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Les frères du couvent Dominicain de Strasbourg sont heureux de vous accueillir sur leur site ! Vous y trouverez diverses informations sur la communauté, les activités à venir, ou encore les horaires habituels du couvent. Bonne navigation et à bientôt au couvent !

Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le samedi 12/05/18

homélie prononcée par le frère Bernard Senelle, O.P., le jeudi 10 mai 2018 en la solennité de l'Ascension de Notre Seigneur (Ac 1,1-11; Ep 4,1-13 ; Mc 16,15-20) :

Le Seigneur Jésus s’en va et spontanément, on pourrait se demander si finalement, Dieu ne nous laisse pas un peu seul, un peu orphelins. Le Fils retourne au Père et l’Esprit sera bientôt envoyé pour renouveler toute la Création. La vie de Dieu se déploie pour quiconque a le regard assez pur pour discerner sa gloire quitte, pourquoi pas, à regarder un temps vers le ciel. Frères sœurs, cette solennité accomplit la résurrection et nous prépare au don de l’Esprit. L’Ascension comme Noël, Pâques et tous les événements de la Révélation est un événement du salut qui vient de Dieu et que personne ne peut obtenir par ses seules forces, sans compter sur Dieu, sans compter sur les autres.
De même qu’il est descendu dans les profondeurs des enfers pour sauver toute l’humanité, aujourd’hui, le Christ monte dans les hauteurs pour entraîner l’humanité dans sa gloire. Assis à la droite du Père, Il nous entraîne avec toute la Création dans la plénitude de la vie.
D’un côté, le départ, l’absence, de l’autre l’assurance qu’il est toujours présent, qu’il travaille avec nous et confirme la Parole. Dieu se retire souvent dans l’histoire de notre salut et parfois nous le trouvons trop absent. C’est un reproche que d’ailleurs, nous adressons aussi parfois aux autres. Ainsi, Dieu se retire après avoir créé le monde, de même au temps du prophète Élie, Il n’est pas dans l’ouragan mais dans la brise légère.
Dans la Nouvelle alliance, Jésus s’endort dans la barque, après la Résurrection à Emmaüs au moment où on le reconnaît, le ressuscité s’efface. Aujourd’hui, il s’élève au plus haut des cieux tout en assurant qu’il travaille avec les Apôtres et qu’il leur demeure présent jusqu’à la fin des temps. Si Dieu nous veut en chemin, s’il s’efface par discrétion, c’est aussi pour nous faire avancer et continuer à marcher à sa suite dans la foi en Lui et dans nos frères en humanité. Les deux sont liés indéfectiblement.
Le ressuscité est enlevé aux regards, une nuée le dérobe aux regards. La nuée est toujours l’emblème divine dans la Bible : Moïse a rencontré son Dieu dans la nuée, aujourd’hui, l’humanité de Jésus va se cacher dans sa divinité. « Tu es un dieu qui se cache, Dieu d’Israël, sauveur. » Dieu est le metteur en scène mystérieux et invisible, qui respecte la liberté de ses créatures. Jésus ne s’éloigne pas de nous mais maintenant, grâce à sa présence auprès du Père, il se fait proche de chacun, de chaque créature car l’évangile de Marc nous dit qu’il travaille avec les apôtres. « Là où je suis, vous serez aussi » a dit Jésus dans l’Évangile de Jean.
Mais cette présence, cette proximité se double d’une invitation à croire à une Parole destinée à toute la Création. Celui qui s’est laissé déloger du monde et cloué sur la croix monte aussi parmi nous et il nous revient de laisser exister sa présence. « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » C’est le Christ qui rend efficace la Parole par les signes qui l’accompagnent, si nous pouvons faire des choses plus grandes que celles qu’il a faites, c’est parce qu’il agit et qu’il est le chemin. « Fais confiance au Seigneur et Lui, il agira »
La foi, la confiance en Dieu comme dans notre prochain sont nécessaires pour trouver Dieu sur la terre comme au ciel. Il ne s’agit pas aujourd’hui de s’élever « par l’intelligence au-delà de la chair de Jésus jusqu’aux mystères de la divinité inconnue. » Nous croyons en Jésus qui Dieu et homme, notre route est humble et notre parole doit demeurer proche des gens et de leurs soucis. Ainsi, les signes qui accompagnent la Parole sont l’ouverture aux autres à travers les langues nouvelles, le souci des malades, l’apaisement de ceux qui sont défigurés par le mal et les démons, la protection contre les poisons et les morsures venimeuses de l’existence. Jésus monte aux Cieux par tous les temps, par ciel clair comme par temps d’orage de même qu’il habite nos obscurités et les ténèbres de notre monde.
Par notre foi, par notre communion fraternelle, nous sommes la présence du Christ et sa visibilité c’est notre charité : « supportez-vous les uns les autres avec amour, ayez soin de garder l’unité. » nous rappelait l’Épître aux Éphésiens. Au moment où nous préparons à recevoir l’Esprit Saint, demandons la grâce de demeurer en Dieu et proche de nos frères. C’est ainsi que le monde croira et sera sauvé.
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homélie prononcée par le frère Bernard Senelle, O.P., le jeudi 10 mai 2018 en la solennité de lAscension de Notre Seigneur (Ac 1,1-11; Ep 4,1-13 ; Mc 16,15-20) :

Le Seigneur Jésus s’en va et spontanément, on pourrait se demander si finalement, Dieu ne nous laisse pas un peu seul, un peu orphelins. Le Fils retourne au Père et l’Esprit sera bientôt envoyé pour renouveler toute la Création. La vie de Dieu se déploie pour quiconque a le regard assez pur pour discerner sa gloire quitte, pourquoi pas, à regarder un temps vers le ciel. Frères sœurs, cette solennité accomplit la résurrection et nous prépare au don de l’Esprit. L’Ascension comme Noël, Pâques et tous les événements de la Révélation est un événement du salut qui vient de Dieu et que personne ne peut obtenir par ses seules forces, sans compter sur Dieu, sans compter sur les autres.
De même qu’il est descendu dans les profondeurs des enfers pour sauver toute l’humanité, aujourd’hui, le Christ monte dans les hauteurs pour entraîner l’humanité dans sa gloire. Assis à la droite du Père, Il nous entraîne avec toute la Création dans la plénitude de la vie. 
D’un côté, le départ, l’absence, de l’autre l’assurance qu’il est toujours présent, qu’il travaille avec nous et confirme la Parole. Dieu se retire souvent dans l’histoire de notre salut et parfois nous le trouvons trop absent. C’est un reproche que d’ailleurs, nous adressons aussi parfois aux autres. Ainsi, Dieu se retire après avoir créé le monde,  de même au temps du prophète Élie, Il n’est pas dans l’ouragan mais dans la brise légère. 
Dans la Nouvelle alliance, Jésus s’endort dans la barque, après la Résurrection à Emmaüs au moment où on le reconnaît, le ressuscité s’efface. Aujourd’hui, il s’élève au plus haut des cieux tout en assurant qu’il travaille avec les Apôtres et qu’il leur demeure présent jusqu’à la fin des temps. Si Dieu nous veut en chemin, s’il s’efface par discrétion, c’est aussi pour nous faire avancer et continuer à marcher à sa suite dans la foi en Lui et dans nos frères en humanité. Les deux sont liés  indéfectiblement. 
Le ressuscité est enlevé aux regards, une nuée le dérobe aux regards. La nuée est toujours l’emblème divine dans la Bible : Moïse a rencontré son Dieu dans la nuée, aujourd’hui, l’humanité de Jésus va se cacher dans sa divinité. « Tu es un dieu qui se cache, Dieu d’Israël, sauveur. » Dieu est le metteur en scène mystérieux et invisible, qui respecte la liberté de ses créatures. Jésus ne s’éloigne pas de nous mais maintenant, grâce à sa présence auprès du Père, il se fait proche de chacun, de chaque créature car l’évangile de Marc nous dit qu’il travaille avec les apôtres. « Là où je suis, vous serez aussi » a dit Jésus dans l’Évangile de Jean. 
Mais cette présence, cette proximité se double d’une invitation à croire à une Parole destinée à toute la Création. Celui qui s’est laissé déloger du monde et cloué sur la croix monte aussi parmi nous et il nous revient de laisser exister sa présence. « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi. » C’est le Christ qui rend efficace la Parole par les signes qui l’accompagnent, si nous pouvons faire des choses plus grandes que celles qu’il a faites, c’est parce qu’il agit et qu’il est le chemin. « Fais confiance au Seigneur et Lui, il agira »
La foi, la confiance en Dieu comme dans notre prochain sont nécessaires pour trouver Dieu sur la terre comme au ciel. Il ne s’agit pas aujourd’hui de  s’élever « par l’intelligence au-delà de la chair de Jésus jusqu’aux mystères de la divinité inconnue. » Nous croyons en Jésus qui Dieu et homme, notre route est humble et notre parole doit demeurer proche des gens et de leurs soucis. Ainsi, les signes qui accompagnent la Parole sont l’ouverture aux autres à travers les langues nouvelles, le souci des malades, l’apaisement de ceux qui sont défigurés par le mal et les démons, la protection contre les poisons et les morsures venimeuses de l’existence. Jésus monte aux Cieux par tous les temps, par ciel clair comme par temps d’orage de même qu’il habite nos obscurités et les ténèbres de notre monde. 
Par notre foi, par notre communion fraternelle, nous sommes la présence du Christ et sa visibilité c’est notre charité : « supportez-vous les uns les autres avec amour, ayez soin de garder l’unité. » nous rappelait l’Épître aux Éphésiens. Au moment où nous préparons à recevoir l’Esprit Saint, demandons la grâce de demeurer en Dieu et proche de nos frères. C’est ainsi que le monde croira et sera sauvé.

Le dimanche 06/05/18

Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le dimanche 6 mai 2018 (6e dimanche de Pâques - Jean 15, 9-17)

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ». Il nous faudra une éternité pour découvrir apprécier, goûter, réaliser la profondeur de ces quelques mots. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. »
« Comme le Père m’a aimé. » Au moment de recevoir le baptême de Jean, Jésus a entendu ces paroles extraordinaires de son Père : « En lui j’ai mis tout mon amour. » Dieu, qui est Amour, est totalement présent en son Fils bien aimé. Et le Fils ne cesse d’aimer son Père, c’est sa vie ! Il le dit et le redit : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. »
Et Jésus continue : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » L’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu, le Seigneur nous le donne gracieusement, totalement, fidèlement… pour toujours, pour l’éternité.
Pouvons-nous comprendre ce mystère de l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, ce mystère d’amour qui vient nous habiter ? Jésus nous dit que nous le pouvons. Il dit : « Demeurez dans mon amour. » « Demeurez ! » Vous le pouvez !... Que comprendre ? Pouvons-nous pressentir ce mystère de Dieu et quel chemin prendre pour y demeurer ? Le Seigneur nous le montre, chemin, simple, familier mais aussi un chemin qui peut être difficile parfois. Jésus dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » C’est l’amour qui est en nous qui manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu.
L’amour est ce qui est le plus commun à tous les hommes. L’amour est cette attirance qui vient de l’au-delà de nous-mêmes et qui nous porte vers les autres. Celui qui n’aime pas est un mort, tant l’amour est un élan vital. Nous savons qu’il y a bien des déformations de l’amour, des maladies de l’amour, parfois terribles ! Personne n’est indemne d’une blessure ! Nous connaissons nos pauvretés. Mais enfin, l’amour qui nait en nous, c’est ce qu’il y a de plus beau : le mariage, l’amitié, la vie religieuse ou sacerdotale, toutes ces réalités n’ont de sens que si l’amour est là, amour fort, puissant, capable de traverser les obstacles de la vie, quitte à en sortir blessé.
Pourtant, cet amour humain, dans ses richesses et sa pauvreté, est ce qui, en nous, manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu. Pourquoi ? L’amour humain contient en lui une promesse : le bonheur de s’aimer les uns les autres pour l’éternité. Nous attendons que cette promesse s’accomplisse. Or cet accomplissement tant désiré, un temps découvert, expérimenté peut-être, cet accomplissement tarde le plus souvent à venir, le bonheur d’éternité s’échappe et c’est une terrible déception. L’amour humain ne tiendrait-il pas sa promesse ? L’amour humain tient sa promesse si l’on découvre qu’il conduit à un autre amour, plus grand que lui, un amour qui est sa source et qui peut le faire vivre toujours, l’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu.
L’amour humain fermé sur lui-même n’a pas les clés du bonheur. L’amour humain qui conduit à Dieu, qui s’ouvre à l’amour de Dieu, conduit au bonheur éternel. L’amour qui vient de Dieu, loin de prendre la place de l’amour humain, le développe, lui donne sa portée éternelle.
Permettez-moi, ce simple exemple : quand un couple prie ensemble, Dieu les regarde et les unit. Dieu, par son amour, sanctifie leur amour humain, purifie, fortifie tout ce qui les fait vivre ensemble, il développe tout ce qui les ouvre aux autres. « Demeurez dans mon amour » dit le Seigneur : c’est ce que fait ce couple qui apprend à s’aimer l’un l’autre en recevant l’amour de Dieu dans le sanctuaire de leur amour. Bien des épreuves peuvent venir, tout est bâti sur le roc. L’amour humain tient sa promesse : il donne à chacun la force et la joie de l’amour qui vient de Dieu et qui ouvre aux autres.
Permettez-moi d’ajouter, en cette église, que l’amour qui vient de Dieu peut porter cet amour qui anime les religieux, les religieuses, les prêtres. Nous avons reçu pour vocation, celle d’aimer les autres, de leur dire sans cesse que Dieu les aime alors que tant de personnes ne savent pas qu’elles peuvent être aimées. Pour que la promesse de notre vocation s’accomplisse, il nous faut, nous aussi, découvrir la solitude du cœur, l’apprivoiser et la rendre féconde. Il y faut du temps. Dans cette solitude en effet, nous découvrons en nous la présence de l’amour de Dieu qui ouvre enfin notre cœur à tous dans la paix et la joie.
La joie ! Le Seigneur le dit bien : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». Joie de Jésus tant aimé de son Père, joie qu’il nous donne en partage !
Concluons. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à ses disciples, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Voilà notre responsabilité à l’égard de tous. Quand notre amour fraternel rayonne, il porte du fruit.
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Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le dimanche 6 mai 2018 (6e dimanche de Pâques - Jean 15, 9-17)

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour ». Il nous faudra une éternité pour découvrir apprécier, goûter, réaliser la profondeur de ces quelques mots. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. »
« Comme le Père m’a aimé. » Au moment de recevoir le baptême de Jean, Jésus a entendu ces paroles extraordinaires de son Père : « En lui j’ai mis tout mon amour. » Dieu, qui est Amour, est totalement présent en son Fils bien aimé. Et le Fils ne cesse d’aimer son Père, c’est sa vie ! Il le dit et le redit : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père. »
Et Jésus continue : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. » L’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu, le Seigneur nous le donne gracieusement, totalement, fidèlement… pour toujours, pour l’éternité. 
Pouvons-nous comprendre ce mystère de l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, ce mystère d’amour qui vient nous habiter ? Jésus nous dit que nous le pouvons. Il dit : « Demeurez dans mon amour. » « Demeurez ! » Vous le pouvez !... Que comprendre ? Pouvons-nous pressentir ce mystère de Dieu et quel chemin prendre pour y demeurer ? Le Seigneur nous le montre, chemin, simple, familier mais aussi un chemin qui peut être difficile parfois. Jésus dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » C’est l’amour qui est en nous qui manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu. 
L’amour est ce qui est le plus commun à tous les hommes. L’amour est cette attirance qui vient de l’au-delà de nous-mêmes et qui nous porte vers les autres. Celui qui n’aime pas est un mort, tant l’amour est un élan vital. Nous savons qu’il y a bien des déformations de l’amour, des maladies de l’amour, parfois terribles ! Personne n’est indemne d’une blessure ! Nous connaissons nos pauvretés. Mais enfin, l’amour qui nait en nous, c’est ce qu’il y a de plus beau : le mariage, l’amitié, la vie religieuse ou sacerdotale, toutes ces réalités n’ont de sens que si l’amour est là, amour fort, puissant, capable de traverser les obstacles de la vie, quitte à en sortir blessé. 
Pourtant, cet amour humain, dans ses richesses et sa pauvreté, est ce qui, en nous, manifeste le mieux l’amour qui est en Dieu. Pourquoi ? L’amour humain contient en lui une promesse : le bonheur de s’aimer les uns les autres pour l’éternité. Nous attendons que cette promesse s’accomplisse. Or cet accomplissement tant désiré, un temps découvert, expérimenté peut-être, cet accomplissement tarde le plus souvent à venir, le bonheur d’éternité s’échappe et c’est une terrible déception. L’amour humain ne tiendrait-il pas sa promesse ? L’amour humain tient sa promesse si l’on découvre qu’il conduit à un autre amour, plus grand que lui, un amour qui est sa source et qui peut le faire vivre toujours, l’amour qui est en Dieu, l’amour qui est Dieu. 
L’amour humain fermé sur lui-même n’a pas les clés du bonheur. L’amour humain qui conduit à Dieu, qui s’ouvre à l’amour de Dieu, conduit au bonheur éternel. L’amour qui vient de Dieu, loin de prendre la place de l’amour humain, le développe, lui donne sa portée éternelle. 
Permettez-moi, ce simple exemple : quand un couple prie ensemble, Dieu les regarde et les unit. Dieu, par son amour, sanctifie leur amour humain, purifie, fortifie tout ce qui les fait vivre ensemble, il développe tout ce qui les ouvre aux autres. « Demeurez dans mon amour » dit le Seigneur : c’est ce que fait ce couple qui apprend à s’aimer l’un l’autre en recevant l’amour de Dieu dans le sanctuaire de leur amour. Bien des épreuves peuvent venir, tout est bâti sur le roc. L’amour humain tient sa promesse : il donne à chacun la force et la joie de l’amour qui vient de Dieu et qui ouvre aux autres.
Permettez-moi d’ajouter, en cette église, que l’amour qui vient de Dieu peut porter cet amour qui anime les religieux, les religieuses, les prêtres. Nous avons reçu pour vocation, celle d’aimer les autres, de leur dire sans cesse que Dieu les aime alors que tant de personnes ne savent pas qu’elles peuvent être aimées. Pour que la promesse de notre vocation s’accomplisse, il nous faut, nous aussi, découvrir la solitude du cœur, l’apprivoiser et la rendre féconde. Il y faut du temps. Dans cette solitude en effet, nous découvrons en nous la présence de l’amour de Dieu qui ouvre enfin notre cœur à tous dans la paix et la joie. 
La joie ! Le Seigneur le dit bien : « Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». Joie de Jésus tant aimé de son Père, joie qu’il nous donne en partage !
Concluons. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à ses disciples, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. » Voilà notre responsabilité à l’égard de tous. Quand notre amour fraternel rayonne, il porte du fruit.

je suis chargée de faire les programmes de chants pour notre petite chorale et j'avais choisi de prendre Le D218 :À l'image de ton amour, comme chant final de notre messe dominicale il a été très apprécié --

3 semaines il y a
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Le jeudi 03/05/18

Les frères de la communauté sont heureux de vous inviter à célébrer avec eux la fête de la Translation de saint Dominique le 24 mai prochain par les vêpres solennelles à 19h suivies d'un buffet dînatoire. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Les frères de la communauté sont heureux de vous inviter à célébrer avec eux la fête de la Translation de saint Dominique le 24 mai prochain par les vêpres solennelles à 19h suivies dun buffet dînatoire.

Vêpres grégoriennes?

3 semaines il y a
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Le mardi 01/05/18

Homélie prononcée par le frère Jacques-François Vergonjeanne, O.P. le dimanche 29 avril 2018 (5e dimanche de Pâques - Ac 9,26-31 ; 1 Jn 3,18-24 ; Jn 15,1-8)

TOUT SARMENT QUI PORTE DU FRUIT, MON PÈRE L’ÉMONDE

Élagage d'hiver.
Parmi les arbres fruitiers, y en a-t-il un qui soit taillé aussi radicalement que la vigne ? Au sortir de l'hiver, le vigneron ne laisse que deux sarments à chaque pied de vigne, du moins en Alsace, pour concentrer la sève dans ces deux sarments épargnés. Un vigneron consacre beaucoup de temps à sa vigne. Il en espère beaucoup. Pas étonnant qu'il se prenne d'affection pour elle. Depuis des millénaires, dans le pourtour de la Méditerranée, il y a comme une passion des hommes pour la vigne.
L'amour du vigneron pour sa vigne .
Au 7ème siècle de l'histoire d'Israël, l'Esprit inspira, au prophète Isaïe, ce poème : « Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé pour sa vigne: mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres et installa un plant de choix … Il en attendait de beaux raisins, il n'en eu que de mauvais... Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'en attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ? » (Es 5,1...). Cette vigne chérie par Dieu c'est le peuple d'Israël, qui s'est montré incapable des produire ces vrais fruits de justice que Dieu attendait.
La vraie Vigne.
Dépassant sa déception, le Seigneur-Vigneron choisit un autre plant, son propre Fils, qui vient prendre racine en terre des hommes. C'est lui qui pourra dire, en la personne de Jésus : « Moi je suis la vraie vigne, et mon Père est le Vigneron.Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève. Tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant pour qu'il en porte davantage.»
Thérèse d'Avila faisait remarquer à Dieu, avec humour : « Quand je vois comment vous traitez vos amis, Seigneur, ne vous étonnez pas d'en avoir si peu ! » Nous le savons, une vigne qui n'est pas taillée, laisse prospérer des sarments qui épuisent la sève. Un homme qui ne tranche pas en faveur de la vie, de la vraie vie, prend le risque d'être livré à l'anarchie de ses pulsions.
En mai 68, il y a 50 ans, fleurissaient sur les murs de Paris, des slogans tels que : « Jouissons sans entraves. » Ou bien: « Dieu est mort, signé Nietzsche.» Ce dernier slogan s'attira cette réplique : « Nietzsche est mort: signé Dieu. »
A l'encontre d'une prétention aveugle qui affirmerait la non-existence de Dieu, le disciple atteste de sa foi en Jésus Christ et fait le choix, sans cesse recommencé, de rester brancher indéfectiblement sur la vraie Vigne : « Moi, je suis la Vigne, et vous, les sarments ; celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. » (v.5)
Le fruit attendu: la sainteté.
Le fruit en abondance espéré par le Père de Jésus, qu'est-ce donc sinon la sainteté. Dans sa dernière exhortation apostolique La joie et l'allégresse, le pape François écrit :« Le Seigneur demande tout, et ce qu'il offre en retour c'est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints. Il n'attend pas de nous que nous nous contentions d'une existence médiocre, édulcorée, sans consistance. » (n°1)
Le Seigneur attend de tout baptisé qu'il s'engage sur le chemin de la sainteté. Il n'atteindra pas la perfection, il ne fera pas un sans faute, pécheur qu'il est, mais il y « gagnera en consistance humaine et en profondeur spirituelle. » (Sr E.B.)
Se laisser émonder par le Père-Vigneron.
Gagner en consistance humaine en veillant à se décentrer de lui-même, disponible pour l'écoute des frères. Gagner en profondeur spirituelle en consentant à ce douloureux émondage opéré dans sa vie par l'amour du Père. Il se dispose à regarder les autres comme le Père les voit : d'un regard lucide mais bienveillant. « Petits enfants, nous rappelle saint Jean dans son épître, n'aimons pas en parole ni par des discours, mais par des actes et en vérité. »
Regard d'amour-charité, qui permet de « distinguer deux visages : celui du Père et celui du frère. …mais en un seul, celui de Dieu qui se reflète dans beaucoup d'autres. Car en chaque frère, spécialement le plus petit, le plus fragile, sans défense et en celui qui est dans le besoin, se trouve présente l'image même de Dieu. » (La joie et l'allégresse, n° 61). Sans oublier l'essentiel : « Si vous demeurez en moi et moi en vous, demander tout ce que vous voudrez et vous l'obtiendrez. » (v.7) « Ce qui fait la gloire de mon Père c'est que vous portiez beaucoup de fruit... » Traduisons : Ce qui fait le bonheur, la joie, la fierté du Père de Jésus-Christ, et qui lui manquent encore.

Fr Jacques-François Vergonjeanne, O.P.
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Homélie prononcée par le frère Jacques-François Vergonjeanne, O.P. le dimanche 29 avril 2018 (5e dimanche de Pâques - Ac 9,26-31 ;  1 Jn 3,18-24 ;  Jn 15,1-8)

TOUT SARMENT QUI PORTE DU FRUIT, MON PÈRE L’ÉMONDE

Élagage dhiver.
Parmi les arbres fruitiers, y en a-t-il un qui soit taillé aussi radicalement que la vigne ? Au sortir de lhiver, le vigneron ne laisse que deux sarments à chaque pied de vigne, du moins en Alsace, pour concentrer la sève dans ces deux sarments épargnés. Un vigneron consacre beaucoup de temps à sa vigne. Il en espère beaucoup. Pas étonnant quil se prenne daffection pour elle. Depuis des millénaires,  dans le pourtour de la Méditerranée, il y a comme une passion des hommes pour la vigne.
Lamour du vigneron pour sa vigne .
Au 7ème siècle de lhistoire dIsraël, lEsprit inspira, au prophète Isaïe, ce poème : « Que je chante pour mon ami, le chant du bien-aimé pour sa vigne: mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau plantureux. Il y retourna la terre, enleva les pierres et installa un plant de choix … Il en attendait de beaux raisins, il nen eu que de mauvais... Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je nai fait ? Jen attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle produit de mauvais ? » (Es  5,1...). Cette vigne chérie par Dieu cest le peuple dIsraël, qui sest montré incapable des produire ces vrais fruits de justice que Dieu attendait.
La vraie Vigne.
Dépassant sa déception, le Seigneur-Vigneron choisit un autre plant, son propre Fils, qui vient prendre racine en terre des hommes. Cest lui qui pourra dire, en la personne de Jésus : « Moi je suis la vraie vigne, et mon Père est le Vigneron.Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père lenlève. Tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant pour quil en porte davantage.»
Thérèse dAvila faisait remarquer à Dieu, avec humour : « Quand je vois comment vous traitez vos amis, Seigneur, ne vous étonnez pas den avoir si peu ! » Nous le savons, une vigne qui nest pas taillée, laisse prospérer des sarments qui épuisent la sève. Un homme qui ne tranche  pas en faveur de la vie, de la vraie vie, prend le risque dêtre livré à lanarchie de ses pulsions. 
En mai 68, il y a 50 ans, fleurissaient sur les murs de Paris, des slogans tels que : « Jouissons sans entraves. » Ou bien: « Dieu est mort, signé Nietzsche.» Ce dernier slogan sattira cette réplique : « Nietzsche est mort: signé Dieu. »
A lencontre dune prétention aveugle qui affirmerait la non-existence de Dieu, le disciple atteste de sa foi en Jésus Christ et fait le choix, sans cesse recommencé, de rester brancher indéfectiblement sur la vraie Vigne : «  Moi, je suis la Vigne, et vous, les sarments ; celui qui demeure en  moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. » (v.5)
Le fruit attendu: la sainteté.
Le fruit en abondance espéré par le Père de Jésus, quest-ce donc sinon la sainteté. Dans sa dernière exhortation apostolique La joie et lallégresse, le pape François écrit :« Le Seigneur demande tout, et ce quil offre en retour cest la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints. Il nattend pas de nous que nous nous contentions dune existence médiocre, édulcorée, sans consistance. » (n°1)
Le Seigneur attend de tout baptisé quil sengage sur le chemin de la sainteté. Il natteindra pas la perfection, il ne fera pas un sans faute, pécheur quil est, mais il y « gagnera en consistance humaine et en profondeur  spirituelle. » (Sr E.B.)
Se laisser émonder par le Père-Vigneron.
Gagner en consistance humaine en veillant à se décentrer de lui-même,  disponible pour lécoute des frères. Gagner en profondeur spirituelle en consentant à ce douloureux émondage opéré dans sa vie par lamour du Père. Il se dispose à regarder les autres comme le Père les voit : dun regard lucide mais bienveillant. « Petits enfants, nous rappelle saint Jean dans son épître,  naimons pas en parole ni par des discours, mais par des actes et en vérité. »
Regard damour-charité, qui permet de « distinguer deux visages : celui du Père et celui du frère. …mais en un seul, celui de Dieu qui se reflète dans beaucoup dautres. Car en chaque frère, spécialement le plus petit, le plus fragile, sans défense et en celui qui est dans le besoin, se trouve présente limage même de Dieu. » (La joie et lallégresse, n° 61). Sans oublier lessentiel :  « Si vous demeurez en moi et moi en vous, demander tout ce que vous voudrez et vous lobtiendrez. » (v.7) « Ce qui fait la gloire de mon Père cest que vous portiez beaucoup de fruit... » Traduisons : Ce qui fait le bonheur, la joie, la fierté du Père de Jésus-Christ, et qui lui manquent encore.

Fr Jacques-François Vergonjeanne, O.P.

Je suis le fruit de la vigne qui vas mourir sans être cueillie car on m'ignore de à cause de mon état on ne crois pas en moi...

3 semaines il y a
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Le lundi 09/04/18

Homélie prononcée par le frère Nicolas Tixier, O.P. le dimanche 8 avril 2018, 2e dimanche de Pâques (Jn 20,19-31)

“Le fils de Dieu est mort : c’est croyable parce que c’est absurde. Enterré, il est ressuscité : c’est certain parce que c’est impossible. ” Tertullien (IIe s.).

Très belle formule qui nous plonge dans l’océan des questions de la foi. Cette foi qui nous pousse à croire ce qui résiste à être cru. Cette foi qui nous invite à défier quotidiennement l’impossible, à choisir le déraisonnable. Qui nous plonge dans un monde de paradoxes : « C’est impossible. Mon intelligence ne peut le saisir, ne peut le toucher. Et pourtant je le choisis ».

L’impossible nous tente de toutes façons. Le possible manque un peu de goût, il faut le reconnaître. Les rêves d’absolu, eux, les désirs impossibles, eux, nous font tourner la tête. Je pense à tous ces conquérants de l’extrême que l’on voit partir à l’assaut des sommets. Voyant le Cervin imprenable, Edward Whymper entreprit de le gravir un jour de 1865. Et après plusieurs échecs, il y parvint. Il finit par toucher le sommet de ses propres mains. « Hourra s’exclama-t-il alors ! Voici que le monde est à mes pieds ». L’impossible était devenu possible. Mais à la descente il se rappela à lui. Un accident dramatique coûta la vie à quatre membres de sa cordée.

L’impossible attire, mais il est un défi. Et il n’est pas toujours possible de le rendre possible cet impossible. Il est des choses impossibles qui résistent, et demeureront sans doute impossibles…

Je ne me suis pas entretenu personnellement avec saint Thomas, mais je crois être autorisé à penser que de telles questions devaient agiter sa tête alors qu’on lui expliquait que Jésus ressuscité venait tout simplement d’entrer dans la pièce à l’instant. Mais c’est impossible dit-il ! Oui, c’est impossible, effectivement. Totalement impossible. Il faudrait une preuve. Il faudrait toucher. Pour établir ce que la raison continuerait à ne croire que très difficilement. Pour que l’impossible devienne croyable. Il faudrait étendre la main et toucher ce corps ressuscité.

Mais toucher le Ressuscité ne va pas de soi. Ce n’est pas en effet la première fois que Jésus pose la question. Alors que Marie-Madeleine tend la main vers lui pour le saisir, il lui dit « ne me touche pas ». Alors que Thomas veut le toucher, il le permet c’est vrai, dans sa grande miséricorde pour celui qui a du mal à croire, mais c’est moyennant une béatitude, qui sonne comme un avertissement : « heureux ceux qui croient sans avoir vu ». C’est la béatitude de ceux qui ne voient pas, ne touchent même pas du regard. A fortiori, « Heureux ceux qui ne touchent pas celui en qui ils mettent leur foi ».

Pourquoi alors cela pose-t-il problème de le toucher ce Seigneur ressuscité ? Lui qui n’a pas craint de prendre chair d’homme. Lui qui a posé ses mains tant de fois sur ceux qui venaient trouver la guérison auprès de lui. Lui qui n’a pas craint, même, de donner son corps à toucher aux mains qui le frappaient pendant sa passion. Lui qui n’a pas craint non plus de donner son corps et son sang en nourriture aux hommes. Pourquoi subitement donne-t-il l’impression de se méfier de ceux qui pourraient le toucher ? Est-il intouchable à ce point ?

Non, il n’est pas intouchable ce Dieu qui s’est livré aux mains des hommes. Mais ce qu’il attend c’est que les hommes croient en lui, eux qui ne connaissent pas son nom. Les hommes prompts à le toucher, mais pas à le croire. Où sont-ils ceux qui ont été guéris lorsqu’il les a touchés ? Où sont-ils ceux qui ont été nourris de sa main ? Peut-être que les signes dont ils ont bénéficié n’ont pas suffi. Ils étaient absents aux jours de la Passion. Comme je l’aurais peut-être été moi-même, quand bien même j’aurais été témoin avec eux de ces signes merveilleux. Des signes qui ne suffisaient pas aux hommes pour voir Dieu.

Jésus avait d’ailleurs prédit que les signes ne suffiraient pas. « Quelqu’un pourra bien ressusciter des morts, ils ne seront pas convaincus ! » peut-on lire dans la parabole du riche et du pauvre Lazare.

Je me suis souvent dit qu’il ne suffirait pas de toucher le corps très saint de Jésus pour être convaincu plus facilement. Est-ce que cela changerait ma vie. Le trouverais-je extraordinaire au point que mes yeux incrédules s’ouvrent enfin ? Que ma conversion s’accélère. Que je grandisse enfin plus rapidement dans une foi affermie ? Je n’en suis pas sûr. Car je resterais quoiqu’il en soit un homme, plein de doutes, plein de résistances. Un homme pécheur qui résiste à Dieu.

Alors, serait-il assis là, à côté de moi, que ferais-je ? M’exclamerais-je : « c’est impossible c’est bien toi Seigneur ! Ce que seule ma foi m’indiquait jusqu’alors, mes sens le confirment à présent. Tu es bien toi. Merci d’être venu aider ma foi. Merci d’être venu m’aider à croire. » Me jetterais-je dans ses bras, pouvant enfin le saisir ? Eh bien je ne sais pas trop, en fait. J’aimerais pouvoir le dire, ça oui. Mais mes sens seraient-ils contentés que ma foi pourrait résister encore un peu.

Il est un beau livre du théologien suisse Hans Urs von Balthasar qui a un titre évocateur : L’amour seul est digne de foi. Peut-être que ce titre dit d’ailleurs tout de la foi. Le théologien y raconte que ce qui attire d’une façon décisive l’attention sur Jésus, ce n’est pas qu’il soit plus puissant que les autres hommes (grâce à des facultés de volonté, ou de science, extraordinaires). Non, ce qui convainc ce ne sont pas les signes eux-mêmes. Ce qui attire l’attention sur lui c’est que dépouillé à l’extrême, même des signes de sa royauté, il montre le visage infini de l’amour. Ce qui attire, ce qui motive la foi, c’est le témoignage de son amour donné.

Notre foi se nourrit moins de signes sensibles que du témoignage. Le témoignage du Christ bien sûr, le témoignage ultime de sa mort et de sa résurrection victorieuse, dans le signe ô combien discret, intouchable, du tombeau vide.

Le témoignage de ceux qui donnent leur vie par amour. Les missionnaires qui partaient en bateau au nom de la foi, par amour du Christ, vers l’Orient lointain, et dont la moitié seulement arrivaient vivants au terme du voyage. Les martyrs morts pour la foi, pour l’amour de Dieu. Les témoins du Christ demeurés fidèles jusqu’au bout. Pierre Claverie assassiné parce que la foi prend tout. Parce que l’amour de Dieu prend tout, embrase tout.

Alors par la foi tout est possible. Par la foi celui qui entre au jour de son mariage dans l’église, se jette dans l’avenir forcément inconnu. Par la foi le jeune dominicain se jette allongé sur le tapis de l’église, les bras en croix, abandonné à Dieu. Tellement sûr de lui. Tellement incertain aussi. Par la foi le croyant avance vaille que vaille, quand bien même il doute, quand bien même il vacille, quand bien même la vie est dure.

Tous aimeraient des signes ! Mais peut-être n’y en aura-t-il pas, ou pas comme ils l’attendent du moins. Et pourtant demeure l’essentiel : ce que les signes signifient, ce qu’ils représentent seulement sans en prendre toutefois la place. Ce qui demeure, c’est la promesse du Seigneur qui s’engage avec eux jusqu’à la fin des temps. Une simple promesse, la promesse de l’Alliance éternelle, un témoignage sur lequel tout se fonde et se construit.

C’est cela qui t’a été transmis par tes pères. Ce que les générations se transmettent d’âge en âge jusqu’à toi. Le trésor vécu de la foi. Ce qui permet l’impossible. Cette foi dans sa beauté extrême et surprenante. Si difficile à toucher du doigt.

« La beauté, c’est un fruit qu’on regarde sans tendre la main… » (Simone Weil)
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Homélie prononcée par le frère Nicolas Tixier, O.P. le dimanche 8 avril 2018, 2e dimanche de Pâques (Jn 20,19-31) 

“Le fils de Dieu est mort : c’est croyable parce que c’est absurde. Enterré, il est ressuscité : c’est certain parce que c’est impossible. ” Tertullien (IIe s.). 

Très belle formule qui nous plonge dans l’océan des questions de la foi. Cette foi qui nous pousse à croire ce qui résiste à être cru. Cette foi qui nous invite à défier quotidiennement l’impossible, à choisir le déraisonnable. Qui nous plonge dans un monde de paradoxes : « C’est impossible. Mon intelligence ne peut le saisir, ne peut le toucher. Et pourtant je le choisis ».

L’impossible nous tente de toutes façons. Le possible manque un peu de goût, il faut le reconnaître. Les rêves d’absolu, eux, les désirs impossibles, eux, nous font tourner la tête. Je pense à tous ces conquérants de l’extrême que l’on voit partir à l’assaut des sommets. Voyant le Cervin imprenable, Edward Whymper entreprit de le gravir un jour de 1865. Et après plusieurs échecs, il y parvint. Il finit par toucher le sommet de ses propres mains. « Hourra s’exclama-t-il alors ! Voici que le monde est à mes pieds ». L’impossible était devenu possible. Mais à la descente il se rappela à lui. Un accident dramatique coûta la vie à quatre membres de sa cordée.

L’impossible attire, mais il est un défi. Et il n’est pas toujours possible de le rendre possible cet impossible. Il est des choses impossibles qui résistent, et demeureront sans doute impossibles…

Je ne me suis pas entretenu personnellement avec saint Thomas, mais je crois être autorisé à penser que de telles questions devaient agiter sa tête alors qu’on lui expliquait que Jésus ressuscité venait tout simplement d’entrer dans la pièce à l’instant. Mais c’est impossible dit-il ! Oui, c’est impossible, effectivement. Totalement impossible. Il faudrait une preuve. Il faudrait toucher. Pour établir ce que la raison continuerait à ne croire que très difficilement. Pour que l’impossible devienne croyable. Il faudrait étendre la main et toucher ce corps ressuscité.

Mais toucher le Ressuscité ne va pas de soi. Ce n’est pas en effet la première fois que Jésus pose la question. Alors que Marie-Madeleine tend la main vers lui pour le saisir, il lui dit « ne me touche pas ». Alors que Thomas veut le toucher, il le permet c’est vrai, dans sa grande miséricorde pour celui qui a du mal à croire, mais c’est moyennant une béatitude, qui sonne comme un avertissement : « heureux ceux qui croient sans avoir vu ». C’est la béatitude de ceux qui ne voient pas, ne touchent même pas du regard. A fortiori, « Heureux ceux qui ne touchent pas celui en qui ils mettent leur foi ».

Pourquoi alors cela pose-t-il problème de le toucher ce Seigneur ressuscité ? Lui qui n’a pas craint de prendre chair d’homme. Lui qui a posé ses mains tant de fois sur ceux qui venaient trouver la guérison auprès de lui. Lui qui n’a pas craint, même, de donner son corps à toucher aux mains qui le frappaient pendant sa passion. Lui qui n’a pas craint non plus de donner son corps et son sang en nourriture aux hommes. Pourquoi subitement donne-t-il l’impression de se méfier de ceux qui pourraient le toucher ? Est-il intouchable à ce point ?

Non, il n’est pas intouchable ce Dieu qui s’est livré aux mains des hommes. Mais ce qu’il attend c’est que les hommes croient en lui, eux qui ne connaissent pas son nom. Les hommes prompts à le toucher, mais pas à le croire. Où sont-ils ceux qui ont été guéris lorsqu’il les a touchés ? Où sont-ils ceux qui ont été nourris de sa main ? Peut-être que les signes dont ils ont bénéficié n’ont pas suffi. Ils étaient absents aux jours de la Passion. Comme je l’aurais peut-être été moi-même, quand bien même j’aurais été témoin avec eux de ces signes merveilleux. Des signes qui ne suffisaient pas aux hommes pour voir Dieu.

Jésus avait d’ailleurs prédit que les signes ne suffiraient pas. « Quelqu’un pourra bien ressusciter des morts, ils ne seront pas convaincus ! » peut-on lire dans la parabole du riche et du pauvre Lazare.

Je me suis souvent dit qu’il ne suffirait pas de toucher le corps très saint de Jésus pour être convaincu plus facilement. Est-ce que cela changerait ma vie. Le trouverais-je extraordinaire au point que mes yeux incrédules s’ouvrent enfin ? Que ma conversion s’accélère. Que je grandisse enfin plus rapidement dans une foi affermie ? Je n’en suis pas sûr. Car je resterais quoiqu’il en soit un homme, plein de doutes, plein de résistances. Un homme pécheur qui résiste à Dieu.

Alors, serait-il assis là, à côté de moi, que ferais-je ? M’exclamerais-je : « c’est impossible c’est bien toi Seigneur ! Ce que seule ma foi m’indiquait jusqu’alors, mes sens le confirment à présent. Tu es bien toi. Merci d’être venu aider ma foi. Merci d’être venu m’aider à croire. » Me jetterais-je dans ses bras, pouvant enfin le saisir ? Eh bien je ne sais pas trop, en fait. J’aimerais pouvoir le dire, ça oui. Mais mes sens seraient-ils contentés que ma foi pourrait résister encore un peu. 

Il est un beau livre du théologien suisse Hans Urs von Balthasar qui a un titre évocateur : L’amour seul est digne de foi. Peut-être que ce titre dit d’ailleurs tout de la foi. Le théologien y raconte que ce qui attire d’une façon décisive l’attention sur Jésus, ce n’est pas qu’il soit plus puissant que les autres hommes (grâce à des facultés de volonté, ou de science, extraordinaires). Non, ce qui convainc ce ne sont pas les signes eux-mêmes. Ce qui attire l’attention sur lui c’est que dépouillé à l’extrême, même des signes de sa royauté, il montre le visage infini de l’amour. Ce qui attire, ce qui motive la foi, c’est le témoignage de son amour donné.

Notre foi se nourrit moins de signes sensibles que du témoignage. Le témoignage du Christ bien sûr, le témoignage ultime de sa mort et de sa résurrection victorieuse, dans le signe ô combien discret, intouchable, du tombeau vide.

Le témoignage de ceux qui donnent leur vie par amour. Les missionnaires qui partaient en bateau au nom de la foi, par amour du Christ, vers l’Orient lointain, et dont la moitié seulement arrivaient vivants au terme du voyage. Les martyrs morts pour la foi, pour l’amour de Dieu. Les témoins du Christ demeurés fidèles jusqu’au bout. Pierre Claverie assassiné parce que la foi prend tout. Parce que l’amour de Dieu prend tout, embrase tout.

Alors par la foi tout est possible. Par la foi celui qui entre au jour de son mariage dans l’église, se jette dans l’avenir forcément inconnu. Par la foi le jeune dominicain se jette allongé sur le tapis de l’église, les bras en croix, abandonné à Dieu. Tellement sûr de lui. Tellement incertain aussi. Par la foi le croyant avance vaille que vaille, quand bien même il doute, quand bien même il vacille, quand bien même la vie est dure. 

Tous aimeraient des signes ! Mais peut-être n’y en aura-t-il pas, ou pas comme ils l’attendent du moins. Et pourtant demeure l’essentiel : ce que les signes signifient, ce qu’ils représentent seulement sans en prendre toutefois la place. Ce qui demeure, c’est la promesse du Seigneur qui s’engage avec eux jusqu’à la fin des temps. Une simple promesse, la promesse de l’Alliance éternelle, un témoignage sur lequel tout se fonde et se construit.

C’est cela qui t’a été transmis par tes pères. Ce que les générations se transmettent d’âge en âge jusqu’à toi. Le trésor vécu de la foi. Ce qui permet l’impossible. Cette foi dans sa beauté extrême et surprenante. Si difficile à toucher du doigt.

 « La beauté, c’est un fruit qu’on regarde sans tendre la main… » (Simone Weil)

Magnifique homélie !! Pleine d’espoir ... merci 🙏

2 mois il y a
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Le lundi 26/03/18

Homélie prononcée par le fr. Jean-Baptiste Régis, O.P., le 25 mars 2018, dimanche des Rameaux et de la Passion (Mc 14,1-15,47)

C’est l’effervescence à Jérusalem. La fête de la pâque a lieu dans deux jours. Tout le monde est sur le pied de guerre. La foule avance en masse vers le palais du gouverneur Pilate car elle attend comme d’habitude qu’un prisonnier soit relâché. Pilate de son côté essaie tant bien que mal de ménager un peu de sécurité dans la ville devant cette foule prête à se révolter. Il a même réquisitionné l’armée pour assurer l’ordre public. Parmi les militaires, un centurion qui est là pour faire le travail qu’on lui a imposé. Il aurait peut-être voulu rester impassible, ne pas se laisser dominé par l’événement qui est en train de se produire. Et pourtant, là en face de Jésus sur la croix, ces mots lui échappent : vraiment, cet homme était le Fils de Dieu.
Cet homme... On a bien du mal à le reconnaître comme un homme. La folie de l’humanité s’est abattue sur lui : humiliation, haine, abandon, violence. Comment cet homme peut-il alors de surcroît ressembler à Dieu ?
Tout ceux qui sont là devant la croix ne comprennent pas. Jésus s’est lui-même appelé « le Fils de l’homme ». Mais le Fils de l’homme, c’est le Messie, l’envoyé de Dieu, puissant et divin, celui qui doit siéger à la droite du Tout-puissant ! Comment cet homme, Jésus, humilié et abandonné, a-t-il pu s’identifier à ce personnage divin ? Au pire il blasphème, au mieux, il délire...
Mais parmi ceux qui sont devant la croix, le centurion lui, par sa foi, a compris. Il a compris que ce n’est pas l’homme qui s’identifie à Dieu, car l’homme ne peut pas acquérir par lui-même les qualités de Dieu, mais c’est Dieu qui s’identifie aux hommes. Et seule la croix nous permet de dire que Dieu est véritablement devenu homme en Jésus. Jésus est vrai Dieu et vrai homme. Il est le Messie acclamé par la foule, il est le Règne de Dieu qui vient parmi nous. Mais il est aussi vrai homme. Il n’a pas fait semblant. Dieu en Jésus a pris sur lui la fragilité et la finitude propre à la condition humaine. Sur la croix, Dieu assume totalement notre humanité et se montre ainsi solidaire de tous, y compris dans la mort. Il s’est abaissé, il a pris le chemin de l’homme jusqu’au bout, pour le remplir de sa divinité.
C’est pourquoi sur cette croix où Dieu assume notre humanité s’ouvre la possibilité pour chaque homme d’une vie nouvelle et libre. Devant la croix, toutes les rêveries humaines volent en éclat. Notre orgueil, celui qui nous faisait penser que nous pouvions par nous-mêmes acquérir la puissance de Dieu, notre orgueil est crucifié sur la croix de Jésus. Mais ce Jésus que le Père a exalté nous décharge du poids de cette illusion. Oui sur la croix de Jésus commence pour nous une vie libre, libérée du poids de notre finitude, de notre péché et de notre mort. Sur la croix, Dieu a élevé l’humanité pour la faire entrer dans son Royaume.
Le rideau du sanctuaire s’est déchiré en deux. L’Esprit Saint a jailli du Temple et s’est répandu sur le monde. Il s’est posé sur le centurion. Il se pose aussi sur nous pour nous conduire à la foi : cet homme sur la croix est le Fils de Dieu. Dieu nous a rejoint, Dieu est vraiment devenu l’un de nous, pour nous libérer de la mort et nous conduire à la vie éternelle.

fr. Jean-Baptiste Régis
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Homélie prononcée par le fr. Jean-Baptiste Régis, O.P., le 25 mars 2018, dimanche des Rameaux et de la Passion (Mc 14,1-15,47)

C’est l’effervescence à Jérusalem. La fête de la pâque a lieu dans deux jours. Tout le monde est sur le pied de guerre. La foule avance en masse vers le palais du gouverneur Pilate car elle attend comme d’habitude qu’un prisonnier soit relâché. Pilate de son côté essaie tant bien que mal de ménager un peu de sécurité dans la ville devant cette foule prête à se révolter. Il a même réquisitionné l’armée pour assurer l’ordre public. Parmi les militaires, un centurion qui est là pour faire le travail qu’on lui a imposé. Il aurait peut-être voulu rester impassible, ne pas se laisser dominé par l’événement qui est en train de se produire. Et pourtant, là en face de Jésus sur la croix, ces mots lui échappent : vraiment, cet homme était le Fils de Dieu. 
Cet homme... On a bien du mal à le reconnaître comme un homme. La folie de l’humanité s’est abattue sur lui : humiliation, haine, abandon, violence. Comment cet homme peut-il alors de surcroît ressembler à Dieu ? 
Tout ceux qui sont là devant la croix ne comprennent pas. Jésus s’est lui-même appelé « le Fils de l’homme ». Mais le Fils de l’homme, c’est le Messie, l’envoyé de Dieu, puissant et divin, celui qui doit siéger à la droite du Tout-puissant ! Comment cet homme, Jésus, humilié et abandonné, a-t-il pu s’identifier à ce personnage divin ? Au pire il blasphème, au mieux, il délire...
Mais parmi ceux qui sont devant la croix, le centurion lui, par sa foi, a compris. Il a compris que ce n’est pas l’homme qui s’identifie à Dieu, car l’homme ne peut pas acquérir par lui-même les qualités de Dieu, mais c’est Dieu qui s’identifie aux hommes. Et seule la croix nous permet de dire que Dieu est véritablement devenu homme en Jésus. Jésus est vrai Dieu et vrai homme. Il est le Messie acclamé par la foule, il est le Règne de Dieu qui vient parmi nous. Mais il est aussi vrai homme. Il n’a pas fait semblant. Dieu en Jésus a pris sur lui la fragilité et la finitude propre à la condition humaine. Sur la croix, Dieu assume totalement notre humanité et se montre ainsi solidaire de tous, y compris dans la mort. Il s’est abaissé, il a pris le chemin de l’homme jusqu’au bout, pour le remplir de sa divinité. 
C’est pourquoi sur cette croix où Dieu assume notre humanité s’ouvre la possibilité pour chaque homme d’une vie nouvelle et libre. Devant la croix, toutes les rêveries humaines volent en éclat. Notre orgueil, celui qui nous faisait penser que nous pouvions par nous-mêmes acquérir la puissance de Dieu, notre orgueil est crucifié sur la croix de Jésus. Mais ce Jésus que le Père a exalté nous décharge du poids de cette illusion. Oui sur la croix de Jésus commence pour nous une vie libre, libérée du poids de notre finitude, de notre péché et de notre mort. Sur la croix, Dieu a élevé l’humanité pour la faire entrer dans son Royaume. 
Le rideau du sanctuaire s’est déchiré en deux. L’Esprit Saint a jailli du Temple et s’est répandu sur le monde. Il s’est posé sur le centurion. Il se pose aussi sur nous pour nous conduire à la foi : cet homme sur la croix est le Fils de Dieu. Dieu nous a rejoint, Dieu est vraiment devenu l’un de nous, pour nous libérer de la mort et nous conduire à la vie éternelle. 

fr. Jean-Baptiste Régis

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Prend pitié de nous

2 mois il y a
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Magnifique messe avec des chants merveilleux merci les freres de se beaux travail ❤️

2 mois il y a
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Prend pitié de nous seigneur

2 mois il y a
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je suis un peu hors sujet mais un moine des dominicains a raison. Quand la colère nous submerge, l'art, le beau appaise. toujours utile lors des moments de grande souffrance avant d'aller voir le médecin

2 mois il y a
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Très belle homelie .. Magnifique trio de chants Merci pour cette ferveur Dieu vient à mon aide, Seigneur à notre secours .. Belle semaine sainte à vous tous

2 mois il y a
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Le mercredi 21/03/18

Horaire des offices de la Semaine Sainte et de Pâques au couvent des dominicains de Strasbourg :

25 mars – Dimanche des Rameaux
19h – Messe de la Passion avec bénédiction des Rameaux

27 mars – Mardi Saint
18h30 – Messe chrismale à la cathédrale

29 mars – Jeudi Saint
8h – Office des Ténèbres
12h30 – Office du milieu du jour
19h – Messe de la Cène du Seigneur (suivie d’un repas puis de l’adoration eucharistique)

30 mars – Vendredi Saint
8h – Office des Ténèbres
12h30 – Office du milieu du jour
15h – Chemin de croix
19h – Office de la Passion

31 mars – Samedi Saint
8h – Office des Ténèbres
12h30 – Office du milieu du jour
19h – Vêpres
22h – Vigile pascale

1er avril – Dimanche de Pâques
9h – Laudes
12h30 – Office du milieu du jour
19h – Messe de Pâques

2 avril – Lundi de Pâques
9h – Laudes
12h10 – Messe
19h – Vêpres
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Horaire des offices de la Semaine Sainte et de Pâques au couvent des dominicains de Strasbourg : 

25 mars – Dimanche des Rameaux
19h – Messe de la Passion avec bénédiction des Rameaux

27 mars – Mardi Saint
18h30 – Messe chrismale à la cathédrale

29 mars – Jeudi Saint
8h – Office des Ténèbres
12h30 – Office du milieu du jour
19h – Messe de la Cène du Seigneur (suivie d’un repas puis de l’adoration eucharistique)

30 mars – Vendredi Saint
8h – Office des Ténèbres
12h30 – Office du milieu du jour
15h – Chemin de croix
19h – Office de la Passion

31 mars – Samedi Saint
8h – Office des Ténèbres
12h30 – Office du milieu du jour
19h – Vêpres
22h – Vigile pascale

1er avril – Dimanche de Pâques
9h – Laudes
12h30 – Office du milieu du jour
19h – Messe de Pâques

2 avril – Lundi de Pâques
9h – Laudes
12h10 – Messe
19h – Vêpres

Le mercredi 21/03/18

A l'approche des fêtes pascales, les frères du couvent tiendront des permanences pour recevoir le sacrement de la réconciliation :
vendredi 23 mars : 12h45 - 13h30
lundi 26 mars : 17h30 - 19h
mardi 27 mars : 10h30 - 12h
mercredi 28 mars : 17h30 - 19h
Ceux qui le souhaitent peuvent se rendre dans l'église à ce moment-là.
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A lapproche des fêtes pascales, les frères du couvent tiendront des permanences pour recevoir le sacrement de la réconciliation :
vendredi 23 mars : 12h45 - 13h30
lundi 26 mars : 17h30 - 19h
mardi 27 mars : 10h30 - 12h
mercredi 28 mars : 17h30 - 19h
Ceux qui le souhaitent peuvent se rendre dans léglise à ce moment-là.

Le mardi 20/03/18

Homélié du frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. prononcée le dimanche 18 mars 2018 lors du 5e dimanche de Carême B (Jr 31,31-34; He 5,7-9; Jn 12,20-33):

Les paroles du Seigneur que nous venons d’entendre sont d’une grande gravité. A l’occasion de la rencontre avec des Grecs qui cherchaient à le voir, Jésus fait ses adieux au monde représenté justement par les Grecs et les Juifs réunis devant lui. Il connaît une première agonie. Le Jeudi Saint au soir, nous entendrons encore les adieux du Seigneur à ses intimes, à ses disciples. Il sera ensuite au Monts de Oliviers en agonie.
Pour aujourd’hui, contemplons ce récit bouleversant. Comme au soir de la Cène (le Jeudi Saint), Jésus achève son discours et fait une promesse à tous.
Donc des Grecs s’approchent. Ils sont là pour adorer Dieu et la prédication de Jésus les a touchés. Ils veulent en savoir davantage et ils demandent à Philippe d’intervenir. Ce dernier le fait, accompagné d’André. On n’entendra ensuite plus parler de ces visiteurs. L’essentiel est qu’ils soient là. Grecs et Juifs sont réunis : selon la manière biblique de parler, ils sont les représentants de toutes les nations pour lesquelles Jésus est venu offrir sa vie. Jésus en est bouleversé.
Jésus en est bouleversé. Il s’écrie : « L’heure est venue ! » L’heure de donner sa vie. Alors, par amour pour ce monde qu’il va quitter, il prononce ces paroles d’adieux devant la foule.
Écoutons. Une brève parabole d’abord : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Nous comprenons tout de suite. Il suffit de regarder nos terres pour temps désolées et qui aspirent à fleurir. Jésus est ce grain qui meurt et qui donne vie. Jésus regarde sa mort et lui donne sens : la fécondité.
Aussitôt Jésus, ayant parlé de sa mort, nous parle de la nôtre, non point tant celle qui vient à la fin de nos jours, que celle que nous vivons de façon si diverse au quotidien. Il dit : « Qui aime sa vie, la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Jésus, dans ses adieux à tous, nous laisse le secret de la vie. « Se détacher de sa vie… » Qu’est-ce à dire ? S’attacher à Dieu seul, n’avoir de vie que pour Dieu, comme le Christ. La conséquence alors, pour nous comme pour le Christ, est d’aimer nos frères en toute liberté, en toute paix : habitant l’amour de Dieu, nous donnons notre vie pour eux. Quotidiennement, nous savons ce que cela veut dire : dépasser la peur des autres par la confiance en Dieu, donner à autrui ce pardon qui nous semble pourtant impossible, traverser les épreuves et pourtant rendre grâce à Dieu pour la vie… Tout cela est remis à notre liberté. Comme le dit le Seigneur : « Ma vie nul ne me la prend, c’est moi qui la donne. » La liberté est le signe de l’amour.
Jésus conclut ses paroles d’adieu par ces mots à l’adresse de tous, de quiconque le suit sur ce chemin de l’amour : « Mon Père l’honorera. » Sur la bouche du Fils unique de Dieu, ces mots, plein d’amour filial, ne peuvent que nous bouleverser.
En tout cas, cette évocation du Père, ces adieux à tous, le bouleversent et il vit, au profond de lui-même, comme une agonie. Monte de l’abîme de sa détresse devant la mort bien sûr, mais aussi devant le Mal dans sa totalité, devant le Mal, ennemi de l’homme et de Dieu, ennemi de l’amour, monte de l’abîme de sa détresse, de son agonie, cette prière : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? ‘‘Père, sauve-moi de cette heure’’ ? Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! » Et cette agonie s’achève dans un cri de foi et d’amour : « Père, glorifie ton nom ! »
Le Père répond : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » Le Père a glorifié son nom – Dieu est amour – dans la vie de son Fils, il le glorifiera dans sa mort et sa résurrection. Ces paroles du Père sont, pour le Fils, la confirmation de toute sa vie. La solidité du Fils réside dans l’amour que le Père lui porte et dans l’amour qu’il porte à son Père. Et cet amour nous est offert.
Ces paroles d’adieux de Jésus aux Juifs et aux Grecs, au monde, cette agonie bouleversante, cette manifestation du Père se concluent dans une promesse. Écoutons-la, elle est pour nous source de notre foi et de notre espérance au milieu de nos jours joyeux ou douloureux. Jésus dit : « Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »
Quelques jours plus tard, à la fin du discours après la Cène, Jésus fera cette même promesse à ses plus proches disciples et dira ces paroles de résurrection pour chacun de nos jours : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jean 16, 33).

fr. Paul-Dominique Marcovits, O.P.
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Homélié du frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. prononcée le dimanche 18 mars 2018 lors du 5e dimanche de Carême B (Jr 31,31-34; He 5,7-9; Jn 12,20-33):

Les paroles du Seigneur que nous venons d’entendre sont d’une grande gravité. A l’occasion de la rencontre avec des Grecs qui cherchaient à le voir, Jésus fait ses adieux au monde représenté justement par les Grecs et les Juifs réunis devant lui. Il connaît une première agonie. Le Jeudi Saint au soir, nous entendrons encore les adieux du Seigneur à ses intimes, à ses disciples. Il sera ensuite au Monts de Oliviers en agonie. 
Pour aujourd’hui, contemplons ce récit bouleversant. Comme au soir de la Cène (le Jeudi Saint), Jésus achève son discours et fait une promesse à tous.
Donc des Grecs s’approchent. Ils sont là pour adorer Dieu et la prédication de Jésus les a touchés. Ils veulent en savoir davantage et ils demandent à Philippe d’intervenir. Ce dernier le fait, accompagné d’André. On n’entendra ensuite plus parler de ces visiteurs. L’essentiel est qu’ils soient là. Grecs et Juifs sont réunis : selon la manière biblique de parler, ils sont les représentants de toutes les nations pour lesquelles Jésus est venu offrir sa vie. Jésus en est bouleversé.
Jésus en est bouleversé. Il s’écrie : « L’heure est venue ! » L’heure de donner sa vie. Alors, par amour pour ce monde qu’il va quitter, il prononce ces paroles d’adieux devant la foule. 
Écoutons. Une brève parabole d’abord : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » Nous comprenons tout de suite. Il suffit de regarder nos terres pour temps désolées et qui aspirent à fleurir. Jésus est ce grain qui meurt et qui donne vie.  Jésus regarde sa mort et lui donne sens : la fécondité. 
Aussitôt Jésus, ayant parlé de sa mort, nous parle de la nôtre, non point tant celle qui vient à la fin de nos jours, que celle que nous vivons de façon si diverse au quotidien. Il dit : « Qui aime sa vie, la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Jésus, dans ses adieux à tous, nous laisse le secret de la vie. « Se détacher de sa vie… » Qu’est-ce à dire ? S’attacher à Dieu seul, n’avoir de vie que pour Dieu, comme le Christ. La conséquence alors, pour nous comme pour le Christ, est d’aimer nos frères en toute liberté, en toute paix : habitant l’amour de Dieu, nous donnons notre vie pour eux. Quotidiennement, nous savons ce que cela veut dire : dépasser la peur des autres par la confiance en Dieu, donner à autrui ce pardon qui nous semble pourtant impossible, traverser les épreuves et pourtant rendre grâce à Dieu pour la vie… Tout cela est remis à notre liberté. Comme le dit le Seigneur : « Ma vie nul ne me la prend, c’est moi qui la donne. » La liberté est le signe de l’amour.
Jésus conclut ses paroles d’adieu par ces mots à l’adresse de tous, de quiconque le suit sur ce chemin de l’amour : « Mon Père l’honorera. » Sur la bouche du Fils unique de Dieu, ces mots, plein d’amour filial, ne peuvent que nous bouleverser.
En tout cas, cette évocation du Père, ces adieux à tous, le bouleversent et il vit, au profond de lui-même, comme une agonie. Monte de l’abîme de sa détresse devant la mort bien sûr, mais aussi devant le Mal dans sa totalité, devant le Mal, ennemi de l’homme et de Dieu, ennemi de l’amour, monte de l’abîme de sa détresse, de son agonie, cette prière : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? ‘‘Père, sauve-moi de cette heure’’ ? Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! » Et cette agonie s’achève dans un cri de foi et d’amour : « Père, glorifie ton nom ! »
Le Père répond : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. » Le Père a glorifié son nom – Dieu est amour – dans la vie de son Fils, il le glorifiera dans sa mort et sa résurrection. Ces paroles du Père sont, pour le Fils, la confirmation de toute sa vie. La solidité du Fils réside dans l’amour que le Père lui porte et dans l’amour qu’il porte à son Père. Et cet amour nous est offert. 
Ces paroles d’adieux de Jésus aux Juifs et aux Grecs, au monde, cette agonie bouleversante, cette manifestation du Père se concluent dans une promesse. Écoutons-la, elle est pour nous source de notre foi et de notre espérance au milieu de nos jours joyeux ou douloureux. Jésus dit : « Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. »
Quelques jours plus tard, à la fin du discours après la Cène, Jésus fera cette même promesse à ses plus proches disciples et dira ces paroles de résurrection pour chacun de nos jours : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jean 16, 33). 

fr. Paul-Dominique Marcovits, O.P.

Amen.

2 mois il y a
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Le lundi 26/02/18

Homélie du frère Jacques-François Vergonjeanne O.P. prononcée le 25 février 2018 (2e dimanche de Carême - Gn 22 ; Rm 8,31-34 ; Mc 9 ,2-20)

Le visage de Jésus...
Voilà des mois que les disciples font route avec Jésus.Ils continuent de se demander : qui est-il, ce Jésus ? Un prophète, sans aucun doute, comme Israël n'en n'a pas connu depuis longtemps.En tous cas un Maître écouté et suivi. Pourtant, certaines de ses paroles et de ses actes les déconcertent, les bousculent. Pierre, un jour, a cru devoir s'opposer à lui lorsqu'il leur a annoncé « qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté et qu'il soit tué par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes. »

… transfiguré ...
Quelques jours après cette annonce inquiétante, comme pour leur remonter le moral, Jésus entraîne Pierre, Jacques et Jean, « sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants d'une blancheur telle que personne sur terre que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.» « … et son visage brillait comme le soleil. » ajoute Matthieu, dans son récit de la transfiguration.

… défiguré.
Fascinant visage de Jésus, qu'on ne se lasse pas de contempler. Bouleversé à la vue des malades, des humiliés, des marginalisés. Quelque fois, regards de colère devant la mauvaise foi des docteurs de la loi. Habituellement, visage éclairé par une lumière intérieure.
Sur la montagne, ce jour-là, c'est sa personnalité profonde de Fils bien-aimé de Dieu qui se révélait.
Le souvenir de ce bref instant de bonheur et de lumière vécu sur « sur une haute montagne » les soutiendrait-ils aux sombres heures de la passion ?, Se doutaient-il, les disciples, qu'ils se détourneraient de ce visage aimé du Maître, lorsque ses bourreaux l'auraient défiguré au Golgotha ?

« Ressuscité d'entre les morts » .
« En descendant de la montagne Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu'ils avaient vu, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne ... »
L'évangéliste termine sa phrase par cette remarque révélatrice : « tout en se demandant entre eux ce que voulait dire ressuscité d'entre les morts. » Ce n'est qu'au matin de Pâques, que les disciples comprirent que le scandale de la croix, était la plus grande preuve d'amour que le Père de Jésus puisse donner aux hommes.

Sur les traces du Christ ressuscité.
A nous, disciples ordinaires de Jésus, nous est-il donné de vivre de ces brefs moments de lumière et de bonheur qui demeurent dans la mémoire comme de petites lumières aux heures difficiles ? Le Seigneur ne nous sèmerait-t-il pas quelques traces de sa résurrection dans nos vies ordinaires ? Je l'espère.
J'aime observer les visages autour de moi, dans les transports en commun, par exemple. Mais à la dérobée, car il serait indiscret alors de scruter les regards, les yeux qui disent, mieux encore que les visages, quelque chose de la personnalité profonde. Lorsque je consulte des magazines religieux, en revanche, il m'arrive de m'attarder sur des visages et des regards qui révèlent une qualité de vie intérieure qui me touchent. Que j'admire et même que j'envie. Mais davantage encore quand je rencontre ces visages non plus sur le papier. mais dans la vie.

Nous marchons vers un mystère.
Un de mes frères dominicains, Henri Burin des Roziers, a passé trente ans de sa vie à défendre des paysans brésiliens, spoliés de leurs quelques arpents de terres, par des propriétaires de milliers d'hectares. Il prenait leur défense, sans faire usage de la violence, uniquement par la force du droit. Il était docteur en droit.
Il a été menacé de mort pendant longtemps.
Revenu en France, il a passé les dernières années de sa vie, en fauteuil roulant. Lorsque je l'ai revu, peu de temps avant sa mort, l'homme d'action infatigable, était devenu dépendant des autres. Pourtant son visage était rayonnant. A une journaliste qui l'interrogeait sur la résurrection, il avait répondu : « Le sens de l'existence est de marcher vers un mystère, le Royaume de Dieu... On est en marche vers la plénitude qui est déjà présente en nous. Le mot amour est le terme le plus juste pour définir la plénitude. Or l'Amour c'est Dieu. Il est déjà là, il nous enveloppe. »
Un avocat, qui avait collaboré avec Henri à la défense des sans-abri, en France, a témoigné à ses obsèques : « Je suis agnostique, mais d'avoir accompagné Henri, j'en arrive à croire qu'un tel homme est immortel »
Saint Paul écrit aux Corinthiens : « A présent nous voyons comme dans un miroir et de façon confuse, mais alors ce sera face à face » (1 Co 13,12).
Et l'apôtre Jean précise : « Nous lui serons semblables puisque nous le verrons tel qu'il est. » (1 Jn 3,2).

fr Jacques-François Vergonjeanne.
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Homélie du frère Jacques-François Vergonjeanne O.P. prononcée le 25 février 2018 (2e dimanche de Carême - Gn 22 ; Rm 8,31-34 ; Mc 9 ,2-20)

Le visage de Jésus...
Voilà  des mois que les disciples font route avec Jésus.Ils continuent de se demander : qui est-il, ce Jésus ? Un prophète, sans aucun doute, comme Israël nen na pas connu depuis longtemps.En tous cas un Maître écouté et suivi. Pourtant, certaines de ses paroles et de ses actes les déconcertent, les bousculent. Pierre, un jour, a cru devoir sopposer à lui lorsquil leur a annoncé « quil fallait que le Fils de lhomme souffre beaucoup, quil soit rejeté et quil soit tué par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes. » 

… transfiguré ...
Quelques jours après cette annonce inquiétante, comme pour leur remonter le moral, Jésus entraîne Pierre, Jacques et Jean, « sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants dune blancheur telle que personne sur terre que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.» « … et son visage brillait comme le soleil. » ajoute Matthieu, dans son récit de la transfiguration. 

… défiguré.
Fascinant visage de Jésus, quon ne se lasse pas de contempler. Bouleversé à la vue des malades, des humiliés, des marginalisés. Quelque fois, regards de colère devant la mauvaise foi des docteurs de la loi. Habituellement, visage éclairé par une lumière intérieure.
Sur la montagne, ce jour-là, cest sa personnalité profonde de Fils bien-aimé de Dieu qui se révélait.
Le souvenir de ce bref instant de bonheur et de lumière vécu sur « sur une haute montagne » les soutiendrait-ils aux sombres heures de la passion ?, Se doutaient-il, les disciples, quils se détourneraient de ce visage aimé du Maître, lorsque ses bourreaux lauraient défiguré au Golgotha ?

« Ressuscité dentre les morts » .
« En descendant de la montagne Jésus leur défendit de raconter à personne ce quils avaient vu, avant que le Fils de lhomme soit ressuscité dentre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne ... »
Lévangéliste termine sa phrase par cette remarque révélatrice :  « tout en se demandant entre eux ce que voulait dire ressuscité dentre les morts. » Ce nest quau matin de Pâques, que les disciples comprirent que le scandale de la croix, était la plus grande preuve damour que le Père de Jésus puisse donner aux hommes.

Sur les traces du Christ ressuscité.
A nous, disciples ordinaires de Jésus, nous est-il donné de vivre de ces brefs moments de lumière et de bonheur qui demeurent dans la mémoire comme de petites lumières aux heures difficiles ? Le Seigneur ne nous sèmerait-t-il pas quelques traces de sa résurrection dans nos vies ordinaires ? Je lespère.
Jaime observer les visages autour de moi, dans les transports en commun, par exemple. Mais à la dérobée, car il serait indiscret alors de scruter les regards, les yeux qui disent, mieux encore que les visages, quelque chose de la personnalité profonde. Lorsque je consulte des magazines religieux, en revanche, il marrive de mattarder sur des visages et des regards qui révèlent une qualité de vie intérieure qui me touchent. Que jadmire et même que jenvie. Mais davantage encore quand je rencontre ces visages non plus sur le papier. mais dans la vie.  

Nous marchons vers un mystère.
Un de mes frères dominicains, Henri Burin des Roziers, a passé trente ans de sa vie à défendre des paysans brésiliens, spoliés de leurs quelques arpents de terres, par des propriétaires de milliers dhectares. Il prenait leur défense,  sans faire usage de la violence, uniquement par la force du droit. Il était docteur en droit.
Il a été menacé de mort pendant longtemps.
Revenu en France, il a passé les dernières années de sa vie, en fauteuil roulant. Lorsque je lai revu, peu de temps avant sa mort, lhomme daction infatigable, était devenu dépendant des autres. Pourtant son visage était rayonnant. A une journaliste qui linterrogeait sur la résurrection, il avait répondu : « Le sens de lexistence est de marcher vers un mystère, le Royaume de Dieu... On est en marche vers la plénitude qui est déjà présente en nous. Le mot amour est le terme le plus juste pour définir la plénitude. Or lAmour cest Dieu. Il est déjà là, il nous enveloppe. »
Un avocat, qui avait collaboré avec Henri à la défense des sans-abri, en France, a témoigné à ses obsèques : « Je suis agnostique, mais davoir accompagné Henri, jen arrive à croire quun tel homme est immortel »
Saint Paul écrit aux Corinthiens : « A présent nous voyons comme dans un miroir et de façon confuse, mais alors ce sera face à face  » (1 Co 13,12).
Et lapôtre Jean précise : « Nous lui serons semblables puisque nous le verrons tel quil est. » (1 Jn 3,2).

fr Jacques-François Vergonjeanne.

Amém.

3 mois il y a
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