Bienvenue !

Les frères du couvent Dominicain de Strasbourg sont heureux de vous accueillir sur leur site ! Vous y trouverez diverses informations sur la communauté, les activités à venir, ou encore les horaires habituels du couvent. Bonne navigation et à bientôt au couvent !

Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le lundi 16/01/17

Changements dans la programmation des activités du centre Mounier :
- La conférence de Reza MOGHADDASSI ("La soif de l'essentiel") initialement programmée au Mercredi 18 janvier est reportée au Lundi 27 mars
- Le concert du samedi 21 janvier commencera à 20h et non à 20h30

Retrouvez la liste actualisée des prochaines conférences, tables-rondes, cours et concerts à venir sur dominicains-strasbourg.fr/index.php/prochains-rendez-vous/
... Lire la suiteVoir moins de texte

Le dimanche 08/01/17

Dominicains Strasbourg a ajouté 2 photos.

Nous tirons les rois cet après-midi avec les bénévoles qui nous aident à tenir la porterie du couvent.
... Lire la suiteVoir moins de texte

Nous tirons les rois cet après-midi avec les bénévoles qui nous aident à tenir la porterie du couvent.

Sylvie Ribaut, Laure Bathellier et 23 autres personnes aiment cela

Yveline RivalBelle sainte fête de l’Épiphanie à vous tous!

2 semaines il y a   ·  1
Avatar

Commenter sur Facebook

Le mercredi 04/01/17

Dominicains Strasbourg a changé sa photo de couverture. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Le lundi 02/01/17

Prédication du fr Nicolas Tixier pour la solennité de Ste Marie, Mère de Dieu, le 1er janvier 2017 au couvent de Strasbourg :

C’est dommage que les tableaux ne parlent pas. Ils nous raconteraient bien des choses peut-être. La Joconde nous expliquerait les raisons de son sourire. Le beau tableau de la crèche de notre église ne parle pas lui non plus, mais ça laisse le champ libre à nos rêves : nous pouvons ainsi imaginer ce que se disent l’âne et le bœuf, contemplant l’enfant Jésus qui occupe leur mangeoire.
C’est dommage que les mosaïques ne parlent pas elles non plus. C’est ce que je me dis à chaque fois que j’entre dans la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon… Si vous avez déjà eu l’occasion d’entrer dans cet édifice cher au cœur de tous les Lyonnais, vous avez été aspiré par le tourbillon de décorations que l’architecte Pierre Bossan a déployé en l’honneur de la Sainte Vierge. Et puis vos yeux ont fini par se poser dessus, l’immense mosaïque qui représente le concile d’Éphèse, tenu en 431. Qu’y voit-on ? La Vierge Marie sur un trône, tenant entre ses bras l’enfant Jésus. Un cortège d’anges au-dessus de sa tête. L’empereur Théodose, sa femme Pulchérie. Et devant, un homme qui semble danser devant la Vierge, Saint Cyrille d’Alexandrie venu défendre ce qui sera l’œuvre de ce concile : l’affirmation de ce que Marie est Mère de Dieu.
Les tableaux ne parlent pas. Les mosaïques ne parlent pas. C’est dommage ! Car si celle-ci le faisait, on entendrait une clameur immense. Une foule hurler. « Theotokos ! Theotokos ! Mère de Dieu ! Mère de Dieu ! », comme l’histoire le rapporte. La foule, le peuple d’Éphèse qui hurle son attachement à la Mère de Dieu. C’était une époque, bien lointaine, où la définition de la foi faisait la une des journaux du soir, où l’on pouvait en venir aux mains pour cela !
Crierions-nous nous aussi, comme la foule d’Éphèse, Theotokos ! Mère de Dieu ! Qui au fond de lui-même ce soir ne se dit pas (comme peut-être à chaque Je vous salue Marie) « tout de même, appeler Marie, Mère de Dieu, c’est un peu osé ! Mère de Jésus, je veux bien, mais Mère de Dieu ? Que je sache, le livre de la Genèse ne nous a pas parlé d’une naissance de Dieu avant la création du monde. Et puis, Marie n’était même pas là à l’époque.
Marie est dite « Mère de Dieu », pourtant. Et la foule d’Éphèse avait raison de s’en réjouir, et nous de la fêter aujourd’hui sous ce titre. Mère de Dieu, parce qu’il fallait que Dieu ait une mère, bien sûr !
Mais de qui parlons-nous ? Même si nous l’aimons beaucoup, nous ne parlons pas de Marie en premier. Ce titre de « Mère de Dieu » n’est pas là pour l’honorer en premier lieu. Ce n’est pas une pure invention parce qu’elle le mériterait, par simple dévotion de notre part. Elle est mère de Dieu à cause du Mystère de Dieu. Elle est mère de Dieu parce qu’effectivement Dieu devait avoir une mère.
Pourquoi ? Parce que dans le plan de Dieu, il y avait cette venue. Cette venue dans le monde. Dans l’humanité du monde. Cette venue dans la chair. C’est ce que nous avons fêté joyeusement ces derniers jours. Ce bouleversement. Cette révolution. Cette incroyable rencontre du Ciel et de la Terre. Tout est là. Dans cette crèche, dans ce bébé. Si sage. Si calme. Si petit et si grand. Dieu. Homme. Vrai Dieu. Vrai homme. Totalement Dieu. Totalement homme.
C’est lui, Jésus, qui nous apprend qui est sa mère. C’est parce que lui a voulu être qui il est, que nous comprenons qui elle est.
C’est en contemplant son visage à lui, en réécoutant ce qu’il nous dit de lui-même, que nous comprenons qui est sa mère. Parce que lui, Jésus est vraiment homme. Alors elle, Marie est vraiment mère de Dieu.
Il fallait que Dieu ait une mère. Il le fallait. Cela ne pouvait être autrement. Car Dieu avait le projet résolu de se faire chair. Il avait le projet résolu de sauver les hommes. Comment allait-il faire ? Il aurait pu apparaître un jour à nouveau dans un buisson en feu, comme à Moïse. Il aurait pu se dire à nouveau dans le bruissement d’une brise légère, comme à Elie. Il aurait pu parler au milieu de la nuit, comme à Samuel. Il aurait pu bien des choses en somme.
Mais le projet de Dieu allait cette fois-ci bien plus loin. Il voulait venir. Ne pas faire semblant. Ne pas prendre une simple apparence d’homme. Ne pas jouer à l’homme en restant Dieu. Combien on a pu discuter durant les premiers siècles de l’histoire de l’Église autour de ces questions… Car cela semblait tellement inimaginable d’accepter ce grand mystère : Dieu pouvait-il s’être abaissé à ce point qu’il se corrompe avec l’humanité ? Quelle déchéance que celle de prendre chair ! Alors il fallait prendre la défense de sa divinité, par maints stratagèmes, maints discours théologiques. Empêcher le scandale de l’Incarnation. Empêcher Dieu de se compromettre avec la chair. Le laisser au Ciel en somme, et les hommes sur la terre. N’était-ce pas moins scandaleux ?
Mais il faut s’y résoudre « le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous ». Dieu voulait prendre la condition de sa créature : l’homme. Dieu voulait devenir homme.
Et comment devient-on homme ? On naît. On naît d’une mère. Un jour, on passe du tombeau secret de son ventre au grand air du jour. On respire un grand coup et on hurle de la vie qui pénètre dans nos poumons. Nous avons tous ceci en commun : nous sommes nés d’une mère. Elle a pu être aimante ou absente. Elle a pu nous voir grandir ou pas. Nous entourer d’affection ou pas. Elle nous a mis au monde.
*
Que crie donc la foule d’Éphèse quand elle acclame la Mère de Dieu ? Sans doute acclame-t-elle la Vierge Marie, c’est bien certain. Comment ne pas acclamer celle qui a dit oui à Dieu ? Celle par qui le Salut est entré dans le monde ? La Nouvelle Ève ?
Mais je crois que la foule d’Éphèse acclame plus loin encore. Par la mère, elle acclame celui qui l’a fait nommer « mère ». Le Fils. Elle acclame par Marie le Salut dont elle est l’instrument. Elle acclame le Sauveur, ce Fils unique qu’elle a mis au monde. Ce fils dans lequel la foule reconnaît non seulement Dieu, mais aussi l’homme. De chair et d’os. Il est tellement important qu’il soit homme cet enfant-Dieu. Un homme né d’une mère. Ce que la foule acclame c’est un Dieu devenu, par le ventre de Marie, son frère.
Alors il est acclamé comme il le mérite, par sa famille terrestre. Dans la fraternité de ceux qui sont nés d’une mère. Le peuple des hommes, dont il est lui-même. Le peuple de ceux dont il est venu partager les joies et la déréliction, le peuple de ceux dont il vient goûter la condition et les misères excepté le péché. Le peuple qui s’est réveillé un jour, sorti du ventre de sa mère, et s’endort un soir dans le tombeau. Le peuple dont il prendra la mort sur le dos, pour le délivrer de la mort.
Parce qu’il est venu pour cela et uniquement pour cela, pour nous sauver.
Je remonte pour finir sur la colline de Fourvière. À côté de la basilique, les lettres lumineuses « Merci Marie » éclairent le ciel, bien visibles de toute la ville. C’est peut-être ce que nous aurons envie de lui dire aujourd’hui, à elle, la jeune fille de Nazareth, devenue Mère de Dieu.
Merci Marie d’avoir entendu l’appel du Seigneur et d’y avoir consenti. Merci Marie d’avoir accueilli dans ta chair de femme l’enfant-Dieu.
Merci Marie de nous avoir donné le Sauveur du Monde.
... Lire la suiteVoir moins de texte

Prédication du fr Nicolas Tixier pour la solennité de Ste Marie, Mère de Dieu, le 1er janvier 2017 au couvent de Strasbourg : 

C’est dommage que les tableaux ne parlent pas. Ils nous raconteraient bien des choses peut-être. La Joconde nous expliquerait les raisons de son sourire. Le beau tableau de la crèche de notre église ne parle pas lui non plus, mais ça laisse le champ libre à nos rêves : nous pouvons ainsi imaginer ce que se disent l’âne et le bœuf, contemplant l’enfant Jésus qui occupe leur mangeoire.
C’est dommage que les mosaïques ne parlent pas elles non plus. C’est ce que je me dis à chaque fois que j’entre dans la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon… Si vous avez déjà eu l’occasion d’entrer dans cet édifice cher au cœur de tous les Lyonnais, vous avez été aspiré par le tourbillon de décorations que l’architecte Pierre Bossan a déployé en l’honneur de la Sainte Vierge. Et puis vos yeux ont fini par se poser dessus, l’immense mosaïque qui représente le concile d’Éphèse, tenu en 431. Qu’y voit-on ? La Vierge Marie sur un trône, tenant entre ses bras l’enfant Jésus. Un cortège d’anges au-dessus de sa tête. L’empereur Théodose, sa femme Pulchérie. Et devant, un homme qui semble danser devant la Vierge, Saint Cyrille d’Alexandrie venu défendre ce qui sera l’œuvre de ce concile : l’affirmation de ce que Marie est Mère de Dieu.
Les tableaux ne parlent pas. Les mosaïques ne parlent pas. C’est dommage ! Car si celle-ci le faisait, on entendrait une clameur immense. Une foule hurler. « Theotokos ! Theotokos ! Mère de Dieu ! Mère de Dieu ! », comme l’histoire le rapporte. La foule, le peuple d’Éphèse qui hurle son attachement à la Mère de Dieu. C’était une époque, bien lointaine, où la définition de la foi faisait la une des journaux du soir, où l’on pouvait en venir aux mains pour cela !
Crierions-nous nous aussi, comme la foule d’Éphèse, Theotokos ! Mère de Dieu ! Qui au fond de lui-même ce soir ne se dit pas (comme peut-être à chaque Je vous salue Marie) « tout de même, appeler Marie, Mère de Dieu, c’est un peu osé ! Mère de Jésus, je veux bien, mais Mère de Dieu ? Que je sache, le livre de la Genèse ne nous a pas parlé d’une naissance de Dieu avant la création du monde. Et puis, Marie n’était même pas là à l’époque.
Marie est dite « Mère de Dieu », pourtant. Et la foule d’Éphèse avait raison de s’en réjouir, et nous de la fêter aujourd’hui sous ce titre. Mère de Dieu, parce qu’il fallait que Dieu ait une mère, bien sûr !
Mais de qui parlons-nous ? Même si nous l’aimons beaucoup, nous ne parlons pas de Marie en premier. Ce titre de « Mère de Dieu » n’est pas là pour l’honorer en premier lieu. Ce n’est pas une pure invention parce qu’elle le mériterait, par simple dévotion de notre part. Elle est mère de Dieu à cause du Mystère de Dieu. Elle est mère de Dieu parce qu’effectivement Dieu devait avoir une mère.
Pourquoi ? Parce que dans le plan de Dieu, il y avait cette venue. Cette venue dans le monde. Dans l’humanité du monde. Cette venue dans la chair. C’est ce que nous avons fêté joyeusement ces derniers jours. Ce bouleversement. Cette révolution. Cette incroyable rencontre du Ciel et de la Terre. Tout est là. Dans cette crèche, dans ce bébé. Si sage. Si calme. Si petit et si grand. Dieu. Homme. Vrai Dieu. Vrai homme. Totalement Dieu. Totalement homme. 
C’est lui, Jésus, qui nous apprend qui est sa mère. C’est parce que lui a voulu être qui il est, que nous comprenons qui elle est. 
C’est en contemplant son visage à lui, en réécoutant ce qu’il nous dit de lui-même, que nous comprenons qui est sa mère. Parce que lui, Jésus est vraiment homme. Alors elle, Marie est vraiment mère de Dieu.
Il fallait que Dieu ait une mère. Il le fallait. Cela ne pouvait être autrement. Car Dieu avait le projet résolu de se faire chair. Il avait le projet résolu de sauver les hommes. Comment allait-il faire ? Il aurait pu apparaître un jour à nouveau dans un buisson en feu, comme à Moïse. Il aurait pu se dire à nouveau dans le bruissement d’une brise légère, comme à Elie. Il aurait pu parler au milieu de la nuit, comme à Samuel. Il aurait pu bien des choses en somme. 
Mais le projet de Dieu allait cette fois-ci bien plus loin. Il voulait venir. Ne pas faire semblant. Ne pas prendre une simple apparence d’homme. Ne pas jouer à l’homme en restant Dieu. Combien on a pu discuter durant les premiers siècles de l’histoire de l’Église autour de ces questions… Car cela semblait tellement inimaginable d’accepter ce grand mystère : Dieu pouvait-il s’être abaissé à ce point qu’il se corrompe avec l’humanité ? Quelle déchéance que celle de prendre chair ! Alors il fallait prendre la défense de sa divinité, par maints stratagèmes, maints discours théologiques. Empêcher le scandale de l’Incarnation. Empêcher Dieu de se compromettre avec la chair. Le laisser au Ciel en somme, et les hommes sur la terre. N’était-ce pas moins scandaleux ?
Mais il faut s’y résoudre « le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous ». Dieu voulait prendre la condition de sa créature : l’homme. Dieu voulait devenir homme.
Et comment devient-on homme ? On naît. On naît d’une mère. Un jour, on passe du tombeau secret de son ventre au grand air du jour. On respire un grand coup et on hurle de la vie qui pénètre dans nos poumons. Nous avons tous ceci en commun : nous sommes nés d’une mère. Elle a pu être aimante ou absente. Elle a pu nous voir grandir ou pas. Nous entourer d’affection ou pas. Elle nous a mis au monde.
*
Que crie donc la foule d’Éphèse quand elle acclame la Mère de Dieu ? Sans doute acclame-t-elle la Vierge Marie, c’est bien certain. Comment ne pas acclamer celle qui a dit oui à Dieu ? Celle par qui le Salut est entré dans le monde ? La Nouvelle Ève ?
Mais je crois que la foule d’Éphèse acclame plus loin encore. Par la mère, elle acclame celui qui l’a fait nommer « mère ». Le Fils. Elle acclame par Marie le Salut dont elle est l’instrument. Elle acclame le Sauveur, ce Fils unique qu’elle a mis au monde. Ce fils dans lequel la foule reconnaît non seulement Dieu, mais aussi l’homme. De chair et d’os. Il est tellement important qu’il soit homme cet enfant-Dieu. Un homme né d’une mère. Ce que la foule acclame c’est un Dieu devenu, par le ventre de Marie, son frère.
Alors il est acclamé comme il le mérite, par sa famille terrestre. Dans la fraternité de ceux qui sont nés d’une mère. Le peuple des hommes, dont il est lui-même. Le peuple de ceux dont il est venu partager les joies et la déréliction, le peuple de ceux dont il vient goûter la condition et les misères excepté le péché. Le peuple qui s’est réveillé un jour, sorti du ventre de sa mère, et s’endort un soir dans le tombeau. Le peuple dont il prendra la mort sur le dos, pour le délivrer de la mort.
Parce qu’il est venu pour cela et uniquement pour cela, pour nous sauver.
Je remonte pour finir sur la colline de Fourvière. À côté de la basilique, les lettres lumineuses « Merci Marie » éclairent le ciel, bien visibles de toute la ville. C’est peut-être ce que nous aurons envie de lui dire aujourd’hui, à elle, la jeune fille de Nazareth, devenue Mère de Dieu.
Merci Marie d’avoir entendu l’appel du Seigneur et d’y avoir consenti. Merci Marie d’avoir accueilli dans ta chair de femme l’enfant-Dieu. 
Merci Marie de nous avoir donné le Sauveur du Monde.

Le vendredi 30/12/16

Dominicains Strasbourg a ajouté 9 photos.

Mercredi, une partie de la communauté est partie en Forêt Noire pour une petite excursion de Noël, aux chutes d'eau de Allerheiligen, où l'on peut encore voir les ruines d'une abbaye Prémontrée. Dans la chapelle moderne sur le site, nous avons célébré la messe avant un repas et une marche. Le temps était frais, mais sec !
... Lire la suiteVoir moins de texte

Mercredi, une partie de la communauté est partie en Forêt Noire pour une petite excursion de Noël, aux chutes deau de Allerheiligen, où lon peut encore voir les ruines dune abbaye Prémontrée. Dans la chapelle moderne sur le site, nous avons célébré la messe avant un repas et une marche. Le temps était frais, mais sec !

Christele Jacqueline Froissard, Monique Jansou et 23 autres personnes aiment cela

Régine Charles-FélicitéC'est un endroit paisible. Bonne fin d'année à tous.

3 semaines il y a   ·  1
Avatar

Camille BoudonC'est magnifique!!!!!

3 semaines il y a   ·  1
Avatar

Claudine WeydmannIl y a des églises et des monastères magnifiques en Forêt Noire ! ! *

3 semaines il y a   ·  1
Avatar

Marie-Josée BilgerSuperbe, je connais les lieux et la promenade

2 semaines il y a   ·  1
Avatar

Commenter sur Facebook

Le vendredi 30/12/16

Prédication du fr Cyrille-Marie Richard pour le jour de Noël au couvent de Strasbourg :

Avez-vous demandé beaucoup de choses au Père Noël ?
Quand on tient vraiment à un cadeau en particulier, il y a une méthode : se concentrer sur l’essentiel, car, si on demande moins, on a plus de chances d’avoir ce que l’on veut vraiment.
Je ne sais si cette méthode marche avec le Père Noël. Mais on peut aussi se demander si, quand nous demandons quelque chose à Dieu, nous demandons une foule de choses, ou seulement ce qui nous tient le plus à cœur. Mais alors, il faut savoir ce qui nous tient le plus à cœur. Si je devais n’adresser qu’une seule demande à Dieu, quelle serait-elle ?
Je ne vais pas demander à chacun de dire publiquement quelle serait la sienne, c’est une question trop intime. Mais par exemple, que les frères de ce couvent expriment régulièrement une telle prière régulièrement. Ils disent précisément : « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : admirer le Seigneur dans sa beauté ». (Ps 26)
Quand on ne cherche qu’une seule chose, c’est voir le Seigneur. Ou encore : « Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant. Quand le verrai-je face à face ? » (ps 41)
Voici une prière qui traverse toute l’Ecriture : le désir de voir Dieu. Personnages de l’histoire biblique, grands mystiques, saints de toutes époques : nombreux sont ceux qui ont exprimé une telle demande. C’est d’ailleurs avec une insistance trsè grande que l’Evangile selon saint Jean ramène sans cesse cette question : voir Dieu. Philippe le dira à Jésus : « Montre-nous le Père. Cela nous suffit ! » En effet, cela peut suffire ; une chose est capable de combler le désir le l’homme : connaître Dieu.
C’est un désir très naturel que de vouloir connaître ce qui nous dépasse. Les origines, les cieux, l’espace… Connaître ce qu’il y a de plus grand, ce qu’il y a de meilleur. Et pour ceux qui ont entendu parler de Dieu, nous savons bien que ce qu’il y a de plus grand et de meilleur, c’est Dieu. C’est lui que nous voulons connaître. Pas seulement par simple curiosité, mais parce que Dieu, en nous créant, a mis dans notre cœur le désir de nous tourner vers lui et de le contempler.
Mais ce désir est souvent contrarié. Dieu est si grand – c’est-à-dire aussi : si loin ! Dieu est si bon – c’est-à-dire aussi : si différent, à peine imaginable.
On sent bien qu’il y a là quelque chose d’impossible. Tous nos pères dans la foi, ce peuple de l’Ancienne Alliance, s’y sont cassé les dents si l’on peut parler ainsi. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir demandé : « Seigneur fais-moi voir ta gloire ! »
Mais la réponse est : « on ne peut voir Dieu sans mourir ». Il y aura bien quelques stratagèmes : le voir, mais de dos, pour Moïse ; voir son ange ; le savoir dans une colonne de nuée… Mais pas de contact direct : la différence est trop grande entre le Créateur et ses créatures. Celles-ci ne sont pas capables de l’imaginer : comment pourraient-elles alors le reconnaître ?
C’est dire la portée extraordinaire de cet évènement de l’histoire raconté dans l’Evangile de ce jour. Saint Jean rappelle ce constat : « Dieu, personne ne l’a jamais vu. » Bilan d’une histoire qui aurait pu engendrer le découragement, mais qui a surtout créé le désir. Et voici ce retournement, complètement innattendu mais ardemment espéré : « … mais le Fils unique nous l’a fait connaître. » Le père n’a pas seulement envoyé son Fils pour nous sauver de nos péchés – ce qui serait déjà immense. Mais quand bien même nos péchés seraient pardonnés, quand bien même tout irait bien sur notre terre, ne nous manquerait-il pas encore quelque chose ? ou pluôt quelqu’un ?
Oui, le Dieu éternel et Tout-Puissant veut se révéler à nous, il veut que nous le connaissions vraiment. Il ne veut pas seulement que nous soyons convaincus de son existence, que nous adhérions, même de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit, à des formules où notre foi est résumée.
Il veut bien plus que cela : il veut que nous nous connaissions, lui et nous. Et pour cela, il choisit le Verbe éternel, son Fils unique, existant depuis le commencement, tourné vers lui, auprès de lui.
Si saint Jean insiste tant sur cette existence du Verbe dpuis toujours, sur sa proximité avec le Père, ce n’est pas pour encombrer Jésus de titres théologiques. Ce n’est pas même pour souligner sa grandeur où susciter en nous le respect devant le Christ : c’est pour nous dire que celui qui est envoyé, c’est vraiment le plus adéquat pour nous révéler qui est Dieu. C’est lui le plus proche de Dieu ! Il le connaît depuis toujours, parce que depuis toujours, il est avec lui, il est tourné vers lui.
Rendons-nous compte de quel témoin extraordinaire nous disposons pour nous parler du Père ! Certains avaient bien espéré rencontrer Dieu un jour, mais ne savaient pas comment cela pourrait bien êre possible. Et personne n’avait imaginé que ce serait par un moyen aussi innattendu et pourtant aussi adapté : c’est par le moyen de l’humanité. C’est par ce que nous connaissons le mieux que nous allons faire connaissance avec ce qui nous est le plus différent : Dieu.
Désormais, si nous voulons connaître Dieu, nous savons où le découvrir. Si nous voulons connaître l’inconnaissable, nous savons où finit cet abîme entre Lui et nous : c’est dans l’humanité du Christ. Dans la contemplation de l’Evangile, cette distance entre Dieu et nous est abolie et nous découvrons le Seigneur éternel ; et nous pouvons enfin savoir, avec certitude, qui il est vraiment.
Comment comprendre un Dieu invisible ? Un Dieu qui apparaît dans les histoires parfois tourmentées de nos vies, dans les détours desquelles nous ne voyons pas toujours bien son action. La présence de Dieu y est souvent décelable, mais pas toujours compréhensible : que veut vraiment Dieu ? Qui est-il, en fin de compte, cet être si étrange – pour ne pas dire : cet être qui me paraît parfois si étranger ?
Ce Dieu, il est exactement ce que Jésus nous donne à voir.
Je ne vais pas passer en revue tout l’Evangile. Il le faudrait, car nous n’avons entendu que le prologue. Mais nous en connaissons la suite.
Le Seigneur éternel, dont Israël n’osait pas même dire le Nom, va se révéler d’une extrême proximité avec les hommes, spécialement avec les pauvres,les petits, les rejetés : lépreux, femme pécheresse, publicains… Ce Dieu qui a donné une Loi dont certains auront fait un instrument déshumanisant, ce sera donc aussi le Dieu qui dira : l’amour de Dieu et du prochain, voilà tout ce que je vous demande. Ce Dieu terrible qui apparaît au Sinaï dans le tonnerre, c’est donc aussi celui qui choisit de venir nous visiter comme l’enfant de Bethléem, naissant dans une étable, et sur qui vont fondre les armées d’Hérode.
Et ce faisant, en endossant l’humanité, il la transforme.
L’humanité, après que Dieu l’a revêtue, ne sera plus jamais la même. Pas seulement l’humanité en général. Car Dieu n’entre pas seulement dans le genre humain, mais aussi il entre aussi dans mon humanité.
Ce qu’il nous donne, saint Jean le dit : « A ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu. »
Ce que le Verbe est depuis toujours, nous pouvons le devenir par adoption. Et maintenant que nous pouvons connaître Dieu, nous savons aussi quel est le chemin pour aller vers lui : le chemin vers Dieu, c’est un chemin d’humanité. Devenir semblable à Dieu, cela se fera en devenant semblable à un homme : son Fils.
L’évangéliste se plaira, quand il voudra montrer des faits extraordinaires, divins, à les désigner comme ceux d’un homme.
La samaritaine qui cherche Dieu finira par s’exclamer : « j’ai vu un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ». Le paralytique qui attend un miracle depuis 38 ans dira, face à Jésus : « Il me manque un homme pour me jeter dans la piscine ».
« En lui était la Vie » dit encore saint Jean. Et il vient dans la nature humaine, dont la caractéristique est qu’elle est mortelle. Il transforme l’humanité – mon humanité – en un instrument capable de Vie, de Vie éternelle.
« Nous avons reçu grâce après grâce » : il s’agit d’entrer dans la vie de Dieu. Nous y entrons par la grâce qu’il nous donne, c’est-à-dire par sa puissance de vie, par son amour infini ; nous entrons dans l’humanité telle qu’il la vit : une vie entièrement vers le Père et vers nous autres ses frères, une vie qui n’est pas pour lui-même mais qui est donnée.
Oui, en devenant l’un de nous, en nous permettant de le connaître, en nous montrant toutes les possibilités de ce qu’est l’humanité quand Dieu vient au-dedans, le Seigneur nous montre ce que nous pouvons faire, ce que nous pouvons être, si nous laissons sa grâce s’incarner, pas seulement en la chair, mais en notre propre chair.
... Lire la suiteVoir moins de texte

Françoise Marnotte, Isabelle Faye et 6 autres personnes aiment cela

Commenter sur Facebook

Le dimanche 18/12/16

HORAIRES DE NOËL

Samedi 24 décembre :
19h: Premières Vêpres de la Nativité
23h30: Vigiles de la Nativité suivies de la MESSE DE LA NUIT
La messe de la nuit sera suivie d'un chocolat chaud, accompagné de vos tartes, brioches ou bredele : merci de les apporter à la porterie du couvent (41 bd de la Victoire) dans la journée du 24.

Dimanche 25 décembre :
9h: Laudes de la Nativité
12h10: Office du milieu du jour
19h: Messe du jour de Noël
... Lire la suiteVoir moins de texte

HORAIRES DE NOËL

Samedi 24 décembre :
19h: Premières Vêpres de la Nativité
23h30: Vigiles de la Nativité suivies de la MESSE DE LA NUIT
La messe de la nuit sera suivie dun chocolat chaud, accompagné de vos tartes, brioches ou bredele : merci de les apporter à la porterie du couvent (41 bd de la Victoire) dans la journée du 24.

Dimanche 25 décembre : 
9h: Laudes de la Nativité
12h10: Office du milieu du jour
19h: Messe du jour de Noël

Le dimanche 13/11/16

Homélie du fr. Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond pour le 33e Dimanche du temps ordinaire (13/11/16) au couvent de Strasbourg (Lc 21,5-19) :

L’Église a un bel agenda. Un agenda liturgique, j’entends. Ce calendrier qui fait défiler sous nos yeux, dimanche après dimanche, toute l'histoire du Salut. Et l’Église rappelle à notre mémoire, en ce temps de fin d’année, tous les événements accompagnant la fin du monde, tous ces faits qui annonceront le retour du Seigneur en gloire. Et ce que l’Église nous rappelle, ce n’est pas simplement un souvenir, un mémorial de la mort et de la Résurrection du Seigneur, mais aussi un avenir : joli paradoxe que voilà. Car l’Église est là pour nous rappeler que le Seigneur nous conduit. Il nous faut voir dans cette page d’Évangile, au-delà de sa brutalité, une parole d'espérance ; et celle-ci nous est laissée en partage. Pourtant, on pourrait me dire en ce soir d’automne :
Laissez-nous profiter de la mélancolie de novembre
qui emplit l’air,
et de l’odeur mouillée de la terre.
Nous revenions la semaine passée du cimetière,
pour nous souvenir de ceux qui étaient avec nous encore hier,
laissez-nous donc dans la triste brume d’automne,
laissez-nous sentir l’odeur des feuilles mornes :
l’espérance de demain peut bien attendre encore un jour.
Moi en cette saison, je scrute ce monde qui s’écroule et qui court,
je contemple ce qui s’efface et ne sera plus,
déjà inquiet de ce jour qui vient où plus rien n’est sûr.

Sentiments bien compréhensibles. Mais quitte à donner dans le vague-à-l’âme propre à la saison, je vous invite à lui donner une raison, en entrant, d’abord dans l’inquiétude des disciples qui se demandent ce qui va se passer dans le monde, pour ensuite recevoir la Bonne Nouvelle que Jésus leur annonce. Car oui, frères et sœurs, il y a une vraie bonne nouvelle dans cette parole de Dieu, au moins pour moi : savoir que pas un cheveu de ma tête ne sera perdu me laisse espérer que je pourrai entrer dans la vie éternelle sans perruque ! Cette mention des cheveux dans les paroles de Jésus m’a arrêté, car parler coiffure semble bien futile au milieu de paroles aussi apocalyptiques : en commençant par le Temple, Jésus nous offre en effet un spectacle grandiose s’il n’était pas aussi terrible.
Le Temple n’est pas seulement un lieu symbolique, mais c’est vraiment le lieu où Dieu habite sur terre. Sa présence, sa gloire, réside dans le Temple, dans le Saint des Saints. Dans la conscience juive de ce temps, si le Temple est détruit, alors Dieu n’habite plus sur terre, Dieu abandonne son peuple. C’est un bouleversement plus grand que la seule perte du patrimoine : si la cathédrale de Strasbourg devait disparaître, ce serait terrible sûrement, mais ça n’atteindrait pas le cœur de notre foi, car nous sommes nous-mêmes, le temple de Dieu, en notre corps et en Église. Dieu habite d’abord le cœur de l’homme, et cela demeure, nous dit Jésus : et c’est un vrai motif d’espérance, car nous ne sommes pas abandonnés, et le Seigneur agit dans les cœurs, au-delà de ce que nous pouvons en voir, en percevoir, ou en savoir.
Ensuite, Jésus relie cela à des guerres et à des bouleversements naturels terribles : tremblements de terre, phénomènes effrayants, épidémies, et grands signes dans le ciel. Comme si l’homme et la terre étaient tellement liés l’un à l’autre, que ce qui agite l’un a des répercussions immédiates sur l’autre : l’homme, et son milieu de vie, sont liés, et tout est lié. Nos guerres, et plus largement nos comportements, ne sont pas affaire purement humaine, mais concernent notre terre dans sa vie-même, au-delà de ce que l’homme fait, vit ; et bâtit ou détruit comme histoire collective. Nous ne pouvons pas faire comme si nous vivions hors-sol semble dire Jésus, la Création tout entière vous dit quelque chose, les signes ne sont pas seulement dans l’histoire des hommes. Le Seigneur nous invite aussi à tourner nos yeux vers la Création, vers cette première merveille de Dieu qu’est sa création, à élargir notre regard pour nous voir dans cette création, et non au-dessus.

Malgré tout, un monde semble se défaire sous nos yeux, ou du moins changer trop vite, et l’inquiétude peut étreindre les cœurs, ou du moins agiter les esprits. Alors jusqu’où cela va-t-il aller ? Nous pourrions être tentés de lire dans les événements de ce monde, dans notre histoire contemporaine, comme une confirmation de ce que Jésus prédit : ça n’allait déjà pas fort, mais demain sera pire encore. Jésus confirme pratiquement cette crainte. Il a bien compris la question muette de ses disciples qui lui demandent : si le Temple doit être détruit, et si cela doit être la fin du monde, ou de notre monde, que va-t-il nous arriver, à nous qui t’avons suivi, quelles garanties y a-t-il pour moi ? Aucune.
Jésus ne promet pas aux disciples d’être épargnés par ce qui va arriver : s’ils sont bien des hommes de leur temps, ils seront solidaires de leur époque jusqu’au bout, et la traverseront non pas en solitaires, mais avec leurs contemporains. La marche du monde peut nous déplaire, mais il n’y a pas vraiment moyen de s’en extraire. Nous serons tous démunis, ensemble. Et s’il faut se réjouir c’est d’abord d’être ensemble appelés à étendre le Royaume de Dieu, au milieu d’un monde qui passe, pour ensuite nous découvrir ensemble démunis et ne tenant qu’à Dieu pour accomplir cette œuvre immense en attendant son retour.
Nous rechignons à lâcher nos ex-votos, nos grigris, nos belles pierres, nos édifices et nos structures, nos organisations qui marchent mal mais qui ont le mérite d’être là, et là où nous cherchons comme d’habitude et comme les disciples des signes tangibles et rassurants, Jésus nous promet d’abord une sagesse et un langage aptes à défaire toute opposition : cela semble dérisoire, c’est de la parole, des mots, et du vent. Et pourtant, des mots donnés par le Christ, une parole donnée par Dieu, cela ne peut pas être n’importe quoi. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » : voilà une parole digne de foi ! Il nous faudrait tous trouver en cette parole de Dieu cette assurance tranquille de celui qui sait ce qu’il a à faire, une placidité dans l’adversité, une constance dans notre tâche quotidienne, et la liberté sereine de ceux qui sont à leur poste de travail dans le monde, comme St Paul le laisse entendre aux Thessaloniciens : « que chacun travaille dans le calme pour manger le pain qu’il a gagné ». C’est sûrement quelque chose que le Seigneur peut nous donner si nous le lui demandons au milieu de nos inquiétudes.

Et Jésus, enfin, nous annonce une bonne nouvelle... pour les cheveux. Les cheveux ce n’est pas grand-chose. C’est insignifiant. Et pourtant, ils permettent de voir le statut social ou l’âge, le niveau de vie quand ils sont soignés et la pauvreté quand ils ne sont pas bien tenus. La maladie, peut-être, quand ils sont absents. Ou bien parfois tel message, voire une révolte, quand ils sont coiffés de telle ou telle manière. On en perd beaucoup chaque jour, des cheveux, certains plus que d’autres, certains moins car il y en a moins à perdre chez eux, mais même ces cheveux-là sont comptés, nous dit Jésus, pas un ne sera perdu. Rien de ce que nous auront fait, riens de ce que nous aurons été sur cette terre ne sera oublié, et jusqu’à ces cheveux insignifiants qui disent à la fois la vanité quand ils nous servent de parure, et la précarité, quand on les perd sans y faire attention au long des jours. Ces cheveux qui nous disent que notre dignité est telle qu’au jour de la Résurrection, quelque chose de nos cheveux, tous comptés, demeurera avec nous, qu’ils aient été en brosse, en permanente, en crête, en dreadlocks ou bien rasés. Elle passe, la figure de ce monde, mais dans le Royaume qui vient nous y serons tout entiers, avec tout ce que nous sommes. N’est ce pas une formidable assurance personnelle qui nous est donnée pour la fin du monde, au détour de ce mot de Jésus sur les cheveux ?
Je voudrais finir en vous rapportant une petite histoire de Chesterton, cet écrivain anglais un peu inclassable du début du vingtième siècle, qui a écrit juste avant la première guerre mondiale un petit livre intitulé "Le monde comme il ne va pas". Dans ce livre où il essaie de démonter les mécanismes des idéologies, face à la personne et à tout ce qui la concerne, sa famille, son travail, ses amis, il voit donc dans ce livre, une petite fille qui court. Elle a de beaux cheveux, d’immenses boucles d'or qui rebondissent quand elle court. Il dit que dans cette petite fille qui court, il y a tout un projet, que cette petite fille qui court de manière anodine vaut tous les programmes politiques, à cause de ses cheveux. Parce que si elle a le droit de garder des boucles d'or, cela veut dire qu'elle a le droit d'avoir une famille unie, d'avoir une maison, d'avoir de quoi se laver, d'avoir le droit d'entretenir ses cheveux pour qu'ils restent beaux et propres : courir avec une chevelure pareille, c’est plus fort qu’un manifeste politique. Je vous en lis un tout petit extrait : "Sa mère peut lui demander de nouer ses cheveux, car c'est l'autorité naturelle, mais l'empereur de la planète ne saurait lui demander de les couper. Elle est l'image sacrée de l'humanité, par cette dignité fondamentale de la personne signifiée à travers le choix de porter les cheveux longs. Autour d'elle l'édifice du monde se tordra et se brisera en s'écroulant. Les colonnes de la société seront ébranlées, la voûte des siècles s'effondrera, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché, ses boucles d’or demeureront radieuses, pour qu’elle poursuive sa course joyeuse."
... Lire la suiteVoir moins de texte

Homélie du fr. Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond pour le 33e Dimanche du temps ordinaire (13/11/16) au couvent de Strasbourg (Lc 21,5-19) :

L’Église a un bel agenda. Un agenda liturgique, j’entends. Ce calendrier qui fait défiler sous nos yeux, dimanche après dimanche, toute lhistoire du Salut. Et l’Église rappelle à notre mémoire, en ce temps de fin d’année, tous les événements accompagnant la fin du monde, tous ces faits qui annonceront le retour du Seigneur en gloire. Et ce que l’Église nous rappelle, ce n’est pas simplement un souvenir, un mémorial de la mort et de la Résurrection du Seigneur, mais aussi un avenir : joli paradoxe que voilà. Car l’Église est là pour nous rappeler que le Seigneur nous conduit. Il nous faut voir dans cette page d’Évangile, au-delà de sa brutalité, une parole despérance ; et celle-ci nous est laissée en partage. Pourtant, on pourrait me dire en ce soir d’automne : 
Laissez-nous profiter de la mélancolie de novembre
qui emplit l’air,
et de l’odeur mouillée de la terre. 
Nous revenions la semaine passée du cimetière, 
pour nous souvenir de ceux qui étaient avec nous encore hier, 
laissez-nous donc dans la triste brume d’automne, 
laissez-nous sentir l’odeur des feuilles mornes :
l’espérance de demain peut bien attendre encore un jour.
Moi en cette saison, je scrute ce monde qui s’écroule et qui court, 
je contemple ce qui s’efface et ne sera plus,
déjà inquiet de ce jour qui vient où plus rien n’est sûr.

Sentiments bien compréhensibles. Mais quitte à donner dans le vague-à-l’âme propre à la saison, je vous invite à lui donner une raison, en entrant, d’abord dans l’inquiétude des disciples qui se demandent ce qui va se passer dans le monde, pour ensuite recevoir la Bonne Nouvelle que Jésus leur annonce. Car oui, frères et sœurs, il y a une vraie bonne nouvelle dans cette parole de Dieu, au moins pour moi : savoir que pas un cheveu de ma tête ne sera perdu me laisse espérer que je pourrai entrer dans la vie éternelle sans perruque ! Cette mention des cheveux dans les paroles de Jésus m’a arrêté, car parler coiffure semble bien futile au milieu de paroles aussi apocalyptiques : en commençant par le Temple, Jésus nous offre en effet un spectacle grandiose s’il n’était pas aussi terrible.
Le Temple n’est pas seulement un lieu symbolique, mais c’est vraiment le lieu où Dieu habite sur terre. Sa présence, sa gloire, réside dans le Temple, dans le Saint des Saints. Dans la conscience juive de ce temps, si le Temple est détruit, alors Dieu n’habite plus sur terre, Dieu abandonne son peuple. C’est un bouleversement plus grand que la seule perte du patrimoine : si la cathédrale de Strasbourg devait disparaître, ce serait terrible sûrement, mais ça n’atteindrait pas le cœur de notre foi, car nous sommes nous-mêmes, le temple de Dieu, en notre corps et en Église. Dieu habite d’abord le cœur de l’homme, et cela demeure, nous dit Jésus : et c’est un vrai motif d’espérance, car nous ne sommes pas abandonnés, et le Seigneur agit dans les cœurs, au-delà de ce que nous pouvons en voir, en percevoir, ou en savoir.
Ensuite, Jésus relie cela à des guerres et à des bouleversements naturels terribles : tremblements de terre, phénomènes effrayants, épidémies, et grands signes dans le ciel. Comme si l’homme et la terre étaient tellement liés l’un à l’autre, que ce qui agite l’un a des répercussions immédiates sur l’autre : l’homme, et son milieu de vie, sont liés, et tout est lié. Nos guerres, et plus largement nos comportements, ne sont pas affaire purement humaine, mais concernent notre terre dans sa vie-même, au-delà de ce que l’homme fait, vit ; et bâtit ou détruit comme histoire collective. Nous ne pouvons pas faire comme si nous vivions hors-sol semble dire Jésus, la Création tout entière vous dit quelque chose, les signes ne sont pas seulement dans l’histoire des hommes. Le Seigneur nous invite aussi à tourner nos yeux vers la Création, vers cette première merveille de Dieu qu’est sa création, à élargir notre regard pour nous voir dans cette création, et non au-dessus.

Malgré tout, un monde semble se défaire sous nos yeux, ou du moins changer trop vite, et l’inquiétude peut étreindre les cœurs, ou du moins agiter les esprits. Alors jusqu’où cela va-t-il aller ? Nous pourrions être tentés de lire dans les événements de ce monde, dans notre histoire contemporaine, comme une confirmation de ce que Jésus prédit : ça n’allait déjà pas fort, mais demain sera pire encore. Jésus confirme pratiquement cette crainte. Il a bien compris la question muette de ses disciples qui lui demandent : si le Temple doit être détruit, et si cela doit être la fin du monde, ou de notre monde, que va-t-il nous arriver, à nous qui t’avons suivi, quelles garanties y a-t-il pour moi ? Aucune.
Jésus ne promet pas aux disciples d’être épargnés par ce qui va arriver : s’ils sont bien des hommes de leur temps, ils seront solidaires de leur époque jusqu’au bout, et la traverseront non pas en solitaires, mais avec leurs contemporains. La marche du monde peut nous déplaire, mais il n’y a pas vraiment moyen de s’en extraire. Nous serons tous démunis, ensemble. Et s’il faut se réjouir c’est d’abord d’être ensemble appelés à étendre le Royaume de Dieu, au milieu d’un monde qui passe, pour ensuite nous découvrir ensemble démunis et ne tenant qu’à Dieu pour accomplir cette œuvre immense en attendant son retour.
Nous rechignons à lâcher nos ex-votos, nos grigris, nos belles pierres, nos édifices et nos structures, nos organisations qui marchent mal mais qui ont le mérite d’être là, et là où nous cherchons comme d’habitude et comme les disciples des signes tangibles et rassurants, Jésus nous promet d’abord une sagesse et un langage aptes à défaire toute opposition : cela semble dérisoire, c’est de la parole, des mots, et du vent. Et pourtant, des mots donnés par le Christ, une parole donnée par Dieu, cela ne peut pas être n’importe quoi. « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » : voilà une parole digne de foi ! Il nous faudrait tous trouver en cette parole de Dieu cette assurance tranquille de celui qui sait ce qu’il a à faire, une placidité dans l’adversité, une constance dans notre tâche quotidienne, et la liberté sereine de ceux qui sont à leur poste de travail dans le monde, comme St Paul le laisse entendre aux Thessaloniciens : « que chacun travaille dans le calme pour manger le pain qu’il a gagné ». C’est sûrement quelque chose que le Seigneur peut nous donner si nous le lui demandons au milieu de nos inquiétudes.

Et Jésus, enfin, nous annonce une bonne nouvelle... pour les cheveux. Les cheveux ce n’est pas grand-chose. C’est insignifiant. Et pourtant, ils permettent de voir le statut social ou l’âge, le niveau de vie quand ils sont soignés et la pauvreté quand ils ne sont pas bien tenus. La maladie, peut-être, quand ils sont absents. Ou bien parfois tel message, voire une révolte, quand ils sont coiffés de telle ou telle manière. On en perd beaucoup chaque jour, des cheveux, certains plus que d’autres, certains moins car il y en a moins à perdre chez eux, mais même ces cheveux-là sont comptés, nous dit Jésus, pas un ne sera perdu. Rien de ce que nous auront fait, riens de ce que nous aurons été sur cette terre ne sera oublié, et jusqu’à ces cheveux insignifiants qui disent à la fois la vanité quand ils nous servent de parure, et la précarité, quand on les perd sans y faire attention au long des jours. Ces cheveux qui nous disent que notre dignité est telle qu’au jour de la Résurrection, quelque chose de nos cheveux, tous comptés, demeurera avec nous, qu’ils aient été en brosse, en permanente, en crête, en dreadlocks ou bien rasés. Elle passe, la figure de ce monde, mais dans le Royaume qui vient nous y serons tout entiers, avec tout ce que nous sommes. N’est ce pas une formidable assurance personnelle qui nous est donnée pour la fin du monde, au détour de ce mot de Jésus sur les cheveux ? 
Je voudrais finir en vous rapportant une petite histoire de Chesterton, cet écrivain anglais un peu inclassable du début du vingtième siècle, qui a écrit juste avant la première guerre mondiale un petit livre intitulé Le monde comme il ne va pas. Dans ce livre où il essaie de démonter les mécanismes des idéologies, face à la personne et à tout ce qui la concerne, sa famille, son travail, ses amis, il voit donc dans ce livre, une petite fille qui court. Elle a de beaux cheveux, d’immenses boucles dor qui rebondissent quand elle court. Il dit que dans cette petite fille qui court, il y a tout un projet, que cette petite fille qui court de manière anodine vaut tous les programmes politiques, à cause de ses cheveux. Parce que si elle a le droit de garder des boucles dor, cela veut dire quelle a le droit davoir une famille unie, davoir une maison, davoir de quoi se laver, davoir le droit dentretenir ses cheveux pour quils restent beaux et propres : courir avec une chevelure pareille, c’est plus fort qu’un manifeste politique. Je vous en lis un tout petit extrait : Sa mère peut lui demander de nouer ses cheveux, car cest lautorité naturelle, mais lempereur de la planète ne saurait lui demander de les couper. Elle est limage sacrée de lhumanité, par cette dignité fondamentale de la personne signifiée à travers le choix de porter les cheveux longs. Autour delle lédifice du monde se tordra et se brisera en sécroulant. Les colonnes de la société seront ébranlées, la voûte des siècles seffondrera, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché, ses boucles d’or demeureront radieuses, pour qu’elle poursuive sa course joyeuse.

Christele Jacqueline Froissard, War Mimosa et 19 autres personnes aiment cela

Georges TranchardMerci frère....

2 mois il y a
Avatar

Elise CorbaniMagnifique.

2 mois il y a
Avatar

Yveline RivalMerci.

2 mois il y a
Avatar

Odile ClavertMerci

2 mois il y a
Avatar

Commenter sur Facebook

Le lundi 07/11/16

C'était aujourd'hui la Toussaint dominicain, la fête de tous les saints de l'Ordre des Prêcheurs. Reetrouvez ci-dessous l'homélie de Mgr Raffin op :

Si l’institution d’une fête commune à tous les saints et bienheureux le 1er novembre est du IXème siècle, les toussaints des églises particulières et des ordres religieux sont évidemment postérieures. Je ne dispose pas de documents pour fixer la date de l’inscription d’une fête commune de tous nos saints dans le calendrier de l’Ordre, je puis simplement dire qu’elle ne figure pas au calendrier du Prototype d’Humbert de Romans. Longtemps fixée au 12 novembre, la Toussaint de l’Ordre a dû céder la place à saint Josaphat, uniate ukrainien assassiné par les orthodoxes. Le lendemain, 8 novembre, on commémore à l’instar du 2 novembre tous les défunts de l’Ordre.



Une célébration spécifique de tous nos saints et bienheureux s’impose-t-elle ? Si la sainteté est l’épanouissement normal de la grâce baptismale, il n’est pas inutile de rappeler aux membres de l’Ordre que la vie dominicaine intégralement vécue conduit à la sainteté. Par ailleurs notre Toussaint permet de fêter les frères et sœurs qui, bien que non inscrits au martyrologe, sont des saints authentiques : plus on avance en âge, plus on prend conscience

que l’on a vécu aux côtés de véritables saints .Célébrer notre propre Toussaint présente évidemment le risque de l’autosatisfaction en nous croyant les meilleurs : nous avons tant de martyrs, tant de docteurs…



Y-a-t-il une sainteté dominicaine ?



Notons tout d’abord que nos saints sont très divers, en tout premier lieu de par leur état de vie : ils sont moniales, frères prêcheurs, religieuses et laïcs du Tiers-Ordre, membres d’instituts séculiers… Si l’on s’en tient aux frères, ils ont exercé le ministère de la prédication

comme missionnaires, parfois jusqu’au martyre comme les très nombreux martyrs d’Extrême- Orient, comme prédicateurs auprès des chrétiens, comme enseignants, comme témoins sur les nombreuses lignes de fracture du monde d’aujourd’hui… Mais, au sein d’une telle diversité, n’y-a-t-il pas des points communs ?



Ces frères n’ont-ils pas cherché à imiter saint Dominique, notre fondateur ? Mais, à ce propos, une question se pose : saint Dominique est-il en tous points imitable ? Ce que saint Dominique a voulu vivre avec ses frères est inscrit dans les premières Constitutions de l’Ordre et c’est à partir de cet héritage que l’on peut parler d’une sainteté proprement dominicaine. Les nombreuses austérités de la vie de saint Dominique : marcher pieds nus sur tous les chemins, passer toutes ses nuits à l’église, se flageller avec une discipline de fer, n’avoir nulle part un locus proprius relèvent de ses appels personnels, mais il n’en jamais fait état dans les Constitutions.



Pour moi, la sainteté dominicaine c’est vivre intégralement l’imitation des apôtres telle que nous la présentent la Règle de saint Augustin et les actuelles Constitutions héritières de celles des débuts de l’Ordre. Notre Constitution fondamentale nous rappelle que nous avons été fondés pour le salut des âmes par la prédication. Croire à la nécessité du salut en Jésus Christ et en devenir le ministre habituel est devenu un véritable défi dans le monde contemporain.

Ce ministère engage toutes nos capacités : notre intelligence, notre affectivité, nos forces physiques et surtout notre foi en Jésus Sauveur.



En relisant les Constitutions primitives, j’ai été frappé de ce que, dans la deuxième distinction, elles demandent aux visiteurs d’être attentifs à trois choses dans leurs visites : les frères vivent-ils dans une paix continue, sont-ils assidus à l’étude, sont-ils fervents dans la prédication ? ( § XVIII ) La ferveur dans la prédication est également mentionnée dans le chapitre XIII de la première distinction concernant les novices, parmi les nombreuses choses que le maître des novices doit leur apprendre : ‘ Quelle ferveur ils devront avoir dans la prédication quand le temps en sera venu.’ Le chapitre XXXI de la Deuxième distinction sur la prédication n’est pas désuet, si on sait bien le lire : ‘ Ceux qui en sont capables, lorsqu’ils devront quitter le couvent pour aller en prédication, recevront du prieur le socius qu’il estimera convenable à leurs habitudes et à leur dignité. ( cela ne se pratique plus, mais rappelons-nous l’envoi par Jésus des 72 disciples – bini et bini – parce que, dans ce binôme, dit saint Grégoire, est déjà vécue la charité source de la prédication. Et puis cette exigence rejoint une préoccupation actuelle de chercher à faire de la prédication une entreprise communautaire ). Ayant pris la bénédiction, ils s’en iront et se comporteront partout comme des hommes qui cherchent à obtenir leur salut et celui du prochain, en toute perfection et esprit religieux, comme des hommes évangéliques suivant les traces de leur Sauveur, parlant avec Dieu ou de Dieu, en eux-mêmes ou avec le prochain, ils éviteront la familiarité des compagnies suspectes. ( il faut sans doute revoir nos manières de voyager, mais aussi affermir nos convictions par rapport au salut ).’ La suite du texte insiste sur la pauvreté des itinérants, à l’époque on vivait de la mendicité, même si elle n’est plus possible aujourd’hui, notre ministère de prédicateur reste marqué par la pauvreté.



Voilà, à mon avis, quelques caractéristiques de la sainteté dominicaine. Puissions-nous avec l’aide de l’Esprit Saint et de la prière de saint Dominique nous engager sur ce chemin !



+ fr. Pierre RAFFIN, O.P.
... Lire la suiteVoir moins de texte