
Dieu a beau être généreux, servir la table et inviter, se laisser déranger jour et nuit, Il n’en rencontre pas moins parfois des refus et des rejets. Nous avons entendu cette semaine « Demandez-vous recevrez, venez la table est mise » dit-il. Eh bien pour certains, c’est non et les choses tournent mal. Aujourd’hui, pour les noces de son fils, le Seigneur veut qu’il y ait du monde, il veut voir la salle remplie comme nous le souhaitons lorsque nous participons à un grand événement ou donnons une réception. Mais tous ne sont pas à la joie et certains refusent l’invitation. Après tout, cela nous est déjà peut-être arrivés pour une raison ou pour une autre et parfois c’est nous-mêmes qui n’avons pas le cœur à la fête.
Alors, dans la parabole, il y a les proches, les invités de la première heure, les intimes de la famille. Et puis il y a les invités de la dernière heure, ceux qui n’avaient pas été prévus, qui n’y avaient aucun droit. Mais le premiers étaient trop pris par leurs affaires et leur intérêt était ailleurs. Ils étaient débordés pour les uns, violents pour les autres, distraits d’eux-mêmes et des autres. On empoigne, on maltraite, on tue, on s’en va et surtout on ne parle pas et ainsi se réalise tristement la prophétie de Jérémie : « Je vous ai envoyé mes serviteurs les prophètes pour vous dire : « Revenez » (…) Mais vous n’avez pas écouté. » Ce Dieu qui se laisse déranger en pleine nuit, à l’heure des voleurs plus que des visites par celui qui vient l’importuner, lui qui dit « Demandez, vous obtiendrez », se voit refuser aussi les invitations qu’il adresse.
Alors le maître envoie chercher d’autres invités il se tourne vers ceux qui ne sont pas repus et qui attendent encore quelque chose, il va chercher ceux qui ont vraiment besoin d’être sauvés et son en quête de sens : aucune situation, aucune misère, aucune méchanceté même ne rend indigne de participer au festin du Royaume. « La salle fut remplie de convives. » C’est un festin qui rassemble à la fois l’enfant prodigue et le fils aîné vertueux, les travailleurs du matin et les ouvriers de la onzième heure, les jeunes et les vieux ! Beaucoup sont aujourd’hui encore en quête de sens, nous ne le voyons que trop.
Alors, le roi fête les noces de son fils qui est l’époux de la parabole. « Tel un époux, il paraît hors de sa tente » (Ps 18, 6) Frères et sœurs, si l’Epoux c’est le Christ, l’Epouse, c’est nous, c’est l’Eglise. Ensemble comme saint Bernard l’avait déjà écrit, « nous formons l’unique épouse ». Tous les invités, celles et ceux qui remplissent la salle de noces ont revêtu le Christ, ils portent le vêtement de la foi. Sauf l’un d’entre eux qui n’a pas confiance et qui s’est introduit. La question n’est pas d’être bon ou méchant mais d’épouser le désir de Dieu d’aimer toute l’humanité sans condition, royalement, gratuitement, sans rien attendre en retour. « Lorsque tu donnes un repas, dira Jésus, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins » Le vêtement c’est la foi en Celui qui couvre toute nos misères et peut nous sauver : le Christ.
Il ne s’agit pas d’être en règle mais d’être vulnérable, en attente d’un bonheur. «Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs » L’intrus c’est celui qui n’est pas concerné par la joie commune : il est vide et triste, il refuse le salut offert et semble là par hasard, cherchant à dissimuler son malaise. Son tort n’est pas d’être vide mais de chercher à cacher cela par orgueil, parce qu’il faut paraître. Il ne sait pas encore que les larrons sont accueillis tout de suite en paradis pourvu qu’ils le demandent.
Le Seigneur nous invite en ce soir, ayons à cœur d’élargir la porte étroite de nos cœurs pour l’accueillir et que par nous, de nombreuses personnes trouvent le bonheur et la joie. Nous sommes là pour qu’il fasse en nous sa demeure, c’est le sens de notre histoire humaine, de notre histoire sainte. Beaucoup sont appelés. Soyons parmi les quelques élus, laissons-nous transformer.




