, notre voisin d’en-face n’est autre qu’une maison close. Phénomène frappant, la lumière rouge fait face à la chapelle située au rez-de-chaussée. Ainsi la lumière rouge du tabernacle répond-elle à celle de la maison des plaisirs, juste en face. Durant un temps de prière nocturne, je restais fasciné par le jeu de ces deux lumières rouges, celle du tabernacle, et celle venue de la fenêtre sur la rue. En apparence, quelle différence… et pourtant !

Quelle beauté de se dire que la présence du Christ est pour la multitude de ses enfants. Fussent-ils animés de mille passions, et de comportements désordonnés. Le Christ est là, bien présent. La lumière rouge de sa présence dans le monde semble nous indiquer elle-même la direction de la mission. La présence réelle du Christ n’est pas le trésor dont il te faudrait conserver jalousement le souvenir, elle est à vivre. Puisse donc la liturgie de ce soir continuer au dehors de notre petite église.

Saint Jean Chrysostome le disait magnifiquement en son temps, et je me borne à le laisser conclure, réconciliant les contemplatifs et les missionnaires que nous avons tous à être, nourris du corps du Christ, envoyés au corps du Christ, célébrant dans un même mouvement ce Saint-Sacrement : 

Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : Ceci est mon corps, est le même qui a dit : Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri. 
Qui pratique l’aumône exerce la fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le Corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint Sacrifice… Et toi, tu honores l’autel qui reçoit le Corps du Christ. Cet autel-là, partout il t’est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure tu peux y célébrer ta liturgie.

Fr. Nicolas Tixier, op

J'ai connu le cardinal Marella en sa vieillesse : c'était un homme de coeur qui avait un grand souci de l'évangélisation.

2 mois il y a   ·  2

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Le jeudi 31/05/18

Dominicains Strasbourg a partagé la vidéo de Théodom.

Théodom
Rejoignez l'une des sessions ThéoDom cet été, à la mer ou à la montagne ! ThéoDom, c'est de l'initiation à la théologie dans un cadre de vacances.
Toutes les infos ici: www.theodom.org/sessions
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ThéoDom sera partout en France cet été. Venez nous rejoindre : on vous attend ! Toutes les infos ici: www.theodom.org/sessions

et pour les au delà de 35 ans?!

2 mois il y a
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Le samedi 12/05/18

homélie prononcée par le frère Bernard Senelle, O.P., le jeudi 10 mai 2018 en la solennité de l'Ascension de Notre Seigneur (Ac 1,1-11; Ep 4,1-13 ; Mc 16,15-20) :

Le Seigneur Jésus s’en va et spontanément, on pourrait se demander si finalement, Dieu ne nous laisse pas un peu seul, un peu orphelins. Le Fils retourne au Père et l’Esprit sera bientôt envoyé pour renouveler toute la Création. La vie de Dieu se déploie pour quiconque a le regard assez pur pour discerner sa gloire quitte, pourquoi pas, à regarder un temps vers le ciel. Frères sœurs, cette solennité accomplit la résurrection et nous prépare au don de l’Esprit. L’Ascension comme Noël, Pâques et tous les événements de la Révélation est un événement du salut qui vient de Dieu et que personne ne peut obtenir par ses seules forces, sans compter sur Dieu, sans compter sur les autres.
De même qu’il est descendu dans les profondeurs des enfers pour sauver toute l’humanité, aujourd’hui, le Christ monte dans les hauteurs pour entraîner l’humanité dans sa gloire. Assis à la droite du Père, Il nous entraîne avec toute la Création dans la plénitude de la vie.
D’un côté, le départ, l’absence, de l’autre l’assurance qu’il est toujours présent, qu’il travaille avec nous et confirme la Parole. Dieu se retire souvent dans l’histoire de notre salut et parfois nous le trouvons trop absent. C’est un reproche que d’ailleurs, nous adressons aussi parfois aux autres. Ainsi, Dieu se retire après avoir créé le monde, de même au temps du prophète Élie, Il n’est pas dans l’ouragan mais dans la brise légère.
Dans la Nouvelle alliance, Jésus s’endort dans la barque, après la Résurrection à Emmaüs au moment où on le reconnaît, le ressuscité s’efface. Aujourd’hui, il s’élève au plus haut des cieux tout en assurant qu’il travaille avec les Apôtres et qu’il leur demeure présent jusqu’à la fin des temps. Si Dieu nous veut en chemin, s’il s’efface par discrétion, c’est aussi pour nous faire avancer et continuer à marcher à sa suite dans la foi en Lui et dans nos frères en humanité. Les deux sont liés indéfectiblement.
Le ressuscité est enlevé aux regards, une nuée le dérobe aux regards. La nuée est toujours l’emblème divine dans la Bible : Moïse a rencontré son Dieu dans la nuée, aujourd’hui, l’humanité de Jésus va se cacher dans sa divinité. « Tu es un dieu qui se cache, Dieu d’Israël, sauveur. » Dieu est le metteur en scène mystérieux et invisible, qui respecte la liberté de ses créatures. Jésus ne s’éloigne pas de nous mais maintenant, grâce à sa présence auprès du Père, il se fait proche de chacun, de chaque créature car l’évangile de Marc nous dit qu’il travaille avec les apôtres. « Là où je suis, vous serez aussi » a dit Jésus dans l’Évangile de Jean.
Mais cette présence, cette proximité se double d’une invitation à croire à une Parole destinée à toute la Création. Celui qui s’est laissé déloger du monde et cloué sur la croix monte aussi parmi nous et il nous revient de laisser exister sa présence. « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » C’est le Christ qui rend efficace la Parole par les signes qui l’accompagnent, si nous pouvons faire des choses plus grandes que celles qu’il a faites, c’est parce qu’il agit et qu’il est le chemin. « Fais confiance au Seigneur et Lui, il agira »
La foi, la confiance en Dieu comme dans notre prochain sont nécessaires pour trouver Dieu sur la terre comme au ciel. Il ne s’agit pas aujourd’hui de s’élever « par l’intelligence au-delà de la chair de Jésus jusqu’aux mystères de la divinité inconnue. » Nous croyons en Jésus qui Dieu et homme, notre route est humble et notre parole doit demeurer proche des gens et de leurs soucis. Ainsi, les signes qui accompagnent la Parole sont l’ouverture aux autres à travers les langues nouvelles, le souci des malades, l’apaisement de ceux qui sont défigurés par le mal et les démons, la protection contre les poisons et les morsures venimeuses de l’existence. Jésus monte aux Cieux par tous les temps, par ciel clair comme par temps d’orage de même qu’il habite nos obscurités et les ténèbres de notre monde.
Par notre foi, par notre communion fraternelle, nous sommes la présence du Christ et sa visibilité c’est notre charité : « supportez-vous les uns les autres avec amour, ayez soin de garder l’unité. » nous rappelait l’Épître aux Éphésiens. Au moment où nous préparons à recevoir l’Esprit Saint, demandons la grâce de demeurer en Dieu et proche de nos frères. C’est ainsi que le monde croira et sera sauvé.
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homélie prononcée par le frère Bernard Senelle, O.P., le jeudi 10 mai 2018 en la solennité de lAscension de Notre Seigneur (Ac 1,1-11; Ep 4,1-13 ; Mc 16,15-20) :

Le Seigneur Jésus s’en va et spontanément, on pourrait se demander si finalement, Dieu ne nous laisse pas un peu seul, un peu orphelins. Le Fils retourne au Père et l’Esprit sera bientôt envoyé pour renouveler toute la Création. La vie de Dieu se déploie pour quiconque a le regard assez pur pour discerner sa gloire quitte, pourquoi pas, à regarder un temps vers le ciel. Frères sœurs, cette solennité accomplit la résurrection et nous prépare au don de l’Esprit. L’Ascension comme Noël, Pâques et tous les événements de la Révélation est un événement du salut qui vient de Dieu et que personne ne peut obtenir par ses seules forces, sans compter sur Dieu, sans compter sur les autres.
De même qu’il est descendu dans les profondeurs des enfers pour sauver toute l’humanité, aujourd’hui, le Christ monte dans les hauteurs pour entraîner l’humanité dans sa gloire. Assis à la droite du Père, Il nous entraîne avec toute la Création dans la plénitude de la vie. 
D’un côté, le départ, l’absence, de l’autre l’assurance qu’il est toujours présent, qu’il travaille avec nous et confirme la Parole. Dieu se retire souvent dans l’histoire de notre salut et parfois nous le trouvons trop absent. C’est un reproche que d’ailleurs, nous adressons aussi parfois aux autres. Ainsi, Dieu se retire après avoir créé le monde,  de même au temps du prophète Élie, Il n’est pas dans l’ouragan mais dans la brise légère. 
Dans la Nouvelle alliance, Jésus s’endort dans la barque, après la Résurrection à Emmaüs au moment où on le reconnaît, le ressuscité s’efface. Aujourd’hui, il s’élève au plus haut des cieux tout en assurant qu’il travaille avec les Apôtres et qu’il leur demeure présent jusqu’à la fin des temps. Si Dieu nous veut en chemin, s’il s’efface par discrétion, c’est aussi pour nous faire avancer et continuer à marcher à sa suite dans la foi en Lui et dans nos frères en humanité. Les deux sont liés  indéfectiblement. 
Le ressuscité est enlevé aux regards, une nuée le dérobe aux regards. La nuée est toujours l’emblème divine dans la Bible : Moïse a rencontré son Dieu dans la nuée, aujourd’hui, l’humanité de Jésus va se cacher dans sa divinité. « Tu es un dieu qui se cache, Dieu d’Israël, sauveur. » Dieu est le metteur en scène mystérieux et invisible, qui respecte la liberté de ses créatures. Jésus ne s’éloigne pas de nous mais maintenant, grâce à sa présence auprès du Père, il se fait proche de chacun, de chaque créature car l’évangile de Marc nous dit qu’il travaille avec les apôtres. « Là où je suis, vous serez aussi » a dit Jésus dans l’Évangile de Jean. 
Mais cette présence, cette proximité se double d’une invitation à croire à une Parole destinée à toute la Création. Celui qui s’est laissé déloger du monde et cloué sur la croix monte aussi parmi nous et il nous revient de laisser exister sa présence. « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » C’est le Christ qui rend efficace la Parole par les signes qui l’accompagnent, si nous pouvons faire des choses plus grandes que celles qu’il a faites, c’est parce qu’il agit et qu’il est le chemin. « Fais confiance au Seigneur et Lui, il agira »
La foi, la confiance en Dieu comme dans notre prochain sont nécessaires pour trouver Dieu sur la terre comme au ciel. Il ne s’agit pas aujourd’hui de  s’élever « par l’intelligence au-delà de la chair de Jésus jusqu’aux mystères de la divinité inconnue. » Nous croyons en Jésus qui Dieu et homme, notre route est humble et notre parole doit demeurer proche des gens et de leurs soucis. Ainsi, les signes qui accompagnent la Parole sont l’ouverture aux autres à travers les langues nouvelles, le souci des malades, l’apaisement de ceux qui sont défigurés par le mal et les démons, la protection contre les poisons et les morsures venimeuses de l’existence. Jésus monte aux Cieux par tous les temps, par ciel clair comme par temps d’orage de même qu’il habite nos obscurités et les ténèbres de notre monde. 
Par notre foi, par notre communion fraternelle, nous sommes la présence du Christ et sa visibilité c’est notre charité : « supportez-vous les uns les autres avec amour, ayez soin de garder l’unité. » nous rappelait l’Épître aux Éphésiens. Au moment où nous préparons à recevoir l’Esprit Saint, demandons la grâce de demeurer en Dieu et proche de nos frères. C’est ainsi que le monde croira et sera sauvé.

Le dimanche 06/05/18

Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le dimanche 6 mai 2018 (6e dimanche de Pâques - Jean 15, 9-17)

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ». Il nous faudra une éternité pour découvrir apprécier, goûter, réaliser la profondeur de ces quelques mots. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. »
« Comme le Père m’a aimé. » Au moment de recevoir le baptême de Jean, Jésus a entendu ces paroles extraordinaires de son Père : « En lui j’ai mis tout mon amour. » Dieu, qui est Amour, est totalement présent en son Fils bien aimé. Et le Fils ne cesse d’aimer son Père, c’est sa vie ! Il le dit et le redit : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. »
Et Jésus continue : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » L’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu, le Seigneur nous le donne gracieusement, totalement, fidèlement… pour toujours, pour l’éternité.
Pouvons-nous comprendre ce mystère de l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, ce mystère d’amour qui vient nous habiter ? Jésus nous dit que nous le pouvons. Il dit : « Demeurez dans mon amour. » « Demeurez ! » Vous le pouvez !... Que comprendre ? Pouvons-nous pressentir ce mystère de Dieu et quel chemin prendre pour y demeurer ? Le Seigneur nous le montre, chemin, simple, familier mais aussi un chemin qui peut être difficile parfois. Jésus dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » C’est l’amour qui est en nous qui manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu.
L’amour est ce qui est le plus commun à tous les hommes. L’amour est cette attirance qui vient de l’au-delà de nous-mêmes et qui nous porte vers les autres. Celui qui n’aime pas est un mort, tant l’amour est un élan vital. Nous savons qu’il y a bien des déformations de l’amour, des maladies de l’amour, parfois terribles ! Personne n’est indemne d’une blessure ! Nous connaissons nos pauvretés. Mais enfin, l’amour qui nait en nous, c’est ce qu’il y a de plus beau : le mariage, l’amitié, la vie religieuse ou sacerdotale, toutes ces réalités n’ont de sens que si l’amour est là, amour fort, puissant, capable de traverser les obstacles de la vie, quitte à en sortir blessé.
Pourtant, cet amour humain, dans ses richesses et sa pauvreté, est ce qui, en nous, manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu. Pourquoi ? L’amour humain contient en lui une promesse : le bonheur de s’aimer les uns les autres pour l’éternité. Nous attendons que cette promesse s’accomplisse. Or cet accomplissement tant désiré, un temps découvert, expérimenté peut-être, cet accomplissement tarde le plus souvent à venir, le bonheur d’éternité s’échappe et c’est une terrible déception. L’amour humain ne tiendrait-il pas sa promesse ? L’amour humain tient sa promesse si l’on découvre qu’il conduit à un autre amour, plus grand que lui, un amour qui est sa source et qui peut le faire vivre toujours, l’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu.
L’amour humain fermé sur lui-même n’a pas les clés du bonheur. L’amour humain qui conduit à Dieu, qui s’ouvre à l’amour de Dieu, conduit au bonheur éternel. L’amour qui vient de Dieu, loin de prendre la place de l’amour humain, le développe, lui donne sa portée éternelle.
Permettez-moi, ce simple exemple : quand un couple prie ensemble, Dieu les regarde et les unit. Dieu, par son amour, sanctifie leur amour humain, purifie, fortifie tout ce qui les fait vivre ensemble, il développe tout ce qui les ouvre aux autres. « Demeurez dans mon amour » dit le Seigneur : c’est ce que fait ce couple qui apprend à s’aimer l’un l’autre en recevant l’amour de Dieu dans le sanctuaire de leur amour. Bien des épreuves peuvent venir, tout est bâti sur le roc. L’amour humain tient sa promesse : il donne à chacun la force et la joie de l’amour qui vient de Dieu et qui ouvre aux autres.
Permettez-moi d’ajouter, en cette église, que l’amour qui vient de Dieu peut porter cet amour qui anime les religieux, les religieuses, les prêtres. Nous avons reçu pour vocation, celle d’aimer les autres, de leur dire sans cesse que Dieu les aime alors que tant de personnes ne savent pas qu’elles peuvent être aimées. Pour que la promesse de notre vocation s’accomplisse, il nous faut, nous aussi, découvrir la solitude du cœur, l’apprivoiser et la rendre féconde. Il y faut du temps. Dans cette solitude en effet, nous découvrons en nous la présence de l’amour de Dieu qui ouvre enfin notre cœur à tous dans la paix et la joie.
La joie ! Le Seigneur le dit bien : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». Joie de Jésus tant aimé de son Père, joie qu’il nous donne en partage !
Concluons. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à ses disciples, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Voilà notre responsabilité à l’égard de tous. Quand notre amour fraternel rayonne, il porte du fruit.
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Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le dimanche 6 mai 2018 (6e dimanche de Pâques - Jean 15, 9-17)

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ». Il nous faudra une éternité pour découvrir apprécier, goûter, réaliser la profondeur de ces quelques mots. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. »
« Comme le Père m’a aimé. » Au moment de recevoir le baptême de Jean, Jésus a entendu ces paroles extraordinaires de son Père : « En lui j’ai mis tout mon amour. » Dieu, qui est Amour, est totalement présent en son Fils bien aimé. Et le Fils ne cesse d’aimer son Père, c’est sa vie ! Il le dit et le redit : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. »
Et Jésus continue : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » L’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu, le Seigneur nous le donne gracieusement, totalement, fidèlement… pour toujours, pour l’éternité. 
Pouvons-nous comprendre ce mystère de l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, ce mystère d’amour qui vient nous habiter ? Jésus nous dit que nous le pouvons. Il dit : « Demeurez dans mon amour. » « Demeurez ! » Vous le pouvez !... Que comprendre ? Pouvons-nous pressentir ce mystère de Dieu et quel chemin prendre pour y demeurer ? Le Seigneur nous le montre, chemin, simple, familier mais aussi un chemin qui peut être difficile parfois. Jésus dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » C’est l’amour qui est en nous qui manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu. 
L’amour est ce qui est le plus commun à tous les hommes. L’amour est cette attirance qui vient de l’au-delà de nous-mêmes et qui nous porte vers les autres. Celui qui n’aime pas est un mort, tant l’amour est un élan vital. Nous savons qu’il y a bien des déformations de l’amour, des maladies de l’amour, parfois terribles ! Personne n’est indemne d’une blessure ! Nous connaissons nos pauvretés. Mais enfin, l’amour qui nait en nous, c’est ce qu’il y a de plus beau : le mariage, l’amitié, la vie religieuse ou sacerdotale, toutes ces réalités n’ont de sens que si l’amour est là, amour fort, puissant, capable de traverser les obstacles de la vie, quitte à en sortir blessé. 
Pourtant, cet amour humain, dans ses richesses et sa pauvreté, est ce qui, en nous, manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu. Pourquoi ? L’amour humain contient en lui une promesse : le bonheur de s’aimer les uns les autres pour l’éternité. Nous attendons que cette promesse s’accomplisse. Or cet accomplissement tant désiré, un temps découvert, expérimenté peut-être, cet accomplissement tarde le plus souvent à venir, le bonheur d’éternité s’échappe et c’est une terrible déception. L’amour humain ne tiendrait-il pas sa promesse ? L’amour humain tient sa promesse si l’on découvre qu’il conduit à un autre amour, plus grand que lui, un amour qui est sa source et qui peut le faire vivre toujours, l’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu. 
L’amour humain fermé sur lui-même n’a pas les clés du bonheur. L’amour humain qui conduit à Dieu, qui s’ouvre à l’amour de Dieu, conduit au bonheur éternel. L’amour qui vient de Dieu, loin de prendre la place de l’amour humain, le développe, lui donne sa portée éternelle. 
Permettez-moi, ce simple exemple : quand un couple prie ensemble, Dieu les regarde et les unit. Dieu, par son amour, sanctifie leur amour humain, purifie, fortifie tout ce qui les fait vivre ensemble, il développe tout ce qui les ouvre aux autres. « Demeurez dans mon amour » dit le Seigneur : c’est ce que fait ce couple qui apprend à s’aimer l’un l’autre en recevant l’amour de Dieu dans le sanctuaire de leur amour. Bien des épreuves peuvent venir, tout est bâti sur le roc. L’amour humain tient sa promesse : il donne à chacun la force et la joie de l’amour qui vient de Dieu et qui ouvre aux autres.
Permettez-moi d’ajouter, en cette église, que l’amour qui vient de Dieu peut porter cet amour qui anime les religieux, les religieuses, les prêtres. Nous avons reçu pour vocation, celle d’aimer les autres, de leur dire sans cesse que Dieu les aime alors que tant de personnes ne savent pas qu’elles peuvent être aimées. Pour que la promesse de notre vocation s’accomplisse, il nous faut, nous aussi, découvrir la solitude du cœur, l’apprivoiser et la rendre féconde. Il y faut du temps. Dans cette solitude en effet, nous découvrons en nous la présence de l’amour de Dieu qui ouvre enfin notre cœur à tous dans la paix et la joie. 
La joie ! Le Seigneur le dit bien : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». Joie de Jésus tant aimé de son Père, joie qu’il nous donne en partage !
Concluons. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à ses disciples, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Voilà notre responsabilité à l’égard de tous. Quand notre amour fraternel rayonne, il porte du fruit.

je suis chargée de faire les programmes de chants pour notre petite chorale et j'avais choisi de prendre Le D218 :À l'image de ton amour, comme chant final de notre messe dominicale il a été très apprécié --

3 mois il y a
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Le jeudi 03/05/18

Les frères de la communauté sont heureux de vous inviter à célébrer avec eux la fête de la Translation de saint Dominique le 24 mai prochain par les vêpres solennelles à 19h suivies d'un buffet dînatoire. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Les frères de la communauté sont heureux de vous inviter à célébrer avec eux la fête de la Translation de saint Dominique le 24 mai prochain par les vêpres solennelles à 19h suivies dun buffet dînatoire.

Vêpres grégoriennes?

3 mois il y a
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Le mardi 01/05/18

Homélie prononcée par le frère Jacques-François Vergonjeanne, O.P. le dimanche 29 avril 2018 (5e dimanche de Pâques - Ac 9,26-31 ; 1 Jn 3,18-24 ; Jn 15,1-8)

TOUT SARMENT QUI PORTE DU FRUIT, MON PÈRE L’ÉMONDE

Élagage d'hiver.
Parmi les arbres fruitiers, y en a-t-il un qui soit taillé aussi radicalement que la vigne ? Au sortir de l'hiver, le vigneron ne laisse que deux sarments à chaque pied de vigne, du moins en Alsace, pour concentrer la sève dans ces deux sarments épargnés. Un vigneron consacre beaucoup de temps à sa vigne. Il en espère beaucoup. Pas étonnant qu'il se prenne d'affection pour elle. Depuis des millénaires, dans le pourtour de la Méditerranée, il y a comme une passion des hommes pour la vigne.
L'amour du vigneron pour sa vigne .
Au 7ème siècle de l'histoire d'Israël, l'Esprit inspira, au prophète Isaïe, ce poème : « Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé pour sa vigne: mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres et installa un plant de choix … Il en attendait de beaux raisins, il n'en eu que de mauvais... Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'en attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ? » (Es 5,1...). Cette vigne chérie par Dieu c'est le peuple d'Israël, qui s'est montré incapable des produire ces vrais fruits de justice que Dieu attendait.
La vraie Vigne.
Dépassant sa déception, le Seigneur-Vigneron choisit un autre plant, son propre Fils, qui vient prendre racine en terre des hommes. C'est lui qui pourra dire, en la personne de Jésus : « Moi je suis la vraie vigne, et mon Père est le Vigneron.Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève. Tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant pour qu'il en porte davantage.»
Thérèse d'Avila faisait remarquer à Dieu, avec humour : « Quand je vois comment vous traitez vos amis, Seigneur, ne vous étonnez pas d'en avoir si peu ! » Nous le savons, une vigne qui n'est pas taillée, laisse prospérer des sarments qui épuisent la sève. Un homme qui ne tranche pas en faveur de la vie, de la vraie vie, prend le risque d'être livré à l'anarchie de ses pulsions.
En mai 68, il y a 50 ans, fleurissaient sur les murs de Paris, des slogans tels que : « Jouissons sans entraves. » Ou bien: « Dieu est mort, signé Nietzsche.» Ce dernier slogan s'attira cette réplique : « Nietzsche est mort: signé Dieu. »
A l'encontre d'une prétention aveugle qui affirmerait la non-existence de Dieu, le disciple atteste de sa foi en Jésus Christ et fait le choix, sans cesse recommencé, de rester brancher indéfectiblement sur la vraie Vigne : « Moi, je suis la Vigne, et vous, les sarments ; celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. » (v.5)
Le fruit attendu: la sainteté.
Le fruit en abondance espéré par le Père de Jésus, qu'est-ce donc sinon la sainteté. Dans sa dernière exhortation apostolique La joie et l'allégresse, le pape François écrit :« Le Seigneur demande tout, et ce qu'il offre en retour c'est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints. Il n'attend pas de nous que nous nous contentions d'une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. » (n°1)
Le Seigneur attend de tout baptisé qu'il s'engage sur le chemin de la sainteté. Il n'atteindra pas la perfection, il ne fera pas un sans faute, pécheur qu'il est, mais il y « gagnera en consistance humaine et en profondeur spirituelle. » (Sr E.B.)
Se laisser émonder par le Père-Vigneron.
Gagner en consistance humaine en veillant à se décentrer de lui-même, disponible pour l'écoute des frères. Gagner en profondeur spirituelle en consentant à ce douloureux émondage opéré dans sa vie par l'amour du Père. Il se dispose à regarder les autres comme le Père les voit : d'un regard lucide mais bienveillant. « Petits enfants, nous rappelle saint Jean dans son épître, n'aimons pas en parole ni par des discours, mais par des actes et en vérité. »
Regard d'amour-charité, qui permet de « distinguer deux visages : celui du Père et celui du frère. …mais en un seul, celui de Dieu qui se reflète dans beaucoup d'autres. Car en chaque frère, spécialement le plus petit, le plus fragile, sans défense et en celui qui est dans le besoin, se trouve présente l'image même de Dieu. » (La joie et l'allégresse, n° 61). Sans oublier l'essentiel : « Si vous demeurez en moi et moi en vous, demander tout ce que vous voudrez et vous l'obtiendrez. » (v.7) « Ce qui fait la gloire de mon Père c'est que vous portiez beaucoup de fruit... » Traduisons : Ce qui fait le bonheur, la joie, la fierté du Père de Jésus-Christ, et qui lui manquent encore.

Fr Jacques-François Vergonjeanne, O.P.
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Homélie prononcée par le frère Jacques-François Vergonjeanne, O.P. le dimanche 29 avril 2018 (5e dimanche de Pâques - Ac 9,26-31 ;  1 Jn 3,18-24 ;  Jn 15,1-8)

TOUT SARMENT QUI PORTE DU FRUIT, MON PÈRE L’ÉMONDE

Élagage dhiver.
Parmi les arbres fruitiers, y en a-t-il un qui soit taillé aussi radicalement que la vigne ? Au sortir de lhiver, le vigneron ne laisse que deux sarments à chaque pied de vigne, du moins en Alsace, pour concentrer la sève dans ces deux sarments épargnés. Un vigneron consacre beaucoup de temps à sa vigne. Il en espère beaucoup. Pas étonnant quil se prenne daffection pour elle. Depuis des millénaires,  dans le pourtour de la Méditerranée, il y a comme une passion des hommes pour la vigne.
Lamour du vigneron pour sa vigne .
Au 7ème siècle de lhistoire dIsraël, lEsprit inspira, au prophète Isaïe, ce poème : « Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé pour sa vigne: mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres et installa un plant de choix … Il en attendait de beaux raisins, il nen eu que de mauvais... Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je nai fait ? Jen attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ? » (Es  5,1...). Cette vigne chérie par Dieu cest le peuple dIsraël, qui sest montré incapable des produire ces vrais fruits de justice que Dieu attendait.
La vraie Vigne.
Dépassant sa déception, le Seigneur-Vigneron choisit un autre plant, son propre Fils, qui vient prendre racine en terre des hommes. Cest lui qui pourra dire, en la personne de Jésus : « Moi je suis la vraie vigne, et mon Père est le Vigneron.Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père lenlève. Tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant pour quil en porte davantage.»
Thérèse dAvila faisait remarquer à Dieu, avec humour : « Quand je vois comment vous traitez vos amis, Seigneur, ne vous étonnez pas den avoir si peu ! » Nous le savons, une vigne qui nest pas taillée, laisse prospérer des sarments qui épuisent la sève. Un homme qui ne tranche  pas en faveur de la vie, de la vraie vie, prend le risque dêtre livré à lanarchie de ses pulsions. 
En mai 68, il y a 50 ans, fleurissaient sur les murs de Paris, des slogans tels que : « Jouissons sans entraves. » Ou bien: « Dieu est mort, signé Nietzsche.» Ce dernier slogan sattira cette réplique : « Nietzsche est mort: signé Dieu. »
A lencontre dune prétention aveugle qui affirmerait la non-existence de Dieu, le disciple atteste de sa foi en Jésus Christ et fait le choix, sans cesse recommencé, de rester brancher indéfectiblement sur la vraie Vigne : «  Moi, je suis la Vigne, et vous, les sarments ; celui qui demeure en  moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. » (v.5)
Le fruit attendu: la sainteté.
Le fruit en abondance espéré par le Père de Jésus, quest-ce donc sinon la sainteté. Dans sa dernière exhortation apostolique La joie et lallégresse, le pape François écrit :« Le Seigneur demande tout, et ce quil offre en retour cest la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints. Il nattend pas de nous que nous nous contentions dune existence médiocre, édulcorée, sans consistance. » (n°1)
Le Seigneur attend de tout baptisé quil sengage sur le chemin de la sainteté. Il natteindra pas la perfection, il ne fera pas un sans faute, pécheur quil est, mais il y « gagnera en consistance humaine et en profondeur  spirituelle. » (Sr E.B.)
Se laisser émonder par le Père-Vigneron.
Gagner en consistance humaine en veillant à se décentrer de lui-même,  disponible pour lécoute des frères. Gagner en profondeur spirituelle en consentant à ce douloureux émondage opéré dans sa vie par lamour du Père. Il se dispose à regarder les autres comme le Père les voit : dun regard lucide mais bienveillant. « Petits enfants, nous rappelle saint Jean dans son épître,  naimons pas en parole ni par des discours, mais par des actes et en vérité. »
Regard damour-charité, qui permet de « distinguer deux visages : celui du Père et celui du frère. …mais en un seul, celui de Dieu qui se reflète dans beaucoup dautres. Car en chaque frère, spécialement le plus petit, le plus fragile, sans défense et en celui qui est dans le besoin, se trouve présente limage même de Dieu. » (La joie et lallégresse, n° 61). Sans oublier lessentiel :  « Si vous demeurez en moi et moi en vous, demander tout ce que vous voudrez et vous lobtiendrez. » (v.7) « Ce qui fait la gloire de mon Père cest que vous portiez beaucoup de fruit... » Traduisons : Ce qui fait le bonheur, la joie, la fierté du Père de Jésus-Christ, et qui lui manquent encore.

Fr Jacques-François Vergonjeanne, O.P.

Je suis le fruit de la vigne qui vas mourir sans être cueillie car on m'ignore de à cause de mon état on ne crois pas en moi...

3 mois il y a
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