L’histoire de l’ordre des Dominicains

L’ordre des prêcheurs

L’Ordre des Frères Prêcheurs, ou Dominicains, est né d’une rencontre dans le sud de la France entre Dominique, jeune chanoine régulier espagnol, et son hôte cathare. Après une nuit de dialogue, l’homme revient à la foi catholique. Cette rencontre marque profondément Dominique qui fonde son ordre à Toulouse en 1215 pour la prédication et le salut des âmes.

L’Ordre des Frères Prêcheurs « fut, dès l’origine, spécifiquement institué pour la prédication et le salut des âmes ».

Les Frères doivent « se comporter partout en hommes qui cherchent leur salut et celui du prochain ; comme des hommes évangéliques, qu’ils suivent les pas de leur Sauveur et ne parlent qu’à Dieu ou de Dieu » (Constitutions fondamentales, § II).

L’Ordre dominicain compte aujourd’hui environ 6 000 Frères et 3 000 moniales dans le monde. En France, près de 500 Frères sont répartis sur 19 couvents et environ 200 religieuses dans une douzaine de monastères.

Dès 1217, Dominique disperse ses 17 Frères pour étudier, prêcher et fonder des couvents, organisant l’Ordre de façon démocratique. À sa mort, le 6 août 1221, l’Ordre compte 20 couvents et plus de 300 Frères ; à la fin du siècle, ils seront plus de 12 000. Depuis, l’Ordre a essaimé dans le monde entier, fidèle à son charisme : la prédication.

Sommaire

L’histoire de l’ordre des Dominicains

L’ordre des pêcheurs

L’histoire du couvent de Strasbourg

L’histoire du couvent de Strasbourg

Un couvent ancré dans une ville vibrante d’histoire et de culture, Le couvent de Strasbourg est contemporain de la fondation de l’Ordre et témoin vivant de l’histoire de la ville et de l’Alsace en général.

En 1224 les premiers Frères Prêcheurs arrivent à Strasbourg. Ils construisent leur couvent dédié à Sainte Élisabeth de Thuringe, dans le quartier du Finkwiller. 30 ans plus tard, les Frères fondent un nouveau couvent au cœur de la ville, à l’emplacement actuel du Temple Neuf, placé sous le patronage de Saint Barthélémy. La Réforme chasse les Frères en 1525. Il faudra attendre 1931 pour que les Prêcheurs reviennent en ville. Le nouveau couvent Saint-Pierre-Martyr se trouve boulevard de la Victoire dans le quartier de la Neustadt. En septembre 1939 quelques Frères sont mobilisés, les autres doivent quitter l’Alsace redevenue allemande. Le couvent est réquisitionné par les nazis en 1943. À la Libération en 1944 un obus allemand détruit une partie du couvent et de l’église. La maison est abandonnée et pillée. Le Frère Fritsch est le premier à revenir à Strasbourg, bientôt rejoint par quelques Frères. La vie commune dominicaine peut reprendre !

Albert le Grand (v. 1200–1280) était dominicain, théologien, philosophe et naturaliste majeur. Il fut provincial de la province dominicaine de Teutonie de 1254 à 1257.

Maître Eckhart (v. 1260-1328) : grand théologien et mystique dominicain. Il a séjourné à Strasbourg vers 1313-1323.

Jean Tauler (v. 1300-1361) : Dominicain strasbourgeois, disciple spirituel de Maître Eckart, il a prêché à Strasbourg, il est l’un des éminents représentants de la mystique rhénane…

Un renouveau après la guerre et la naissance du Centre Emmanuel Mounier

Dans les années 1960, la ville établit le campus universitaire en face du couvent. Le couvent des Prêcheurs se situe à dix minutes de l’université de théologie et en plein cœur des autres universités. Les Frères, dont plusieurs sont aumôniers d’étudiants, envisagent de construire un nouveau bâtiment pour accueillir des étudiants et différentes activités de conférences : le Centre Emmanuel Mounier est inauguré en 1969. En 1983, le noviciat revient au couvent de Strasbourg. Il y restera 40 ans ! Le chapitre l’a déplacé à Lille en 2024. Le couvent de Strasbourg peut maintenant accueillir des Frères étudiants en fin d’études grâce à l’université de Strasbourg qui décerne des diplômes reconnus par l’État et par l’Église.

Le couvent de Strasbourg aujourd’hui

Des Frères en mission permanente

Le couvent de Strasbourg est essentiellement tourné vers l’apostolat. Les Frères œuvrent en de nombreux endroits et exercent des ministères très variés à l’extérieur du couvent. Il leur manque un lieu pour fédérer et dynamiser ces apostolats.

Aujourd’hui, les Frères mulitplient les apostolats en de nombreux endroits et auprès de publics très variés :

  • Trois Frères œuvrent dans le monde de la santé : aumôniers d’hôpitaux et de cliniques.
  • Un Frère irakien est le curé de la paroisse syriaque catholique de Strasbourg.
  • Un Frère est chapelain de la mission catholique hispanophone du diocèse de Strasbourg.
  • Un Frère est aumônier des étudiants du Domino (voir encart ci-contre).
  • Un Frère est aumônier du Parlement européen et conseiller spirituel des EDC.
  • Un Frère est membre de l’équipe diocésaine de la communication.
  • Deux Frères sont prédicateurs à la cathédrale de Strasbourg.
  • Des Frères œuvrent dans l’association DECERE (Démocratie, Construction Européenne et Religion).
  • Des Frères sont directeurs des pèlerinages du Rosaire pour l’Alsace, la Bourgogne et la Franche-comté, et aussi directeur général du pèlerinage à Lourdes.
  • Les Frères assurent aussi de nombreux accompagnements spirituels et confessions de religieuses, prêtres et laïcs

Témoignage de Lætitia Kreher :

« A l’âge de poser des choix d’adulte, de discerner ma vocation, d’écouter la voix du Seigneur et de trouver ma voie tout simplement, le Domino a été le lieu d’ancrage spirituel, intellectuel et fraternel autour du couvent des Dominicains de Strasbourg et du centre Mounier. Lieu d’accueil toujours ouvert, nous trouvions une grande écoute de nos aumôniers, et l’activité foisonnante étudiante se structurait autour des déjeuners-débats hebdomadaires, des prières, messes, conférences, veillée d’adoration, ciné-club, retraites… »

Aujourd’hui, le Centre Emmanuel Mounier est fermé, sa restauration va nous permettre de reprendre un ministère commun. Un lieu de collaboration pour les Frères et leurs amis, un lieu où l’on annonce l’Évangile ensemble.

Marqué par la vétusté, le couvent a besoin d’un renouveau permettant de replacer la vie apostolique des Frères en son cœur et de lui offrir un nouvel élan.

Au cœur de notre projet, un lieu pour dynamiser les apostolats au couvent

Aujourd’hui, il nous manque un lieu pour permettre aux Frères de reprendre des activités au sein du couvent.

Dès la fin des travaux, le centre Mounier pourra accueillir :

Un programme de formation des laïcs à la foi catholique : une sorte de catéchèse de bon niveau pour adultes.

Une série de conférences grand public sur des questions de société.

L’aumônerie des étudiants, qui retrouvera ses locaux, mais au dernier étage du bâtiment, beaucoup plus lumineux, et avec vue sur Strasbourg en plein milieu du campus universitaire. 9 chambres pourront accueillir les étudiants qui souhaitent loger à Mounier.

Les différentes activités des Frères retrouveront des espaces pour se déployer : salles de réunion et une grande salle de conférence.

“Nous nous efforçons de parler de Dieu au plus grand nombre, partageant ainsi le fruit de notre contemplation.”
Frère Thomas-Marie