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Les frères du couvent Dominicain de Strasbourg sont heureux de vous accueillir sur leur site ! Vous y trouverez diverses informations sur la communauté, les activités à venir, ou encore les horaires habituels du couvent. Bonne navigation et à bientôt au couvent !

Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le lundi 17/09/18

Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P., le dimanche 16 septembre 2018 (Is 50, 5-9a ; Jc 2, 14-18 ; Mc 8, 27-35) :

« Pour vous, qui suis-je ? » Ce n’est pas là une question anodine de la part du Seigneur. Pour la comprendre, nous pouvons nous souvenir de cette question, posée en ces termes ou en d’autres à quelqu’un qui a de l’importance pour nous. ‘‘Au fond, qu’y a-t-il entre nous ?’’ ou bien : ‘‘Tu te souviens de notre première rencontre…’’ ou encore, de façon plus triste : ‘‘Tu ne vois pas que je suis là ?’’ Ces questions touchent à la profondeur de nos relations.
Jésus interroge justement ses disciples sur la relation qu’il a établie avec eux, sur le lien qu’il a tissé au long des chemins, au gré de ses prédications aux foules, à la vue des miracles accomplis. Jésus, progressivement, a suscité la recherche de ses disciples sur ce qu’il est. Comme « les gens », les disciples pensent qu’il est peut-être « Jean, le Baptiste ou Élie ou un prophète ». Aussi la question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je ? » va au cœur de sa relation avec ses disciples. Pierre répond : « Tu es le Christ », et c’est le grand basculement... C’est le grand basculement car il y a un avant et un après ce dialogue. Jésus est venu révéler son mystère et son mystère a été reçu.
Mais quel est ce mystère, quel est cela qui est si particulier à Jésus ? Qu’a compris Pierre ? Là encore nous pouvons pressentir ce qui se passe. Dans nos relations – celles qui sont positives et qui font du bien à notre cœur – dans nos relations, surtout au début, la lumière est présente et les ombres absentes. Puis viennent les découvertes difficiles à faire ou des épreuves mais qui, traversées, nous font accéder à une relation plus juste, plus mûre, à un amour plus vrai, à une relation durable et solide.
Pierre a entrevu le mystère de Jésus, le Christ, et l’on sait combien Pierre était attaché à son Maître mais son lien avec lui n’était pas encore assez solide. Il ne comprend pas ce que dit Jésus sur les souffrances qu’il doit endurer et sur le rejet des chefs de son peuple, Pierre ne comprend pas, il est désorienté : ‘‘le Christ’’, selon lui, ne doit pas connaître l’échec, la mort… même si Jésus parle de résurrection ! Ah ! Pierre est de notre côté : nous ne supportons pas, surtout aujourd’hui, les échecs, la mort ! Ce qui nous importe, ce sont la réussite, la puissance, la victoire, les apparences de la gloire… Le monde de Dieu n’est pas ainsi. Pierre devrait le savoir ! et nous aussi ! Dieu est toujours du côté des petits et des pauvres, il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles.
Comme il faut du temps pour comprendre cela ! A force d’épreuves, de traversées de déserts bien longs, nous découvrons, progressivement, ce secret si difficile à accepter et pourtant porteur de vie : il n’y a rien sans l’amour, sans un amour radical. Il faut donner sa vie pour ceux qu’on aime, il faut donner sa vie pour ceux que le Seigneur met sur notre chemin. C’est ce que dit Jésus quand il annonce la croix. C’est ce que nous découvrons au fur et à mesure de la vie… si du moins nous ne nous enivrons pas de tout ce qui est léger et qui passe.
Pierre, toujours lui, Pierre, notre frère, aura vraiment de la difficulté à comprendre cet amour si profond. Au moment de la croix, il le renie trois fois. Pourtant, il aime son maître. Que de pleurs ensuite ! Mais, pardonné, il sera vraiment ressuscité avec son Seigneur. Probablement les réconciliations entre nous, après les moments douloureux, sont-elles aussi pour nous source de vie, de relation enfin solide, une résurrection.
Jésus conclut et maintenant nous pouvons l’entendre, ou du moins percevoir le chemin qu’il nous ouvre : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Chemin apparemment difficile mais c’est Jésus qui, avec délicatesse, marche toujours juste un pas avant le nôtre.
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Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P., le dimanche 16 septembre 2018 (Is 50, 5-9a ; Jc 2, 14-18 ; Mc 8, 27-35) : 

« Pour vous, qui suis-je ? » Ce n’est pas là une question anodine de la part du Seigneur. Pour la comprendre, nous pouvons nous souvenir de cette question, posée en ces termes ou en d’autres à quelqu’un qui a de l’importance pour nous. ‘‘Au fond, qu’y a-t-il entre nous ?’’ ou bien : ‘‘Tu te souviens de notre première rencontre…’’ ou encore, de façon plus triste : ‘‘Tu ne vois pas que je suis là ?’’ Ces questions touchent à la profondeur de nos relations. 
Jésus interroge justement ses disciples sur la relation qu’il a établie avec eux, sur le lien qu’il a tissé au long des chemins, au gré de ses prédications aux foules, à la vue des miracles accomplis. Jésus, progressivement, a suscité la recherche de ses disciples sur ce qu’il est. Comme « les gens », les disciples pensent qu’il est peut-être « Jean, le Baptiste ou Élie ou un prophète ».  Aussi la question de Jésus : « Pour vous, qui suis-je ? » va au cœur de sa relation avec ses disciples. Pierre répond : « Tu es le Christ », et c’est le grand basculement... C’est le grand basculement car il y a un avant et un après ce dialogue. Jésus est venu révéler son mystère et son mystère a été reçu. 
Mais quel est ce mystère, quel est cela qui est si particulier à Jésus ? Qu’a compris Pierre ? Là encore nous pouvons pressentir ce qui se passe. Dans nos relations – celles qui sont positives et qui font du bien à notre cœur – dans nos relations, surtout au début, la lumière est présente et les ombres absentes. Puis viennent les découvertes difficiles à faire ou des épreuves mais qui, traversées, nous font accéder à une relation plus juste, plus mûre, à un amour plus vrai, à une relation durable et solide. 
Pierre a entrevu le mystère de Jésus, le Christ, et l’on sait combien Pierre était attaché à son Maître mais son lien avec lui n’était pas encore assez solide. Il ne comprend pas ce que dit Jésus sur les souffrances qu’il doit endurer et sur le rejet des chefs de son peuple, Pierre ne comprend pas, il est désorienté : ‘‘le Christ’’, selon lui, ne doit pas connaître l’échec, la mort… même si Jésus parle de résurrection ! Ah ! Pierre est de notre côté : nous ne supportons pas, surtout aujourd’hui, les échecs, la mort ! Ce qui nous importe, ce sont la réussite, la puissance, la victoire, les apparences de la gloire… Le monde de Dieu n’est pas ainsi. Pierre devrait le savoir ! et nous aussi ! Dieu est toujours du côté des petits et des pauvres, il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles. 
Comme il faut du temps pour comprendre cela ! A force d’épreuves, de traversées de déserts bien longs, nous découvrons, progressivement, ce secret si difficile à accepter et pourtant porteur de vie : il n’y a rien sans l’amour, sans un amour radical. Il faut donner sa vie pour ceux qu’on aime, il faut donner sa vie pour ceux que le Seigneur met sur notre chemin. C’est ce que dit Jésus quand il annonce la croix. C’est ce que nous découvrons au fur et à mesure de la vie… si du moins nous ne nous enivrons pas de tout ce qui est léger et qui passe. 
Pierre, toujours lui, Pierre, notre frère, aura vraiment de la difficulté à comprendre cet amour si profond. Au moment de la croix, il le renie trois fois. Pourtant, il aime son maître. Que de pleurs ensuite ! Mais, pardonné, il sera vraiment ressuscité avec son Seigneur. Probablement les réconciliations entre nous, après les moments douloureux, sont-elles aussi pour nous source de vie, de relation enfin solide, une résurrection.
Jésus conclut et maintenant nous pouvons l’entendre, ou du moins percevoir le chemin qu’il nous ouvre : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Chemin apparemment difficile mais c’est Jésus qui, avec délicatesse, marche toujours juste un pas avant le nôtre.

Amen Amen Amen

2 heures il y a
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Le mardi 11/09/18

Homélie prononcée par le frère Charles Desjobert, O.P., le dimanche 9 septembre 2018 (23e dimanche TO - Année B - Is 35, 4-7a ; Jc 2, 1-5 ; Mc 7, 31-37)

Parole transfrontalière : ouvre-toi.

Une guérison. Une guérison comme Jésus thaumaturge a pris l’habitude d’en faire. Et une guérison encore une fois quelque peu transgressive : non pas qu’elle ait lieu un jour de Sabbat, mais parce qu’elle a lieu par-delà une frontière. Elle est, d’une certaine façon, transfrontalière. Une guérison de la parole au-delà des frontières du monde juif, en territoire païen.

Quand on arrive à Strasbourg – je m’adresse à nos tous nouveaux novices–, ou bien lorsqu’on revient à Strasbourg, il est d’ailleurs toujours un peu question de frontières.
Si pour certains français (de l’intérieur j’entends), Strasbourg est coincé dans un coin... le bout du bout du Grand Est... pour d’autres, elle est cœur de l’Europe. Si pour certains, le Rhin est un angle mort, pour d’autres, il est un formidable lieu de transit et les Vosges forment entre l’Alsace et la France, décidément une haute barrière, nettement plus délicate à traverser.

Le Christ, dans l’Évangile ce soir, agit comme un passeur, un dépasseur de frontières. Il déplace les bornes pour étendre la Parole.
Son périple, Jésus l’a commencé du côté de Tyr et de Sidon. Deux villes côtières dont parle souvent l’Ancien Testament.
De là, par un parcours un peu sinueux, Jésus n’hésite pas à sortir du monde juif, traverser la mer de Galilée, pour aller vers la Décapole, le grand Est !
On lui amène un sourd-muet. Et Jésus le guérit. Il guérit un homme, en territoire païen. Désormais, les païens, jusque-là sourds à la parole de Dieu, deviennent capables de bien parler de lui.
Le Seigneur pose un geste inhabituel et l’accompagne d’une parole : il met ses doigts dans les oreilles du sourd, crache, touche sa langue, lève les yeux, gémit et dit « effata ».

L’action se déroule dans un ordre précis : en premier lieu, Jésus touche les oreilles. C’est d’abord de la surdité à la Parole que l’homme doit être guérit. Etre à nouveau disposer à entendre. Et c’est par ce qu’il peut écouter véritablement la parole que le muet, devient un parlant... et qu’il peut même devenir un bienparlant.
S. Marc, qui est le seul des évangélistes à relater cet évènement de la guérison du sourd-muet, choisit les termes avec précision : en réalité, il ne dit pas qu’il est « muet » mais qu’il est « malparlant ». Ce mot n’est utilisé qu’à une seule autre reprise dans la Bible, dans le passage d’Isaïe que nous avons entendu tout à l’heure : « la bouche du malparlant criera de joie » (Is 35, 6).
Voilà ce qui peut sortir de la bouche d’un malparlant devenu bienparlant : « un cri de joie ». L’important n’est alors pas d’abord de passer de muet à parlant. Mais de malparlant à bienparlant.
Chaque matin, et nos jeunes frères le découvrions plus intensément cette année, la prière chrétienne commence par ces simples mots : « Seigneur, ouvre mes lèvres » (Ps 50). Laisser la parole même de Dieu ouvrir nos lèvres Ce qui suit immédiatement, c’est le psaume invitatoire : « venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons [le] » (Ps. 94).

Si on utilise les mots malvoyant ou malentendant, dire de quelqu’un qu’il est malparlant est moins commun. Peut-être parce que nous réalisons à quel point nous sommes tous concernés et que nous sommes bien souvent des malparlants : médisant sur nos frères, mais bafouillant aussi à propos de nous-même et balbutiant quand il s’agit d’évoquer Dieu. Combien de prophètes ou de théologiens ont constaté cela ?

Pour pouvoir parler, articuler un cri de joie, éclater en cri d’allégresse, il faut entendre une parole, laisser résonner en nous la parole de Dieu, se mettre sous la Parole. On risque sinon d’être beau parleur, causeur du dimanche ou prédicateur bavard. IL est plutôt urgent de dire du bien... parole de bénédiction et de bienveillance qui sera fade, voie écœurante, si elle ne se nourrit de la Parole de Dieu.

Alors, quelle parole nous est adressée ? « Effata » [Ephphatha] (Mc 7, 34), petit mot araméen qui signifie simplement « ouvre-toi » : là encore il est question de frontières, de fermetures à dépasser. Notre cœur et notre bouche peut-être bardé de frontières qui nous empêchent de bien articuler. Effata comme un condensé de la parole biblique qui vient abolir les cloisonnements de notre cœur pour nous donner de dire une parole sans frontière, universelle.

Les lèvres peuvent être, en quelques sorte, les frontières de notre cœur, « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi » (Mc 7, 6) nous avertissait Jésus dimanche dernier.

Il se trouve que c’est le même mot qui est utilisé en hébreu pour dire les lèvres et les frontières (Saphah : cf. Gn 11, 1 ; 2R 2, 13 ; Ez 43, 13). C’est la bordure, la reliure, le rivage qui borde la bouche ou un pays. Réalisons-nous à quel point nos lèvres sont la frontière de notre cœur ? Elles en sont le rivage.

Par l’effata, le Seigneur ouvre une brèche. Il vient visiter les régions étrangères de notre cœur. Les lieux à évangéliser de notre intelligence. Il veut passer par les terres orgueilleuses ou ruinées de nos Tyr ou de nos Sidon intérieures. Il est prêt à traverser les mers de Galilée de notre être pour en atteindre les espaces arides. Notre Décapole personnelle ne peut lui être étrangère : cités de joie et de peine, d’égarements et de recherches infructueuses, de trouvailles et de paix.
Alors, si la parole de Dieu est à l’aise dans notre cœur, si elle y a sa place, elle pourra traverser les frontières de nos lèvres, nous ne serons plus de mauvais parlants mais des bienparlants. « Effata », « ouvre-toi ».
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Homélie prononcée par le frère Charles Desjobert, O.P., le dimanche 9 septembre 2018 (23e dimanche TO - Année B - Is 35, 4-7a ; Jc 2, 1-5 ; Mc 7, 31-37) 

Parole transfrontalière : ouvre-toi.

 Une guérison. Une guérison comme Jésus thaumaturge a pris l’habitude d’en faire. Et une guérison encore une fois quelque peu transgressive : non pas qu’elle ait lieu un jour de Sabbat, mais parce qu’elle a lieu par-delà une frontière. Elle est, d’une certaine façon, transfrontalière. Une guérison de la parole au-delà des frontières du monde juif, en territoire païen.

Quand on arrive à Strasbourg – je m’adresse à nos tous nouveaux novices–, ou bien lorsqu’on revient à Strasbourg, il est d’ailleurs toujours un peu question de frontières. 
Si pour certains français (de l’intérieur j’entends), Strasbourg est coincé dans un coin... le bout du bout du Grand Est... pour d’autres, elle est cœur de l’Europe. Si pour certains, le Rhin est un angle mort, pour d’autres, il est un formidable lieu de transit et les Vosges forment entre l’Alsace et la France, décidément une haute barrière, nettement plus délicate à traverser.

 Le Christ, dans l’Évangile ce soir, agit comme un passeur, un dépasseur de frontières. Il déplace les bornes pour étendre la Parole.
Son périple, Jésus l’a commencé du côté de Tyr et de Sidon. Deux villes côtières dont parle souvent l’Ancien Testament. 
De là, par un parcours un peu sinueux, Jésus n’hésite pas à sortir du monde juif, traverser la mer de Galilée, pour aller vers la Décapole, le grand Est !
 On lui amène un sourd-muet. Et Jésus le guérit. Il guérit un homme, en territoire païen. Désormais, les païens, jusque-là sourds à la parole de Dieu, deviennent capables de bien parler de lui.
Le Seigneur pose un geste inhabituel et l’accompagne d’une parole : il met ses doigts dans les oreilles du sourd, crache, touche sa langue, lève les yeux, gémit et dit « effata ».

L’action se déroule dans un ordre précis : en premier lieu, Jésus touche les oreilles. C’est d’abord de la surdité à la Parole que l’homme doit être guérit. Etre à nouveau disposer à entendre. Et c’est par ce qu’il peut écouter véritablement la parole que le muet, devient un parlant... et qu’il peut même devenir un bienparlant.
S. Marc, qui est le seul des évangélistes à relater cet évènement de la guérison du sourd-muet, choisit les termes avec précision : en réalité, il ne dit pas qu’il est « muet » mais qu’il est « malparlant ». Ce mot n’est utilisé qu’à une seule autre reprise dans la Bible, dans le passage d’Isaïe que nous avons entendu tout à l’heure : « la bouche du malparlant criera de joie » (Is 35, 6).
Voilà ce qui peut sortir de la bouche d’un malparlant devenu bienparlant : « un cri de joie ». L’important n’est alors pas d’abord de passer de muet à parlant. Mais de malparlant à bienparlant. 
Chaque matin, et nos jeunes frères le découvrions plus intensément cette année, la prière chrétienne commence par ces simples mots : « Seigneur, ouvre mes lèvres » (Ps 50). Laisser la parole même de Dieu ouvrir nos lèvres Ce qui suit immédiatement, c’est le psaume invitatoire : « venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons [le] » (Ps. 94).

Si on utilise les mots malvoyant ou malentendant, dire de quelqu’un qu’il est malparlant est moins commun. Peut-être parce que nous réalisons à quel point nous sommes tous concernés et que nous sommes bien souvent des malparlants : médisant sur nos frères, mais bafouillant aussi à propos de nous-même et balbutiant quand il s’agit d’évoquer Dieu. Combien de prophètes ou de théologiens ont constaté cela ?

Pour pouvoir parler, articuler un cri de joie, éclater en cri d’allégresse, il faut entendre une parole, laisser résonner en nous la parole de Dieu, se mettre sous la Parole. On risque sinon d’être beau parleur, causeur du dimanche ou prédicateur bavard. IL est plutôt urgent de dire du bien... parole de bénédiction et de bienveillance qui sera fade, voie écœurante, si elle ne se nourrit de la Parole de Dieu.

Alors, quelle parole nous est adressée ? « Effata » [Ephphatha] (Mc 7, 34), petit mot araméen qui signifie simplement « ouvre-toi » : là encore il est question de frontières, de fermetures à dépasser. Notre cœur et notre bouche peut-être bardé de frontières qui nous empêchent de bien articuler. Effata comme un condensé de la parole biblique qui vient abolir les cloisonnements de notre cœur pour nous donner de dire une parole sans frontière, universelle.

Les lèvres peuvent être, en quelques sorte, les frontières de notre cœur, « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi » (Mc 7, 6) nous avertissait Jésus dimanche dernier.

Il se trouve que c’est le même mot qui est utilisé en hébreu pour dire les lèvres et les frontières (Saphah : cf. Gn 11, 1 ; 2R 2, 13 ; Ez 43, 13). C’est la bordure, la reliure, le rivage qui borde la bouche ou un pays. Réalisons-nous à quel point nos lèvres sont la frontière de notre cœur ? Elles en sont le rivage.

Par l’effata, le Seigneur ouvre une brèche. Il vient visiter les régions étrangères de notre cœur. Les lieux à évangéliser de notre intelligence. Il veut passer par les terres orgueilleuses ou ruinées de nos Tyr ou de nos Sidon intérieures. Il est prêt à traverser les mers de Galilée de notre être pour en atteindre les espaces arides. Notre Décapole personnelle ne peut lui être étrangère : cités de joie et de peine, d’égarements et de recherches infructueuses, de trouvailles et de paix.
Alors, si la parole de Dieu est à l’aise dans notre cœur, si elle y a sa place, elle pourra traverser les frontières de nos lèvres, nous ne serons plus de mauvais parlants mais des bienparlants. « Effata », « ouvre-toi ».

Amen Amen Amen

4 jours il y a
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Le samedi 08/09/18

Dominicains Strasbourg a changé sa photo de couverture. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Le samedi 08/09/18

Dominicains Strasbourg a ajouté 32 photos — à Dominicains Strasbourg.

Profession simple des frères Mina-Athanase et Thomas
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Profession simple des frères Mina-Athanase et Thomas

C’est le père MARCOVITS de dos au premier plan?

1 semaine il y a
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Le samedi 08/09/18

Dominicains Strasbourg a ajouté 2 photos.

Nos deux frères profès
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Nos deux frères profès

Félicitations

1 semaine il y a
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Félicitationss mes frères

1 semaine il y a
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Félicitations chers frères. Dieu soit béni !

1 semaine il y a
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Le samedi 08/09/18

Les frères Mina-Athanase et Thomas viennent de faire profession dans l'Ordre des Prêcheurs ! Alleluia ! ... Lire la suiteVoir moins de texte

Les frères Mina-Athanase et Thomas viennent de faire profession dans lOrdre des Prêcheurs ! Alleluia !

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Grande joie Deo Gratias !!!

1 semaine il y a
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Amen ! Alléluia ! !

1 semaine il y a
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Joie joie joie !

1 semaine il y a
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ho oui tres bien amen

1 semaine il y a
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Félicitations الف مبروك للاخوين توما و مينا

1 semaine il y a
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coucou frère Anis !!! bravo à vos frères....

1 semaine il y a
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🙏🏻👏🏻

1 semaine il y a
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Bonne mission a eux car la moisson est abondante et les ouvriers ont peu nombreux. Que Dieu tout puissant suscite toujours des vocations pour que sa moisson ne reste pas sans ouvriers

1 semaine il y a
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الف الف مبروك الله يقويهم ويعطيهم النعمة والحكمة

1 semaine il y a
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Le samedi 08/09/18

Aujourd'hui, au cours de la messe de 12h10, les frères Mina et Thomas feront leur profession simple dans l'Ordre des Prêcheurs. Nous les confions à votre prière et vous invitons à rendre grâce avec nous pour leur engagement ! ... Lire la suiteVoir moins de texte

Aujourdhui, au cours de la messe de 12h10, les frères Mina et Thomas feront leur profession simple dans lOrdre des Prêcheurs. Nous les confions à votre prière et vous invitons à rendre grâce avec nous pour leur engagement !

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En union de prières !!!

1 semaine il y a
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Félicitations et bonne route , mes frères !

1 semaine il y a
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Amen ! 😀

1 semaine il y a
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UDP

1 semaine il y a
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Rendons grâce pour nos frères qui font profession simple et pour les postulants qui rentrent au noviciat, avec une pensée particulière pour Rémi.

1 semaine il y a   ·  1
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ho oui bien amen

1 semaine il y a
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UDP Léopold Saroyan

1 semaine il y a
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Très bel avenir à eux deux ! !

1 semaine il y a   ·  1
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En union de prières et d action de grâces...Du fond du coeur sincères félicitations Que Dieu bous benisse et vous garde

1 semaine il y a   ·  1
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Congratulations

1 semaine il y a
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En union de prière avec vous. Prions aussi pour Stefan Mangnus qui fera profession solonnel à Rotterdam, ses confrères Stefan et Cornelis (profession simple) le 16 septembre, et à Cambridge les frères Bede, Ulises et Marc, profession simple le 22, et pour nos débutants et débutantes.

1 semaine il y a   ·  2

1 réponse

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مبروك يا اخ مينا وعقبال الندورالدايمه ربنا معكم وطحفظكم

1 semaine il y a
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Attachment1 semaine il y a
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Que dieu les guide et les protège 🙏

1 semaine il y a
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Félicitations

1 semaine il y a
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Félicitations

1 semaine il y a
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Congratulations

1 semaine il y a
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Le dimanche 26/08/18

Homélie prononcée par le frère Bernard Senelle, O.P. le dimanche 26 août 2018 (21e dimanche TO - B : Jos 24, 1-2a.15-17.18b ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69)

« Cette parole est rude » … Le discours sur le pain de vie est difficile à entendre, en tout cas, il semble que durant l’été les disciples passent un certain temps à récriminer, à murmurer, à se rebiffer car ils ne comprennent pas, ils ne reçoivent pas ce qui est leur dit et il y avait tout de même de quoi être désorienté par les paroles de Jésus sur sa chair et son sang. Si nous voulons, nous pouvons choisir qui nous voulons servir, nous pouvons même partir comme le propose Jésus.
Dans la relation avec Dieu comme avec les humains, il faut choisir : croire ou savoir l’autre et savoir Dieu donne le malheur et tue le mystère dont Paul nous parle dans l’épître aux Éphésiens à propos de l’amour humain. L’homme aime sa femme et en prend soin : « ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. » Et en ce dimanche, le Christ nous appelle tout de même à goûter la joie de la vie éternelle et à chanter avec le psalmiste : « Je bénirai le Seigneur en tout temps. » Croire en l’autre et suivre le Christ pour entrer dans sa joie tel est notre vocation : c’est un appel au bonheur.
C’est pour être heureux que Pierre est resté quand Jésus lui proposait de partir. C’est de foi, de confiance et de vie dont il est question dans cet évangile. Quel que soit notre chemin de vie, si nous suivons le Christ, nous avons à méditer et à célébrer sans cesse la Parole, régulièrement comme on nourrit un nouveau-né, comme on entretient un feu. Et puis vivre en Église et a fortiori en communauté amène à rencontrer d’autres personnes qui pour nous n’étaient rien, dont nous n’aurions jamais partagé la route.
« Seigneur, à qui irions-nous ? » En chemin, en montagne ou ailleurs, il nous arrive de chercher, de faire un point sur la carte, peut-être de bifurquer, de prendre un chemin que nous n’avions pas prévu au départ. C’est comme dans la vie humaine ou spirituelle. Une chose est certaine, c’est que souvent le chemin est long et que Dieu ne nous dit pas que nous sommes bientôt arrivé mais comment poursuivre : « c’est l’esprit qui fait vivre » Notre Dieu donne le pain pour la route, il est notre orient, notre soleil levant. Autrement le chemin sera trop long pour nous et nous irons nous égarer.
Il y a le : « Nous croyons » de Pierre mais il est précédé d’un «c’est trop dur, c’est intolérable. » de la part de beaucoup de disciples. Ils sont nombreux et cet évangile ne condamne pas une éventuelle désertion, il y fait droit : nous pouvons être du nombre des disciples à saturation et ne plus arriver à y croire. Cela arrive dans la vie de foi et même dans la vie tout court de vivre ces heures où la vitalité et la créativité nous déserte. C’est l’occasion de refaire un choix, de se laisser à nouveau saisir, peut-être de faire attention à soi, d’être bon envers les autres sans nous oublier. « Celui qui est dur pour lui-même, pour qui serait-il bon ? »1 Serviteur de Dieu, des autres et de nous-mêmes, nous décidons de choisir le vrai Dieu, de ne pas perdre le contact avec lui. « On reste en contact » se dit-on parfois. Et si on se le disait à nous-même, si on le disait à Dieu dans la prière et les gestes du quotidien.
La rentrée est un moment favorable pour nous réajuster, pour choisir. C’est un peu en ces termes que les moines de Tibhirine et les martyrs d’Algérie se sont posés la question de rester ou de partir se laissant inspirer par les mots de Thomas Merton : « En fait le moine n’existe pas pour préserver quoi que ce soit, même pas la contemplation, ni même la religion… La fonction du moine est de se maintenir lui-même vivant par son contact avec Dieu… » Et si nous décidions de nous maintenir vivant en choisissant celui qui a les paroles de la vie, en redécouvrant la Parole comme auprès d’un feu que nous voulons continuer à entretenir pour qu’il brille jusqu’à ce que se lève l’étoile du matin, jusqu’au retour de notre Sauveur.
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Homélie prononcée par le frère Bernard Senelle, O.P. le dimanche 26 août 2018 (21e dimanche TO - B : Jos 24, 1-2a.15-17.18b ; Ep 5, 21-32 ; Jn 6, 60-69)

« Cette parole est rude » … Le discours sur le pain de vie est difficile à entendre, en tout cas, il semble que durant l’été les disciples passent un certain temps à récriminer, à murmurer, à se rebiffer car ils ne comprennent pas, ils ne reçoivent pas ce qui est leur dit et il y avait tout de même de quoi être désorienté par les paroles de Jésus sur sa chair et son sang. Si nous voulons, nous pouvons choisir qui nous voulons servir, nous pouvons même partir comme le propose Jésus. 
Dans la relation avec Dieu comme avec les humains, il faut choisir : croire ou savoir l’autre et savoir Dieu donne le malheur et tue le mystère dont Paul nous parle dans l’épître aux Éphésiens à propos de l’amour humain. L’homme aime sa femme et en prend soin : « ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église. » Et en ce dimanche, le Christ nous appelle tout de même à goûter la joie de la vie éternelle et à chanter avec le psalmiste : « Je bénirai le Seigneur en tout temps. » Croire en l’autre et suivre le Christ pour entrer dans sa joie tel est notre vocation : c’est un appel au bonheur. 
 C’est pour être heureux que Pierre est resté quand Jésus lui proposait de partir. C’est de foi, de confiance et de vie dont il est question dans cet évangile. Quel que soit notre chemin de vie, si nous suivons le Christ, nous avons à méditer et à célébrer sans cesse la Parole, régulièrement comme on nourrit un nouveau-né, comme on entretient un feu. Et puis vivre en Église et a fortiori en communauté amène à rencontrer d’autres  personnes qui pour nous n’étaient rien, dont nous n’aurions jamais partagé la route. 
« Seigneur, à qui irions-nous ? » En chemin, en montagne ou ailleurs, il nous arrive de chercher, de faire un point sur la carte, peut-être de bifurquer, de prendre un chemin que nous n’avions pas prévu au départ. C’est comme dans la vie humaine ou spirituelle. Une chose est certaine, c’est que souvent le chemin est long et que Dieu ne nous dit pas que nous sommes bientôt arrivé mais comment poursuivre : « c’est l’esprit qui fait vivre » Notre Dieu donne le pain pour la route, il est notre orient, notre soleil levant. Autrement le chemin sera trop long pour nous et nous irons nous égarer. 
Il y a le : « Nous croyons » de Pierre mais il est précédé d’un «c’est trop dur, c’est intolérable. » de la part de beaucoup de disciples. Ils sont nombreux et cet évangile ne condamne pas une éventuelle désertion, il y fait droit : nous pouvons être du nombre des disciples à saturation et ne plus arriver à y croire. Cela arrive dans la vie de foi et même dans la vie tout court de vivre ces heures où la vitalité et la créativité nous déserte. C’est l’occasion de refaire un choix, de se laisser à nouveau saisir, peut-être de faire attention à soi, d’être bon envers les autres sans nous oublier. « Celui qui est dur pour lui-même, pour qui serait-il bon ? »1 Serviteur de Dieu, des autres et de nous-mêmes, nous décidons de choisir le vrai Dieu, de ne pas perdre le contact avec lui. « On reste en contact » se dit-on parfois. Et si on se le disait à nous-même, si on le disait à Dieu dans la prière et les gestes du quotidien. 
La rentrée est un moment favorable pour nous réajuster, pour choisir.  C’est un peu en ces termes que les moines de Tibhirine et les martyrs d’Algérie se sont posés la question de rester ou de partir se laissant inspirer par les mots de Thomas Merton : « En fait le moine n’existe pas pour préserver quoi que ce soit, même pas la contemplation, ni même la religion… La fonction du moine est de se maintenir lui-même vivant par son contact avec Dieu… » Et si nous décidions de nous maintenir vivant en choisissant celui qui a les paroles de la vie, en redécouvrant la Parole comme auprès d’un feu que nous voulons continuer à entretenir pour qu’il brille jusqu’à ce que se lève l’étoile du matin, jusqu’au retour de notre Sauveur.

Le samedi 30/06/18

Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le 29 juin 2018 en la fête des Saints Pierre et Paul :

Pierre et Paul, les deux colonnes de l’Église ! On pourrait parler aussi du roc sur lequel l’Église est bâtie. Mais les fondements de l’Église ne sont pas du ‘pur et dur’. La foi des apôtres est mêlée de miséricorde.
Pierre. Devant la première pêche miraculeuse s’écrie : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » Plus tard, il interviendra pour que Jésus n’avance point vers sa mort ! Plus tard encore, il reniera le Seigneur. Mais son attachement à Jésus est entier. Il est le premier homme à nommer le mystère de Jésus : « Tu es le Fils du Dieu vivant. » Le Père le lui a révélé. Aussi est-il le chef des apôtres, le premier à confesser la foi.
Paul. Lui aussi est totalement attaché à Dieu. Son zèle est immense. Mais mal éclairé. Jésus l’illumine sur le chemin de Damas. De persécuteur, il devient l’apôtre des nations. Son zèle immense il le met au service de Jésus.
Déjà, une première leçon pour nous. Notre attachement au Seigneur n’est pas, ne sera jamais d’une intégrité absolue ; la perfection pure et dure est illusoire. Notre attachement vient de la miséricorde du Seigneur à notre égard et, grâce au pardon reçu, cet attachement sera source de lumière et de rayonnement auprès des autres. Comme pour Pierre et pour Paul, notre vie est faite de passages successifs, d’incompréhensions, de résistances, d’aveuglements à la lumière de Dieu.
Il faut encore dire ceci, l’essentiel. Deux paroles pourraient caractériser Pierre et Paul. Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Paul : « Ma vie, c’est le Christ. » Ce ne sont point des paroles qui expriment seulement leur mission apostolique mais qui la fondent. Pierre et Paul sont tous les deux les apôtres qui, à leur manière, ont établi l’Église sur toute la terre. Tous les deux sont morts martyrs à Rome, au centre du monde connu. Mais ce qui est le plus marquant, c’est que le Christ est au centre de leur vie, de leur apostolat, de leur amour.
La seconde leçon est claire pour nous. Nous vivons pour le Christ. Le Seigneur est au centre de toute vie chrétienne, de toute vie religieuse : on entre dans un ordre pour lui, on y reste pour lui. Le Seigneur est au centre de tout amour. Le sacrement de mariage comme ensuite le veuvage, manifeste bien qui est la source de l’amour : c’est Jésus. Comment tenir, sinon ?
Il faut tirer les conséquences de ces deux lumières : nous sommes fondés sur la miséricorde et cette miséricorde reçue nous permet de suivre le Christ en toute liberté. Parce que Pierre et Paul sont attachés au Christ, ils peuvent parler, prêcher, évangéliser le monde. Plus notre amour pour le Seigneur grandit, plus nous avons la terre en partage, nous devenons proches des autres, quels qu’ils soient. Plus nous sommes habités par le Seigneur, plus son amour rayonne… quelles que soient nos pauvretés !
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Homélie prononcée par le frère Paul-Dominique Marcovits, O.P. le 29 juin 2018 en la fête des Saints Pierre et Paul :

Pierre et Paul, les deux colonnes de l’Église ! On pourrait parler aussi du roc sur lequel l’Église est bâtie. Mais les fondements de l’Église ne sont pas du ‘pur et dur’. La foi des apôtres est mêlée de miséricorde. 
Pierre. Devant la première pêche miraculeuse s’écrie : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » Plus tard, il interviendra pour que Jésus n’avance point vers sa mort ! Plus tard encore, il reniera le Seigneur. Mais son attachement à Jésus est entier. Il est le premier homme à nommer le mystère de Jésus : « Tu es le Fils du Dieu vivant. » Le Père le lui a révélé. Aussi est-il le chef des apôtres, le premier à confesser la foi.
Paul. Lui aussi est totalement attaché à Dieu. Son zèle est immense. Mais mal éclairé. Jésus l’illumine sur le chemin de Damas. De persécuteur, il devient l’apôtre des nations. Son zèle immense il le met au service de Jésus. 
Déjà, une première leçon pour nous. Notre attachement au Seigneur n’est pas, ne sera jamais d’une intégrité absolue ; la perfection pure et dure est illusoire. Notre attachement vient de la miséricorde du Seigneur à notre égard et, grâce au pardon reçu, cet attachement sera source de lumière et de rayonnement auprès des autres. Comme pour Pierre et pour Paul, notre vie est faite de passages successifs, d’incompréhensions, de résistances, d’aveuglements à la lumière de Dieu.
Il faut encore dire ceci, l’essentiel. Deux paroles pourraient caractériser Pierre et Paul. Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Paul : « Ma vie, c’est le Christ. » Ce ne sont point des paroles qui expriment seulement leur mission apostolique mais qui la fondent. Pierre et Paul sont tous les deux les apôtres qui, à leur manière, ont établi l’Église sur toute la terre. Tous les deux sont morts martyrs à Rome, au centre du monde connu. Mais ce qui est le plus marquant, c’est que le Christ est au centre de leur vie, de leur apostolat, de leur amour. 
La seconde leçon est claire pour nous. Nous vivons pour le Christ. Le Seigneur est au centre de toute vie chrétienne, de toute vie religieuse : on entre dans un ordre pour lui, on y reste pour lui. Le Seigneur est au centre de tout amour. Le sacrement de mariage comme ensuite le veuvage, manifeste bien qui est la source de l’amour : c’est Jésus. Comment tenir, sinon ? 
Il faut tirer les conséquences de ces deux lumières : nous sommes fondés sur la miséricorde et cette miséricorde reçue nous permet de suivre le Christ en toute liberté. Parce que Pierre et Paul sont attachés au Christ, ils peuvent parler, prêcher, évangéliser le monde. Plus notre amour pour le Seigneur grandit, plus nous avons la terre en partage, nous devenons proches des autres, quels qu’ils soient. Plus nous sommes habités par le Seigneur, plus son amour rayonne… quelles que soient nos pauvretés !

Je crois que ce qui m'attache bcp à ces 2 personnages devenus par la suite les piliers de l'Église, c'est leurs erreurs, leur difficultés, le reniement de Pierre, Jésus le repoussant quand il veut l'empêcher d'aller à la mort , les débuts de Saül si difficiles etc , ils sont humains vraiment humains et pas des stéréotypes de la perfection ! et c'est très encourageant pour les simples humains que nous sommes tous ! !

3 mois il y a
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Joie de vous lire .. Merci pour cette belle homélie.. joli week-end ensoleillé

3 mois il y a
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la foi n'est pas une grace de Dieu. Paul ne croit pas en jésus par une grace qualconque mais parce qu'il l'a rendu aveugle et l'a rendu la vue. La foi est fait d'actes .concrets

3 mois il y a
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Le mardi 26/06/18

Homélie prononcée par le frère Cyrille-Marie Richard, O.P. le dimanche 24 juin 2018 en la solennité de la naissance de Saint Jean-Baptiste (Lc 1,5-17):

Dans le film de Milos Forman, Amadeus, il y a un gentil, Mozart, et un méchant, Salieri. Pourquoi Salieri n’est-il pas le héros du film ? Parce ce n’est pas lui le génie musical de son époque. Pourtant, Salieri a travaillé toute sa vie pour être un grand compositeur. Il a passé des heures à faire des exercices d’harmonie, de contrepoint, de fugue. Il connait les règnes de composition, l’histoire de la musique.
En fait, je crois que le film ne nous présente pas Salieri comme un méchant. Au contraire : le film est à la gloire de Salieri ! Ce n’est pas pour le comparer à Mozart, bien sûr (Mozart est hors norme). La gloire de Salieri, ce n’est pas d’être un grand compositeur – même s’il est tout de même un grand compositeur. La gloire de Salieri, lui qui n’est pas le génie, c’est d’avoir reconnu celui qui est le génie : Mozart.
Cela peut nous paraître banal, mais c’est au contraire extraordinaire. Dans le film de Forman, qui a reconnu le génie de Mozart ?
La femme de Mozart ? Non, elle est trop préoccupée par les rentrées d’argent, la vie terrestre ; elle est incapable d’élever son âme vers la beauté de la musique de son mari.
Le père de Mozart ? C’est un homme affolé par le côté non-conformiste de son fils. Il n’a qu’une pensée : son fils a perdu la tête.
Le directeur de l’opéra ? Il est effaré qu’un compositeur puisse proposer un opéra en allemand alors que la tradition veut que ce soit en italien ; il est le gardien de la vieille doctrine, de l’application de préceptes dont on a perdu le sens : il est le pharisien de la musique.
L’empereur ? Il apprécie la musique de Mozart (même s’il y a trop de notes, dit-il). Mais, en dirigeant politique sans courage, dès qu’il y a un peu de tension dans la salle de musique du palais impérial, il préfère se débarrasser du fâcheux Mozart : il vaut mieux qu’un seul homme parte pour tout l’orchestre.
Un seul – et c’est là sa gloire – reconnaît celui qui est le génie : Salieri, le plus grand, après Mozart, des enfants de la musique viennoise. Salieri, c’est Jean-Baptiste (en un peu plus désagréable peut-être ? Encore que les diatribes du prophète du Jourdain n’étaient pas toutes plaisantes à entendre…) Il est celui qui arrive à désigner celui qui est plus grand que lui.
C’est en cela que Jean-Baptiste est pour nous un modèle – et certainement un appui.
Pour nous, reconnaître, confesser, la sainteté du Baptiste, c’est vouloir nous aussi apprendre à reconnaître le Christ.
Sans doute est-ce déjà notre cas, si nous sommes venus ce soir à la messe. Mais le chemin n’est jamais fini qui nous fait progresser dans la connaissance intime de l’Agneau.
Comme Jean-Baptiste, reconnaître qui est vraiment Jésus, c’est apprendre à accueillir le Christ dans tout ce qu’il est, c’est décider d’accepter les paroles du Christ dans toute leur radicalité. C’est refuser de reconnaître un messie qui serait aseptisé, conforme à nos attentes, pas trop dérangeant.
C’est aussi être convaincu, comme le Baptiste, que la connaissance du Christ bouscule notre foi et notre agir. Connaitre Jésus, ce n’est pas seulement de la mystique, c’est aussi de la morale. Reconnaître le Christ ; c’est reconnaître qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas. Pour l’avoir dit au roi, Jean-Baptiste en mourra.
Reconnaître Jésus, c’est aussi le reconnaître sous des aspects déroutants. L’exploit de Jean-Baptiste, c’est de découvrir le Messie dans ce Jésus qui vient mendier son baptême, au milieu de la foule de pécheurs. Pour nous il nous reste encore du chemin pour apprendre, avec Jean, à reconnaître l’Agneau humble et pauvre, à la voir dans le visage du vieillard en fin de vie sur son lit d’hôpital, n’attendant plus que la mort, faute de condition d’une fin de vie décente et humaine. Ou pour reconnaître le Christ dans l’homme qui se noie en Méditerranée. Mille autres exemples de rencontres déroutantes avec le Christ sont possibles.
C’est par le travail que Salieri est parvenu à reconnaître la valeur de la musique de Mozart. Que le travail en nous de la grâce nous inspire aussi de pouvoir reconnaître le Christ et de le désigner à nos frères, quand nous le rencontrons en proclamant : « voici l’Agneau de Dieu ».

frère Cyrille-Marie
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Homélie prononcée par le frère Cyrille-Marie Richard, O.P. le dimanche 24 juin 2018 en la solennité de la naissance de Saint Jean-Baptiste (Lc 1,5-17): 

Dans le film de Milos Forman, Amadeus, il y a un gentil, Mozart, et un méchant, Salieri. Pourquoi Salieri n’est-il pas le héros du film ? Parce ce n’est pas lui le génie musical de son époque. Pourtant, Salieri a travaillé toute sa vie pour être un grand compositeur. Il a passé des heures à faire des exercices d’harmonie, de contrepoint, de fugue. Il connait les règnes de composition, l’histoire de la musique.
En fait, je crois que le film ne nous présente pas Salieri comme un méchant. Au contraire : le film est à la gloire de Salieri ! Ce n’est pas pour le comparer à Mozart, bien sûr (Mozart est hors norme). La gloire de Salieri, ce n’est pas d’être un grand compositeur – même s’il est tout de même un grand compositeur. La gloire de Salieri, lui qui n’est pas le génie, c’est d’avoir reconnu celui qui est le génie : Mozart.
Cela peut nous paraître banal, mais c’est au contraire extraordinaire. Dans le film de Forman, qui a reconnu le génie de Mozart ?
La femme de Mozart ? Non, elle est trop préoccupée par les rentrées d’argent, la vie terrestre ; elle est incapable d’élever son âme vers la beauté de la musique de son mari.
Le père de Mozart ? C’est un homme affolé par le côté non-conformiste de son fils. Il n’a qu’une pensée : son fils a perdu la tête.
Le directeur de l’opéra ? Il est effaré qu’un compositeur puisse proposer un opéra en allemand alors que la tradition veut que ce soit en italien ; il est le gardien de la vieille doctrine, de l’application de préceptes dont on a perdu le sens : il est le pharisien de la musique.
L’empereur ? Il apprécie la musique de Mozart (même s’il y a trop de notes, dit-il). Mais, en dirigeant politique sans courage, dès qu’il y a un peu de tension dans la salle de musique du palais impérial, il préfère se débarrasser du fâcheux Mozart : il vaut mieux qu’un seul homme parte pour tout l’orchestre.
Un seul – et c’est là sa gloire – reconnaît celui qui est le génie : Salieri, le plus grand, après Mozart, des enfants de la musique viennoise. Salieri, c’est Jean-Baptiste (en un peu plus désagréable peut-être ? Encore que les diatribes du prophète du Jourdain n’étaient pas toutes plaisantes à entendre…) Il est celui qui arrive à désigner celui qui est plus grand que lui.
C’est en cela que Jean-Baptiste est pour nous un modèle – et certainement un appui.
Pour nous, reconnaître, confesser, la sainteté du Baptiste, c’est vouloir nous aussi apprendre à reconnaître le Christ.
Sans doute est-ce déjà notre cas, si nous sommes venus ce soir à la messe. Mais le chemin n’est jamais fini qui nous fait progresser dans la connaissance intime de l’Agneau.
Comme Jean-Baptiste, reconnaître qui est vraiment Jésus, c’est apprendre à accueillir le Christ dans tout ce qu’il est, c’est décider d’accepter les paroles du Christ dans toute leur radicalité. C’est refuser de reconnaître un messie qui serait aseptisé, conforme à nos attentes, pas trop dérangeant.
C’est aussi être convaincu, comme le Baptiste, que la connaissance du Christ bouscule notre foi et notre agir. Connaitre Jésus, ce n’est pas seulement de la mystique, c’est aussi de la morale. Reconnaître le Christ ; c’est reconnaître qu’il y a des choses qu’on fait et des choses qu’on ne fait pas. Pour l’avoir dit au roi, Jean-Baptiste en mourra.
Reconnaître Jésus, c’est aussi le reconnaître sous des aspects déroutants. L’exploit de Jean-Baptiste, c’est de découvrir le Messie dans ce Jésus qui vient mendier son baptême, au milieu de la foule de pécheurs. Pour nous il nous reste encore du chemin pour apprendre, avec Jean, à reconnaître l’Agneau humble et pauvre, à la voir dans le visage du vieillard en fin de vie sur son lit d’hôpital, n’attendant plus que la mort, faute de condition d’une fin de vie décente et humaine. Ou pour reconnaître le Christ dans l’homme qui se noie en Méditerranée. Mille autres exemples de rencontres déroutantes avec le Christ sont possibles.
C’est par le travail que Salieri est parvenu à reconnaître la valeur de la musique de Mozart. Que le travail en nous de la grâce nous inspire aussi de pouvoir reconnaître le Christ et de le désigner à nos frères, quand nous le rencontrons en proclamant : « voici l’Agneau de Dieu ».

frère Cyrille-Marie

Étonnante comparaison , mais excellent développement ! !

3 mois il y a
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« Je suis avec vous jusqu’à la fin des temps... » le Christ l’a dit, il est donc là, parmi nous... si nous ne le voyons pas aujourd’hui, inutile de nous poser la question d’Hervé...

3 mois il y a
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Très belle et originale homelie !!

3 mois il y a
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