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Retrouvez ci-dessous des messages ou photos de la communauté, et des prédications de frères. Si le texte ne s’affiche pas en entier ou pour voir plus de photos, cliquer sur « Lire la suite » ou « Voir sur Facebook ».

Le dimanche 23/04/17

Homélie du fr Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond le dimanche 23 avril au Monastère d'Orbey et au Couvent de Strasbourg, pour le 2e dimanche de Pâques.

Je suis frappé de voir dans ces récits d’apparition du Ressuscité qui jalonnent notre octave de Pâques jusqu’à aujourd’hui, je suis frappé par la place que tient le corps. Certes c’est évidemment d’abord le corps de Jésus, et ce n’est pas étonnant me direz-vous, tant les évangiles insistent sur la réalité du corps du Christ. Mais il y a aussi le corps des disciples qui rencontrent le Christ glorieux et ressuscité. Jésus fait tout pour s’adresser à leurs sens : il leur parle, il mange, il se donne à voir, il leur souffle dessus, et il se donne à toucher, à Thomas, aujourd’hui. Il s’adresse à nos sens car la reconnaissance du Ressuscité n’est pas d’abord un phénomène intellectuel, qui solliciterait avant tout la réflexion et la délibération des disciples, pour réfléchir si oui ou non cet homme qui affirme être ressuscité des morts est bien ce Jésus que nous avons côtoyé sur les routes de Galilée. Non, à chaque fois que Jésus est reconnu comme ressuscité, c’est immédiat chez les disciples, comme un réflexe à un stimulus. Et donc Jésus s’adresse aux sens de ses disciples. Tout se passe comme s’il voulait passer par notre corps, notre condition incarnée, pour mieux nous faire reconnaître sa présence à travers sa chair ressuscitée. À travers les sens des disciples, quelque chose de précisément sensuel se joue, un mystère charnel de communion se vit.

Il y a quelques années, je travaillais comme visiteur de malades dans l’aumônerie d’une unité de soins palliatifs, à Lille. J’y étais un jour par semaine. C’était à chaque fois une confrontation avec la maladie au stade terminal. La mort était très présente, tapie derrière l’oreiller de ces patients en fin de vie. Certains n’avaient plus grande capacité d’entrer en communication avec moi. Trop affaiblis, trop abreuvés de drogues puissantes, trop harnachés de tuyaux en tous genres. La bouche trop sèche était devenue muette, les yeux éteints ou les paupières closes ne me permettaient pas de repérer la flamme du regard qui atteste une conscience vivante. Entendaient-ils ce que je pouvais dire ? Pas moyen de le savoir. La mort était déjà un peu là. Alors pour ne pas rester inactif, pour garder à cette visite un caractère de visitation, pour rester un prochain pour eux, j’avais trouvé un moyen simple, avec le dernier sens disponible : le toucher. Non pas un toucher qui possède. Mais un toucher qui s’offre. Je glissais ma main sous la leur posée à plat sur le drap. Ou bien je caressais leur front avec le dessus de mes doigts. Par le contact de la peau, par les imperceptibles palpitations de la chair, quelque chose d’une rencontre se passait entre nous. Sans mots, sans paroles, et parfois sans regards.

Des années après, j’ai repensé à ces visites muettes à l’hôpital et pourtant intenses, lorsque j’ai vu cette image du pape François accueillant place St Pierre un malade très lourdement atteint d’une affection de la peau qui lui donnait un aspect repoussant et monstrueux, un peu comme « Elephant Man », avec une tête énorme et déformée, couverte d’excroissances et de pustules. Et le pape d’enlacer ce visage difforme d’une humanité meurtrie, et de le caresser longuement avec une lente douceur. Instants suspendus de communion entre deux hommes où chacun semble ne plus exister que pour l’autre au milieu d’une foule stupéfaite et interdite. Il y a ceci de très étonnant dans la caresse que chacun y est à la fois touchant et touché, aucun n'est plus exactement soi-même, sans être pour autant devenu autre. Le philosophe Emmanuel Lévinas a consacré d’admirables pages (dans "Totalité et Infini") au toucher et à la caresse, qui consiste selon lui « à ne se saisir de rien ». La caresse se contente d'effleurer. Elle glisse, indéfiniment. Elle cherche, sans savoir quoi, sans rien trouver, mais sans s’arrêter. En fait, la caresse « marche à l'invisible » dira Lévinas. Si vous avez jamais contemplé une mère caresser son enfant, vous savez que ce toucher-là de la caresse est bien autre chose qu'une banale affaire de peau, de cellules et de nerfs : c’est la mère qui se découvre un peu plus mère en cajolant son enfant et en lui disant par ce geste qu’il est son enfant. La caresse fait découvrir le corps comme autre, à la limite du dicible, et, dira Lévinas, comme un corps « lumineux », « au bord duquel on retient son souffle ». Curieux échos, sous la plume du philosophe, à la réalité du corps de résurrection que Jésus donne à voir et à toucher à ses disciples. Je crois qu’il se joue quelque chose de l’ordre de la caresse quand Thomas est invité par Jésus à étendre la main et à toucher avec elle son corps glorieux.

La main de l’homme est productive, active. Elle vise à l’efficience. Ce n’est pas pour rien qu’on a marqué les stades de l’évolution de l’homme par l’habileté de ses mains : homo habilis avant homo sapiens. L’homme a été intelligent avec sa main avant de l’être avec son cerveau, par ses œuvres de l’esprit. Mais aujourd’hui, même quand la main pourrait avoir le visage de la gratuité, elle devient comptable. Un pouce levé pour dire « c’est bien, bravo » ? Sur Facebook, cela devient un like, et on évalue le succès d’une photo au nombre de pouces levés qu’elle aura suscités… Course au chiffre et main de violence, même quand elle ne tient pas d’armes. Il faut voir un potier, un sculpteur, n’importe quel artiste ou artisan pour retrouver la réalité de la main, qui n’est pas d’abord productrice, mais qui épouse le matériau dont elle tire du neuf, qui découvre ce bloc de pierre ou de bois par le toucher et se laisse guider par lui pour en tirer l’œuvre d’art. Il faut voir aussi la main amoureuse, la main de la tendresse, la main de la caresse. Il est étonnant, le mystère de celui ou de celle qui aime et qui découvre la présence de l'autre à travers la caresse sur le visage, à travers la manière d'épouser les lignes de son corps : les amoureux se révèlent ainsi l’un à l’autre le secret quotidien de la présence de l'autre. Avec la main, on est totalement engagé dans le geste et la main qui caresse est aussi importante dans son geste de caresser que la joue qui se tend et qui s'offre à la caresse. La main qui caresse, au fond, dit « tu » avant de dire « je ». Elle révèle à l’autre sa présence pour moi, elle dit à l’autre son existence à lui, avant de lui dire qui je suis et de le posséder, et c’est en cela que la caresse de la main peut être sacrée : elle ne prend pas, elle donne. Les sculptures de mains de Rodin et Camille Claudel disent très bien ce mystère de communion entre deux êtres, avec une grande sensibilité.

Il me semble qu’il y a quelque chose de cet ordre à comprendre dans le geste de Thomas, lui qui au moment d’approcher la main s’exclame « mon Seigneur et mon Dieu ». Lui qui se convertit ainsi par la main, par laquelle il va pouvoir enfin dire « tu » (es mon Seigneur) et ne plus redire son « je » (ne peux pas le croire ressuscité). On a fait de Thomas l’évangile du doute, et ce n’est pas juste. Thomas est aussi le premier qui nous montre comment nous avons besoin de faire un chemin par les sens et par la chair pour pouvoir croire. Comment nous avons besoin de notre incarnation pour rejoindre le Dieu invisible qui s’est fait chair. Le Christ avait bien compris que Thomas, ce serait tout autre chose que Jean. St Jean, c’est l’immédiateté au matin de Pâques. Nous l’avons entendu dimanche dernier : au tombeau vide, devant l’inexplicable de l’absence, « il vit, et il crut ». Il y a des gens qui sont faits comme cela. Mais il y en a d'autres qui disent : si je ne touche pas, je ne crois pas. Et Jésus de répondre avec douceur : d'accord, à condition que le fait de toucher mon corps ressuscité ne soit pas pour toi une prise de possession de ce que je suis mais te conduise à une ouverture de ton cœur à la confession de foi. C'est très similaire à l’amour humain. Si l'amour humain est une main qui se porte sur l'autre, le domine et l'empêche de s'exprimer mais ne cherche qu’à en tirer quelque chose (plaisir ou puissance), c'est fichu. Si Thomas avait mal mis sa main sur le Christ, s'il l'avait mise comme Adam pour attraper le fruit, pour le "prendre pour soi", si Thomas avait posé sa main dans un geste de fermeture, il n'aurait jamais cru, le Christ n'aurait pas pu se donner à croire. Mais parce que Thomas avec délicatesse et respect, a vu le corps de son Seigneur et l'a touché, à partir de la main, son cœur s'est ouvert. Thomas nous indique la voie, il nous rappelle notre indépassable incarnation, cette condition de notre existence tellement incontournable que Dieu a choisi de l’assumer aussi pour lui-même en envoyant son Fils dans notre chair.
À l’heure du doute, il nous faut suivre Thomas dans ce chemin qui conduit de la main ouverte au cœur ouvert. De la caresse gratuite à la réception du don de la foi. Ce corps du Seigneur, nous le voyons et le touchons à chaque eucharistie. Il s’adresse à nos sens à chaque messe : il se donne à voir à l’élévation, se donne à goûter, se donne à toucher de nos mains. Je préférerais presque, en ce dimanche, la communion dans la main, étant sauve la liberté de chacun. Dans la main ouverte, pas dans la main qui attrape à la sauvette. Et pourquoi la communion dans la main ? Parce que c'est le geste de Thomas, et au fond, quand on reçoit la communion dans la main, c'est le cœur qui s’écrie « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».
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Homélie du fr Marie-Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond le dimanche 23 avril au Monastère dOrbey et au Couvent de Strasbourg, pour le 2e dimanche de Pâques.

Je suis frappé de voir dans ces récits d’apparition du Ressuscité  qui jalonnent notre octave de Pâques jusqu’à aujourd’hui, je suis frappé par la place que tient le corps. Certes c’est évidemment d’abord le corps de Jésus, et ce n’est pas étonnant me direz-vous, tant les évangiles insistent sur la réalité du corps du Christ. Mais il y a aussi le corps des disciples qui rencontrent le Christ glorieux et ressuscité. Jésus fait tout pour s’adresser à leurs sens : il leur parle, il mange, il se donne à voir, il leur souffle dessus, et il se donne à toucher, à Thomas, aujourd’hui. Il s’adresse à nos sens car la reconnaissance du Ressuscité n’est pas d’abord un phénomène intellectuel, qui solliciterait avant tout la réflexion et la délibération des disciples, pour réfléchir si oui ou non cet homme qui affirme être ressuscité des morts est bien ce Jésus que nous avons côtoyé sur les routes de Galilée. Non, à chaque fois que Jésus est reconnu comme ressuscité, c’est immédiat chez les disciples, comme un réflexe à un stimulus. Et donc Jésus s’adresse aux sens de ses disciples. Tout se passe comme s’il voulait passer par notre corps, notre condition incarnée, pour mieux nous faire reconnaître sa présence à travers sa chair ressuscitée. À travers les sens des disciples, quelque chose de précisément sensuel se joue, un mystère charnel de communion se vit.

Il y a quelques années, je travaillais comme visiteur de malades dans l’aumônerie d’une unité de soins palliatifs, à Lille. J’y étais un jour par semaine. C’était à chaque fois une confrontation avec la maladie au stade terminal. La mort était très présente, tapie derrière l’oreiller de ces patients en fin de vie. Certains n’avaient plus grande capacité d’entrer en communication avec moi. Trop affaiblis, trop abreuvés de drogues puissantes, trop harnachés de tuyaux en tous genres. La bouche trop sèche était devenue muette, les yeux éteints ou les paupières closes ne me permettaient pas de repérer la flamme du  regard qui atteste une conscience vivante. Entendaient-ils ce que je pouvais dire ? Pas moyen de le savoir. La mort était déjà un peu là. Alors pour ne pas rester inactif, pour garder à cette visite un caractère de visitation, pour rester un prochain pour eux, j’avais trouvé un moyen simple, avec le dernier sens disponible : le toucher. Non pas un toucher qui possède. Mais un toucher qui s’offre. Je glissais ma main sous la leur posée à plat sur le drap. Ou bien je caressais leur front avec le dessus de mes doigts. Par le contact de la peau, par les imperceptibles palpitations de la chair, quelque chose d’une rencontre se passait entre nous. Sans mots, sans paroles, et parfois sans regards.

Des années après, j’ai repensé à ces visites muettes à l’hôpital et pourtant intenses, lorsque j’ai vu cette image du pape François accueillant place St Pierre un malade très lourdement atteint d’une affection de la peau qui lui donnait un aspect repoussant et monstrueux, un peu comme « Elephant Man », avec une tête énorme et déformée, couverte d’excroissances et de pustules. Et le pape d’enlacer ce visage difforme d’une humanité meurtrie, et de le caresser longuement avec une lente douceur. Instants suspendus de communion entre deux hommes où chacun semble ne plus exister que pour l’autre au milieu d’une foule stupéfaite et interdite. Il y a ceci de très étonnant dans la caresse que chacun y est à la fois touchant et touché, aucun nest plus exactement soi-même, sans être pour autant devenu autre. Le philosophe Emmanuel Lévinas a consacré d’admirables pages (dans Totalité et Infini) au toucher et à la caresse, qui consiste selon lui « à ne se saisir de rien ». La caresse se contente deffleurer. Elle glisse, indéfiniment. Elle cherche, sans savoir quoi, sans rien trouver, mais sans s’arrêter. En fait, la caresse « marche à linvisible » dira Lévinas. Si vous avez jamais contemplé une mère caresser son enfant, vous savez que ce toucher-là de la caresse est bien autre chose quune banale affaire de peau, de cellules et de nerfs : c’est la mère qui se découvre un peu plus mère en cajolant son enfant et en lui disant par ce geste qu’il est son enfant. La caresse fait découvrir le corps comme autre, à la limite du dicible, et, dira Lévinas, comme un corps « lumineux », « au bord duquel on retient son souffle ». Curieux échos, sous la plume du philosophe, à la réalité du corps de résurrection que Jésus donne à voir et à toucher à ses disciples. Je crois qu’il se joue quelque chose de l’ordre de la caresse quand Thomas est invité par Jésus à étendre la main et à toucher avec elle son corps glorieux.

La main de l’homme est productive, active. Elle vise à l’efficience. Ce n’est pas pour rien qu’on a marqué les stades de l’évolution de l’homme par l’habileté de ses mains : homo habilis avant homo sapiens. L’homme a été intelligent avec sa main avant de l’être avec son cerveau, par ses œuvres de l’esprit. Mais aujourd’hui, même quand la main pourrait avoir le visage de la gratuité, elle devient comptable. Un pouce levé pour dire « c’est bien, bravo » ? Sur Facebook, cela devient un like, et on évalue le succès d’une photo au nombre de pouces levés qu’elle aura suscités… Course au chiffre et main de violence, même quand elle ne tient pas d’armes. Il faut voir un potier, un sculpteur, n’importe quel artiste ou artisan pour retrouver la réalité de la main, qui n’est pas d’abord productrice, mais qui épouse le matériau dont elle tire du neuf, qui découvre ce bloc de pierre ou de bois par le toucher et se laisse guider par lui pour en tirer l’œuvre d’art. Il faut voir aussi la main amoureuse, la main de la tendresse, la main de la caresse. Il est étonnant, le mystère de celui ou de celle qui aime et qui découvre la présence de lautre à travers la caresse sur le visage, à travers la manière dépouser les lignes de son corps : les amoureux se révèlent ainsi l’un à l’autre le secret quotidien de la présence de lautre. Avec la main, on est totalement engagé dans le geste et la main qui caresse est aussi importante dans son geste de caresser que la joue qui se tend et qui soffre à la caresse. La main qui caresse, au fond, dit « tu » avant de dire « je ». Elle révèle à l’autre sa présence pour moi, elle dit à l’autre son existence à lui, avant de lui dire qui je suis et de le posséder, et c’est en cela que la caresse de la main peut être sacrée : elle ne prend pas, elle donne. Les sculptures de mains de Rodin et Camille Claudel disent très bien ce mystère de communion entre deux êtres, avec une grande sensibilité. 

Il me semble qu’il y a quelque chose de cet ordre à comprendre dans le geste de Thomas, lui qui au moment d’approcher la main s’exclame « mon Seigneur et mon Dieu ». Lui qui se convertit ainsi par la main, par laquelle il va pouvoir enfin dire « tu » (es mon Seigneur) et ne plus redire son « je » (ne peux pas le croire ressuscité). On a fait de Thomas l’évangile du doute, et ce n’est pas juste. Thomas est aussi le premier qui nous montre comment nous avons besoin de faire un chemin par les sens et par la chair pour pouvoir croire. Comment nous avons besoin de notre incarnation pour rejoindre le Dieu invisible qui s’est fait chair. Le Christ avait bien compris que Thomas, ce serait tout autre chose que Jean. St Jean, c’est l’immédiateté au matin de Pâques. Nous l’avons entendu dimanche dernier : au tombeau vide, devant l’inexplicable de l’absence, « il vit, et il crut ». Il y a des gens qui sont faits comme cela. Mais il y en a dautres qui disent : si je ne touche pas, je ne crois pas. Et Jésus de répondre avec douceur : daccord, à condition que le fait de toucher mon corps ressuscité ne soit pas pour toi une prise de possession de ce que je suis mais te conduise à une ouverture de ton cœur à la confession de foi. Cest très similaire à l’amour humain. Si lamour humain est une main qui se porte sur lautre, le domine et lempêche de sexprimer mais ne cherche qu’à en tirer quelque chose (plaisir ou puissance), cest fichu. Si Thomas avait mal mis sa main sur le Christ, sil lavait mise comme Adam pour attraper le fruit, pour le prendre pour soi, si Thomas avait posé sa main dans un geste de fermeture, il naurait jamais cru, le Christ naurait pas pu se donner à croire. Mais parce que Thomas avec délicatesse et respect, a vu le corps de son Seigneur et la touché, à partir de la main, son cœur sest ouvert. Thomas nous indique la voie, il nous rappelle notre indépassable incarnation, cette condition de notre existence tellement incontournable que Dieu a choisi de l’assumer aussi pour lui-même en envoyant son Fils dans notre chair.
À l’heure du doute, il nous faut suivre Thomas dans ce chemin qui conduit de la main ouverte au cœur ouvert. De la caresse gratuite à la réception du don de la foi. Ce corps du Seigneur, nous le voyons et le touchons à chaque eucharistie. Il s’adresse à nos sens à chaque messe : il se donne à voir à l’élévation, se donne à goûter, se donne à toucher de nos mains. Je préférerais presque, en ce dimanche, la communion dans la main, étant sauve la liberté de chacun. Dans la main ouverte, pas dans la main qui attrape à la sauvette. Et pourquoi la communion dans la main ? Parce que cest le geste de Thomas, et au fond, quand on reçoit la communion dans la main, cest le cœur qui s’écrie « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Emmanuel Olivier, Sébastien Milazzo et 9 autres personnes aiment cela

Christele Jacqueline FroissardC'était magnifique j'ai adore très émouvant

23 heures il y a   ·  1
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Angèle Kiefern grandmerci pour ce partage souhaité!

13 heures il y a   ·  1
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Le samedi 15/04/17

Dernier office de ténèbres ce matin. Vient le jour de l'attente et du silence de la tombe.
Ton Église t'attend, viens Seigneur Jésus!
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Dernier office de ténèbres ce matin. Vient le jour de lattente et du silence de la tombe. 
Ton Église tattend, viens Seigneur Jésus!

Friess Guillaume, Jean-Baptiste du Chalard et 23 autres personnes aiment cela

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Jean Rene MatalaL'Office divin

1 semaine il y a   ·  1
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Christele Jacqueline FroissardOui viens je vais voir se soir si tu et la

1 semaine il y a   ·  1
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Jean Rene MatalaEn unions de prières

1 semaine il y a   ·  1
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Nathalie MercierBonjour du Québec et joyeuses Pâques !

1 semaine il y a   ·  1
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Sylvie RibautVivre cette semaine Sainte avec vous a été une découverte spirituelle magnifique... merci à vous tous ...

1 semaine il y a   ·  1
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Le vendredi 14/04/17

Cette année le chemin de croix commence dans la rue devant l'église. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Cette année le chemin de croix commence dans la rue devant léglise.

Sylvie Ribaut, Marie Millet et 22 autres personnes aiment cela

Christele Jacqueline FroissardC'était pas à 15 h?

1 semaine il y a

3 réponses

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Le jeudi 13/04/17

Veillée au reposoir. L'église reste ouverte jusqu'à minuit. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Veillée au reposoir. Léglise reste ouverte jusquà minuit.

Sylvie Ribaut, Isabel Guedes et 23 autres personnes aiment cela

Sébastien MilazzoC'est l'occasion ou jamais de cliquer sur "J'adore" 😉

2 semaines il y a   ·  3
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Christele Jacqueline FroissardMerci pour cette magnifique messe à demain joyeuse pâque

2 semaines il y a   ·  1
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Le jeudi 13/04/17

Jeudi saint, vendredi saint et samedi saint, office des ténèbres à 8h30 dans l'église du couvent. ... Lire la suiteVoir moins de texte

Jeudi saint, vendredi saint et samedi saint, office des ténèbres à 8h30 dans léglise du couvent.

Sylvie Ribaut, Isaure Levite et 12 autres personnes aiment cela

Christel FleA l'office des Ténèbres ce matin, j'ai été très touchée par le dernier texte évoquant St Pierre, lu par Frère Rémi Vallejo. Pourriez-vous me donner la référence de ce texte? Merci!

2 semaines il y a
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Le mardi 11/04/17

Déjà la gloire transparaît derrière la croix...

(Rayon de lumière sur le crucifix du chœur juste avant la messe conventuelle)
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Déjà la gloire transparaît derrière la croix...

(Rayon de lumière sur le crucifix du chœur juste avant la messe conventuelle)

Missa Verdate, Sylvie Ribaut et 23 autres personnes aiment cela

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Le dimanche 09/04/17

SEMAINE SAINTE AU COUVENT
DES DOMINICAINS DE STRASBOURG

■ Lundi Saint (10/04) : célébration pénitentielle avec confession individuelle à 20h
■ Mardi Saint (11/04) : messe chrismale à la cathédrale de Strasbourg à 18h30
■ Jeudi Saint (13/04) :
- Office des Ténèbres à 8h30, Milieu du jour à 12h30
- Messe en mémoire de la Cène du Seigneur à 18h30.
La messe est suivie d'un repas festif ouvert à tous, puis de l'adoration du Saint Sacrement au reposoir dans l'église (les portes resteront ouvertes jusqu'à minuit)
■ Vendredi Saint (14/04)
- Office des Ténèbres à 8h30, Milieu du jour à 12h30
- Chemin de Croix à 15h
- Office de la Passion et de la Croix à 18h30
■ Samedi Saint (15/04)
- Office des Ténèbres à 8h30, Milieu du jour à 12h30
- Vêpres du Samedi saint à 19h
- Vigile pascale à 22h suivie d'un chocolat chaud-brioche
■ Dimanche de Pâques (16/04)
- Laudes de la Résurrection à 9h30
- Milieu du jour à 12h30
- Messe du jour de Pâques à 19h

Vous pouvez nous aider :
- par les fleurs et feuillages que vous pouvez apporter jeudi, vendredi, et samedi au couvent (privilégier le blanc et jaune)
- par les brioches, tartes et autres douceurs que vous pouvez apporter le samedi dans l'après-midi et qui seront partagées à l'issue de la vigile pascale.
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SEMAINE SAINTE AU COUVENT 
DES DOMINICAINS DE STRASBOURG

■ Lundi Saint (10/04) : célébration pénitentielle avec confession individuelle à 20h
■ Mardi Saint (11/04) : messe chrismale à la cathédrale de Strasbourg à 18h30
■ Jeudi Saint (13/04) :
 - Office des Ténèbres à 8h30,  Milieu du jour à 12h30
 - Messe en mémoire de la Cène du Seigneur à 18h30.
La messe est suivie dun repas festif ouvert à tous, puis de ladoration du Saint Sacrement au reposoir dans léglise (les portes resteront ouvertes jusquà minuit)
■ Vendredi Saint (14/04)
 - Office des Ténèbres à 8h30, Milieu du jour à 12h30
 - Chemin de Croix à 15h
 - Office de la Passion et de la Croix à 18h30
■ Samedi Saint (15/04)
 - Office des Ténèbres à 8h30, Milieu du jour à 12h30
 - Vêpres du Samedi saint à 19h
 - Vigile pascale à 22h suivie dun chocolat chaud-brioche
■ Dimanche de Pâques (16/04)
 - Laudes de la Résurrection à 9h30
 - Milieu du jour à 12h30
 - Messe du jour de Pâques à 19h

Vous pouvez nous aider :
- par les fleurs et feuillages que vous pouvez apporter jeudi, vendredi, et samedi au couvent (privilégier le blanc et jaune)
- par les brioches, tartes et autres douceurs que vous pouvez apporter le samedi dans laprès-midi et qui seront partagées à lissue de la vigile pascale.

Le lundi 20/03/17

Homélie du fr. Pierre Raffin op pour la solennité de saint Joseph le 20/03/17 au couvent de Strasbourg :

Pour célébrer saint Joseph, le lectionnaire liturgique nous propose trois textes, dont seul l’Evangile nous parle directement de lui : le premier chapitre de saint Matthieu rend compte en effet du drame intérieur de saint Joseph, lorsque Marie, sa fiancée, se trouve enceinte. La première lecture, extraite du deuxième Livre de Samuel, rapporte l’oracle du prophète Nathan au roi David, et la deuxième, extraite de la Lettre aux Romains, évoque la foi d’Abraham, une foi qui le rend père.

L’oracle du prophète Nathan à David est à la source du messianisme, c’est-à-dire de cette attente du fils de David, de celui qui doit lui succéder et régner pour toujours. David vit dans un palais, alors que l’Arche d’Alliance - présence sensible de Dieu au milieu de son peuple -, se trouve toujours sous une simple tente de nomade. David veut construire pour abriter l’Arche un temple magnifique. Dans un premier temps, le prophète approuve le projet du roi, mais, la nuit suivante, Dieu le charge d’expliquer à David qu’il ne lui appartient pas de construire une maison pour le Seigneur, car c’est Dieu lui-même qui lui construira une maison, une maison non pas de pierre ou de bois, mais une descendance. L’oracle de Nathan parle d’un fils, un fils qui aura un destin particulier : être le successeur de David pour toujours. Isaïe, lui aussi, prophétise que ce fils de David sera le Messie d’Israël. Joseph est de la maison de David et, par l’intermédiaire de Jésus, il est entré dans la dynastie de David, toutefois, cela n’est pas intervenu d’une manière ordinaire, car Jésus n’est pas le fils naturel de Joseph. Marie s’est trouvée enceinte avant de vivre avec Joseph. Jésus est cependant, du point de vue légal, le fils de David, puisqu’il a été placé par Dieu dans la famille de Joseph.

Là se trouve le drame de Joseph qu’évoque l’ Evangile selon saint Matthieu. Joseph devait beaucoup aimer Marie, d’autant plus que c’était une personne de très grande qualité, qui vivait dans la crainte de Dieu, qui était fidèle à tous ses devoirs et qui avait un cœur plein de vertu. Joseph devait aimer Marie d’un amour très ardent, mais voilà, avant que ne commence leur vie commune, Marie se trouve enceinte. Ce fait place Joseph dans une situation angoissante. Que faire ? Joseph est un homme juste qui cherche à accomplir la volonté de Dieu. Il pense ne pas avoir le droit de prendre chez lui Marie, son épouse. Il cherche une solution. Il ne veut pas répudier Marie publiquement et il décide de le faire en secret. Cette décision douloureuse cause, sans aucun doute, une immense douleur dans le cœur de Joseph.

C’est alors que l’ange lui apparaît et lui dit : ‘Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ‘.

‘ Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ‘, cette phrase est, pour Joseph, une grande libération. L’ange en effet lui annonce que la volonté de Dieu est contraire à la décision qu’il vient d’arrêter : il doit prendre avec lui Marie, son épouse, et assumer la responsabilité de père du fils de Marie. L’ange va lui préciser : ‘Tu lui donneras le nom de Jésus ‘. En donnant à l’enfant son nom, Joseph va assumer la responsabilité paternelle. Le drame intérieur que Joseph vient de vivre ressemble à celui d’Abraham lorsqu’il lui fut demandé de sacrifier Isaac, l’héritier des promesses divines. Parfaitement docile au Seigneur, Abraham s’apprêtait à passer à l’acte, lorsqu’il est arrêté par un ange qui lui dit que Dieu n’exigeait pas un tel sacrifice. Abraham conserve donc l’héritier des promesses et, à sa place, il offre en sacrifice un bélier qui se trouvait là. Cette épreuve évidemment fut très dure pour Abraham : celle de Joseph lui ressemble, il se voit perdre la personne qui lui est la plus chère et il la retrouve grâce à l’intervention de Dieu. Le bénéfice de cette épreuve est de purifier l’affection de Joseph. Il voulait certainement avoir Marie comme épouse, au sens charnel du terme et lui est demandé désormais de vivre avec elle d’une manière parfaitement chaste, respectant en elle la mère du Fils de Dieu. Les épreuves, la plupart du temps, nous font grandir, aussi nous faut-il les accueillir avec foi espérance, et chercher, à travers elles, ce que Dieu attend de nous. Dans le cas, l’épreuve a renforcé l’amour de Joseph pour Marie, même s’il doit renoncer aux rapports conjugaux. Joseph a vécu cette épreuve dans une grande docilité au Seigneur et il est devenu le père putatif de Jésus, c’est-à-dire le père supposé, de Jésus, qui sera effectivement appelé fils de Joseph.

La deuxième lecture, empruntée à la Lettre aux Romains, est bien choisie pour nous faire comprendre la foi de Joseph en partant de celle d’Abraham. Abraham est le père d’Isaac, mais, bien plus largement, d’une très nombreuse descendance, car il a cru à la parole de Dieu. Il était déjà âgée sans descendance, et Dieu lui promet une descendance plus nombreuse que les étoiles du ciel et le sable de la mer. Abraham crut en Dieu et, par la foi, il est devenu le père d’une multitude, principalement d’une immense descendance spirituelle, dont nous faisons aussi partie. La lettre aux Romains dit : ‘Espérant contre toute espérance, il a cru ‘ et, comme je viens de le dire, il a manifesté sa très grande foi lors du dramatique épisode du sacrifice d’Isaac. Abraham éclaire ainsi l’histoire de Joseph, nous permettant de comprendre quelque peu la profondeur de sa foi et de sa sainteté.

Joseph est donc pour nous un modèle de foi et de docilité à Dieu, un modèle d’amour paternel et d’amour conjugal, un modèle de vie pleinement consacrée à la gloire de Dieu dans le secret et la discrétion, sans jamais chercher à être vu, admiré ou estimé. Joseph a simplement cherché à être juste : c’est-à-dire docile à Dieu en toutes choses, afin d’accomplir son œuvre et de coopérer de cette manière au salut du monde.
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Homélie du fr. Pierre Raffin op pour la solennité de saint Joseph le 20/03/17 au couvent de Strasbourg : 

   Pour célébrer saint Joseph, le lectionnaire liturgique nous propose trois textes, dont seul l’Evangile nous parle directement de lui : le premier chapitre de saint Matthieu rend compte en effet du drame intérieur de saint Joseph, lorsque Marie, sa fiancée, se trouve enceinte. La première lecture, extraite du deuxième Livre de Samuel, rapporte l’oracle du prophète Nathan au roi David, et la deuxième, extraite de la Lettre aux Romains, évoque la foi d’Abraham, une foi qui le rend père.

   L’oracle du prophète Nathan à David est à la source du messianisme, c’est-à-dire de cette attente du fils de David, de celui qui doit lui succéder et régner pour toujours. David vit dans un palais, alors que l’Arche d’Alliance  - présence sensible de Dieu au milieu de son peuple -, se trouve toujours sous une simple tente de nomade. David veut construire pour abriter l’Arche un temple magnifique. Dans un premier temps, le prophète approuve le projet du roi, mais, la nuit suivante, Dieu le charge d’expliquer à David qu’il ne lui appartient pas de construire une maison pour le Seigneur, car c’est Dieu lui-même qui lui construira une maison, une maison non pas de pierre ou de bois, mais une descendance. L’oracle de Nathan parle d’un fils, un fils qui aura un destin particulier : être le successeur de David pour toujours. Isaïe, lui aussi, prophétise que ce fils de David sera le Messie d’Israël. Joseph est de la maison de David et, par l’intermédiaire de Jésus, il est entré dans la dynastie de David, toutefois, cela n’est pas intervenu d’une manière ordinaire, car Jésus n’est pas le fils naturel de Joseph. Marie s’est trouvée enceinte avant de vivre avec Joseph. Jésus est cependant, du point de vue légal, le fils de David, puisqu’il a été placé par Dieu dans la famille de Joseph.

   Là se trouve le drame de Joseph qu’évoque l’ Evangile selon saint Matthieu.  Joseph devait beaucoup aimer Marie, d’autant plus que c’était une personne de très grande qualité, qui vivait dans la crainte de Dieu, qui était fidèle à tous ses devoirs et qui avait un cœur plein de vertu. Joseph devait aimer Marie d’un amour très ardent, mais voilà, avant que ne commence leur vie commune, Marie se trouve enceinte. Ce fait place Joseph dans une situation angoissante. Que faire ? Joseph est un homme juste qui cherche à accomplir la volonté de Dieu. Il pense ne pas avoir le droit de prendre chez lui Marie, son épouse. Il cherche une solution. Il ne veut pas répudier Marie publiquement et il décide de le faire en secret. Cette décision douloureuse cause, sans aucun doute, une immense douleur dans le cœur de Joseph. 

   C’est alors que l’ange lui apparaît et lui dit : ‘Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ‘.

‘ Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ‘, cette phrase est, pour Joseph, une grande libération. L’ange en effet lui annonce que la volonté de Dieu est contraire à la décision qu’il vient d’arrêter : il doit prendre avec lui Marie, son épouse, et assumer la responsabilité de père du fils de Marie. L’ange va lui préciser : ‘Tu lui donneras le nom de Jésus ‘. En donnant à l’enfant son nom, Joseph va assumer la responsabilité paternelle. Le drame intérieur que Joseph vient de vivre ressemble à celui d’Abraham lorsqu’il lui fut demandé de sacrifier Isaac, l’héritier des promesses divines. Parfaitement docile au Seigneur, Abraham s’apprêtait à passer à l’acte, lorsqu’il est arrêté par un ange qui lui dit que Dieu n’exigeait pas un tel sacrifice. Abraham conserve donc l’héritier des promesses et, à sa place, il offre en sacrifice un bélier qui se trouvait là. Cette épreuve évidemment fut très dure pour Abraham : celle de Joseph lui ressemble, il se voit perdre la personne qui lui est la plus chère et il la retrouve grâce à l’intervention de Dieu. Le bénéfice de cette épreuve est de purifier l’affection de Joseph. Il voulait certainement avoir Marie comme épouse, au sens charnel du terme et lui est demandé désormais de vivre avec elle d’une manière parfaitement chaste, respectant en elle la mère du Fils de Dieu. Les épreuves,  la plupart du temps, nous font grandir, aussi nous faut-il les accueillir avec foi espérance, et chercher, à travers elles, ce que Dieu attend de nous. Dans le cas, l’épreuve a renforcé l’amour de Joseph pour Marie, même s’il doit renoncer aux rapports conjugaux. Joseph a vécu cette épreuve dans une grande docilité au Seigneur et il est devenu le père putatif  de Jésus, c’est-à-dire le père supposé, de Jésus, qui sera effectivement appelé fils de Joseph.

   La deuxième lecture, empruntée à la Lettre aux Romains,  est bien choisie pour nous faire comprendre la foi de Joseph en partant de celle d’Abraham. Abraham est le père d’Isaac, mais, bien plus largement, d’une très nombreuse descendance, car il a cru à la parole de Dieu. Il était déjà âgée sans descendance, et Dieu lui promet une descendance plus nombreuse que les étoiles du ciel et le sable de la mer. Abraham crut en Dieu et, par la foi, il est devenu le père d’une multitude, principalement d’une immense descendance spirituelle, dont nous faisons aussi partie. La lettre aux Romains dit : ‘Espérant contre toute espérance, il a cru ‘ et, comme je viens de le dire, il a manifesté sa très grande foi lors du dramatique épisode du sacrifice d’Isaac. Abraham éclaire ainsi l’histoire de Joseph, nous permettant de comprendre quelque peu la profondeur de sa foi et de sa sainteté.

   Joseph est donc pour nous un modèle de foi et de docilité à Dieu, un modèle d’amour paternel et d’amour conjugal, un modèle de vie pleinement consacrée à la gloire de Dieu dans le secret et la discrétion, sans jamais chercher à être vu, admiré ou estimé. Joseph a simplement cherché à être juste : c’est-à-dire docile à Dieu en toutes choses, afin d’accomplir son œuvre et de coopérer de cette manière au salut du monde.

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Le mercredi 15/03/17

Homélie du fr Bernard Senelle au couvent de Strasbourg pour le 2e dimanche de Carême (dimanche de la Transfiguration) le 12/03/2017 :

S’il y a parmi nous des montagnards, ils savent ce qu’est un passage difficile, une cheminée à escalader, une crête qui ouvre sur un paysage somptueux mais qui n’en est pas moins vertigineuse. Le sommet quel qu’il soit se mérite et parfois au prix de la peur pour soi-même ou pour les autres. C’est un peu ce que vivent les apôtres en ce jour où Jésus les emmène sur une haute montagne. Ils sont émerveillés, éblouis par la lumière et la splendeur de ce qu’ils contemplent mais dans le même temps, la crainte va se saisir d’eux, il va falloir que Jésus s’approche d’eux, les touche et les apaise.
Frères et sœurs, la Transfiguration ne nous transporte pas dans un autre monde elle nous donne de voir autrement notre vie. Je lisais récemment ces lignes d’un père pour réconforter sa fille dont le mari était emprisonné dans des conditions redoutables : « Deux hommes regardaient à travers les barreaux d’une prison. L’un voyait de la boue, l’autre voyait les étoiles. »
Eh bien, à la suite d’Abraham, Jésus nous demande de voir et de suivre les étoiles, de quitter notre pays, notre tristesse, de laisser la plaine des soucis pour la haute montagne avec tous ses imprévus mais également ses beautés, ses merveilles. Après Moïse qui gravit la montagne en laissant le peuple en bas, Jésus gravit la montagne emmenant seulement trois disciples et en laissant neuf en bas. Ils vont entrevoir la dignité cachée de leur maître et être guéris de leur peur : épisode d’émerveillement, la Transfiguration se présente comme une anticipation du relèvement au matin de Pâques : « Relevez-vous ». C’est bien de relèvement dont il s’agit quand nous acceptons de voir la beauté de notre vie et les étoiles qui scintillent dans la nuit de notre monde enténébré.
Nous faisons partie de la cordée mystérieuse et Jésus nous façonne une fois encore à l’image et à la ressemblance de Dieu, du Saint-Béni Soit-Il : « Je ferai de toi une bénédiction. » Car guéris et remplis d’espérance nous devenons des bénédictions, nous sommes envoyés annoncer au monde tout le bien que Dieu porte en Lui et que son Fils est venu révéler. C’est cela bénir, c’est dire du bien, ainsi que le suggère une prière anonyme du XIV ° siècle : « Christ n’a pas de lèvres. Il n’a que nos lèvres pour parler de lui aux hommes » Partir, contempler, recevoir la paix, écouter la voix du Bien-Aimé, tel est le contenu de cette manifestation de la splendeur de la gloire du Père.
D’abord partir et même fuir, ici fuir loin de l’excitation de la fête des tabernacles afin de surmonter la tentation d’une vaine gloire car Jésus est d’abord un Messie souffrant. En cette heure comme plus tard au jardin d’agonie, il prend avec lui trois disciples et veut être seul avec eux. Il sait sans doute qu’ils ne vont pas comprendre comme le manifeste le désir de Pierre de dresser trois tentes. Les disciples ont du mal à accepter la Passion et veulent garder avec eux le Maître pour qu’il échappe à la colère et aux embûches de ceux qui lui sont hostiles. « Moïse est là avec Elie, se dit pierre, et ils ne supporteront pas de voir Dieu rempli d’outrages ». L’espace d’un instant, les trois disciples choisis sont entre le buisson ardent où Dieu se révéla à Moïse et le char de feu qui emporta Elie dans les nuées du ciel. Que s’est-il passé ? Que se sont-ils dits ?
Au fond, peu importe. Si nous avons été choisis pour monter, nous prenons part au colloque intérieur de Pierre devant la perspective de la Passion. « La mort de Jésus sur la croix n’est que la conséquence de la fermeture du monde » dira Romano Guardini. Pierre ressent la fermeture des cœurs, il veut abriter le Maître sous une hutte de branchages mais c’est Dieu qui se charge d’abriter les trois hommes de sa gloire.
Ce qui est surprenant, c’est que devant un signe de la gloire de Dieu, l’homme ne commence pas par s’émerveiller mais il s’effondre dans la crainte. Après le désert, la contemplation, l’éblouissement du Thabor s’avère être une expérience délicate, source de crainte et d’inquiétude : que c’est dur parfois de laisser entrer un peu d’espérance dans nos vies. Dieu seul dans l’Ancien Testament ou Jésus dans le Nouveau Testament peuvent nous relever de cette prostration et nous apaiser. « Relevez-vous, soyez sans crainte. » Jésus qui a tant guéri et ressuscité ordonne une fois encore à la vie de jaillir. Le carême c’est ce temps où nous libérons nos cœurs pour laisser éclater la vie et la lumière au matin de Pâques. Alors nous verrons que Dieu est lumière et qu’en Lui, il n’y a point de ténèbres.
Et puis, comme au baptême de Jésus, une voix se fait entendre et conclut par ces mots : « Ecoutez-le » Dieu nous parle de son Fils dans sa gloire de serviteur souffrant et nous prescrit d’y prêter attention : « Ecoutez-le » Que faisons-nous de ce commandement ? La lumière déchire les ténèbres et Dieu dit: « Celui-ci est mon fils, mon Bien-Aimé ». Le carême est le temps d’une attention renouvelée à notre Sauveur. Nous avons vite fait d’oublier les gens qui ont jalonné notre vie. Aujourd’hui, si nous nous entendons sa voix dans le brouhaha de notre monde, écoutons-le.
Cette écoute de la voix du Père permet une conversion : le respect plutôt que le meurtre, la fidélité au lieu de l’abandon, la vie plutôt que la mort. L’écoute de la voix bienveillante du Père nous conduit à sortir de notre indolence et nous demande de lâcher nos valises remplies de susceptibilité, de quant à soi, de jalousie, d’insatisfaction, d’indifférence. C’est la voie escarpée que seuls trois disciples ont pu emprunter. En ce temps où nous faisons du vide pour pouvoir contempler, Jésus nous demande de nous alléger pour pouvoir monter : « lâche tes pensées, les soucis que tu te fais pour élaborer des projets, prendre des décisions ou organiser des activités. Et lorsque tu te sentiras impuissant, viens-me voir et demeure en ma présence. Alors, peut-être tu pourras me suivre. »
Partir, contempler, écouter, apaiser. En ce jour, Jésus nous ouvre la voie qui conduit de la nuit de la mort jusqu'à la clarté du matin de Pâques. Dans le ciel bas et lourd de notre solitude jaillit un éclair, la présence aimée se manifeste à nous dans sa rayonnante beauté. Ne doutons pas, ce n’est pas un rêve, la vie est là, les étoiles invisibles le jour sont visibles la nuit, dans la foi nous voyons l’invisible. Amen.
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Homélie du fr Bernard Senelle au couvent de Strasbourg pour le 2e dimanche de Carême (dimanche de la Transfiguration) le 12/03/2017 :

S’il y a parmi nous des montagnards, ils savent ce qu’est un passage difficile, une cheminée à escalader, une crête qui ouvre sur un paysage somptueux mais qui n’en est pas moins vertigineuse. Le sommet quel qu’il soit se mérite et parfois au prix de la peur pour soi-même ou pour les autres. C’est un peu ce que vivent les apôtres en ce jour où Jésus les emmène sur une haute montagne. Ils sont émerveillés, éblouis par la lumière et la splendeur de ce qu’ils contemplent mais dans le même temps, la crainte va se saisir d’eux, il va falloir que Jésus s’approche d’eux, les touche et les apaise.  
Frères et sœurs, la Transfiguration ne nous transporte pas dans un autre monde elle nous donne de voir autrement notre vie. Je lisais récemment ces lignes d’un père pour réconforter sa fille dont le mari était emprisonné dans des conditions redoutables : «  Deux hommes regardaient à travers les barreaux d’une prison. L’un voyait de la boue, l’autre voyait les étoiles. »
Eh bien, à la suite d’Abraham, Jésus nous demande de voir et de suivre les étoiles, de quitter notre pays, notre tristesse, de laisser la plaine des soucis pour la haute montagne avec tous ses imprévus mais également ses beautés, ses merveilles. Après Moïse qui gravit la montagne en laissant le peuple en bas, Jésus gravit la montagne emmenant seulement trois disciples et en laissant neuf en bas. Ils vont entrevoir la dignité cachée de leur maître et être guéris de leur peur : épisode d’émerveillement, la Transfiguration se présente comme une anticipation du relèvement au matin de Pâques : « Relevez-vous ». C’est bien de relèvement dont il s’agit quand nous acceptons de voir la beauté de notre vie et les étoiles qui scintillent dans la nuit de notre monde enténébré. 
Nous faisons partie de la cordée mystérieuse et Jésus nous façonne une fois encore à l’image et à la ressemblance de Dieu, du Saint-Béni Soit-Il : « Je ferai de toi une bénédiction. » Car guéris et remplis d’espérance nous devenons des bénédictions, nous sommes envoyés annoncer au monde tout le bien que Dieu porte en Lui et que son Fils est venu révéler. C’est cela bénir, c’est dire du bien, ainsi que le suggère une prière anonyme du XIV ° siècle : « Christ n’a pas de lèvres. Il n’a que nos lèvres pour parler de lui aux hommes » Partir, contempler, recevoir la paix, écouter la voix du Bien-Aimé, tel est le contenu de cette manifestation de la splendeur de la gloire du Père. 
D’abord partir et même fuir, ici fuir loin de l’excitation de la fête des tabernacles afin de surmonter la tentation d’une vaine gloire car Jésus est d’abord un Messie souffrant. En cette heure comme plus tard au jardin d’agonie, il prend avec lui trois disciples et veut être seul avec eux. Il sait sans doute qu’ils ne vont pas comprendre comme le manifeste le désir de Pierre de dresser trois tentes. Les disciples ont du mal à accepter la Passion et veulent garder avec eux le Maître pour qu’il échappe à la colère et aux embûches de ceux qui lui sont hostiles. « Moïse est là avec Elie, se dit pierre, et ils ne supporteront pas de voir Dieu rempli d’outrages ». L’espace d’un instant, les trois disciples choisis sont entre le buisson ardent où Dieu se révéla à Moïse et le char de feu qui emporta Elie dans les nuées du ciel. Que s’est-il passé ? Que se sont-ils dits ? 
 Au fond, peu importe. Si nous avons été choisis pour monter, nous prenons part au colloque intérieur de Pierre devant la perspective de la Passion. « La mort de Jésus sur la croix n’est que la conséquence de la fermeture du monde » dira Romano Guardini. Pierre ressent la fermeture des cœurs, il veut abriter le Maître sous une hutte de branchages mais c’est Dieu qui se charge d’abriter les trois hommes de sa gloire.  
Ce qui est surprenant, c’est que devant un signe de la gloire de Dieu, l’homme ne commence pas par s’émerveiller mais il s’effondre dans la crainte. Après le désert, la contemplation, l’éblouissement du Thabor s’avère être une expérience délicate, source de crainte et d’inquiétude : que c’est dur parfois de laisser entrer un peu d’espérance dans nos vies. Dieu seul dans l’Ancien Testament ou Jésus dans le Nouveau Testament peuvent nous relever de cette prostration et nous apaiser. « Relevez-vous, soyez sans crainte. » Jésus qui a tant guéri et ressuscité ordonne une fois encore à la vie de jaillir. Le carême c’est ce temps où nous libérons nos cœurs pour laisser éclater la vie et la lumière au matin de Pâques. Alors nous verrons que Dieu est lumière et qu’en Lui, il n’y a point de ténèbres. 
Et puis, comme au baptême de Jésus, une voix se fait entendre et conclut par ces mots : « Ecoutez-le » Dieu nous parle de son Fils dans sa gloire de serviteur souffrant et nous prescrit d’y prêter attention : « Ecoutez-le » Que faisons-nous de ce commandement ? La lumière déchire les ténèbres et Dieu dit: « Celui-ci est mon fils, mon Bien-Aimé ». Le carême est le temps d’une attention renouvelée à notre Sauveur. Nous avons vite fait d’oublier les gens qui ont jalonné notre vie. Aujourd’hui, si nous nous entendons sa voix dans le brouhaha de notre monde, écoutons-le. 
Cette écoute de la voix du Père permet une conversion : le respect plutôt que le meurtre, la fidélité au lieu de l’abandon, la vie plutôt que la mort. L’écoute de la voix bienveillante du Père nous conduit à sortir de notre indolence et nous demande de lâcher nos valises remplies de susceptibilité, de quant à soi, de jalousie, d’insatisfaction, d’indifférence. C’est la voie escarpée que seuls trois disciples ont pu emprunter. En ce temps où nous faisons du vide pour pouvoir contempler, Jésus nous demande de nous alléger pour pouvoir monter : « lâche tes pensées, les soucis que tu te fais pour élaborer des projets, prendre des décisions ou organiser des activités. Et lorsque tu te sentiras impuissant, viens-me voir et demeure en ma présence. Alors, peut-être tu pourras me suivre. »
 Partir, contempler, écouter, apaiser. En ce jour, Jésus nous ouvre la voie qui conduit de la nuit de la mort jusquà la clarté du matin de Pâques. Dans le ciel bas et lourd de notre solitude jaillit un éclair, la présence aimée se manifeste à nous dans sa rayonnante beauté. Ne doutons pas, ce n’est pas un rêve, la vie est là, les étoiles invisibles le jour sont visibles la nuit, dans la foi nous voyons l’invisible. Amen.

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