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Les frères du couvent Dominicain de Strasbourg sont heureux de vous accueillir sur leur site ! Vous y trouverez diverses informations sur la communauté, les activités à venir, ou encore les horaires habituels du couvent. Bonne navigation et à bientôt au couvent !

Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le mardi 07/11/17

Nous avons le regret de vous annoncer que la conférence d'Alexandra Laignel-Lavatisne, intitulée "Pour quoi sommes-nous encore prêts à mourir ?", prévue le mercredi 8 novembre à 20h30 au centre E. Mounier, est annulée. Nous nous excusons pour ce désagrément. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Jean Rene Matala, Rodrigue Weng et 2 autres personnes aiment cela

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Le mardi 07/11/17

Aujourd'hui, le fr. Pierre Raffin, évêque émérite de Metz, célébrait le 60e anniversaire de sa profession dans l'Ordre des Prêcheurs. Voici l'homélie qu'il a prononcé au cours de la messe au couvent de Strasbourg :

L’année de ma profession, en 1957, j’ai fêté deux fois la Toussaint de l’Ordre : le 12 novembre, au couvent de Lille et le surlendemain, 14 novembre, au couvent du Saulchoir. Ce couvent se trouvait alors dans le diocèse de Versailles, qui célèbre le 12 novembre la dédicace de l’Eglise cathédrale, fête prioritaire qui avait déplacé de façon permanente la Toussaint de l’Ordre au 14 novembre. En revanche, les années suivantes, chaque 12 novembre, j’avais la chance de reprendre, avec la messe de la dédicace, la belle antienne d’offertoire qui avait soutenu la démarche spirituelle de ma profession et que je redis chaque matin : Domine Deus, in simplicitate cordis mei, laetus obtuli universa. Deus Israel, custodi hanc voluntatem. Ce texte emprunté à 1 Ch 29, 17-18 peut être traduit ainsi : Seigneur Dieu, dans la simplicité de mon cœur, joyeux, je t’ai tout donné. Dieu d’Israël, garde mon engagement.

Obtuli universa. La profession religieuse c’est se donner totalement à Dieu. Il n’y a d’ailleurs qu’à lui qu’on puisse vraiment tout donner. Et si, au regard du droit, la première profession n’est que temporaire, elle suppose néanmoins que le sujet qui l’émet envisage, le jour venu, la profession solennelle, sauf accident de parcours. En effet peut-on se donner totalement à Dieu pour un temps limité ? C’est un peu comme des fiancés qui se marieraient pour un temps limité. Les vœux temporaires ont été institués au XIXème siècle par le pape Pie IX : sans doute influencé par la révolution, qui avait aboli les vœux de religion parce qu’elle les considérait contraires à la liberté humaine, il a voulu montrer que l’Eglise n’engageait pas les gens à la légère et leur donnait le temps de la réflexion. De nos jours, certains, dont je suis, remettent en cause les vœux temporaires pour les raisons que je viens de dire. En tout cas, le 12 novembre 1957, mon engagement fut de ma part total et joyeux et je puis dire aujourd’hui qu’avec la grâce de Dieu je ne l’ai jamais remis en cause.

Les épreuves que j’ai connues ne me sont pas venues de ma relation à Dieu, mais de ma relation à l’Ordre, car c’est dans une communauté que nous nous donnons à Dieu et que nous vivons notre don à Dieu. Au moment de la grande tourmente provinciale que nous avons vécue dans les années 1968, j’ai plus d’une fois éprouvé le sentiment que l’Ordre me quittait.
Mon attachement à l’institution fondée par saint Dominique demeurait intact, mais en se détériorant chaque jour un peu plus, j’avais le sentiment qu’elle me quittait, comme les compagnons, avec qui j’avais jusqu’alors cheminé et qui, eux, étaient purement et simplement
en train de la quitter… Fort heureusement, c’est du passé. La Province s’est reconstruite, une nouvelle génération de frères est venue qui porte les charges de nos communautés et c’est donc avec une grande sérénité que je célèbre aujourd’hui mon jubilé, sans oublier qu’en ces années difficiles des frères éminents de la Province ont renoncé à célébrer leur jubilé parce qu’ils avaient perdu confiance dans l’institution dominicaine.

Cela dit, tout en rendant grâce au Dieu fidèle d’avoir gardé mon engagement, selon les mots de l’offertoire de la dédicace ( Deus Israel, custodi hanc voluntatem ), je prends ma part, moi pauvre pécheur, des infidélités, des errements et des omissions de tous.

Nous sommes légitimement attachés à la sobriété de notre rite de profession, qui a pris sa forme définitive dans la liturgie dominicaine de 1254-1256 et dont saint Thomas d’Aquin a reconnu le caractère consécratoire. Notre formule de profession est plus ancienne encore, puisqu’elle remonte aux origines de l’Ordre. Dans le même élan où nous promettons obéissance à Dieu, nous promettons obéissance au Maître de l’Ordre, successeur de saint Dominique, selon la Règle de saint Augustin et les Constitutions. Cette formule englobe la totalité de la sequela Christi, qui est plus large que les trois vœux : la vie commune, la prière, la vie régulière, l’écoute de la Parole, la prédication… Au temps de saint Dominique, toutes ces valeurs étaient considérés comme des éléments de la sequela Christi, faisant partie de la vie du collège des apôtres réunis autour de Jésus.

Ces Constitutions, depuis trente ans que je suis devenu évêque, je ne peux plus les vivre dans leur totalité, puisque les dispositions du Droit canonique concernant les religieux appelés à l’épiscopat modifient le régime des vœux d’obéissance et de pauvreté. Augustin, devenu évêque d’Hippone, avait résolu la question en faisant de sa maison épiscopale un monastère et de ses collaborateurs des moines apostoliques. Chose impensable de nos jours ! La Règle et les Constitutions n’en structurent pas moins ma vie d’évêque. Déchargé aujourd’hui du gouvernement d’un diocèse, je suis plus libre pour vivre avec vous, mes frères, la dulcedo frarternitatis, et je vous en suis infiniment reconnaissant.

Que Dieu achève en moi ce qu’il a commencé !

+ fr Pierre Raffin, O.P., évêque émérite de Metz
Strasbourg, Couvent saint Pierre, martyr
... Lire la suiteVoir moins de texte

Aujourdhui, le fr. Pierre Raffin, évêque émérite de Metz, célébrait le 60e anniversaire de sa profession dans lOrdre des Prêcheurs. Voici lhomélie quil a prononcé au cours de la messe au couvent de Strasbourg :

   L’année de ma profession, en 1957, j’ai fêté deux fois la Toussaint de l’Ordre : le 12 novembre, au couvent de Lille et le surlendemain, 14 novembre, au couvent du Saulchoir. Ce couvent se trouvait alors dans le diocèse de Versailles, qui célèbre le 12 novembre la dédicace de l’Eglise cathédrale, fête prioritaire qui avait déplacé de façon permanente la Toussaint de l’Ordre au 14 novembre. En revanche, les années suivantes, chaque 12 novembre, j’avais la chance de reprendre, avec la messe de la dédicace, la belle antienne d’offertoire qui avait soutenu la démarche spirituelle de ma profession et que je redis chaque matin : Domine Deus, in simplicitate cordis mei, laetus obtuli universa. Deus Israel, custodi hanc voluntatem.  Ce texte emprunté à 1 Ch 29, 17-18 peut être traduit ainsi : Seigneur Dieu, dans la simplicité de mon cœur, joyeux, je t’ai tout donné. Dieu d’Israël, garde mon engagement.

   Obtuli universa. La profession religieuse c’est se donner totalement à Dieu. Il n’y a d’ailleurs qu’à lui qu’on puisse vraiment tout donner. Et si, au regard du droit, la première profession n’est que temporaire, elle suppose néanmoins que le sujet qui l’émet envisage, le jour venu, la profession solennelle, sauf accident de parcours. En effet peut-on se donner totalement à Dieu pour un temps limité ? C’est un peu comme des fiancés qui se marieraient pour un temps limité. Les vœux temporaires ont été institués au XIXème siècle par le pape Pie IX : sans doute influencé par la révolution, qui avait aboli les vœux de religion parce qu’elle les considérait contraires à la liberté humaine, il  a voulu montrer que l’Eglise n’engageait pas les gens à la légère et leur donnait le temps de la réflexion. De nos jours, certains, dont je suis, remettent en cause les vœux temporaires pour les raisons que je viens de dire. En tout cas, le 12 novembre 1957, mon engagement fut de ma part total et joyeux et je puis dire aujourd’hui qu’avec la grâce de Dieu je ne l’ai jamais remis en cause.

   Les épreuves que j’ai connues ne me sont pas venues de ma relation à Dieu, mais de ma relation à l’Ordre, car c’est dans une communauté que nous nous donnons à Dieu et que nous vivons notre don à Dieu. Au moment de la grande tourmente provinciale que nous avons vécue dans les années 1968, j’ai plus d’une fois éprouvé le sentiment que l’Ordre me quittait.
Mon attachement à l’institution fondée par saint Dominique demeurait intact, mais en se détériorant chaque jour un peu plus, j’avais le sentiment qu’elle me quittait, comme les compagnons, avec qui j’avais jusqu’alors cheminé et qui, eux, étaient purement et simplement
en  train de la quitter… Fort heureusement, c’est du passé. La Province s’est reconstruite, une nouvelle génération de frères est venue qui porte les charges de nos communautés et c’est donc avec une grande sérénité que je célèbre aujourd’hui mon jubilé, sans oublier qu’en ces années difficiles des frères éminents de la Province ont renoncé à célébrer leur jubilé parce qu’ils avaient perdu confiance dans l’institution dominicaine.    

   Cela dit, tout en rendant grâce au Dieu fidèle d’avoir gardé mon engagement, selon les mots de l’offertoire de la dédicace ( Deus Israel, custodi hanc voluntatem ), je prends ma part, moi pauvre pécheur, des infidélités, des errements et des omissions de tous.

   Nous sommes légitimement attachés à la sobriété de notre rite de profession, qui a pris sa forme définitive dans la liturgie dominicaine de 1254-1256 et dont saint Thomas d’Aquin a reconnu le caractère consécratoire. Notre formule de profession est plus ancienne encore, puisqu’elle remonte aux origines de l’Ordre. Dans le même élan où nous promettons obéissance à Dieu, nous promettons obéissance au Maître de l’Ordre, successeur de saint Dominique, selon la Règle de saint Augustin et les Constitutions. Cette formule englobe la totalité de la sequela Christi, qui est plus large que les trois vœux : la vie commune, la prière, la vie régulière, l’écoute de la Parole, la prédication… Au temps de saint Dominique, toutes ces valeurs étaient considérés comme des éléments de la sequela Christi, faisant partie de la vie du collège des apôtres réunis autour de Jésus.

   Ces Constitutions, depuis trente ans que je suis devenu évêque, je ne peux plus les vivre dans leur totalité, puisque les dispositions du Droit canonique concernant les religieux appelés à l’épiscopat modifient le régime des vœux d’obéissance et de pauvreté. Augustin, devenu évêque d’Hippone, avait résolu la question en faisant de sa maison épiscopale un monastère et de ses collaborateurs des moines apostoliques. Chose impensable de nos jours ! La Règle et les Constitutions n’en structurent pas moins ma vie d’évêque. Déchargé aujourd’hui du gouvernement d’un diocèse, je suis plus libre pour vivre avec vous, mes frères, la dulcedo frarternitatis, et je vous en suis infiniment reconnaissant.

   Que Dieu achève en moi ce qu’il a commencé !

+ fr Pierre Raffin, O.P., évêque émérite de Metz
   Strasbourg, Couvent saint Pierre, martyr

Christine Triboulot, Gautier Luquin et 23 autres personnes aiment cela

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Jehan Claude HutchenLe Père RAFFIN est dans ma prière et mon estime, je lui ai envoyé un mail le 11 Octobre ! il m'est revenu l'adresse n'est plus juste: Pouvez vous me donner son adresse en mp ? Merci. UDP.

2 semaines il y a
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Hugues RovarinoEn revanche la photo est juste

1 semaine il y a
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Nicolas ThienpontMerci pour ce très beau texte ! Que la dulcedo fraternitatis vous entoure !

1 semaine il y a
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Nicolas ThienpontIn simplicitate cordis mei laetus ...

1 semaine il y a
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André FlorentinJe ne l'ai pas connu, mais en lisant ce texte on voit son amour à Dieu.

1 semaine il y a
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Hugues RovarinoC'est beau, humble, lucide et nourrissant ! Merci

1 semaine il y a
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Le mercredi 01/11/17

Homélie du fr. Bernard Senelle pour la fête de la Toussaint (1er novembre 2017 - Ap 7,2-14; 1Jn 3,1-3; Mt 5,1-12) :

« Ces gens, d’où viennent-ils ? » Ces mots traversent les siècles et la vie de tous ceux qui continuent de s’émerveiller devant le miracle de la sainteté ou tout simplement de la bonté humaine. C’est comme cri que nous avons envie de pousser chaque fois que nous rencontrons une bonne personne, un homme, une femme, un enfant de qui émane de la bonté et de la sérénité. Si Halloween est la fête de la peur, la Toussaint est la fête de la joie et de la communion. C’est un cadeau, le bonheur d’une rencontre apaisante et qui aide à avancer confiant par ce qu’on est en présence d’une bonne personne qui diffuse le bien et au-delà de l’humanité sanctifie la Création car rien de ce monde ne peut nous être indifférent. « D’où vient-elle ? Quel est son secret ? »
Les saints que nous célébrons en ce jour ont vécu ainsi ici-bas et nous ont précédés ailleurs. Leur vie témoigne de l’actualité de l’Evangile et de la présence agissante de l’Esprit Saint dans le monde voulu par Dieu. Ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement par leurs doutes, leurs questionnements, leur humanité. Ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain et ils sont aujourd’hui proches de Dieu. L’Apocalypse nous présente cet ailleurs comme le lieu d’une grande liturgie du ciel et aujourd’hui nous célébrons l’espérance d’être un jour associés à cette foule aux multiples visages.
La Toussaint rassemble en une même fête les personnes qui ressemblent à Dieu et possèdent la vie nouvelle, la vie du ciel et le ciel nous y sommes déjà. « Nous sommes appelés enfants de Dieu et nous le sommes. » L’aube se fait proche chez tous les saints du ciel mais aussi sur notre route. C’est modeste, mais exigeant. Ce n’est pas un hasard, si le jour de la Toussaint, nous lisons et écoutons l’Evangile des Béatitudes. Si nous sommes attentifs au dix commandements, si comme le jeune riche nous pouvons peut-être dire « Tout cela je l’ai observé », les Béatitudes ne sont pas l’objet d’une lutte pour les observer à tout prix. Elles ne sont pas des commandements mais simplement des symptômes d’une vie nouvelle, des indices d’une sainteté possible. Finalement, c’est encore plus exigeant. A notre insu, quand nous fabriquons de la douceur, de la bonté, de la miséricorde avec le pauvre matériau de la vie quotidienne, nous ressemblons déjà à quelque chose du ciel. Chaque jour, un nouveau bourgeon de sainteté peut éclore et c’est un don : « Au plus profond de notre cœur, se trouve une échelle, et en haut de cette échelle, il y a une porte : une porte qui, derrière elle, s’ouvre sur le ciel. » disait un père du désert. Plus tard Angélus Silesius dira que le ciel est en nous.
Les saints ont le ciel en eux : ils nous ressemblent et nous rappellent un parent, un ami, une sainte femme, quelqu'un que nous aimons ou que nous avons aimé, estimé profondément, un homme paisible et doux, une femme attentive et pleine de bonté « Heureux les pauvres. » Ces pauvres sont les clients de Dieu et de ses prophètes, ils ont besoin de lui, s'ouvrent à lui dans la confiance et ont beaucoup à attendre du Règne du Messie. « Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu’un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur. » (Sop.2, 3)
Chaque année, nous avons le bonheur de fêter la sainteté et de célébrer nos défunts. Nous n’avons qu’une vie pour devenir des saints pour l’éternité et ceux qui nous ont précédés sont là pour nous le rappeler : le temps est compté pour entrer en sainteté et trouver le chemin de notre âme, de cette âme où il faut bien reconnaître qu’on n’entre pas comme dans un moulin. C’est la foi qui nous en donne la clé et permet la rencontre avec le Saint. Il est en nous, c’est Lui le ciel et nous mettons du temps à le reconnaître, à reconnaître les Béatitudes intérieures. «Tard je t’ai aimée, beauté si antique et si nouvelle », disait déjà saint Augustin.
Que cette fête de la Toussaint nous fasse poser un pas de plus sur le sentier parfois étroit de la sainteté. Nous y rencontrerons des hommes et de femmes qui ont cru en l’autre, nous nous trouverons en présence de Celui qui est le fondement de notre vie et de notre dignité, Jésus le Christ. Ce sera notre joie dans surtout dans les petites choses, quand nous sommes capables de faire des merveilles dans le quotidien de nos existences. Jésus a institué l’eucharistie sous les modestes espèces du pain et du vin sans doute parce que la sainteté se révèle sous les humbles apparences de la vie quotidienne. Ne nous décourageons pas devant l’apparente banalité, entrons dans la joie de Dieu.
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Homélie du fr. Bernard Senelle pour la fête de la Toussaint (1er novembre 2017 - Ap 7,2-14; 1Jn 3,1-3; Mt 5,1-12) :

« Ces gens, d’où viennent-ils ? » Ces mots traversent les siècles et la vie de tous ceux qui continuent de s’émerveiller devant le miracle de la sainteté ou tout simplement de la bonté humaine. C’est comme cri que nous avons envie de pousser chaque fois que nous rencontrons une bonne personne, un homme, une femme, un enfant de qui émane de la bonté et de la sérénité. Si Halloween est la fête de la peur, la Toussaint est la fête de la joie et de la communion. C’est un cadeau, le bonheur d’une rencontre apaisante et qui aide à avancer confiant par ce qu’on est en présence d’une bonne personne qui diffuse le bien et  au-delà de l’humanité sanctifie la Création car rien de ce monde ne peut nous être indifférent. « D’où vient-elle ? Quel est son secret ? » 
Les saints que nous célébrons en ce jour ont vécu ainsi ici-bas et nous ont précédés ailleurs. Leur vie témoigne de l’actualité de l’Evangile et de la présence agissante de l’Esprit Saint dans le monde voulu par Dieu. Ces hommes et ces femmes nous sont proches aussi par leur cheminement par leurs doutes, leurs questionnements, leur humanité. Ils ne sont pas devenus saints du jour au lendemain et ils sont aujourd’hui proches de Dieu. L’Apocalypse nous présente cet ailleurs comme le lieu d’une grande liturgie du ciel et aujourd’hui nous célébrons l’espérance d’être un jour associés à cette foule aux multiples visages. 
La Toussaint rassemble en une même fête les personnes qui ressemblent à Dieu et possèdent la vie nouvelle, la vie du ciel et le ciel nous y sommes déjà. « Nous sommes appelés enfants de Dieu et nous le sommes. » L’aube se fait proche chez tous les saints du ciel mais aussi sur notre route. C’est modeste, mais exigeant. Ce n’est pas un hasard, si le jour de la Toussaint, nous lisons et écoutons l’Evangile des Béatitudes. Si nous sommes attentifs au dix commandements, si comme le jeune riche nous pouvons peut-être dire « Tout cela je l’ai observé », les Béatitudes ne sont pas l’objet d’une lutte pour les observer à tout prix. Elles ne sont pas des commandements mais simplement des symptômes d’une vie nouvelle, des indices d’une sainteté possible. Finalement, c’est encore plus exigeant. A notre insu, quand nous fabriquons de la douceur, de la bonté, de la miséricorde avec le pauvre matériau de la vie quotidienne, nous ressemblons déjà à quelque chose du ciel. Chaque jour, un nouveau bourgeon de sainteté peut éclore et c’est un don : « Au plus profond de notre cœur, se trouve une échelle, et en haut de cette échelle, il y a une porte : une porte qui, derrière elle, s’ouvre sur le ciel. » disait un père du désert. Plus tard Angélus Silesius dira que le ciel est en nous.
Les saints ont le ciel en eux : ils nous ressemblent et nous rappellent un parent, un ami, une sainte femme, quelquun que nous aimons ou que nous avons aimé, estimé profondément, un homme paisible et doux, une femme attentive et pleine de bonté « Heureux les pauvres. » Ces pauvres sont les clients de Dieu et de ses prophètes, ils ont besoin de lui, souvrent à lui dans la confiance et ont beaucoup à attendre du Règne du Messie. « Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu’un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur. » (Sop.2, 3)
Chaque année, nous avons le bonheur de fêter la sainteté et de célébrer nos défunts. Nous n’avons qu’une vie pour devenir des saints pour l’éternité et ceux qui nous ont précédés sont là pour nous le rappeler : le temps est compté pour entrer en sainteté et trouver le chemin de notre âme, de cette âme où il faut bien reconnaître qu’on n’entre pas comme dans un moulin. C’est la foi qui nous en donne la clé et permet la rencontre avec le Saint. Il est en nous, c’est Lui le ciel et nous mettons du temps à le reconnaître, à reconnaître les Béatitudes intérieures. «Tard je t’ai aimée, beauté si antique et si nouvelle », disait déjà saint Augustin. 
Que cette fête de la Toussaint nous fasse poser un pas de plus sur le sentier parfois étroit de la sainteté.  Nous y rencontrerons des hommes et de femmes  qui ont cru en l’autre, nous nous trouverons en présence de Celui qui est le fondement de notre vie et de notre dignité, Jésus le Christ. Ce sera notre joie dans surtout dans les petites choses, quand nous sommes capables de faire des merveilles dans le quotidien de nos existences. Jésus a institué  l’eucharistie sous les modestes espèces du pain et du vin sans doute parce que la sainteté se révèle sous les humbles apparences de la vie quotidienne. Ne nous décourageons pas devant l’apparente banalité, entrons dans la joie de Dieu.

Le lundi 30/10/17

Mercredi 1er Novembre : Solennité de la Toussaint.
Voici les horaires de la communauté:
Mardi 31 oct 19h : vêpres solennelles
Mercredi 1 novembre :
9h : Laudes
12h30 : office du milieu du jour
19h : messe

Jeudi 2 novembre : commémoration des fidèles défunts
7h30 : laudes
12h10 : messe
19h : vêpres
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Mercredi 1er Novembre : Solennité de la Toussaint. 
Voici les horaires de la communauté:
Mardi 31 oct 19h : vêpres solennelles
Mercredi 1 novembre :
9h : Laudes
12h30 : office du milieu du jour
19h : messe

Jeudi 2 novembre : commémoration des fidèles défunts
7h30 : laudes
12h10 : messe
19h : vêpres

Roberts Freimanis, Tuula Hokkinen et 18 autres personnes aiment cela

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Le dimanche 15/10/17

Homélie du fr. Paul-Dominique Marcovits sur les invités aux noces (28e dimanche du Temps Ordinaire - Is 25,6-10 ; Ph 4,12-20 ; Mt 22,1-14)

Le roi a préparé un magnifique banquet pour les noces de son fils, apparemment son unique. Tout est fait en grand, à l’orientale ! On a prévenu les invités et quand tout est prêt, on envoie les serviteurs les prier de venir. Une parabole ne dit pas tout, elle met en relief un aspect de l’enseignement de Jésus, le maître. Regardons.
Que Jésus met-il en avant ici ? L’obstination du roi. Le roi veut célébrer les noces de son fils, cette fête aura lieu. C’est décidé, c’est préparé, c’est prêt, ces noces auront lieu. Rien ne va l’arrêter. Des invités, les invités naturels du roi, probablement des amis ou de nobles personnes… refusent de venir et se conduisent comme des malpropres. Qu’importe ! Il fera remplir la salle de noces par les miséreux, les bons, les méchants, des invités un peu bizarres, mais la salle de noces sera remplie. Le roi est obstiné.
Ce roi, bien sûr, c’est Dieu. Dieu ne change pas ses plans, ses décisions, sa volonté, au gré des humeurs des hommes, de leur fragile fidélité. Dieu a un plan : sauver l’humanité. Quoi qu’il arrive, il y parviendra. Les noces de son fils, de son Fils unique, Jésus, seront célébrées. Nous connaissons la suite, la croix. Mais ici ce qui est mis en relief, c’est la fidélité de Dieu en son dessein.
Oui, Dieu veut notre salut, il y parviendra. Dire cela est de notre part un acte de foi. Un acte de foi proclamé souvent dans la nuit, dans l’incompréhension d’un monde qui semble avoir perdu son bon sens. C’est aussi un acte de foi proclamé en regardant notre vie personnelle, notre propre histoire : tout est loin d’être beau et nous souffrons durement de notre bassesse. Ce cri monte alors : « Seigneur, je connais mon péché, ma faute est devant moi ! Saurai-je enfin me tourner vers toi et ne plus refuser ton invitation à te suivre ? » Ce cri est vrai. Mais le fond de notre pensée, nous la connaissons : demain risque d’être comme hier, je serai encore le même pécheur. Terrible constatation. C’est alors que vient la bonne nouvelle de cette parabole. Le roi est obstiné, il célèbrera les noces. Dieu ne change pas de but : il veut le salut de tous, il veut le mien, il y parviendra. Alors, au cri de détresse du pécheur qui constate son impuissance, peut succéder le cri de la foi que fait monter en lui cette parabole. « Seigneur, si tu n’arrives pas à t’en sortir avec moi aujourd’hui, demain, tout à l’heure peut-être, tu t’y prendras autrement avec moi, tu sauras enfin me rejoindre dans mes profondeurs et me délivrer, me mettre au large, enfin. Oui, si je m’éloigne de toi, tu sauras me rattraper par un autre chemin. » Profession de foi des pauvres que nous sommes. Cette pauvreté reconnue est notre dignité ! Peut-être pouvons-nous nous glorifier de nos faiblesses à l’encontre des invités royaux fermés sur eux-mêmes que le roi déclare indignes.
Voilà la bonne nouvelle de cette parabole : Dieu est fidèle, solide : il ne succombe pas à la moindre de nos humeurs. Son amour est de toujours à toujours. Il trouvera bien une place pour nous avec tous ces gens que les serviteurs ont cherchés le long des chemins.
Pourtant une condition semble devoir être remplie pour entrer dans la salle des noces : avoir l’habit nuptial. Qu’est-ce que cet habit ? Saint Grégoire dit que c’est la charité, ce que justement n’ont pas les premiers invités à la noce car ils se moquent totalement de l’invitation ! Ce qui les intéresse, ce sont leurs propres affaires. Même des histoires de mariage, d’amour ne les intéressent pas. Oui, pour entrer au ciel, il faut quand même un peu d’amour au cœur sinon on ne trouvera pas de place en ce royaume de l’amour. On est vite mis dehors. Il faut cette robe de la charité, la robe nuptiale de l’amour.
La robe de l’amour. Permettez-moi une histoire. Une dame avait perdu son mari et j’ai célébré l’enterrement. Par la suite, cette femme a fait un magnifique chemin spirituel. Elle s’en réjouissait. Mais une ombre importante demeurait. Elle me demanda : « Mon père, regardez tout le chemin que j’ai fait, toutes ces découvertes du Seigneur ! Mon mari, lui, n’a pas fait ce chemin-là ! Que lui est-il alors arrivé ? » Son mari n’était pas un homme épouvantable. Pourtant, je lui ai répondu ceci… avec un sourire : « Que lui est-il arrivé ? C’est simple. Quand il est arrivé au ciel, il s’est approché de la porte et il a vu : il n’avait pas la robe nuptiale qu’il fallait. Et Dieu lui a dit : « Tu ne peux pas entrer. » Votre mari allait tomber dans la désolation lorsque Dieu lui demanda : « Qu’as-tu dans le sac que tu tiens à la main ? » Votre mari a répondu : « Je ne sais pas, ce sac, je l’ai, je ne sais pourquoi ? » « Ouvre, dit Dieu ». Dans le sac, il y avait la robe du paradis ! Et Dieu de commenter : « Tu vois, ta femme, sur terre, a fait un beau chemin spirituel ; elle a gagné deux robes, une pour elle et une pour toi ! Vite, entre en paradis ! »
La leçon est simple. Si nous n’arrivons pas nous-mêmes à gagner notre ciel, comme on dit, d’autres peuvent le gagner pour nous comme nous pouvons ouvrir les portes du paradis à d’autres grâce à nos prières, grâce à l’offrande de notre vie, grâce à l’amour qui est dans notre cœur. Jésus sur la croix n’a-t-il pas offert sa vie pour le salut de tous ? Nous le faisons, nous aussi, à sa suite. Voilà la grande charité.
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Homélie du fr. Paul-Dominique Marcovits sur les invités aux noces (28e dimanche du Temps Ordinaire - Is 25,6-10 ; Ph 4,12-20 ; Mt 22,1-14)

Le roi a préparé un magnifique banquet pour les noces de son fils, apparemment son unique. Tout est fait en grand, à l’orientale ! On a prévenu les invités et quand tout est prêt, on envoie les serviteurs les prier de venir. Une parabole ne dit pas tout, elle met en relief un aspect de l’enseignement de Jésus, le maître. Regardons. 
Que Jésus met-il en avant ici ? L’obstination du roi. Le roi veut célébrer les noces de son fils, cette fête aura lieu. C’est décidé, c’est préparé, c’est prêt, ces noces auront lieu. Rien ne va l’arrêter. Des invités, les invités naturels du roi, probablement des amis ou de nobles personnes… refusent de venir et se conduisent comme des malpropres. Qu’importe ! Il fera remplir la salle de noces par les miséreux, les bons, les méchants, des invités un peu bizarres, mais la salle de noces sera remplie. Le roi est obstiné. 
Ce roi, bien sûr, c’est Dieu. Dieu ne change pas ses plans, ses décisions, sa volonté, au gré des humeurs des hommes, de leur fragile fidélité. Dieu a un plan : sauver l’humanité. Quoi qu’il arrive, il y parviendra. Les noces de son fils, de son Fils unique, Jésus, seront célébrées. Nous connaissons la suite, la croix. Mais ici ce qui est mis en relief, c’est la fidélité de Dieu en son dessein.
Oui, Dieu veut notre salut, il y parviendra. Dire cela est de notre part un acte de foi. Un acte de foi proclamé souvent dans la nuit, dans l’incompréhension d’un monde qui semble avoir perdu son bon sens. C’est aussi un acte de foi proclamé en regardant notre vie personnelle, notre propre histoire : tout est loin d’être beau et nous souffrons durement de notre bassesse. Ce cri monte alors : « Seigneur, je connais mon péché, ma faute est devant moi ! Saurai-je enfin me tourner vers toi et ne plus refuser ton invitation à te suivre ? » Ce cri est vrai. Mais le fond de notre pensée, nous la connaissons : demain risque d’être comme hier, je serai encore le même pécheur. Terrible constatation. C’est alors que vient la bonne nouvelle de cette parabole. Le roi est obstiné, il célèbrera les noces. Dieu ne change pas de but : il veut le salut de tous, il veut le mien, il y parviendra. Alors, au cri de détresse du pécheur qui constate son impuissance, peut succéder le cri de la foi que fait monter en lui cette parabole. « Seigneur, si tu n’arrives pas à t’en sortir avec moi aujourd’hui, demain, tout à l’heure peut-être, tu t’y prendras autrement avec moi, tu sauras enfin me rejoindre dans mes profondeurs et me délivrer, me mettre au large, enfin. Oui, si je m’éloigne de toi, tu sauras me rattraper par un autre chemin. » Profession de foi des pauvres que nous sommes. Cette pauvreté reconnue est notre dignité ! Peut-être pouvons-nous nous glorifier de nos faiblesses à l’encontre des invités royaux fermés sur eux-mêmes que le roi déclare indignes.
Voilà la bonne nouvelle de cette parabole : Dieu est fidèle, solide : il ne succombe pas à la moindre de nos humeurs. Son amour est de toujours à toujours. Il trouvera bien une place pour nous avec tous ces gens que les serviteurs ont cherchés le long des chemins. 
Pourtant une condition semble devoir être remplie pour entrer dans la salle des noces : avoir l’habit nuptial. Qu’est-ce que cet habit ? Saint Grégoire dit que c’est la charité, ce que justement n’ont pas les premiers invités à la noce car ils se moquent totalement de l’invitation ! Ce qui les intéresse, ce sont leurs propres affaires. Même des histoires de mariage, d’amour ne les intéressent pas. Oui, pour entrer au ciel, il faut quand même un peu d’amour au cœur sinon on ne trouvera pas de place en ce royaume de l’amour. On est vite mis dehors. Il faut cette robe de la charité, la robe nuptiale de l’amour.
La robe de l’amour. Permettez-moi une histoire. Une dame avait perdu son mari et j’ai célébré l’enterrement. Par la suite, cette femme a fait un magnifique chemin spirituel. Elle s’en réjouissait. Mais une ombre importante demeurait. Elle me demanda : « Mon père, regardez tout le chemin que j’ai fait, toutes ces découvertes du Seigneur ! Mon mari, lui, n’a pas fait ce chemin-là ! Que lui est-il alors arrivé ? » Son mari n’était pas un homme épouvantable. Pourtant, je lui ai répondu ceci… avec un sourire : « Que lui est-il arrivé ? C’est simple. Quand il est arrivé au ciel, il s’est approché de la porte et il a vu : il n’avait pas la robe nuptiale qu’il fallait. Et Dieu lui a dit : « Tu ne peux pas entrer. » Votre mari allait tomber dans la désolation lorsque Dieu lui demanda : « Qu’as-tu dans le sac que tu tiens à la main ? » Votre mari a répondu : « Je ne sais pas, ce sac, je l’ai, je ne sais pourquoi ? » « Ouvre, dit Dieu ». Dans le sac, il y avait la robe du paradis ! Et Dieu de commenter : « Tu vois, ta femme, sur terre, a fait un beau chemin spirituel ; elle a gagné deux robes, une pour elle et une pour toi ! Vite, entre en paradis ! »
La leçon est simple. Si nous n’arrivons pas nous-mêmes à gagner notre ciel, comme on dit, d’autres peuvent le gagner pour nous comme nous pouvons ouvrir les portes du paradis à d’autres grâce à nos prières, grâce à l’offrande de notre vie, grâce à l’amour qui est dans notre cœur. Jésus sur la croix n’a-t-il pas offert sa vie pour le salut de tous ? Nous le faisons, nous aussi, à sa suite. Voilà la grande charité.

Tuula Hokkinen, Anthony Maggs et 13 autres personnes aiment cela

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Le vendredi 06/10/17

Dominicains Strasbourg a partagé la publication de Lourdes.

Quelques photos du pèlerinage du Rosaire !
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Retour en images sur le Pèlerinage du Rosaire - Lourdes #OPLourdes. Magnifique rassemblement sous le soleil automnal de Lourdes. 🙏 Recueillement garanti ! Tout notre reportage 📸 sur https:/...

Quelques photos du pèlerinage du Rosaire !

Tuula Hokkinen, Pierre Martyr et 10 autres personnes aiment cela

Corinne PorésMerci !

1 mois il y a   ·  1
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Le mardi 26/09/17

Homélie du fr. Jacques-François Vergonjeanne du 23 septembre 2017 pour le 60e anniversaire de son ordination presbytérale (Rm 12,5-16 ; Lc 5,1-11) :

« SELON LA GRÂCE QUE DIEU NOUS A ACCORDÉE ... »

« Alors ils ramenèrent les barques au rivage … » .
Je suis l'aîné de quatre frères : Jacques, Pierre, Jean et André. Nos parents avaient-ils conscience que ces prénoms qu'ils nous ont donnés, sont les noms des quatre premiers disciples que Jésus appelle à le suivre « au bord du lac de Génézareth » ?
Nos parents pouvaient souhaiter que l'un d'entre nous fasse carrière dans l'entreprise paternelle, une petite entreprise de maçonnerie. Imaginaient-ils, par contre, que, Jacques et Jean, répondraient à l'appel du Christ à le suivre. Qu'ils quitteraient, non pas « leur barque de marins pêcheur », comme les deux fils de Zébédée, mais la truelle du maçon, à laquelle ils semblaient tout d'abord destinés ? Ce rapprochement entre le texte de l'évangile et mes liens familiaux s'impose à moi depuis longtemps.
Fidélité aux liens familiaux .
En cette célébration du 60ème anniversaire de mon ordination presbytérale, je ne voudrais pas dissocier ma vocation de prêtre réalisée dans la famille de saint Dominique, de l'itinéraire personnel de mes trois frères. De celle de mon frère Jean qui a répondu à sa vocation dans le clergé diocésain. Ni de l' itinéraires de Pierre, qui présent dans cette assemblée, ni de celui d'André empêché de venir aujourd'hui
pour rester auprès de sa femme handicapée. Tous deux se sont mariés et sont entrés dans l'entreprise paternelle.
Tous les quatre nous étions engagés dans la même unité des Scouts de France.Par la suite, malgré les épreuves de la vie de famille, nous sommes restés en relations fraternelles, « selon la grâce que Dieu nous a accordée », tel que nous le dit saint Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome : « Frères, nous qui sommes plusieurs,
nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et selon la grâce que Dieu nous a accordée, nous avons reçu des dons qui sont différents. » (12,5-16)
Mon itinéraire dominicain.
Dans les années où je cherchais sur quel chemin m'engager pour répondre à l'appel du Christ, entendu en septembre 1940, au retour de 'l'exode', les prêtres que je voyais vivre, restaient pour moi des modèles peu attractifs : habillés en noir, menant une vie à part de la vie des hommes et des femmes. Mais c'était avant le concile Vatican II.
Le scoutisme m'a fait rencontrer un autre type de prêtre, partageant la vie des jeunes dans les camps scouts où la célébration de la messe prenait une dimension fraternelle et signifiante. Le modèle de prêtre que je cherchais je l'ai enfin trouvé chez des dominicains du couvent St-Jacques. Ce fut le coup de cœur !
Devenu prêtre j'ai cherché à partager « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent »
(Concile Vatican II, L’Église dans le monde, n°1) dans l'exercice des ministères successifs dont j'ai eu la charge : aumônier de lycéens et d'étudiants à Lille, prêtre au travail dans le sillage des prêtres ouvriers à Roubaix, formateur de séminaristes puis aumônier des gens du voyage à Strasbourg et, pour finir, à l'âge de la vieillesse, dont un des privilèges est d'oser être soi-même (Bernard Pivot).
J'ai vu tout récemment un film de 2005 De battre, mon cœur s'est arrêté. Ce titre m'intriguait. Comment parler de son cœur quand il a cessé de battre ? Après l'avoir vu j'ai compris que ce titre était à prendre au sens figuré. Le cœur peut s'arrêter de battre pour un personne, pour une cause, pour son pays, etc... Au sens figuré, en ce qui me concerne, je peux dire, au contraire : De battre pour toi, mon cœur ne s'est jamais arrêté. Je vous laisse imaginer pour qui et pour quoi, depuis mon entrée au noviciat en septembre 1951, mon cœur ne s'est pas arrêté de battre.
fr. Jacques-François.
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Homélie du fr. Jacques-François Vergonjeanne du 23 septembre 2017 pour le 60e anniversaire de son ordination presbytérale (Rm 12,5-16 ;  Lc 5,1-11) :

« SELON LA GRÂCE QUE DIEU NOUS A  ACCORDÉE ... »

« Alors ils ramenèrent les barques au rivage  … » .
Je suis laîné de quatre frères : Jacques, Pierre, Jean et André. Nos parents avaient-ils conscience que ces prénoms quils nous ont donnés, sont les noms des quatre premiers disciples que Jésus appelle à le suivre « au bord du lac de Génézareth » ? 
Nos parents pouvaient souhaiter que lun dentre nous fasse carrière dans lentreprise paternelle, une petite entreprise  de maçonnerie. Imaginaient-ils, par contre, que, Jacques et Jean,  répondraient à lappel du Christ à le suivre. Quils quitteraient, non pas « leur barque de marins pêcheur », comme les deux fils de Zébédée, mais la truelle du maçon, à laquelle ils semblaient tout dabord destinés ? Ce rapprochement entre le texte de lévangile et mes liens familiaux simpose à moi depuis longtemps. 
Fidélité aux liens familiaux .
En cette célébration du 60ème anniversaire de mon ordination presbytérale, je ne voudrais pas dissocier ma vocation de prêtre réalisée dans la famille de saint Dominique, de litinéraire personnel de mes trois frères. De celle de mon frère Jean qui a répondu à sa vocation dans le clergé diocésain. Ni de l itinéraires de Pierre, qui présent dans cette assemblée, ni de celui dAndré empêché de venir aujourdhui 
pour rester auprès de sa femme handicapée. Tous deux se sont mariés et sont entrés dans lentreprise paternelle.
Tous les quatre nous étions engagés dans la même unité des Scouts de France.Par la suite, malgré les épreuves de la vie de famille, nous sommes restés en relations fraternelles, « selon la grâce que Dieu nous a accordée », tel que nous le dit saint Paul dans sa lettre aux chrétiens de Rome : « Frères, nous qui sommes plusieurs, 
nous sommes un seul corps dans le Christ, et membres les uns des autres, chacun pour sa part. Et selon la grâce que Dieu nous a accordée, nous avons reçu des dons qui sont différents. » (12,5-16)
Mon itinéraire dominicain.
Dans les années où je cherchais sur quel chemin mengager pour répondre à lappel du Christ, entendu en septembre 1940, au retour de lexode, les prêtres que je voyais vivre, restaient pour moi des modèles peu attractifs : habillés en noir, menant une vie à part de la vie des hommes et des femmes. Mais cétait avant le concile Vatican II.
Le scoutisme ma fait rencontrer un autre type de prêtre, partageant la vie des jeunes dans les camps scouts où la célébration de la messe prenait une dimension fraternelle et signifiante. Le modèle de prêtre que je cherchais je lai enfin trouvé chez des dominicains du couvent St-Jacques. Ce fut le coup de cœur !
Devenu prêtre  jai cherché à partager «  les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent »
(Concile Vatican II,  L’Église dans le monde, n°1) dans lexercice des ministères successifs dont jai eu la charge : aumônier de lycéens et détudiants à Lille, prêtre au travail dans le sillage des prêtres ouvriers à Roubaix, formateur de séminaristes puis aumônier des gens du voyage à Strasbourg et, pour finir, à lâge de la vieillesse, dont un des privilèges est doser être soi-même (Bernard Pivot).
Jai vu tout récemment un film de 2005 De battre, mon cœur sest arrêté. Ce titre mintriguait. Comment parler de son cœur quand il a cessé de battre ? Après lavoir vu jai compris que ce titre était à prendre au sens figuré. Le cœur peut sarrêter de battre pour un personne, pour une cause, pour son pays, etc... Au sens figuré, en ce qui me concerne, je peux dire, au contraire : De battre pour toi, mon cœur ne sest jamais arrêté. Je vous laisse imaginer pour qui et pour quoi, depuis mon entrée au noviciat en septembre 1951, mon cœur ne sest pas arrêté de battre.
fr. Jacques-François.

Violette Knoerr, Jokūbas Marija et 23 autres personnes aiment cela

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Le samedi 23/09/17

"De battre mon coeur ne s'est jamais arrêté" (fr. Jacques-François) ... Lire la suiteVoir moins de texte

De battre mon coeur ne sest jamais arrêté (fr. Jacques-François)

Louis Théodore Ambomo, Rodrigue Weng et 23 autres personnes aiment cela

George HaeringerNous partageons ta joie de fêter un bel anniversaire Celui de ton engagement à la suite de Jesus Christ

2 mois il y a   ·  2
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Le samedi 23/09/17

Dominicains Strasbourg a ajouté 7 photos — à Dominicains Strasbourg.

Notre frère Jacques-François a fêté aujourd'hui ses 60 années de sacerdoce !
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Notre frère Jacques-François a fêté aujourdhui ses 60 années de sacerdoce !

Rodrigue Weng, Lukas Weber et 23 autres personnes aiment cela

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Marie Millet🙏🏻🙏🏻🙏🏻

2 mois il y a
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Rami SimunTout mes félicitations pour notre chère frère Jacques-Français.

2 mois il y a
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Marie-Bernadette PélissonMerci pour toutes ces années de service! belle fête!

2 mois il y a
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Christele Jacqueline FroissardFélicitations

2 mois il y a
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Alexandra DE SousaFélicitations frère !

2 mois il y a
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Marie-claire SchottMarie Claire 🙏🏻🙏🏻🙏🏻

2 mois il y a
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Le mercredi 20/09/17

Une réflexion de notre fr Pierre Raffin op, évêque émérite de Metz sur "Déchristianisation ou non-christianisation ?"

On parle beaucoup aujourd’hui de déchristianisation, mais pour beaucoup – v.g. les jeunes qui on reçu l’initiation chrétienne, mais qui n’ont jamais été sérieusement catéchisés – ne faudrait-il pas parler de non christianisation ?

La déchristianisation concerne des chrétiens de différentes générations qui, pour des raisons diverses et variées, sont devenus indifférents au message de salut qu’apporte la foi chrétienne.

Certains, surtout parmi les anciens, réagissent contre le message de peur que véhiculaient les prédications d’hier. On obligeait à croire en menaçant des flammes de l’enfer… A l’inverse, certains pensent qu’il est inutile de se fatiguer, si Dieu est aussi bon qu’on le dit, on ne peut qu’aller tous au ciel !

D’autres ne manifestent aucun intérêt pour la vie éternelle que donne la foi. Pour eux, c’est l’humanité elle-même qui est vue comme l’artisan de notre salut. Telle est la nouvelle croyance qui s’est répandue, à partir de la mise en œuvre radicale des potentialités de la raison. Ainsi, dans les deux derniers siècles, s’est développée une promesse de salut par la science et le progrès, qui relègue dans les affabulations les promesses d’un salut à venir.

Le travail de la raison qui a généré le développement scientifique a certes donné de bons fruits, mais les ombres ne manquent pas. Devant les injustices croissantes d’un monde industrialisé au prix de la souffrance d’une multitude asservie aux conditions inhumaines de la production, certains dont Marx est le plus connu, ont tenté d’élaborer un moyen de salut pour tous à partir de la révolution sociale. Érigé en véritable religion nouvelle, le matérialisme scientifique a sans doute été moins fidèle à la raison qu’il le promettait. Il a surtout généré un asservissement des personnes à des dictatures sanglantes dont toutes ne sont pas encore épuisées. Finalement, ce messianisme politique n’a servi ni la raison, ni la liberté.

L’espérance chrétienne, elle, interprète l’histoire humaine en la soumettant à la lumière d’une réalité qui dépasse notre propre expérience, la réalité de Dieu. Peut-il y avoir une véritable intelligence de l’histoire sans se référer à une transcendance qui est le fondement et le but de notre liberté (Spe salvi, n° 23). Cette référence, c’est l’absolu de l’amour qui nous est manifesté dans le don que Jésus fait de sa vie. Avec lui, c’est la transcendance absolue qui devient une réalité immanente à notre monde. Croire en lui, ce n’est pas fuir les contraintes de l’histoire humaine, c’est s’y immerger totalement dans le don de soi-même.

+ Fr PR
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Marie Dib, Wunme Maavo et 15 autres personnes aiment cela

Jehan Claude HutchenOn reconnaît la pertinence et la profondeur de réflexion de Mgr Raffin. Merci !

2 mois il y a
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