L’ordre des prêcheurs
L’Ordre des Frères Prêcheurs, ou Dominicains, est né d’une rencontre dans le sud de la France entre Dominique, jeune chanoine régulier espagnol, et son hôte cathare. Après une nuit de dialogue, l’homme revient à la foi catholique. Cette rencontre marque profondément Dominique qui fonde son ordre à Toulouse en 1215 pour la prédication et le salut des âmes.
L’Ordre des Frères Prêcheurs « fut, dès l’origine, spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes ».
Les Frères doivent « se comporter partout en hommes qui cherchent leur salut et celui du prochain ; comme des hommes évangéliques, qu’ils suivent les pas de leur Sauveur et ne parlent qu’à Dieu ou de Dieu » (Constitutions fondamentales, § II).
L’Ordre dominicain compte aujourd’hui environ 6 000 Frères et 3 000 moniales dans le monde. En France, près de 500 Frères sont répartis sur 19 couvents et environ 200 religieuses dans une douzaine de monastères.
Dès 1217, Dominique disperse ses 17 Frères pour étudier, prêcher et fonder des couvents, organisant l’Ordre de façon démocratique. À sa mort, le 6 août 1221, l’Ordre compte 20 couvents et plus de 300 Frères ; à la fin du siècle, ils seront plus de 12 000. Depuis, l’Ordre a essaimé dans le monde entier, fidèle à son charisme : la prédication.
Albert le Grand (v. 1200–1280) était dominicain, théologien, philosophe et naturaliste majeur. Il fut provincial de la province dominicaine de Teutonie de 1254 à 1257.
Maître Eckhart (v. 1260-1328) : grand théologien et mystique dominicain. Il a séjourné à Strasbourg vers 1313-1323.
Jean Tauler (v. 1300-1361) : Dominicain strasbourgeois, disciple spirituel de Maître Eckart, il a prêché à Strasbourg, il est l’un des éminents représentants de la mystique rhénane…

L’histoire du couvent de Strasbourg
Un couvent ancré dans une ville vibrante d’histoire et de culture, Le couvent de Strasbourg est contemporain de la fondation de l’Ordre et témoin vivant de l’histoire de la ville et de l’Alsace en général.
En 1224 les premiers Frères Prêcheurs arrivent à Strasbourg. Ils construisent leur couvent dédié à Sainte Élisabeth de Thuringe, dans le quartier du Finkwiller. 30 ans plus tard, les Frères fondent un nouveau couvent au cœur de la ville, à l’emplacement actuel du Temple Neuf, placé sous le patronage de Saint Barthélémy. La Réforme chasse les Frères en 1525. Il faudra attendre 1931 pour que les Prêcheurs reviennent en ville. Le nouveau couvent Saint-Pierre-Martyr se trouve boulevard de la Victoire dans le quartier de la Neustadt. En septembre 1939 quelques Frères sont mobilisés, les autres doivent quitter l’Alsace redevenue allemande. Le couvent est réquisitionné par les nazis en 1943. À la Libération en 1944 un obus allemand détruit une partie du couvent et de l’église. La maison est abandonnée et pillée. Le Frère Fritsch est le premier à revenir à Strasbourg, bientôt rejoint par quelques Frères. La vie commune dominicaine peut reprendre !
Un renouveau après la guerre et la naissance du Centre Emmanuel Mounier
Dans les années 1960, la ville établit le campus universitaire en face du couvent. Le couvent des Prêcheurs se situe à dix minutes de l’université de théologie et en plein cœur des autres universités. Les Frères, dont plusieurs sont aumôniers d’étudiants, envisagent de construire un nouveau bâtiment pour accueillir des étudiants et différentes activités de conférences : le Centre Emmanuel Mounier est inauguré en 1969. En 1983, le noviciat revient au couvent de Strasbourg. Il y restera 40 ans ! Le chapitre l’a déplacé à Lille en 2024. Le couvent de Strasbourg peut maintenant accueillir des Frères étudiants en fin d’études grâce à l’université de Strasbourg qui décerne des diplômes reconnus par l’État et par l’Église.




